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« Ton histoire mon histoire » de Connie PALMER ; Traduit par Arlette OUNANIAN

Sylvia Plath et Ted Hughes

 

 

 

 

« Je ne peux me contenter du travail colossal que représente le fait simplement de vivre. Oh non, il faut que j’organise la vie en sonnets et sextines, procure un réflecteur verbal à l’ampoule de soixante watts que j’ai dans la tête. » Sylvia Plath ,  journal le 14 mai 1953.

Attention : tragédie pure, culpabilité, amour, mort et vérité sont au rendez-vous de ce roman biographique puissant.

Ici, l’autrice, à l’aide d’une trame faite d’extraits d’oeuvres réelles des deux écrivains Ted HUGUES et Sylvia PLATH, a recréé de façon géniale (on ne voit pas du tout les coutures !)  les sept années communes de la vie des deux immenses poètes . Tous deux sont  animés par la volonté commune de percer et d’encourager l’autre à le faire.

Sylvia : A propos de la célébrité « Quand elle sera là, tu l’auras payée de ton bonheur »

En ce qui concerne Sylvia, dévorée par ses démons auto-destructeurs et refusant les compromis, son besoin de reconnaissance sera toujours ambivalent, pourri  par son implacable sens critique,  son humour vache y compris envers elle-même et un manque de confiance en elle.  Sa vie personnelle sera également entachée de ces boulets qui la rendront maladivement jalouse. Ted, le mari volage,  personnage littéraire par excellence, prend donc la plume dans ce récit pour se défendre des entreprises de démolition menées contre lui par l’entourage de Sylvia et par la communauté de ses admirateurs (trices) l’accusant d’être la cause de la tragédie finale : le suicide de Sylvia, à trente ans, dans l’appartement qu’elle occupe avec ses deux jeunes enfants.

Ted, dans le rôle du narrateur, moins tourmenté, semble effectivement l’élément stable et  tout faire pour vivre le mieux possible avec sa femme et leurs enfants en mari et père exemplaire, tout en menant sa vie professionnelle. Il est conciliant et prêt à tout pour faciliter la tranquillité d’esprit de Sylvia qu’il nomme toujours « ma femme » et l’entoure de bienveillance à tous les moments de leur vie, y compris pendant ses épisodes dépressifs et de colère destructrices de son épouse.

D’où un certain malaise : cette version des faits qu’il rapporte semblent véhiculer cette image d’homme « formidable ». Mais,  lorsqu’il trompe Sylvia, on a l’impression qu’il le fait pour se laisser enfin aller et échapper à  toute cette pression. Il descend de son piédestal pour devenir la caricature de l’homme moyen prêtant le flanc aux critiques intervenues ensuite. Dans la réalité,  des lettres regroupées par le Docteur Barnhouse qui suivait Sylvia après sa première tentative de suicide feront leur apparition en 2017, accusant Ted de violence envers sa femme à un moment de leur vie.  On reste là, sans opinion tranchée sur sa part de responsabilité et avec cette impression de spirale infernale qui a aspiré Sylvia et Ted vers le fond alors qu’ils avaient tout pour réussir.

Ted : « Je n’avais pas encore compris que la vie que je fuyais ne concernait pas seulement les tentations latentes de la vie londonienne, mais aussi la vie avec elle, que lentement mais progressivement, et sans que j’en sois conscient, je me retrouvais sous une cloche de verre, étranger à moi même, manquant d’air. Tous les efforts pour la délivrer du scénario  d’une tragédie intime, pour briser la coque dans laquelle elle était enfermée, sur laquelle la vraie vie dont elle se languissait ricochait sans cesse et demeurait inaccessible, s’avéraient vains. »

C’est donc une occasion passionnante de découvrir ces deux poètes dans leur processus créatif et dans leur relation passionnée. Ce roman se lit vraiment comme un thriller psychologique. 

Une émission spéciale sur France Culture « Pages arrachées  » 30/03/2018

 Ted Hugues et Syvia Plath présent dans le catalogue du réseau des Bibliothèques du Haut-Rhin

 

Un si petit oiseau de Marie Pavlenko Flammarion 2019

Marie Pavlenko a écrit entre autre, Le Livre de Saskia et Je suis ton soleil, qui a reçu plusieurs prix. Elle revient avec ce roman où il est question, comme son titre l’indique, d’oiseaux. Cette approche m’a un peu déroutée et j’ai hésité avant de commencer la lecture. En fait, le thème prédominant est celui du handicap. Abigail est victime d’un accident de la route dans lequel elle perd un bras. Cet événement va impacter toute sa famille. La jeune fille doit apprendre à vivre avec la douleur et le regard des autres. Alors qu’elle reste recluse chez elle, Aurèle et sa passion des oiseaux vont s’immiscer dans sa vie.

Ce roman est agréable et se lit rapidement. On comprend bien les sentiments qui agitent Abigail, sa colère, celle de sa sœur également qui a l’impression d’être transparente. Marie Pavlenko s’est inspirée de la situation vécue par sa mère, également amputée. J’ai apprécié le fait qu’ Abigail puise du réconfort dans la nature et l’observation des oiseaux. La vie d’ Aurèle est finalement plus complexe qu’il n’y parait de prime abord. Certains lecteurs ont reproché à l’auteur de présenter une famille aux réactions trop « parfaites » quand d’autres ont apprécié le traitement positif de l’histoire. A vous de vous faire une idée.

 

Un si petit oiseau_Pavlenko

Sélection : Deux romans historiques, deux parcours d’anciens esclaves

Même si ces deux romans parlent de la période où une partie de l’économie occidentale reposait sur l’esclavagisme, et donc la traite des noirs, il ne s’agit pas principalement de cela. Il s’agit dans les deux cas, du récit fait par deux anciens esclaves qui ont eu chacun un  parcours singulier et de leur lutte déchirante pour développer leur individualité dans des sociétés secouées par l’abolitionnisme.

Ces deux romans sont profondément ancrés dans leur époque, le 18è siècle, et les débuts de l’économie industrielle où les sciences défrichaient dans de nouvelles directions . L’amour et les liens de dépendance, les trahisons entre les êtres constituent aussi un des thèmes commun à ces deux livres atypiques et éloignés de tout manichéisme.

 

Le premier : « Washington Black  » par Esi EDUGYAN ; Trad. par Michelle HERPE-VOSLINSKI chez Editions Liana Levi 

 

A onze ans, Washington Black se voit « choisi » par Titch, le frère de son maître anglais, pour l’assister dans son projet fou de conception d’ un ballon dirigeable. Il quittera donc la Barbade et son destin d’esclave pour défricher petit à petit celui d’homme libre, aidé en cela par son don pour le dessin. Ce qui ne signifie pas que son statut d’homme noir ne rejaillira pas tout au long de son parcours et dans les relations qu’il aura avec Titch.

« Car bien qu’étant très jeune, je savais que sa mort devait signifier la mienne. Je serai accusé. »

« Comment avait-il pu me traiter ainsi, lui qui se félicitait de me croire son égal ? Je n’ai jamais été son égal. Il était peut-être impossible pour lui de croire profondément à l’égalité. Il ne voyait que ceux étaient là pour être sauvés, et ceux qui opéraient le sauvetage. « 

 

 

 

Au passage, un revers du sort va  pousser l’équipage à poursuivre son périple du pôle Nord jusqu’à la Hollande en passant par d’autres pays encore, donnant à ce roman d’apprentissage des couleurs de « Tour du monde en 80 jours » !

L’écriture vive, profonde et précise nous porte littéralement du début à la fin. Un vrai plaisir !!

Réserver sur le portail des bibliothèques du Haut-Rhin

 

 

Le deuxième  : « Les confessions de Frannie Langton » de Sara COLLINS ; Traduit par Charles RECOURSE chez Belfond 

Sara Collins  dit à son propos : «  Je ne voulais pas écrire une « histoire d’esclave » de plus ; en revanche, plus jeune, j’aurais aimé lire le récit gothique de la vie d’une femme qui avait été esclave. »

C’est donc cela qu’elle a fait.  Frannie Langton est une ancienne esclave à qui sa maîtresse a eu la bonne idée d’apprendre à lire alors que son maître, lui, la fait participer à des expériences pseudo scientifiques visant à prouver la supériorité des blancs sur les noirs. « Offerte » à un couple de londoniens excentriques, elle va trouver dans sa nouvelle maîtresse une alliée dans le cadre d’une relation sulfureuse faisant naître tous les soupçons après la mort du couple.

Q : Et que savez-vous d’elle ? R: Qu’elle a deux pouces, monsieur, comme tout le monde. Mme Linux a dit qu’elle était prétentieuse, mais je ne suis pas d’accord. Elle n’aimait pas beaucoup faire ce qu’on lui disait, c’est vrai, sauf quand ça venait des livres. Moi, je voulais servir une dame, mais elle, elle voulait être une dame. Mais après qu’elle a commencé à servir madame,quelque chose a changé chez elle, son humeur s’est améliorée. Elle aimait beaucoup Madame. et en vérité, l’humeur de Madame aussi s’est améliorée.

L’individu, sa liberté  est ici encore le sujet.

Il baissa la voix. « Et voilà le Hic. Vous me demandez de parler en leur nom. Mais comment faire ? Pourquoi me demandez-vous cela à moi  ? Parce que lorsque vous voyez un homme noir, vous voyez tous les noirs. Vous pensez qu’un t hommes noir est représentatif de tous les autres membres de sa race. Vous ne lui autorisez ni personnalité, ni  passions.  Vous ne l’autorisez à aimer qui que ce soit ou quoi que ce soit. C’est pour cela que tant d’hommes morts habitent le Nouveau Monde? Dérivent entre coton et cannes. Des Zombies. Des hommes qui demeurent asservis alors même que la traite a été abolie. Vous les avez abandonnés. Oui, Vous, malgré vos bonnes intentions. Même les abolitionnistes  ont succombé à l’idée que l’on peut priver un homme de ses biens sans lui offrir de contrepartie. »

Un roman très original et inclassable et bien documenté qui m’a rappelé les romans de Sarah WATERS et Margaret ATWOOD (La servante écarlate). Les amateurs de gothique  pourront se délecter des ambiances baignées de laudanum traversées par des somnambules.

Un bémol :  un style parfois trop allusif qui fait qu’on perd le fil avec les personnages.

Pour le réserver sur le portail des bibliothèques du Haut-Rhin

Pierre SOULAGES

Les Pestiférés Marcel Pagnol, scénario Serge Scotto Eric Stoffel, dessin Samuel Wambre, Bamboo Ed.

 

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons une bande-dessinée. Et pour cause, l’histoire intégrale n’est disponible que sous ce format. « Les Pestiférés » est une oeuvre de Marcel Pagnol inachevée, publiée en partie dans Le Temps des amours. Pagnol avait raconté la fin à sa femme et à son fils. C’est à partir de ces souvenirs que les auteurs font revivre ici le récit.

Maître Pancrace, docteur, a pas mal bourlingué avant de se poser dans un quartier à flanc de colline de Marseille. Quartier ou plutôt petit village… Chacun se connait. Lorsqu’en 1720, ce qui sera la dernière grande épidémie de peste en France arrive, Pancrace est bien décidé à protéger la petite communauté. Pour ce faire, il organise de quoi tenir un siège. Mais, cela suffira-t-il à maintenir la peste à distance ? Une oeuvre particulièrement intéressante qui présente des similitudes avec une fable philosophique.

La couverture est une réussite. J’ai aimé également les tons chauds des dessins. A lire sans tarder !

 

 

Graceland à propos de « Grace » de Paul LYNCH ; Traduit par Marina BORASO

La faim, croisée dans « Des jours sans fin », la traversée à pied d’un pays dans « Au loin » , c’est un peu les deux que nous fait ressentir ce très beau roman où l’on suit Grace et la présence bavarde de son frère mort, à travers l’Irlande frappée par la famine en 1845.

Roman d’apprentissage qui nous plonge dans les choix arrachés par la survie aux habitants les plus pauvres, il est habité par la mort, la maladie dans un hiver qui semble sans fin. Grace nous guide à travers ce monde en suspens où ses rencontres la sauvent ou la perdent sur le chemin du retour chez elle. Au début du roman, déguisée en garçon, elle se fait éjecter  de sa maison par sa mère : ses chances de survie seront meilleures sur les routes pense -t-elle.

Jeune femme assise
Paul Burty Haviland CA1909

« Elle n’est pas comme tous ces gens sur les routes, , elle le sait, ce qui s’abat sur eux ne la touchera pas… Si j’avais quelque chose, ils voudraient le voler, ils seraient prêts à tout pour le prendre, alors, ils ne méritent pas ma compassion ».

Mais Grace , accompagnée par son frère Colly est pleine de cette énergie terrestre qui manque alentours. Les pensées magiques lui permettent de survivre au monde affamé et couvert de neige qui devient flottant.

« Je n’ai pris qu’un chou, je vous le jure, je peux retourner là-bas et le replanter. Mais c’est sa main qui s’avance pour offrir au policier une galette d’air pur, c’est tout simple, monsieur, mais ça nourrit bien quand même. Le visage de l’homme a une rigidité de pierre, et pourtant elle devine au coin de sa bouche le froncement d’un rire. Si je peux te donner un conseil, c’est de quitter cette ville sans tarder. « 

 

« Des murmures, , une forme floue qui s’avance, un visage apparu dans la nuit éclairée de lune, un homme qui n’est qu’un paquet d’os comme s’il avait emprunté son corps à ce qui se cache sous terre et l’avait revêtu d’une immense paire  d’yeux et il lève  sa pelle pour l’intimider en lâchant une espèce de grondement animal. Ce qu’un homme trouve pour se nourrir,  ne regarde que lui, déclare Colly. « 

Et tout le long, ce texte  très beau et ouvragé font de ce livre un de mes préférés de l’année !

« L’éclat des jacinthes bleues baigne les arbres d’une légère brume, et à l’instant où elle pose les mains sur son ventre, les mots lui montent spontanément aux lèvres et elle dit à Jim  : cette vie est lumière »

Réserver dans une bibliothèque du Haut-Rhin

La Malchimie de Gisèle Bienne Actes Sud col. « un endroit où aller »

Cette collection rassemble des textes de genres divers. Il s’agit ici d’un récit, celui de Gisèle Bienne, racontant les jours passés auprès de son frère, atteint de leucémie. Après un premier roman qui l’avait fait connaître, l’auteure avait été ostracisée par sa famille. Elle n’a renoué le contact que sept ans plus tard lorsque la maison familiale a brûlé. Dans ce texte, ce conflit n’est pas évoqué. Gisèle Bienne  nous parle de Sylvain, un de ses jeunes frères. Elle reçoit, un jour, un La Malchimie_Gisèle Bienneappel de sa belle-soeur l’informant de son entrée à l’hôpital Robert Debré de Reims. « Avait-il eu des symptômes ? Comment savoir, il ne se plaignait jamais. Les résultats d’une analyse routinière avaient alerté le laboratoire. On avait procédé à une seconde analyse et un rendez-vous avait été pris sur le champ avec l’hôpital ».  Pendant qu’elle se prépare à entrer dans la chambre stérile, une jeune femme la questionne sur le métier de Sylvain.  » Un agriculteur de plus, ils ont constaté » lui indique-t-elle, comme son mari. En effet, Sylvain est ouvrier agricole, un métier qu’il aime, une vocation pour laquelle il a œuvré sans compter. Mais aujourd’hui, la manipulation des produits chimiques et autres pesticides est fortement soupçonnée d’être liée à la survenue de cancers. Gisèle Bienne s’informe tout en multipliant les visites auprès de son frère. Ces rencontres sont l’occasion de se souvenir des moments passés ensemble. Enfants, un lien particulier les reliait quand ils jouaient dans les champs et participaient aux travaux de la ferme.

Un texte poignant sur un sujet d’actualité… L’auteur souligne l’ironie de la situation  : une maladie, sans doute provoquée par les dérives de la chimie et du productivisme, soignée par une autre chimie, parfois tout aussi ravageuse. A travers le destin de son frère, c’est celui d’anonymes à qui Gisèle Bienne donne sa voix. Elle évoque, en parallèle, le destin de l’écrivain Susan Sontag, vaincue par un cancer et dont le combat acharné fut relaté par son fils.

« Un hiver en Bretagne » de Michel le Bris

 

Le vent : tout, digues, haies et murets, s’organise en fonction de ses caprices. Il est tout à la fois la menace et la promesse. Il est si fort qu’à certains endroits, sur les hauts de Barnénez ou a Guerzit, les arbres poussent en forme de coups de vent, et leurs branchages sont des rafales.

Le vent parcourt toutes les pages de cette autobiographie par Michel Le Bris, capitaine du festival Etonnants Voyageurs livres et cinéma d’aventure. Il gonfle les voiles de tous les marins pêcheurs, sportifs ou aventuriers  qui sont partis de la baie de Morlaix dont est originaire l’auteur. Le vent traverse les terres et les champs, gonfle les nuages en remuant la mer dont il est aussi beaucoup question ici  que d’odeurs. De jeux de lumières aussi ! Plus qu’une vie de l’auteur, c’est l’histoire de ce coin (magnifique) de Bretagne qui a vu naître, partir et parfois revenir en pointillé,  bon nombre de personnages prêts à partager leurs récits du monde autour d’un ou plusieurs verres, attisés par la compagnie réunie au fond d’un bar comme le Ty Coz .

Parce que Michel le Bris, comme la baie, c’est l’ouverture vers le large et le retour vers ce terroir magnétique. On assiste grâce à ce récit au bouleversements des activités humaines agricoles et maritimes dans les années 70, de la pêche à pied à la pêche tout court,  au développement commercial de Morlaix dès le 16è siècle, on rencontre les gloires locales, on voyage dans l’imaginaire vaste de ce royaume, même si ce n’est pas un roman.

« Mes royaumes. Que cherchent-ils tous pour braver ainsi le froid, demain le vent, ou la pluie ? Quelques crevettes ou praires de plus  ? Allons donc ! Quelque chose de bien plus essentiel et de mystérieux qui les a faits ce qu’ils sont, et seront à jamais. Quelque chose qui, depuis, ne cesse de les appeler. Leur âme, tout simplement. « 

Une raison de plus pour se lancer, c’est magnifiquement écrit, alors, enfilez votre ciré et lisez-le même sous la pluie (ça arrive).

Réservation sur le portail des bibliothèques du réseau du Haut-Rhin.

 

Le Roi serpent Jeff Zentner PKJ

Le Roi serpent_ZentnerPas facile d’habiter dans une petite ville rurale du Tennessee où tout le monde se connaît…encore plus quand on s’appelle Dill Early et qu’on est le fils d’un prédicateur, emprisonné pour détention d’images pornographiques. Persuadé qu’il est victime d’une malédiction familial,  le jeune homme de 17 ans  poursuit sa vie sans grand espoir d’avenir. Ses amis, le fragile colosse Travis et l’extravagante blogueuse à succès Lydia, forment une bande d’exclus au lycée. Si le départ prochain de Lydia pour la faculté bouleverse Dill, il lui laisse aussi entrevoir d’autres possibilités d’évolution.

J’ai eu du mal à rentrer dans le roman. L’auteur met du temps à poser ses personnages et leur histoire. Mais après, à l’inverse, il est difficile de lâcher ce roman. Des passages illustrent l’importance de la religion et le fanatisme de certaines communautés américaines. Ils peuvent étonnés voir gênés le lecteur mais contiennent sûrement une part de réalité . Ce roman alterne moments de noirceur et de lumière à travers des personnages attachants. A ne pas manquer, pour grands ados et adultes.

 

« Le mur invisible » de Marlen HAUSHOFER ; Trad. par Liselotte BODO

« J’écris pour m’empêcher de fixer yeux grands ouverts le crépuscule et d’avoir peur. ..La peur de tous côtés monte vers moi et il ne faut pas attendre qu’elle m’atteigne et me terrasse. J’écrirai jusqu’à ce que ce travail dont je n’ai pas l’habitude me rende somnolente, la tête vide. »

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Ce danger, planant au dessus du récit vous poussera sans doute à connaître sa nature véritable et les éventuelles victimes . Mais ce qui nous lie à la narratrice, c’est le récit du travail quotidien et vital avec lequel elle consolide son existence devenue solitaire du jour au lendemain. La catastrophe qui l’a isolée avec quelques animaux au beau milieu des alpes autrichiennes et le mur surgi pendant la nuit qui les sépare du reste du monde, ne sont pas le principal sujet de ce livre. C’est pour moi, la perte d’une certaine innocence liée aux relations humaines, les mensonges, les illusions, qui tombent au fur et à mesure qu’elle se rapproche de ses compagnons animaux. Ce livre  parle merveilleusement bien des liens que les humains peuvent avoir avec les chats, les chiens, le bétail, des bienfaits qu’ils nous procurent et qu’on peut leur apporter aussi. Mais également, il nous parle des liens entre espèces différentes, les ponts existant entre toutes formes de vie.

Les barrières entre les hommes et les animaux tombent très facilement. Nous appartenons à la même grande famille et quand nous sommes solitaires et malheureux, nous acceptons plus volontiers l’amitié de  ces cousins éloignés. Ils souffrent comme nous si on leur fait du mal et ils ont besoin comme nous de nourriture, de chaleur et d’un peu de tendresse… Dans mes rêves, je mets au monde  indifféremment des humains, des chats, des chiens, des veaux, des ours et d’étranges êtres couverts de poils »

Un thème à la mode, de même que les murs et les romans de survie et qui explique le regain d’intérêt récent pour ce livre édité en 1985. C’est aussi pour ça que j’ai voulu lire ce roman haletant et lent à la fois. Les tâches quotidiennes et la description des activités des animaux sont répétitives mais chaque fois présentées différemment, donc, avec ce journal on ne s’ennuie pas. En même temps, le côté suspens reste en arrière plan et nous garde en haleine.

Ma conclusion : gros coup de coeur !

En attendant une future sélection où la nature aura une large place, voici quelques chroniques déjà publiées ici  et  et encore , plus celle là ou celle-ci 

 

 

Je bouquine ado !

 

Voici le compte-rendu du COMITE ADO du 14 mai_2019   . Documentalistes, bibliothécaires, professionnels ou bénévoles, lecteurs, vous êtes tous conviés ! Le prochain aura lieu le mardi matin 10 décembre à la Médiathèque départementale du Haut-Rhin (inscription sur le site dès que le programme du deuxième semestre est en ligne).