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Les mémoires d’un chat de Hiro Arikawa; trad. par Jean-Louis de la Couronne

Mont Fuji par Richard Kumtanom

A la manière d’un conte, l’auteur nous emmène en  voyage à travers le Japon et dans le passé de Satoru, maître du très bavard chat Nana. L’animal a été sorti du caniveau par le jeune homme qui doit s’en séparer pour une raison que l’on devine au fur et à mesure. C’est le prétexte pour faire connaissance avec ses amis, sa famille au détours de réflexions sensibles. Satoru n’a pas eu la vie facile et cependant, il reste d’une douceur sans faille. Par contre, la partie critique est assurée par Nana. Loin d’être bête, il se permet commentaires et digressions humoristiques sur la société des humains, celle des animaux et sur son pays. Le principe est le même que dans les mémoires d’un âne de la comtesse de Ségur mais le chat s’exprime de façon un peu simpliste parfois, dommage,  et il est assez râleur, dans le genre Garfield ou dans le genre chat, tout simplement !

Cela constitue le seul coup de griffe de cette chronique sur ce livre  très agréable, qui fera voyager les amateurs de chat, de Japon contemporain et de personnages délicats pour la plupart.

Pour réserver, c’est par ici : http://urlz.fr/68JP

 

 

 

 

 

Et Nietzsche a pleuré d’ Irvin YALOM ; Trad. par Clément BAUDE

La lectrice – environ 30 ans-,  travaillant dans le secteur social avait déjà lu un titre de cet auteur  : « Mensonges sur le divan » qu’elle avait aimé. Donc, en achetant ce deuxième titre chez un bouquiniste  (ça fait plaisir d’écrire ce mot, ça faisait longtemps !), elle avait choisi de ne pas prendre de risque. L’histoire se met en place dès le départ. L’arrière plan historique et les débuts de la psychanalyse lui plaisent également. Pourvu que ça lui plaise jusqu’au bout et que le livre lui tienne compagnie même ailleurs que dans le TER qu’elle ne prend pas souvent.

 

Mes lectures de la rentrée littéraire

J’ai commencé par les livres francophones, comme il s’agit de mon domaine professionnel.

En le feuilletant, j’ai décidé d’oublier la lecture de « La Chambre des époux » d’Eric Reinhardt. J’avais déjà été déçue par certains de ses précédents romans. L’auteur y met souvent des scènes de sexe assez crues dont je ne vois pas l’intérêt dans l’histoire. Alors que je m’attendais à un roman autobiographique sur la maladie dans le couple, la place de l’art et de la création, il est beaucoup question de l’auteur et de son rapport aux femmes.

J’ai continué par le roman de Philippe Jaenada « La Serpe« , plus de 600 pages. Dans la veine actuelle des romans biographiques, il revient sur la personnalité d’Henri Girard. Ce dernier fut accusé d’avoir tué sauvagement son père, sa tante et leur bonne. Acquitté, il partit en Amérique du Sud. Lorsqu’il revint, il se lança dans l’écriture sous le nom de Georges Arnaud. Il est l’auteur du Salaire de la peur. L’histoire et la personnalité plutôt complexes du personnage ont attiré ma curiosité. Mais autant vous le dire, il faut s’armer de patience… En effet, Philippe Jaenada digresse beaucoup  et revient fréquemment sur l’affaire Pauline Dubuisson. Il y a effectivement des parallèles, puisque l’avocat Maurice Garçon joue un rôle dans les deux affaires. Si le sujet est intéressant, la lecture est restée trop fastidieuse pour moi.

J’ai beaucoup apprécié, par contre, le court texte « Femme à la mobylette » de Jean-Luc Seigle. Dès le départ, on perçoit cependant la fin dramatique. Dans cette fable malheureuse, Reine est mère de 3 enfants. Son mari l’a quittée pour refaire sa vie. Alors, il lui faut retrouver l’énergie pour se battre. Une mobylette bleue oubliée dans le garage pourrait bien être le déclencheur… Un texte court, sensible et touchant sur des situations précaires qui peuvent basculer facilement.

Sorj Chalandon a été injustement, il me semble, oublié des sélections littéraires. Il connaît néanmoins le succès auprès des lecteurs avec son roman « Le Jour d’avant« . Celui-ci se déroule à Liévin, près de Lens, dans le monde des mineurs. Après 40 ans, un homme revient réclamer justice pour son frère, mort après un coup de grisou.jour d'avant_ Chalandon

Bakhita_Véronique OlmiAutre livre qui m’a plu : « Bakhita » de Véronique Olmi. Il retrace l’histoire vraie d’une enfant, née au Soudan et enlevée par des négriers. Elle sera vendue comme esclave à plusieurs maîtres avant d’être rachetée par le consul d’Italie. Elle retrouve sa liberté et devient sœur. Malgré des passages difficiles sur les mauvais traitements subis, ce livre est un hommage au courage de Bakhita. Il est servi par la belle plume de l’auteur.

 

A suivre, des avis sur « Summer » de Monica Sabolo, » La Disparition de Joseph Mengele » d’Olivier Guez et d’autres encore…

Treize saisons de Jay Asher coll. Wiz Albin Michel 2010

Encore un roman avec un thème d’actualité, le harcèlement et le sexisme.. Et comme pour le livre de Margaret Atwood, son adaptation en série télé a remporté un vif succès, bien que controversé. Il m’a donc incité à revenir au livre d’origine. Et en effet, le roman laisse aussi un sentiment de malaise.

Le narrateur, Clay, fait partie des treize personnes qui ont reçu ou vont recevoir un colis d’Hannah Baker. Cette dernière vient de se suicider en prenant soin d’enregistrer sept cassettes pour expliquer son geste. Elle parle des treize raisons – et autant de personnes – qui l’ont poussée à le faire. Clay écoute le rôle de chacun, sans savoir quel va être le sien. Le début des cassettes commencent par des faits qui pourraient paraître anodins au départ. J’ai d’ailleurs pensé au côté Treize raison de Jay Asherpuritain des mœurs américaines. Ce sont des actes qu’on a tous vécu et qui ne conduisent pas, heureusement, la plupart du temps au suicide. Mais leur enchaînement va précipiter le malaise d’Hannah. Puis, il y a ensuite des évènements plus graves qui ne permettent pas à la jeune fille de se relever. J’ai espéré naïvement une suite plus heureuse, qu’Hannah fasse une réapparition miraculeuse… En effet, le souci de laisser un témoignage sous forme de cassettes est assez étonnant. Cependant, le livre garde son côté sombre de bout en bout.

Pour certains, il ne faut pas le mettre entre toutes les mains car il peut être perçu comme une incitation au suicide ou en tous cas, être déstabilisant. Effectivement, il me semble réservé aux ados de plus de 14 ans. Par contre, il permet de réfléchir aux conséquences des « mauvaises blagues » sexistes, des gestes déplacés et du harcèlement. L’adolescence , période de fragilité et de recherche d’identité est un terreau fertile pour subir ce genre de comportement. Mais, l’actualité de ces jours derniers montre un phénomène plus global et la nécessité de le dénoncer pour changer les mentalités.

Pour réserver, c’est ici.

Juste une mauvaise action d’Elizabeth George ; Trad. par Isabelle Chapman

Dans cette rubrique, une place est laissée au hasard, donc, il a fait que le livre du jour, est un policier ce qui veut dire un petit pas de côté !

Il s’agit d’un achat en librairie par une lectrice habituée du TER d’environ 45 ans. Ce titre fait partie d’une série avec deux  personnages qu’on retrouve à chaque fois : l’inspecteur Lynley.et le sergent Barbara Havers.

Le duo fonctionne bien selon la lectrice qui a eu envie de les retrouver une fois de plus dans une enquête les menant en Toscane.

 

 

 

 

 

Pour plus d’informations, et pourquoi pas, pour réserver, c’est ici

 

« La servante écarlate » de Margaret ATWOOD; Trad. de Sylviane RUE

 « Nous dormions dans ce qui fût autrefois le gymnase » (première phrase)

« Et donc je me hisse, vers l’obscurité qui m’attend à l’intérieur ; ou peut être la lumière » (dernière phrase)

Image extraite de la série « The Handmaid’s tale », 2017 produite par Hulu

Pourquoi ce livre en particulier ? Il fait partie de ceux  dont je n’avais absolument jamais entendu parler avant de travailler en médiathèque et que j’ai dans la PAL des classiques.  Parce que c’est une magnifique  dystopie du niveau de  « 1984″ avec lequel elle partage des thèmes communs. Ajoutez à cela le coup de projecteur dû à l’adaptation en série cette année avec l’excellente Elizabeth MOSS et, coup de massue, le prix que l’auteure Margaret ATWOOD a récolté cette année et voilà, je l’ai enfin lu.

Defred (comme « de Fred »)  décrit sa vie dans une société post catastrophe nucléaire . A Gilead règne la dépersonnalisation et le contrôle généralisé en réaction  à la frivolité de la société précédente, aux déréglements de l’indépendance, de l’amour et  de la lecture . Mais Defred n’a pas oublié sa vie d’avant, son mari et sa fille dont elle n’a plus de nouvelles.  Elle y pense quand elle regagne la chambre de servante qu’elle occupe dans la maison de ses maîtres où elle vit. La société régie par les préceptes rigoureux qui la divise,  lui a imposé de prêter son ventre pour donner porter les enfants des castes supérieures stériles. Mais le ver est dans le fruit , venu du passé et de son goût de liberté individuelle. Va -t-elle se révolter et si oui, jusqu’où ?

The Royal Winnipeg Ballet interprète La Servante écarlate

Comme dans les autres récits dystopiques, le personnage principal, privé de son identité se fait le messager de nos envies de révolte et parfois, on lui reproche de ne pas aller assez loin. Justement, Defred se montre assez nuancée à cause de son passé et elle n’a pas repris le flambeau de la lutte féministe de sa mère. Elle essaie de comprendre les personnes et les hommes y compris et les considère avant tout comme des humains. Ces nuances dans les personnages font que ce n’est pas seulement un livre féministe et c’est pour cela qu’il est complexe.  L’auteur a puisé dans le réel : un régime où  des femmes perdent les premières leur indépendance, et une partie des hommes en profitent mais au même titre que des régimes politiques ou des pouvoirs religieux ayant existé  (nazisme, communisme…)

Le Jardin des délices env1495-1505 Jérôme Bosch

 

Pas étonnant que l’actualité récente (aux Etats-Unis notamment) ait fait penser à ce livre qui se pose là en matière de classique ! Encore un coup de cœur !

A ce sujet : un article supplémentaire du site Usbek et Rica

Sur Actualitté.com  un article publié à l’occasion du Salon du Livre de Francfort où  Margaret ATWOOD a reçu le Prix de la Paix des Editeurs et libraires allemands)

Pour voir le résumé ou/et réserver sur le catalogue de la MD68, c’est

 

 

Un été invincible d’Alice Adams Albin Michel 2017

Eté invincible_Alice AdamsRestons encore un peu en été, au moins avec le titre et la couverture de ce roman…

Nous suivons la vie de quatre amis, Eva, Benedict, Sylvie et son frère Lucien depuis leur rencontre en faculté dans les années 90 jusqu’à aujourd’hui. Dans ce quatuor, il y a évidemment un triangle amoureux. Et lorsqu’Eva part en vacances en Grèce rejoindre Benedict, nous supposons la suite. Mais la vie et les relations humaines se montrent parfois compliquées. C’est bien là que réside l’intérêt du roman. Les personnages évoluent au gré de leurs histoires et de l’histoire avec un grand H. Nous les voyons se dépêtrer avec leurs déconvenues et réussites professionnelles et personnelles. Si ce n’est le cadre, Londres, ces quatre-là pourraient très bien être nos amis. Dommage que l’auteur n’ait pas approfondi chaque personnage de la même façon. Néanmoins, cette fable des temps modernes reste un bon moment de lecture.

« On se croyait en marge de la société […]. Bon sang, on aurait été dégoûtés à l’époque si on avait su à quel point on était comme tout le monde, à quel point les gens sont les mêmes partout sur cette terre. C’est drôle, parce que cette idée a quelque chose de réconfortant aujourd’hui ».

 

Litterado : le blog – On lit, on discute, on vote. I love my books

Litterado, c’est le blog consacré à la littérature ado des médiathèques de Strasbourg. Au menu : le prix  Litterado – avec toutes les étapes des sélections au vote final par les élèves,-   des comptes-rendus d’activité en CDI. C’est coloré et dynamique et les sélections bien utiles.

Bandeau du blog Litterado

Litterado, c’est par

 

Une comédie des erreurs de Nell ZINK; Trad. par Charles RECOURSE

Mais qu’est ce que c’est que ce livre ? Je m’attendais à de l’humour  (vu le titre en français, on peut s’y attendre), et c’était ce que je recherchais.  Comme d’habitude avec l’humour, j’espérais que ça colle avec le mien, (d’humour) ! D’emblée, le titre en anglais laisse  place à une interprétation plus dramatique du contenu :  « Dislaid » veut dire Egaré, paumé, donc, pas forcément hilarant comme scénario. La couverture laisse entrevoir des grincements. Donc, suspens … Finalement, double réussite : en plus d’être souvent très drôle, l’écriture inventive et précise fait mouche, les dialogues aussi ! Pourtant, comme souvent, l’air de pas y toucher, les péripéties traversées par les membres de  cette famille éclatée et dysfonctionelle pourraient les mener à  finir dans un désespoir complet. Ils pourraient subir de plein fouet la discrimination ambiante (raciale, antifemme, anti homo).

Ce qui fait avancer les choses, ce n’est pas que les homos ou les noirs puissent ouvrir un bar à jus d’herbe frais bio, mais qu’ils puissent proposer des choses de première nécessité

Mais ils choisissent, même mal, et assument leurs choix en tordant la réalité s’il le faut ! La mère usurpe l’identité d’une fillette noire décédée pour pouvoir démarrer une nouvelle vie avec sa propre fille alors qu’elle n’est absolument pas noire. Et ça passe,, parce qu’aux USA, à une période, une seule goutte de sang noir pouvaient vous faire classer comme tel vis à vis de l’administration !

Pourtant, comme chez John IRVING,  les personnages sont animés par une vitalité et un amour infini qui les fait avancer jusqu’au dénouement.

Et l’ humour détaché utilisé par l’auteur  permet de dédramatiser toute sorte de situations « sérieuses » (y compris les scènes de sexe.)

Le modèle de famille « classique » est froissé, mais celle qui est montrée ici fait bien partie des familles !

Un roman qui fait du bien, donc. Drôle et profond en même temps !

Pour voir le résumé et réserver, c’est ici

 

Bonheur volé de Suzanne COX ; Trad. de Catherine BERTHET


Cette jeune lectrice de 23 ans a choisi ce livre acheté dans un  dans un lot acheté dans un marché aux puces par sa maman. Elle pratique la lecture tous azimuts et varie ses choix selon son humeur.

Cette histoire, légère,  d’enfant qui va faire la connaissance de son père, remplit tout à fait son office et ravit sa lectrice pendant son trajet régulier !