Archive mensuelles: février 2016

La Sibylle de Kell par David EDDINGS ; trad. par Dominique HAAS

La Sibylle de Kell/ D. EDDINGS

Encore un lecteur de Fantasy ! Je me demande si je suis attirée par ce type de lecteur (mais y a t-il un profil type permettant de les repérer consciemment ou non ? Je crois que non). Ou alors, les usagers du TER m’ont repérée et se sont mis tous à lire exclusivement de la fantasy  (mais là, permettez moi d’en douter, la popularité de cette rubrique ne me permet pas d’envisager sérieusement cette solution). Si vous avez des réponses, je suis preneuse ! Simplement, c’est un genre très populaire actuellement et digne de l »intérêt qu’il suscite ! Voir  Mauvais genres 68, le blog Polar et SF, Fantasy de mes collègues

Donc, le lecteur a environ 40 ans, usager quasi quotidien de ce train, a lu ce livre (faisant partie d’une série de 6 volumes) il y a longtemps et l’a racheté pour le relire. Choisi pour l’histoire et les personnages.

Pour réserver La Sibylle de Kell (chant 5 de la série « La Malorée »)

La Source Anne-Marie Garat Actes sud 2015

Attirée par les commentaires élogieux, je me suis lancée dans la lecture de ce roman, dont la couverture me faisait de l’oeil. Lottie, une vieille femme, y conte à une jeune professeur de sociologie, son histoire et celle de la famille Ardenne. Tout commence au village du Mauduit en Franche-Comté. Lottie, alors adolescente vit dans la précarité, aidant sa mère à tenir leur ferme.Un jour, un homme dépose une enfant, Anaïs, aux bons soins de sa mère Vitalie Ardenne. Lottie étant la seule à réussir à calmer les pleurs de l’enfant, elle est embauchée comme nourrice. Ainsi débute sa longue carrière au sein de la famille Ardenne. Elle y découvrira les secrets des uns et des autres. Au fil de son récit renaissent les fantômes du passé qui ont peuplé la demeure. La narratrice prend conscience qu’elle n’est pas venue par hasard au Mauduit.téléchargement

Ce conte, car Lottie s’autorise à jouer avec les faits, a un charme puissant. Il est servi par une langue subtile et foisonnante. C’est une réflexion sur l’origine, le sens et la transmission des histoires. Mais je n’ai pu m’empêcher de sauter quelques pages consacrées aux descriptions. Les phrases, longues et dont la tournure est inhabituelle, donnent au récit une certaine langueur qui peut lasser.

Disparition de Harper LEE

Harper Lee, une autre auteure populaire dans un genre très différent d’ Umberto ECO, vient aussi de nous quitter  : auteur de d’un énorme best seller passé au rang de classique étudié par tous les enfants du collège au lycée aux Etats-Unis :  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueurPrix Pulitzer en 1961- et sa suite Va et poste une sentinelle parue en 2015 mais écrite avant et destiné à un autre public.

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Harper Lee sur le tournage de « Du silence et des ombres » avec Mary Badham, dans le rôle de Scout. (Associated Press)

 

Le premier se passe dans une petite ville  perdue de l’Amérique des années 30 et constitue un plaidoyer contre la  violente ségrégation raciale qui y règne. Dès sa publication, il a rencontré un vif engouement populaire et continue à être plébiscité. Peut être est-ce dû au récit qui est délivré par Scout, une jeune enfant de 8 ans délurée et intelligente, cousine de Huckleberry FINN, entourée de personnages plein de compassion ? L’ambiance et la vie quotidienne décrites y sont  aussi importantes que la thématique  développée. On retrouve les personnages dans la suite, 20 ans plus tard, mais ils se révèlent beaucoup plus sombres dans ce roman d’apprentissage situé dans une Amérique en pleine mutation.

Au catalogue MD68, réserver  la version audio du livre

Un film de R. MULLIGAN Du silence et des ombres  a été adapté de « Va et poste »…

Voir : Des avis sur Babelio.com

Pour comprendre mieux le parcours atypique de l’auteur,  la naissance des deux livres et le calendrier de leur parution pas forcément exempte d’innocence :

Un bel article de Florence NOIVILLE paru le 19/02/2016 sur le blog M Culture du Monde : « Mort de Harper Lee, auteure de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »

Et dans Télérama, le 26/09/2015 : Harper Lee : et si son héros n’était pas si blanc ? Par Nathalie CROM

Sur Slate, par Stephen METCALF : Comment « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » est devenu une religion américaine

NB : les titres de documents (livres, films, livres audio)  sous forme de liens peuvent être réservés dans le catalogue de la MD68.

 

Après sa disparition : Eco est ailleurs

marginalia-enluminure-etrange-moyen-age-25Après la disparition du romancier italien polymorphe Umberto ECO : sémiologue, professeur sociologue et flûtiste ! Retrouvons le à travers plusieurs documents.

Le bien, pour un livre, c’est d’être lu. Un livre est fait de signes qui parlent d’autres signes, lesquels à leur tour parlent des choses. Sans un œil qui le lit, un livre est porteur de signes qui ne produisent pas de concepts, et donc il est muet.

Sur le site de l’express Une biographie rapide par Daniel Salvatore SCHIFFER, auteur d’une  biographie « Le labyrinthe du monde »

Sélection -vu le nombre de titres, c’est nécessaire de choisir !- de titres présents à notre catalogue : les liens des documents cités permettent d’aller directement à la notice pour réserver

Commençons par les romans et par celui qui est en général cité en premier,( ne boudons pas notre plaisir à l’évocation de ce roman proche du polar historique) :  Le nom de la rose trad. par Jean Noël SCHIFANO qui nous parle aussi de la puissance des mots et de la crainte qu’ils peuvent susciter. Puis, viennent le livre lu  correspondant et Le film de Jean -Jacques ANNAUD qui l’a popularisé .

Le pendule de Foucault roman ésotérique où le complot mène la danse en nous faisant voyager à travers les époques, le tout servi par une langue riche et vivante.

L’île du jour d’avant trad. par Jean Noël SCHIFANO où jaillit son obsession pour le temps et la connaissance …

Et du côté des essais :

De la littérature trad. par Myriem BOUZAHER réflexions sur la fonction de la littérature notamment  par rapport à l’histoire, ses relations avec la littérature, ses auteurs admirés …

Confessions d’un jeune romancier ; trad. par F. ROSSO (écrit alors qu’il était déjà bien âgé !) et où il partage son expérience à travers listes de choses à faire ou ne pas faire, conseils aux jeunes romanciers

« De superman au surhomme  » sur les surhommes et les romans feuilletons où il nous décomplexe face à la lecture « facile »

Histoire de la beauté  orienté esthétique et histoire de l’art.

Bien qu’érudit, il fait en sorte de faire disparaître ce savoir immense pour se mettre à la portée d’un public bien plus large que les universitaires.

Pour retrouver sa voix reconnaissable et sa verve, voici une série d’entretiens :

10 vidéos sur le site de l’Ina (Institut national de l’audiovisuel)

A propos de la Bibliothèque Sainte Geneviève, du « Nom de la rose » Apostrophe – juillet 1982, mais aussi du  » Pendule de Foucault » 1992 et aussi de  » L’Ile du jour d’avant » avec Laure ADLER – 1996, son questionnaire de Proust par B. PIVOT…

Mais aussi « le temps des écrivains » France Culture 16 mai 2015 où sont abordés la notion de vérité, la rumeur, l’oubli, au centre de son oeuvre.

Pour clore : « La Fabrique de l’histoire » – 06 juin 2011

Eloge de l’ombre de Junichiro TANIZAKI

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Manfrottoimaginemore.com

Quelle peut être l’origine d’une différence aussi radicale dans les goûts ? Tout bien pesé, c’est parce que  nous autres, Orientaux, nous cherchons à nous accommoder de nos limites qui nous sont imposées…Nous n’éprouvons par conséquence nulle répulsion à l’égard de ce qui est obscur.

Un voile se lève sur la culture japonaise à travers ce petit condensé de beautés où l’auteur, de façon très abordable et pourtant profonde,  nous livre ses réflexions sur la conception classique de la beauté partagée par ses compatriotes. Ces analyses s’appliquent aux objets du quotidien, au maquillage, aux vêtements et jusqu’aux toilettes avec comme constante, les jeux d’ombres et de lumière s’y matérialisant.

Cela donne un guide nous transportant vers un pays de fraîcheur que l’auteur a connu dans les années 1930 alors que grandissait l’influence de l’Occident et la civilisation de la lumière (avec ses innombrables bienfaits selon ses dires).

Mon propos était de poser la question de savoir si, dans telle ou telle direction, par exemple dans les lettres ou les arts, il ne subsistait pas un moyen de compenser les dégâts. l’aimerais élargir l’auvent de cet édifice qui a nom « littérature », en obscurcir les murs, plonger dans l’ombre ce qui est trop visible et en dépouiller l’intérieur de tout ornement superflu.Je ne prétends pas qu’il faille en faire autant pour toutes les maisons. Mais il serait bon je crois qu’il en reste ne fût-ce qu’une de ce genre.

Vous pouvez écouter des  Extraits lus du livre en vous imprégnant de l’odeur du thé dans les bols en céramique

Et refaire un tour un peu plus loin en littérature asiatique.

Un site de référence en littérature ado

Le site Lirado est tenu par une professeur-documentaliste, ancienne ado, comme nous (d’accord, ça fait longtemps dans notre cas, mais bon…la jeunesse d’esprit ça existe ; )). Il faut dire que la littérature ado séduit de plus en plus d’adultes. Les collections pour youngs adults ont le vent en poupe. Désormais, la cible s’élargit aux 15-35 ans. Pour ma part, j’apprécie les sujets traités et la manière de les aborder. Quelque chose de direct et percutant… Les textes, souvent plus courts, font la téléchargementpart belle aux dialogues. Le site Lirado propose d’ailleurs un dossier bien fait sur l’histoire de la littérature jeunesse. Il revient sur ses spécificités. Outre l’ergonomie du site et sa lisibilité, on appréciera les rubriques : interviews d’auteurs, sélections, les commandes du CDI (elles ont bien changé depuis notre époque, heureusement !) et le rendez-vous hebdomadaire du lundi avec ses tops et ses flops.Les critiques concernent les ouvrages dès 9 ans et le public ciblé bien indiqué. A noter encore, une sélection sur un thème important, celui du harcèlement qui revient dans de nombreux romans.

 

La Citadelle des ombres IV ROBIN HOBB chez Pygmalion

citadelleombres_Aujourd’hui, c’est un lecteur  de littérature fantasy (Merci Valérie!) d’environ quarante ans qui  a attiré mon regard (le livre, pas le lecteur !). Il lisait un exemplaire du tome 4 de la série « La citadelle des ombres » qu’il avait acheté en librairie après les trois premiers de la série. Il faisait ce trajet exceptionnellement.

Il mixe les genres entre fantastique et classique et se laisse guider par le hasard.

 

 

Ma mère, le crabe et moi Anne Percin éd. Rouergue collection Doado

Tania,collégienne, vit avec sa mère, divorcée. Cette dernière apprend qu’elle a un cancer du sein. Tania découvre très vite la nouvelle. S’ensuit pour les deux femmes une lutte quotidienne contre la maladie qu’elles affrontent ensemble. Il y a les séances de chimio, les effets secondaires, les moments de découragement… En parallèle, Tania continue sa vie au collège. Elle décide de se lancer à fond dans la course à pied sous l’œil admirateur d’un de ses camarades…

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Intéressée par les avis dithyrambiques, je me suis lancée dans ce roman qui se lit facilement. Ce livre est partenaire de la campagne officielle de sensibilisation de l’Association « Le Cancer du Sein, Parlons-en ! ». Les explications médicales m’ont un peu dérangées. Peut-être parce qu’adulte, je les connaissais et j’aurais préféré les retrouver en fin d’ouvrage. J’avais un peu peur du côté « didactique » du livre. Mais je reconnais qu’il permet d’appréhender le sujet et même d’aider des personnes dans des situations similaires. Tania et sa mère sont des personnages attachants, résolument positifs. Leur humour permet de dédramatiser les situations difficiles.