Archive mensuelles: janvier 2017

Abraham et fils Martin Winckler P.O.L 2016

En 1963, Franz et son père, Abraham, médecin, arrivent à Tilliers-en-Beauce. Le petit garçon de 9 ans vient de sortir du coma. Il a tout oublié de sa vie d’avant en Algérie. L’histoire se déroule  paisiblement entre la vie à l’école et le cabinet médical.  Une jeune veuve, Claire et sa fille Luciane, viennent s’installer dans la grande maison du docteur. D’abord

abraham-et-fils de Martin Wincklersecrétaire médicale, Claire se rapproche d’Abraham. Celui-ci veut protéger son fils et n’arrive pas à lui parler de leur vie en Algérie. Mais, en enquêtant sur un secret lié à la période de l’Occupation, Franz en apprendra plus sur ses origines.

Martin Winckler, alias Marc Zaffran, médecin, réussit à nous accrocher à l’histoire de ce garçon. Il y a beaucoup de douceur dans ses personnages. Est-ce pour contrebalancer l’événement terrible qui a secoué la vie de Franz et Abraham ? L’intrigue arrive finalement assez tardivement. Mais ce n’est pas grave. C’est même une lecture agréable sur fond de campagne française dans les années 60. Les personnages étant attachants, on attend la suite déjà annoncée… ***

Au début de l’amour de Judith Hermann : les fantômes du passé

Un quartier vert très tranquille à la périphérie d’une petite ville, une vie normale avec une charmante petite fille et un mari aimant mais peu présent :  Stella, infirmière à domicile, un peu sauvage, est la proie idéale  pour les états d’âme. Le déclencheur : Mister Pfister, un jeune homme habitant dans ses parages qui tente d’entrer en contact avec elle de façon de plus en plus insistante et malsaine.

L’emploi de la troisième personne et le style rêche attaché à la description des apparences accentue encore le côté voyeur du lecteur qui attend qu’il se passe quelque chose parce qu’il y a un potentiel anxiogène dans cet amorce de relations et toutes les possibilités qu’elle offre : histoire d’amour torride pour certains lecteurs, thriller avec psychopathe (l’un empêchant pas l’autre hé hé !). De ce point de vue, c’est une réussite, Stella se pose suffisamment de questions sur le vide de sa vie et ses sentiments pour son mari pour qu’on puisse lui fournir des réponses par le biais de cette rencontre. D’un autre côté, Mister Pfister a une part d’ombre qui recouvre le roman au fur et à mesure :  ses messages déposés dans la boîte à lettres sont étranges et quand il en vient à écrire son nom sur cette boîte, on sent la bascule possible. Mais, au risque d’énerver certains lecteurs, le mystère ne sera pas vraiment éclairci ni sur les motivations du harceleur (resurgi du passé ?) et sa vie, ni sur les sentiments de Stella qui restent  ambigus.  L’ambiance m’a rappelé « Lost highway » de David Lynch et ce couple solitaire recevant des vidéos dans leur boîte à lettre, leur solitude et le dépouillement de leur appartement.

C’est une boucle temporelle ici, tu as déjà remarqué ? Ici, le temps s’est arrêté et chacun de ceux qui y vivent reste dans sa bulle ».

J’ai pris  ça comme une histoire de fantômes, Stella n’habite pas sa vie et  n’arrive pas à se détacher de son passé avec lequel elle communique encore à travers les conversations qu’elle a avec son amie, seul lien avec son adolescence regrettée.  Mister Pfister aimerait lui faire rejoindre cette rive ancienne. Mais sa vie présente l’appelle à travers les activités obstinées et les réflexions arrêtées de sa petite fille de 4 ans, Ava. Quel chemin d’adulte va t’elle choisir ?

Pour répondre à cette question, c’est avec la réservation au bout du lien !

 

Train d’enfer pour Ange rouge de Franck THILLIEZ

Petit pas de côté dicté par le hasard, j’atterris côté  polar et j’en profite pour saluer mes collègues de Mauvais genres 68.

La lectrice du jour (environ 35 ans),  fréquente ce TER quotidiennement pour aller au travail. Elle a acheté ce livre parce qu’elle aimait l’auteur, Franck Thilliez, dont elle avait déjà lu plusieurs titres. Ce qu’elle apprécie, c’est qu’il arrive à la tenir en haleine grâce à un scénario très bien ficelé. Son imagination particulière fait aussi la différence !

Pour réserver : c’est ici 

 

Wild song Janis Mackay Fleurus 2016

Niilo a 13 ans. Au lieu de rêves, ce sont des cauchemars qui hantent ses nuits. Le jour, il vole des portefeuilles pour pouvoir s’enfuir de chez lui. Dépassée par son agressivité, sa famille décide de l’envoyer à l’Ecole Sauvage, sur une île, sorte de centre de rééducation. Mais Niilo ne participe à rien jusqu’à sa rencontre avec Hannu, un animateur.

Ce sont des critiques élogieuses qui m’ont poussée à lire ce livre.  Mais mes sentiments sont partagés. La psychologie du

Wild Song de Janis Mackay

Wild Song de Janis Mackay

personnage est bien développée : le côté réfractaire à tout et en guerre contre la société. Par contre, j’ ai regretté un manque de réalisme et quelques longueurs. Niilo apprend à nager grâce à son éducateur et doué, réussi dans la foulée à nager en pleine mer…  plus de 10 kilomètres (?). La couverture, aussi, ne correspond pas à la description du personnage aux cheveux noirs et à l’aspect sami. Détails peut-être… Reconnaissons que l’histoire met en lumière un peuple, les Samis et un pays, La Finlande, assez méconnus. L’auteur, en intégrant assez habilement les croyances, donne un côté magique au récit . Je pense que ce roman d’apprentissage plaira aux adolescents et qu’ils passeront outre ce qui m’a gênée.**

Dossier en ligne Poésie, peinture et dessin -Paris 1900-1950

Pour  ( bien) commencer l’année, voici une sélection de livres illustrant les liens serrés existant entre les poètes, les peintres et les dessinateurs travaillant ensemble à la naissance de l’art moderne  à  Paris, dans la première partie du 20è siècle.

Beaucoup de livres à (re)découvrir à cette occasion …

Soyez sympas, feuilletez et partagez !!!

B. Wolf-Kiené

Pour compléter le dossier en ligne http://litterature.calice68.fr/dossier-en-ligne-poesie-peinture-et-dessin-paris-1900-1950/

Un podcast de l’Emission Les Emois  du 13/12/2016  sur France Culture   au sujet du livre « Le grand écritoire ou Apollinaire manuscrit » de Peter READ, spécialiste du poète.