Archive mensuelles: octobre 2016

Ceci n’est pas une histoire d’amour par Mark Haskell SMITH ; Trad. de Julien GUERIF

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« Cru – Une histoire d’amour » : c’est la traduction littérale du titre. J’aime bien la traduction qui a  été retenue. Elle révèle justement la complexité du roman.  Je dirai même plus, dans le même esprit que Magritte, tous les éléments sont là pour que ce soit une histoire d’amour, (deux jeunes gens que tout un tas de clichés séparent à la base qui devraient vraisemblablement tomber amoureux).  Mais ça reste de la fiction, tout comme la téléréalité et le monde des romans  qui sont tous deux  l’objet de l’humour dévastateur de l’auteur, Mark Haskell Smith.

Tableau de Magritte "Ceci n'est pas une pipe"

 

D’un côté, on a  Harriet , critique littéraire très à cheval sur la qualité littéraire et crainte dans le milieu éditorial et de l’autre, Sepp, jeune homme invité à dévoiler ses magnifiques abdominaux à l’occasion de toutes ses rencontres avec ses lectrices plus ou moins sages. En plus d’être la vedette d’une émission de téléréalité relatant sa relation surtout sexuelle avec une jeune femme,  il est en effet, l’auteur (officiel) Du Best seller du moment, inspiré du show. Mais on ne la fait pas à Harriet. Après avoir ouvert le livre avec des pincettes, (ceci n’est pas de la littérature, elle a peur de se salir), elle a repéré  une plume géniale derrière ce récit et n’a qu’une idée en tête : retrouver le véritable auteur et dévoiler son identité au grand jour. En faisant cela, elle veut mettre fin à cette pratique qui gangrène le monde de l’édition. Mais, embarquée avec Sepp dans un road trip sexuel échevelé, elle va (enfin) se découvrir.

Ce livre est malin, il se sert des clichés partagés par une partie de  ses lecteurs et par les deux personnages principaux : Harriet , au contact de Sepp se révèle une bête de sexe, alors Sepp, par contre, est délicat et s’ouvre à la littérature à son contact.

Elle réalisa qu’elle avait finalement dépassé le stade intellectuel. Elle nourrissait toujours des pensées riches et profondes mais y avait intégré une dimension physique

Pour cette thématique, ça m’a fait penser à un de mes films fétiche : « Le goût des autres » où les clichés tombaient au fur et à mesure que le personnage principal (bien terne au début) renaissait après avoir obtenu l’attention d’une seule personne.

Par contre, dans ce roman qui n’est pas aussi léger qu’il n’en a l’air, tout le monde est épinglé, c’est beaucoup plus drôle et l’écriture est un plaisir !

A réserver ici : Ceci n’est pas une histoire d’amour

Une infographie confirme que les jeunes lisent, et pas qu’un peu !

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Une chouette  infographie issue d’un blog sur la littérature Jeunesse et jeunes adultes « Allez vous faire lire  »  contredisant le ressenti et les clichés à propos des « jeunes » qui ne lisent plus. Apparemment, ça serait même le contraire : ils lisent plus que leurs aînés (si on compte aussi tout ce qui se passe hors lecture de romans). Ce travail fait suite et enrichit les résultats de l’étude 2016 du Centre national du livre « Les jeunes aiment lire ! » dont les résultats ont déjà eu eu l’air d’en surprendre plus d’un.

Voir l’infographie en question ici :Infographie : les jeunes lisent… plus que leurs aînés

Dans notre rubrique « Le livre balladeur » qui va dans ce sens, les lecteurs sont aussi nombreux chez les jeunes que chez les moins jeunes, à en croire mes « prises ». Je ne suis peut être pas objective et je me laisse guider par mon inconscient lorsque je choisis un jeune et beau lecteur dans le TER, mais j’ai l’impression, que globalement, la lecture est pratiquée au moins autant par cette catégorie. Rien de bien scientifique, mais, ce n’est pas pire que les impressions qui font parfois office de convictions quand on parle de ce sujet.

Le Garçon au sommet de la montagne Gallimard jeunesse 2016

Ce livre étonnant est destiné aux adolescents et aux adultes. Pierre vit à Paris. A 7 ans, il perd son père, vétéran allemand de la Première Guerre mondiale. Peu après, c’est sa mère, française, qui meurt de tuberculose. Hébergé un temps chez son ami Anshel, d’origine juive, il est adopté par sa tante Beatrix. Celle-ci est la gouvernante d’Adolf Hitler au Berghof. C’est là que Pierre va grandir, au milieu des adultes. Sa vie est rythmée par l’école et les visites du Führer.le-garcon-au-sommet-de-la-montagne

Il fallait oser écrire un roman sur un sujet aussi sensible ! Bien sûr, Pierre et Beatrix sont des personnages de fiction. Pour des adultes, cet aspect de l’histoire peut manquer de véracité. Mais le roman se lit bien. Il apporte également des éléments concernant la construction de l’adolescence, l’importance du comportements des adultes sur la formation du caractère. C’est, en partie, parce que Pierre est le seul enfant au Berghof que les attentions d’ Hitler pour lui flattent son ego. Ce livre véhicule des messages forts. Il m’a donné envie de lire « Le garçon en pyjama rayé« , best-seller précédent de l’auteur et destiné aux enfants. On y suit le déménagement d’une famille dans une maison isolée. De la fenêtre de sa chambre, Bruno, le fils, voit des êtres étranges parqués comme des animaux. Il se lie d’amitié avec l’un d’eux. Le terrible événement de la shoah est vu à travers ses yeux d’enfants.

Il me semble important de parler de ces périodes sombres de l’histoire, avec des mots choisis, aux enfants et adolescents. John Boyne le fait avec habileté et talent. Ces livres sont déjà des « classiques ».

La Mémoire des embruns Karen Viggers Les escales 2015

Ce livre a bénéficié d’un bon bouche à oreille. Le titre et la couverture laissent imaginer une ambiance marine. Et c’est vrai,  le dépaysement est au rendez-vous. Nous sommes en Tasmanie, à l’extrême sud, de l’Australie. C’est de là que partent les expéditions pour telechargementle Pôle sud. Sur l’île de Bruny, Mary, femme de gardien de phare, a élevé ses trois enfants au tempérament différent. Si les deux premiers se sont empressés de retourner sur le continent, Tom, le benjamin, apprécie la nature et reste proche de sa mère. Il se remet difficilement de son divorce, engendré par un séjour au Pôle sud. Mary, elle, sent la fin de sa vie approchée. Contre l’avis de tous, elle retourne s’installer sur l’île. Elle souhaite voir encore une fois les lieux qui ont marqué sa vie et faire la paix avec ses souvenirs. Mais pour cela, elle doit convaincre le gardien de la réserve de l’accompagner. Tom, lui, fait une rencontre qui lui permet de retrouver le sourire.

C’est un livre que l’on pourrait lire, au chaud, derrière une vitre cinglée par la pluie. Il fleure bon les embruns côtiers. Si je n’ai toujours pas réussi à lire Les Déferlantes de Claudie Gallay, je suis parvenue plus facilement au bout de ce roman. Il est vrai que la trame n’est pas très surprenante. Le secret de Mary est vite éventé ; on se doute dès le départ de son contenu. Mais on se prend à apprécier l’ambiance et les personnages qui peuplent ce roman. Le destin de Mary illustre les choix que l’on fait dans la vie, la difficulté qu’il y a parfois à les respecter.

« Le siècle T3 » : « Aux portes de l’éternité » par Ken FOLLET

Voilà une jeune lectrice de 25 ans qui a de la chance. Elle a un un frère partageur qui lui a prêté ce livre et les précédents de la série « Le siècle », un classique des rayons des bibliothèques. Elle aime l’histoire romancée qui suit les personnages depuis la deuxième guerre mondiale et la variété de milieux sociaux abordés. Elle prend le train tous les jours pour aller travailler et le trajet lui permet de se plonger voluptueusement dans ce récit au long cours.

couverture de "Aux portes de l'éternité", T3 de "Le siècle" de Ken FOLLET

« A toute berzingue » de Kenneth COOK. trad. par Mireille VIGNOL Roulez jeunesse !

Signpost dans l'outback. affleurements rocheux Desert-esq, les oiseaux de proie et encerclant un soleil chaud. Pour coutume signe libellé: http://flashalexander.com

http://flashalexander.com

 

 

Entre Kathie et Shaw, aucun sentiment possible, même aussi fin qu’une feuille de papier à cigarette. Une possibilité envisagée au début du livre, mais vite chassée par la priorité : survivre dans une nature pas forcément accueillante, même si la jeune fille a déjà l’expérience d’une baroudeuse solitaire. Ils se sont rencontrés il n’y a pas 24 heures et déjà, ils sont obligés de s’associer pour échapper à la férocité d’une créature mi homme mi démon, surpuissante et lubrique, qui n’a qu’une idée en tête, détruite, détruire encore et encore celui qui s’est aventuré sur ses terres sauvages. Quiconque rencontre sa trajectoire furieuse le fera à ses risques et périls.

D’explication, de psychologie, on en aura pas et c’est ce qui rend le récit encore plus haletant et implacable. a-toute-berzingue_9782746743076Pauvre citadin présomptueux, dans l’outback, personne ne t’entendra crier. La préface de Douglas Kennedy nous donne d’autres références sur le sujet de l’homme sauvage en citant des livres précédents de K. Cook, mais aussi Richard Cornell,  Spielberg au cinéma, avec « Duel » et je rajouterai, dans un genre plus gore « Massacre à la tronçonneuse » et autres mauvaises rencontres comme dans Délivrance tiré du roman de James Dickley.

Voilà donc une lecture pas forcément rafraîchissante, (vu la température régnant en Australie, pas étonnant), mais qui a fait son effet sur ma tension artérielle.

Dans notre catalogue : A toute berzingue

 

Fin du mystère en baie de Naples ?

telechargementElena Ferrante, pseudonyme choisi par l’auteur en hommage à Elsa Morante, serait sur le point d’être démasquée.L’auteur de la trilogie napolitaine (dont L’Amie prodigieuse et Le Nouveau nom déjà parus en France) a fait l’objet d’une enquête par un journaliste indépendant, Claudio Gatti. Ce dernier se serait intéressé aux comptes de la maison d’édition Edizioni e/o. Le pourcentage d’augmentation du chiffre d’affaire de la maison correspondrait à l’augmentation du salaire d’une de ses employée traductrice, Anita Raja, déjà sur la liste des « suspects ». Le journaliste justifie ainsi ses méthodes peu conventionnelles : «les données financières obtenues nous aident dans la longue quête pour trouver la vraie Elena Ferrante, mais (qu’)elles nous donnent aussi une meilleure compréhension de ses romans.»