Archive mensuelles: novembre 2015

PREMIERS CHAPITRES A TESTER AVANT DE SAUTER LE PAS

Vous avez peut-être déjà fait des voeux afin de pouvoir, un jour, avoir une solution vous permettant de vous faire une idée du style d’un écrivain ou d’un livre alors que vous n’en avez aucun exemplaire sous la main … Les 4èmes de couverture et  les couvertures simplement, c’est bien joli, mais ça laisse souvent dans une grande solitude quand on découvre, une fois le livre convoité ouvert, que le ramage n’est pas du tout à la hauteur du plumage… Ce n’est pas du luxe que d’avoir la possibilité de se faire son propre avis en ayant une source d’information complémentaire et c’est là qu’intervient le site « Chapitres.actualitte.com » fruit de la collaboration entre chaPitre.com et Actualitté.

Il permet, en toute légalité , de lire le premier chapitre de toute une sélection de livres.

Ce site  ne remplace pas les échanges avec les amis, les collègues, les autres lecteurs, les professionnels, les revues… j’en passe et des meilleurs, mais je trouve qu’il les complète bien avant d’acheter ou de réserver dans sa bibliothèque.

 

 

 

 


Annabel de Kathleen WINTER . trad par Claudine VIVIER

Un thème très américain : la maîtrise de son destin traité ici avec beaucoup de sensibilité. A sa naissance, Wayne est hermaphrodite. Son père décide d’en faire un homme en optant pour une opération. Mais en secret, et dans sa relation avec sa mère et la meilleure amie de celle-ci, il agit « comme une fille ». Les longues absences de son père, trappeur, lui laissent la possibilité de se laisser envahir par cette « nappe souterraine »   qui va prendre toute sa place à l’adolescence. C’est à ce moment qu’il prend la décision d’arrêter complètement son traitement . Parallèlement, son amie d’enfance se fraie également son chemin pour concrétiser ses rêves. Tout au long du livre, le poids de la société se fait ressentir et le père en est aussi la victime, dans sa poursuite de son idéal d’homme à transmettre à son fils. J’ai beaucoup aimé les moments où il doit agir en fonction de cet impératif écrasant et qu’il laisse les animaux sauvages lui dicter la voie la meilleure pour son enfant. Ca a l’air un peu allumé, mais n’oublions pas qu’il est trappeur, le gars !  Le personnage de la mère est moins intéressant car moins paradoxal, mais il l’est tout de même, intéressant !  Au final, un livre d’apprentissage dont la musique est encore présente un an après la lecture.

 

Roman d'apprentissage ado hermaphrodisme nature relation père fils mère

Auteur Joshua EARLE Creative Common

PARIS EST UNE FETE

« Il n’y a jamais de fin à Paris et le souvenir qu’en gardent tous ceux qui y on vécu diffère d’une personne à l’autre. Nous y étions toujours revenus et peu importait qui nous étions, chaque ou comment il avait changé, ou avec quelles difficultés -ou quelles commodités -nous pouvions nous y rendre. Paris valait toujours la peine. »

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Paris est une fête de Ernest HEMINGWAY ; trad de l’américain par Marc SAPORTA

 

D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan JC Lattès

téléchargement

Delphine, après ses succès littéraires, est en panne d’inspiration. De plus, elle reçoit des courriers anonymes malveillants. Face à ces difficultés, elle trouve du réconfort auprès d’une nouvelle amie, L.. Celle-ci s’immisce progressivement dans le vie de l’auteur. Leur seul point d’achoppement est l’écriture du roman de Delphine. L. essaie de la convaincre de la supériorité de l’histoire « vraie » sur la fiction.

Si « No et moi » m’avait plu, je n’avais pas lu, depuis, de roman de Delphine de Vigan. Interpellée par le succès de ce livre, couronné par le prix Renaudot, je me suis donc lancée dans sa lecture. Roman psychologique et réflexion sur l’écriture et la place de la fiction, ce livre est tout cela à la fois. Certains parlent de thriller. Oserais-je l’avouer ? Je me suis un peu ennuyée. Il m’arrive parfois d’être à contre-courant des avis presque unanimes. C’est le cas ici. Le roman est certes subtil mais je n’ai pas été passionnée et je n’ai pas trouvé la comparaison avec Stephen King à la hauteur. Dès le départ, on devine que L. est une manipulatrice et que la relation va mal se terminer. La narration de l’évolution de cette amitié est longue. Les interrogations sur la nature de la fiction m’ont aussi laissées de marbre. Je lis avec un même plaisir autofiction et fiction si je trouve l’intrigue prenante. La fin est habile mais cela ne me suffit pas. Alors, sans rancune, je vais essayer de lire un autre de ses livres…

Un webzine littéraire pour la route

un dernierUn dernier livre avant la fin du monde,  webzine malin alimenté par une dizaine de collaborateurs publiant des chroniques littéraires bien faites et qui mettent en avant des auteurs/ livres forts la plupart du temps. Des interviews, des podcasts thématiques complètent ces rubriques.

La majorité des contenus est consacrée aux auteurs étrangers (surtout anglo-saxons), et quant aux genres,  la BD, le polar, la Science Fiction, font partie du casting, histoire de ne pas tourner en rond.

Je m’y suis abonnée, parce que les publications ne sont pas surabondantes et donc, ne contribuent pas à faire n’exploser ma boite mail.

A écouter : une émission »Les nouvelles vagues » du 16 mars 2016 où deux des animateurs du webzine ont té invités

 

« ENCORE » : un livre sombre lauréat du Prix Médicis étranger

Aujourd’hui, un bel article publié sur le blog littéraire « Un dernier livre avant la fin du monde » sur le livre gagnant du Prix Médicis étranger 2015, « Encore » de Hakan Günday. Malheureusement, encore un livre noir sur la soif de pouvoir qui guide certains individus, toutes civilisations confondues,  pour aboutir à l’actualité des passeurs de clandestins  en mer Egée.

Je vais m’empresser de rajouter ce blog dans la boîte à outils !

Déprimés, évitez cette rubrique !

Cette année, quelques auteurs ont abordé le thème de la mort. Leurs livres bouleversent, marquent et suscitent la réflexion. Alors si, en cette période propice à la dépression saisonnière, vous vous sentez malgré tout d’attaque. Voici quelques lectures.

Camille, mon envolée de Sophie Daull chez Philippe Rey raconte un drame, celui de la perte daulld’un enfant. Camille a 16 ans et plein de projets, notamment celui d’entrer à Sciences Po. Une vilaine grippe vient soudain contrarier ses vacances de Noël. Jour après jour, Sophie, sa mère, nous raconte la dégradation de son état : comment Camille s’est battue, comment les médecins n’ont pu déceler la bactérie qui la rongeait… Puis c’est le deuil, les réactions des proches, la peine incommensurable qu’il faut apprivoiser. Et la vie malgré tout, cette vie que Camille et Sophie aimaient partager avec humour.

La Maladroite d’Alexandre Seurat au Rouergue est un livre tout aussi révoltant. Inspiré d’un fait seuratdivers, il décrit la marche inexorable de Diana vers son destin tragique. Les témoins (institutrices, directeurs, assistantes sociales, médecins, proches) prennent tour à tour la parole. Certains ont dénoncé la maltraitance, d’autres ne l’ont pas vu. Diana, elle-même n’a pas voulu mettre en cause ses parents.Quand finalement les choses bougent enfin, il est trop tard.

Enfin, un livre particulier, dérangeant :

Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu chez Fayard. Le titre m’avait interpellé. S’agissait-il d’une recette miracle qu’on allait nous exposer ? L’histoire est moins drôle. Un médecin a perdu sa femme, sa raison de vivre. beaulieuC’est décidé : il va se suicider. Il rentre dans un taxi conduit par une dame âgée quelque peu exubérante. Elle lui propose un marché : attendre 7 jours avant de se suicider et faire tout ce qu’elle lui dira. Il s’en suit une série d' »épreuves » destinées à obliger le docteur à voir la mort en face. L’auteur réserve bien entendu une fin non convenue à l’étrange duo.

S’il n’a pas la même tonalité bouleversante que les deux autres, ce livre est néanmoins surprenant dans sa façon de traiter du suicide et de la mort.

Des romans qui parlent d’un sujet encore tabou, sans pathos mais aussi sans esquive…

La piste des glaces/L’Epée des ombres J.V.JONES

Troisième partie de la série de Fantasy l’Epée des ombresLa Piste des glaces,  a été baladé par un lecteur masculin d’environ 50 ans qui l’a acheté sur internet après avoir été séduit par les deux premières parties achetées dans une librairie. C’est un lecteur curieux et exigeant  mais qui apprécie aussi de s’évader en lisant !

Fréquente les bibliothèques depuis son plus jeune âge, et a toujours un livre en cours .piste des glacesPour plus de SF, de Fantasy et de Polar, c’est par ici : le blog Mauvais Genre animé par des bibliothécaires de la MD68

Suite des prix littéraires

Le Grand Prix du roman de l’Académie française a été décerné le 29 octobre à l’ écrivain algérien Boualem Sansal 2084(« 2084 ») et à Hédi Kaddour (« Les Prépondérants »).

Le premier a écrit une dystopie qui se déroule dans un pays imaginaire, l’Abistan, du nom du prophète Abi. La pensée personnelle y est proscrite. Il y a obligation de soumission au Dieu prépondérantsunique.

Le deuxième roman décrit les changements provoqués par l’arrivée d’une équipe de tournage
américaine dans un village du Maghreb, dans les années 20.

 

 

 

 

Christine Angot a reçu le 2 novembre le prix Décembre pour « Un Amour impossible ». Roman angotautobiographique dans lequel l’auteur décrit la relation entre son père, intellectuel bourgeois et sa mère secrétaire. Elle parle également de l’inceste dont elle a été victime.

 

 

cacheLe prix Fémina a été attribué hier à Christophe Boltanski pour « La Cache ». C’est un retour sur l’histoire de sa famille à travers les pièces de la maison et notamment la cache qui servit à son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale

Le prix Médicis couronne Nathalie Azoulai avec « Titus n’aimait pas Bérénice ». Elle revisite la vie de Racine à travers l’histoire d’amour de Bérénice.azoulai

Reste encore le Prix Interallié, le 12 novembre.

Les prix ont donc couronné des auteurs différents. La rentrée littéraire francophone s’avère assez éclectique, sans domination écrasante. Les favoris Boualem Sansal et Delphine de Vigan ont été récompensés sans pour autant monopoliser les prix. On retrouve toujours la forte propension à l’autofiction (exploration de la vie de l’auteur sous forme romancée) qu’on connait depuis quelques années. Autre thème qui inspire les écrivains : les pays musulmans et leurs évolutions.