Archive journalières: 5 novembre 2015

Suite des prix littéraires

Le Grand Prix du roman de l’Académie française a été décerné le 29 octobre à l’ écrivain algérien Boualem Sansal 2084(« 2084 ») et à Hédi Kaddour (« Les Prépondérants »).

Le premier a écrit une dystopie qui se déroule dans un pays imaginaire, l’Abistan, du nom du prophète Abi. La pensée personnelle y est proscrite. Il y a obligation de soumission au Dieu prépondérantsunique.

Le deuxième roman décrit les changements provoqués par l’arrivée d’une équipe de tournage
américaine dans un village du Maghreb, dans les années 20.

 

 

 

 

Christine Angot a reçu le 2 novembre le prix Décembre pour « Un Amour impossible ». Roman angotautobiographique dans lequel l’auteur décrit la relation entre son père, intellectuel bourgeois et sa mère secrétaire. Elle parle également de l’inceste dont elle a été victime.

 

 

cacheLe prix Fémina a été attribué hier à Christophe Boltanski pour « La Cache ». C’est un retour sur l’histoire de sa famille à travers les pièces de la maison et notamment la cache qui servit à son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale

Le prix Médicis couronne Nathalie Azoulai avec « Titus n’aimait pas Bérénice ». Elle revisite la vie de Racine à travers l’histoire d’amour de Bérénice.azoulai

Reste encore le Prix Interallié, le 12 novembre.

Les prix ont donc couronné des auteurs différents. La rentrée littéraire francophone s’avère assez éclectique, sans domination écrasante. Les favoris Boualem Sansal et Delphine de Vigan ont été récompensés sans pour autant monopoliser les prix. On retrouve toujours la forte propension à l’autofiction (exploration de la vie de l’auteur sous forme romancée) qu’on connait depuis quelques années. Autre thème qui inspire les écrivains : les pays musulmans et leurs évolutions.

Bureau des spéculations de Jenny OFFILL, trad. de l’américain par Edith OCHS

Bureau des spéculations , un livre vraiment attachant. On y avance au rythme des réflexions, hésitations, interprétations qu’une femme nous livre, par petites bribes bruts de décoffrage, suite à un adultère. Mais, ce n’est jamais mièvre, c’est parfois cruel, drôle et ironique. De plus,  pour s’en sortir, elle nous fait profiter de l’aide de nombreux auteurs et poètes qu’elle cite très souvent et c’est tant mieux.

bureau_

 » Comment est-elle devenue une de ces femmes qui portent un pantalon de yoga toute la journée ? Elle qui se moquait tant de ces gens -là…Cela dit, en vieillissant, on se rend compte qu’il y a de moins en moins de choses dont on peut se moquer car, en définitive, on ne sait jamais ce qui nous attend. »