Derniers articles

L’amour, le Japon, les sushis et moi de N.M. Zimmermann Albin Michel 2016

Lucrèce, 15 ans, déménage au Japon avec sa famille. Elle n’y voit pas d’inconvénients mais l’adaptation est plus difficile que prévue face au choc culturel. Elle peine à trouver sa place et à se faire des amis. Lorsqu’elle découvre dans le local à poubelles de son immeuble un sac rempli de partitions de grande valeur, elle décide d’enquêter pour retrouver son propriétaire.

Critique de Mme Sylvie Wendel, documentalisteL'Amour, le Japon, les sushis et moi de N. M. Zimmermann

J’ai trouvé le livre d’un abord assez facile, il peut être lu dès la 5è sans problème je pense. Le thème, cette jeune fille obligée de s’expatrier au Japon parce que sa mère y est mutée, fera sans doute rêver les amateurs de cette culture (et ils sont nombreux au collège !). L’auteure connaît visiblement son sujet, et nous fait découvrir toute les subtilités des relations inter-personnelles au Japon, et des coutumes qui peuvent sembler bien étrange à nos yeux. L’aspect le plus plaisant selon moi est ce qui concerne la vie quotidienne d’un lycéen au Japon, et les difficultés qu’on peut avoir à s’intégrer même connaissant la langue. L’intrigue amoureuse m’apparaît bien secondaire, par contre, et cette histoire d’archet qui » tombe des mains » du jeune garçon quand il veut jouer est un peu tirée par les cheveux.

En conclusion : un roman agréable à lire, qui touchera autant les filles que les garçons, et qui cerne sans doute de très près la réalité des jeunes « expats » au Japon.

Collections été 2017 : sélection de romans francophones et étrangers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi tous les titres parus au printemps, voici une petite sélection de romans pour l’été : il y a du léger, du sentimental, de l’historique et du roman tout court. Bref, c’est un reflet de nos collections à savourer avec ou sans modération…

LES LIVRES « QUI FONT DU BIEN »( les autres aussi, mais d’une autre façon !)


Les jours meilleurs/Ahern, Cecelia- Milady

En panne d’inspiration, Kitty tente d’en retrouver auprès de la femme qui lui a tout appris de son métier de journaliste et qui est sur le point de mourir. Elle trouvera dans cette quête bien plus que des idées.

 

Le jour où les lions mangeront de la salade verte/ Giordano, RaphaëlleEyrolles

Romane s’est donnée pour mission de réduire de façon originale ce qu’elle appelle le taux de burnerie, ce mal répandu dont les symptômes sont le sentiment de supériorité, l’égocentrisme, le penchant pour le pouvoir ou encore la mauvaise foi.

 

Petites surprises sur le chemin du bonheur/Wood, Monica –  Kero

Dans la même veine … Lorsque le scout qui s’occupait d’elle disparaît, Ona (104 ans tout de même),son père, Quinn, lui succède. L’homme, meurtri par sa défaillance parentale, embarque la vieille femme dans un périple aux conséquences surprenantes pour l’un comme pour l’autre.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai/ Marquis, Serge – La Martinière

Maryse du Bonheur, éminente neuropédiatre, cherche désespérément la reconnaissance. Par ses questions philosophiques et existentielles, son fils de 9 ans, Charlot, la pousse dans ses derniers retranchements.

 

ET ENCORE…

La petite herboristerie de Montmartre /Rizzati, Donatella – Charleston

 

INSPIRES DE PERSONNES AYANT EXISTE

Jours barbares : une vie de surf/ Finnegan, William –  Ed. du sous-sol

L’auteur, raconte sa vie, partagée entre son travail de reporter de guerre pour le New Yorker et sa passion du surf. L’océan se révèle une échappatoire aux horreurs de la guerre, un moyen de prendre du recul sur sa carrière et sur sa réussite.

 

Mrs. Hemingway/ Wood, Naomi – Ed.La Table ronde
L’histoire romancée des femmes qu’Ernest Hemingway a connues au cours de sa vie.

 

 

Agatha/ Deghelt, FrédériquePlon Miroir

Dans ce monologue, Agatha Christie dépeint le vide dont elle fut saisie lorsque la perte de sa mère adorée se doubla de la trahison d’Archi, son mari.

 

 

Ne nous quittons pas/ Expert, Jacques- Albin Michel

Années 1960, dans une station balnéaire du sud-ouest de la France. Le père du petit Jacques, maître-nageur saisonnier, voit arriver sur la plage Jacques Brel et sa famille

Et aussi La veuve des Van Gogh /Sánchez, Camilo ; Ed.Liana Levi

 

LES ROMANS TOUS AZIMUTS

La tresse/ Colombani, Laetitia- Grasset

Les destins croisés de trois femmes,sur trois continents différents. Le bouche à oreille a accompagné ce beau succès de librairie.

Farallon islands/ Geni, Abby – Ed..Actes Sud

Miranda, une jeune photographe spécialisée dans la faune sauvage, découvre sur une île déserte un monde parallèle où vit une petite communauté scientifique inhospitalière. Exotisme et mystère.

Les furies/ Groff, Lauren – Ed. de l’Olivier

Lotto et Mathilde représentent l’archétype du couple glamour. Lui, dramaturge à succès sur lequel plane l’ombre de Shakespeare, elle qui lui est dévouée. Cette passion durable issue d’un coup de foudre pourrait cacher en son sein des monstres beaucoup moins lisses qu’il n’apparaît… En cours de lecture, je n’ai qu’une hâte m’y plonger tous les jours !

Les jours enfuis/ McInerney, Jay – Ed. de l’Olivier

A New York, Russell lutte pour garder sa maison d’édition tandis que sa femme, Corrine, se consacre aux plus démunis. Mais un homme avec qui Corinne a eu une liaison au lendemain du 11 septembre ressurgit dans leur entourage et fragilise l’équilibre de la famille. L’auteur revient en forme !

Dans la forêt/ Hegland, Jean – Ed . Gallmeister

La société américaine s’est écroulée. Nell et Eva, deux adolescentes, se retrouvent livrées à elles-mêmes dans leur maison perdue dans la forêt. Elles luttent pour survivre et découvrent les richesses de leur milieu naturel et vivent leur passion pour la danse et l’écriture. Celui-ci, je l’amène en vacances !

 

Un été invincible/ Adams, Alice –  Albin Michel

Des amis, séparés par la vie, se retrouvent de façon surprenante, la trentaine arrivée.

ET PLUS ENCORE ! : Sous le ciel qui brûle/ Nguyen, Hoai Huong ;Ed. Viviane Hamy ,

Fendre l’armure/ Gavalda, Anna – Dilettante

Dans ce jardin qu’on aimait/Quignard, Pascal- Grasset

Le retour de Jules/ Van Cauwelaert, Didier

 

EXOTISME

A l’ombre de l’arbre kauri/ Lark, Sara- Archipel

En 1875, en Nouvelle-Zélande, Lizzie et Michael Drury sont bouleversés par l’enlèvement par un chef maori de Matariki, leur fille adoptive. De son côté, Katherine Burton, l’ancienne fiancée de Michael, apprend le retour au pays de son fils Colin. Exotisme et amour garantis !

L’espoir est une terre lointaine Volume 1, L’île du maudit/ McCullough, Colleen- Archipel

Au XVIIIe siècle, à Bristol, Richard Morgan est accusé de vol à tort et envoyé en prison. Les prisons sont pleines, et lil est dirigé vers les terres lointaines de Norfolk Island. Mais, une fois sa peine purgée, il restera sur cette terre.Exotisme et aventures au rendez-vous!

 

Lonesome Dove : l’affrontement Lune comanche ; Lonesome Dove (série)/ McMurtry, LarryGallmeister

Au coeur du désert texan. Le chef comanche Buffalo Hump tient tête aux colons, ce qui donne lieu à de violents affrontements. Côté Mexique, le bandit Ahumado sème la terreur. Un grand auteur de littérature western contemporaine.

HISTORIQUE

Les lionnes de Venise Volume 1

Les lionnes de Venise, n° 1/ Calmel, MireilleXO

Venise, 1627. Lorsque trois hommes masqués enlèvent son père imprimeur, la jeune Lucia, 17 ans, échappe de justesse à un tir de pistolet. Elle cherche alors à découvrir la vérité cachée sous cette attaque.

 

Les serpents et la dague/ Young, Robyn –  Fleuve éditions

Complots familiaux en 1483, entre Séville et l’Angleterre .

 

 

Et encore :

Deux hommes de bien/ Pérez-Reverte, Arturo- Seuil

A la fin du XVIIIe siècle, deux Espagnols sont chargés de trouver l’intégralité de l’Encyclopédie. Commence alors un pénible voyage de Madrid à Paris, perturbé notamment par un espion chargé de faire échouer leur mission.

 

SENTIMENTS

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie/ Grimaldi, VirginieFayard

Pauline, quittée par son mari Ben, se retrouve obligée de vivre chez ses parents avec son fils de 4 ans. D’abord abattue, elle décide de ranimer ce qui avait fait tenir sa relation avec Ben jusque-là.

La mélodie de l’été/Macomber, Debbie – Charleston

Jo Marie Rose poursuit ses activités au sein de sa maison d’hôtes, avec son ami Mark. Elle accueille trois nouveaux visiteurs : Ellie Reynolds, venue rencontrer un homme avec lequel elle correspond, ainsi que Maggie et Roy Porter, qui prennent leurs premières vacances sans leurs enfants et espèrent retrouver l’alchimie des débuts. Amour et sentiments.

 

Le souffle des feuilles et des promesses/ McCoy, SarahM. Lafon

New York, fin du XIXe siècle. Hallie Erminie cherche un éditeur pour publier son roman et rencontre Post Wheeler, un journaliste, célibataire endurci. Mais Post part subitement en Alaska. Durant une dizaine d’années, leurs chemins se croisent… Amour, toujours !

La plage de la mariée/ Sabard, ClarisseCharleston

La vie de Zoé, 30 ans, bascule lorsqu’un coup de téléphone lui apprend que ses parents ont eu un grave accident : son père est mort sur le coup et sa mère est trop grièvement blessée pour espérer s’en sortir. Avant de mourir, elle confie cependant à Zoé que l’homme qui l’a élevée n’est pas son véritable père. Pour retrouver ce dernier, elle lui donne un seul indice : la plage de la mariée.

HUMOUR

Tout un été sans Facebook/ Puértolas, Romain – Dilettante

Agatha Crispies, lieutenant de police, a créé un club de lecture au commissariat de New York, petite ville du Colorado.. Mais ses connaissances littéraires ne sont pas d’un grand secours  pour la résolution de l’enquête qui s’annone. L’absence de réseau numérique l’isole encore plus.

ET AUSSI

Amuse-bouche/Carlier, Stéphane – Le Cherche Midi

 

Voilà, nous pensons qu’avec ça, il y aura forcément de bonnes rencontres… Bonnes vacances. Le blog va lui aussi adopter un rythme plus estival.

Tous ces livres peuvent être réservés sur le catalogue de la médiathèque départementale68 : ici

 

 

Les Pleurs du vent de Medoruma SHUN chez Zulma

Nature mort au crâne/ Paul Cézanne

« The answer, my friend, is blowin’ in the wind »

Sur l’Ile d’Okinawa, les soldats morts pendant la bataille qui y a fait rage en juin 1945, communiquent avec les vivants à travers les messages délivrés par le crâne d’un des leurs, déposé en plein vent. Le vent qui le traverse est chargé de messages de réconciliation et de paix y compris entre les vivants. Les enfants et un photographe ne s’y sont pas trompés quand ils veulent y accéder.

Acceptez cette part de fantastique et de délicatesse et trouvez votre vérité après avoir affronté la partie luxuriante de l’île (j’ai été m’acheter un grand spécimen de palmier d’intérieur après avoir fini le livre, et ça m’a fait penser aux tableaux de Peter Doig )

PELÍCANO ( CIERVO ) /PETER DOIG

A adopter pour l’été ?

A ce propos, cet été le Japon est l’invité de la Maison Européenne de la Photographie à Paris pour l’exposition » mémoire et lumière : photographie japonaise 1950-2000  »

 

Pour le réserver, c’est  sur le catalogue de la médiathèque départementale68

 

 

 

Un paquebot dans les arbres Valentine Goby Actes sud 2016

 

Mathilde revient à Aincourt, sur les ruines du sanatorium, un lieu qui a pesé sur son enfance. Elle se souvient de ses parents. Dans les années 50, son père, Paulot, tient un café, Le Balto, à La Roche-Guyon. Le samedi soir, il fait danser le village au son de l’harmonica et du pick-up. Annie, l’aînée, valse dans les bras de son père tandis que Mathilde, la cadette, les espionne, cachée. C’est le bonheur… jusqu’à l’accident de Paulot, un dimanche. Son poumon est perforé. Quand il se décide à consulter, la radio indique des bacilles. Il faut faire un séjour au sanatorium. Puis un suivant… Le Balto et l’harmonica sont alors abandonnés. La famille s’enfonce dans les dettes et Mathilde essaie de survivre et d’aider son jeune frère.

Sanatorium d'Aincourt

Sanatorium d’Aincourt

Alors que pendant la période des Trente glorieuses les conditions de vie s’améliorent pour la majorité de la population, ce livre rappelle l’existence des « laissés-pour-compte ». La tuberculose fait encore peur :  « En 1952, depuis des siècles le tubard c’est la mort qui rôde. Un mort-vivant. Un assassin. » Valentine Goby décrit le quotidien des malades et de leur entourage, leur isolement. En plus, les parents de Mathilde n’étant pas salariés, ils ne bénéficient pas de la sécurité sociale. Lorsque Mathilde reçoit sa première fiche de paie, c’est le plus beau jour de sa vie : « elle tient  à distance les spectres de la mort et de la dépendance. Et tu feras quoi avec ta première paie, hein ? S’ils savaient. Ce sera magnifique : elle ira chez le dentiste. »  Valentine Goby donne beaucoup d’humanité à cette histoire, impossible pour le lecteur d’abandonner les personnages avant la fin du roman. C’est aussi une peinture de la misère, de la faim qui tenaille, des expédients qu’il faut trouver pour sauver la face.

 

« Demande à la Nuit » de Anne-Laure JAEGLé ; La Ville Brûle 2016

 

 

 

 

Sur la techno berlinoise des 90’s il y a « Der Klang der Familie » chez Alia et sur la tek berlinoise de maintenant il y a « Demande à la nuit ». Ces 2 ouvrages sont complètement complémentaires pour avoir un regard historique sur l’histoire du mouvement à Berlin.

J’ai eu la chance de rencontrer Anne-Laure Jaeglé 1 mois avant la parution de son ouvrage : j’avais hâte de lire ce bouquin. Elle a une connaissance vraiment approfondie de Berlin et du milieux Tekno dans lequel elle a beaucoup tourné : organisatrice de teufs, pilier du Berghain, tenancière du WG Bar et j’en passe.

Ouvrage à mettre entre toutes les mains des touristes, des teknoïdes, des Erasmus et autre…

Pour aller plus loin :

http://durevie.paris/city-tour-guide-berlin-by-demandealanuit/

https://www.youtube.com/channel/UCfsae9mfmuXdvwPYjxwq8jg/playlists

https://www.lavillebrule.com/

Arnaud Bib (chroniqueur invité)

 

Pour le réserver, c’est par  ici (le livre, pas l’invité!)

Et oui, si vous avez des chroniques de romans à nous proposer, c’est possible et même recommandé . Envoyez – les à bouleau@haut-rhin.fr ou wolf-kiene@haut-rhin.fr, nous sommes preneuses !!!

 

Des Ames simples de Pierre Adrian Equateurs littérature Paris 2016

Olivier Frébourg, écrivain et ancien journaliste, a créé sa propre maison d’édition en 2003 en Normandie. Cette dernière a publié ce livre remarqué. Le narrateur raconte les quelques jours qu’il a passé auprès de Frère Pierre, curé dans la vallée d’Aspe depuis 50 ans. La vie y est rude, les paysages grandioses mais austères . Très vite, pourtant, on s’y attache. « Depuis une semaine, c’est la première fois que je quitte la vallée. Et naît déjà une impression de manque. Quelques jours, à peine, suffisent pour nouer en moi une intimité avec le relief. Partir, c’est interrompre ce dialogue. je crois que le regard, habitué à de tels éléments […] crée une dépendance. Ainsi en est-il aussi des vies insulaires ou côtières. On se sépare de la mer avec déchirement. On n’accepte plus l’horizon d’une plaine. Ici, comme un enfant quitte, maladroit, les jupes de sa mère, je perds un abri. » Pas d’aventure ni de rebondissement dans ce roman, mais des rencontres et des réflexions sur l’homme, le sens de la vie et la foi. Le monastère fait office de refuge pour les blessés de la vie. Les portes sont ouvertes à tous : drogués, femmes battues… Avec Pierre, il y a Albert, un vieux prêtre et quelques fidèles qui font vivre le monastère. De jour comme de nuit, Pierre, médecin des âmes, répond aussi bien aux pèlerins qu’aux appels au secours des paysans isolés, des êtres dépassés par la modernité ou laissés sur le côté.  C’est un livre que l’on peut lire et relire sans se lasser. Il est servi par la plume magnifique de l’auteur. Je ne résiste pas à vous citer un autre passage où d’aucuns se reconnaitront :  » Ces personnes qui n’élèvent pas la voix, préfèrent se taire plutôt que de se faire entendre à tout prix. Les hâbleurs de comptoir et procureurs d’autobus y voient des « soumis » et des « trop sages ». Des gentils qui tout acceptent. Car aujourd’hui, ne pas ouvrir sa gueule pour aboyer est un aveu de faiblesse. Certains ont pourtant choisi le silence, et leur parole est précieuse. Quand ils parlent, c’est avec leur cœur. Tout est au cœur, à l’organe sensible. Pourtant, il ne faut pas croire que rien ne les atteint. Chez eux, passion et douleur existent. Mais les humeurs se jouent entre eux et un autre. Leur cœur est une grande inconnue. »  Pour réserver ce livre à la Médiathèque départementale du Haut-Rhin, cliquer sur ce lien.

Mes vrais enfants de Jo WALTON ; Trad. de l’anglais par la grande Florence DOLISI

 

Tout le monde a déjà eu l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. En tout cas, c’est le cas de beaucoup de personnes).  Et bien, ce livre va nous faire participer de l’intérieur aux deux vies que Patricia Cowan a vécues, ou pas .. On ne saura pas de façon tranchée si c’est est le résultat de la confusion liée à ses  troubles de la mémoire ou bien la réalité ou bien… Cette femme passionnée pour qui « tout est possible » a vu sa vie bifurquer en même temps que l’histoire mondiale après qu’elle a pris une décision capitale. Le livre très bien construit va emprunter ces deux chemins de vie qui s’interpénètreront à certains moments et surtout à  la fin du parcours de la vieille femme. Comme on passe alternativement de l’une à l’autre, même s’il y a un petit décalage dans les époques, on s’y retrouve très bien. Ses enfants constituent le fil rouge de ses deux identités et elle ne cessera des les aimer et se demandera lesquels parmi eux sont les « vrais » et dans quelle vie. Une des caractéristique de Patricia (ou Pat ou Trish, c’est selon), c’ est la bienveillance. D’ailleurs, ça en est parfois énervant : comment arrive(nt)-elle(s) à comprendre presque toujours ses enfants? Pas de colère, elle mène sa barque malgré les écueils et les accidents de sa vie.  Au passage, l’Histoire du 20e subit des modifications, comme dans toute uchronie, mais elles seront plus flagrante dans la vie de Pat qui va vivre dans un monde dominé par la puissance nucléaire et les guerres, leurs conséquences sur la santé,  l’environnement et le patrimoine architectural. Trish vivra dans un monde plus tolérant – envers les homosexuels, par exemple- et elle sera actrice et témoin de la libération des femmes.

C’est donc un livre très riche abordant de nombreux thèmes :  les relations au sein du couple, les carcans dans lesquels la sexualité peut être maintenue et la violence qui en découle, le pacifisme, la lutte pour préserver l’environnement et  le rôle potentiel  de nos choix. Il peut convenir à des amateurs de littérature blanche ou de science fiction. Un petit bémol : l’énumération des événements frise un peu le catalogue parfois.

 « Rien ne vous empêche de faire ce que vous voulez, de devenir celle que vous voulez ».

 

Parfois, elle rêvait que Bee était morte. Quand elle se réveillait, elle était soulagée parce que n’était qu’un rêve, puis la vérité lui sautait au visage. Elle tapait sa tête contre l’oreiller, se mordait la lèvre jusqu’au sang, suppliait Bee de revenir. Elle savait pourtant que Bee ne reviendrait pas.

Une chronique vidéo pour compléter celle -ci  https://www.bibliosurf.com/Mes-vrais-enfants.html

Et comme toujours, le lien pour réserver sur le catalogue de la Médiathèque Départementale 68 !

 

Mausolée de Antoine TRACQUI

Hier, cette lectrice presque trentenaire et  fort sympathique m’a laissée la questionner avant de débuter sa lecture. Le fait que l’auteur soit originaire de Strasbourg n’a pas été étranger dans son choix lors de son premier achat. Le titre qu’elle lit actuellement reprend donc les mêmes personnages qu’elle voulait retrouver. Elle a donc acheté celui-ci aussi dans une librairie qu’elle fréquente car c’est une lectrice régulière. Le style lui plaît et elle aime son ambiance de livre d’espionnage futuriste et ésotérique.

Je l’ai laissée continuer le trajet qu’elle effectue quotidiennement pour son travail vers Mulhouse en bonne compagnie.

Pour le réserver dans votre bibliothèque du réseau 68 : http://urlz.fr/5lJp

 

Marx et la poupée de Maryam Madjidi Le Nouvel Attila 2016

Il était une fois une fillette de 6 ans, Maryam qui vivait dans un pays lointain. Elle aimait beaucoup les histoires qu’on lui racontait. Un jour, elle dut partir et donner tous ses jouets aux enfants pauvres. Alors, elle décida de les rassembler une dernière fois et de leur raconter une histoire…

Maryam vit en Iran. Ses parents, communistes, s’opposent au régime et doivent s’enfuir. La famille s’exile à Paris dans un logement de 15m2 où Maryam et ses parents recommencent tant bien que mal leur vie. La jeune femme raconte ses souvenirs en faisant des allers-retours dans le temps. Elle a eu plusieurs naissances : en Iran, en France, après l’exil et pour finir, celle qui a abouti à la coexistence pacifique des deux cultures. Maryam parle des difficultés et des luttes auxquelles contraint l’exil. Sa mère a dû abandonner ses rêves et n’a jamais parlé correctement le français. Maryam, quant à elle, faisait des cauchemars et refusait de s’alimenter à la cantine . Mais de ces difficultés, elle a réussi à faire une force : cosmopolite, elle arrive maintenant à jongler avec ses deux identités.Si elle utilise la poésie persane pour séduire, elle enseigne le français qu’elle maîtrise parfaitement.

Un roman autobiographique raconté par une conteuse hors pair ! Ce livre a reçu le Goncourt du premier roman.

Maryam Madjidi Marx et la poupée

« Les larmes  » de Pascal Quignard (l’homme qui parle aux forêts)

Poursuivons l’exploration de la période précédant le moyen-âge  avec un roman de Pascal Quignard. Je l’avais laissé en compagnie de Sainte-Colombe, il y a longtemps avec « Tous les matins du monde »  puis retrouvé à l’occasion de lectures d’extraits. L’envie de lire celui-là en entier est revenue quand j’ y ai vu une approche fantastique des animaux, de la forêt, la même qui est parfois présente dans la fantasy, ce lien entre les humains, la puissance et le mystère de la nature et de ses esprits.

« Jadis, dans le commencement, la parole n’était pas. Il n’y avait pas d’hommes encore. tous les animaux étaient des bêtes et les hommes aussi étaient des bêtes »

J’ai voulu en savoir plus aussi quand j’ai vu qu’il s’agissait de la naissance de la langue française et surtout ses premières traces écrites . C’est sûr,  comme cet événement s’est déroulé près de Strasbourg, ça m’a encore plus intriguée.

« La première trace écrite de la langue française date du vendredi 14 février 842, à Strasbourg, sur les bords du Rhin »

Beaucoup des personnages croisés dont ont connaît la vie au fur et à mesure, ont réellement existé (Charlemagne, par exemple) et toutes les informations qui, au début semblent sans rapport, convergent en prenant vie, et,  du coup perdent leur caractère seulement érudit. Donc, cette lecture n’est pas seulement une mine de connaissances, c’est un roman qui nous raconte une histoire avec un style qui reflète parfaitement la simplicité profonde de la nature.

En parlant des lichens : Leurs croissances sont infiniment lentes. Ils avancent d’un millimètre par an. Les lièvres les grignotent et les rennes les broutent. Les oiseaux s’en servent pour faire leur nids. Ils forment des landes où s’avancent les escargots qui sont autant de petits cavaliers francs aux carapaçons entortillés…

Laissez vous donc glisser sur cette pente tracée par les escargots et les autres bêtes de la forêt.

Et pour réserver c’est