Archive mensuelles: mars 2017

Le Sel de nos larmes de Ruta Sepetys Gallimard coll. Scripto 2016

Le Sel de nos larmes de Ruta SepetyxDéjà remarqué par son précédent livre  » Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre« , également chez Gallimard, en 2011. Ruta Sepetys décrit le périple d’un groupe de fuyards vers le port de Gotenhafen. Des bateaux doivent y appareiller pour évacuer les blessés et les réfugiés vers Kiel et Flensbourg. Le pays, en pleine déroute, est envahi par les troupes russes. Dans le groupe, il y a Joana, une jeune  infirmière lituanienne, Florian, un restaurateur d’œuvres d’art de 18 ans, et Emilia, une Polonaise de 15 ans, qui vient d’être secouru par le jeune homme. En parallèle, sur le bateau Wilhelm Gustloff, Alfred, marin allemand, se persuade qu’il va devenir un héros et scande le nom des ennemis du Reich.  On suit la destinée de ces quatre adolescents. Chacun cache un secret. Pourront-ils se faire confiance ? D’autres personnages se joignent à eux : le Poète de la chaussure, vieil homme bienveillant, ancien cordonnier, Ingrid, une jeune fille aveugle et Klaus, un petit garçon qui a perdu sa grand-mère. On s’attache rapidement à tout ce monde. Ensemble, ils traversent les épreuves que subissent les réfugiés et déplacés : la perte des êtres chers, la précarité et la peur. Quand enfin, l’horizon s’éclaircit et qu’ ils embarquent sur un bateau, le plus terrible reste à venir. A travers le récit initiatique de ces quatre jeunes gens, l’auteur revient sur des pans de l’histoire de l’Allemagne et des pays baltes. Le naufrage du Wilhelm Gustlof est la pire catastrophe maritime. On apprend aussi l’existence du mystérieux cabinet d’Ambre, huitième merveille du monde. ***

Une vie entière de Robert SEETHALER : pourtant, que la montagne est belle !!

 

 

Marche ou crève : Egger, le personnage principal de ce roman peu bavard, traverse la vie en avançant coûte que coûte. Même dans les moments les plus tragiques de son histoire personnelle et celle de son pays, l’Autriche des années 30 à 60,  il continue son chemin, inlassablement. Car, s’il est ancré à sa montagne, il compte bien élever son regard au delà des sommets qu’il arpente et participer à l’avancée du progrès.

Les montagnes, il les connaît et leur ressemble : ses émotions restent souterraines et  jaillissent comme d’ un volcan, parfois.  Au moment où il déclare sa flamme à la seule  femme qu’il aimera, il le fait au propre et au figuré et c’est magnifique !

Même si la vie des montagnards décrite par l’auteur semble terre à terre, des éléments de contes populaires fantastiques viennent  troubler le récit et rendre un peu plus fragile la carapace d’Egger. Pour lui, la montagne est animée d’une vie propre.

Il y lit comme on lit un livre : ses paysages lui fournissent les clés de sa sagesse intime.

Un livre loin du bruit et de la fureur, mais qui m’a beaucoup plu.

J’ai choisi ce livre en pensant que je pourrai le proposer à des lecteurs amateurs de roman de terroir et c’est ce que je vais faire.

Pour réserver, c’est ici .

 

Le Salon du livre de Paris du 24 au 27 mars : le Maroc invité d’honneur

Le 37ème Salon du livre de Paris aura lieu du 24 au 27 mars. Un site lui est consacré :

https://www.livreparis.com/

34 auteurs marocains seront présents.

Parmi ceux-ci, citons les plus connus comme Tahar Ben Jelloun, Fouad Laroui ou Leïla Slimani.

Leïla Slimani est franco-marocaine. Sa mère est d’origine alsacienne et algérienne. Elle est l’auteur de Jardin de l’ogre, chez Gallimard, en 2014. Ce premier roman, remarqué, fait le portrait d’une femme souffrant de dépendance sexuelle. Son deuxième livre, Chanson douce, chez Gallimard également, vient d’être couronné Prix Goncourt 2016. Inspiré d’un faits divers, il raconte l’ingérence d’une nounou dans la vie d’un couple et le meurtre des enfants. Toujours en 2016 paraissent de courtes nouvelles écrite pour le magazine Le 1, Le Diable est dans les détails, éd. de l’Aube.

Leila Slimani

Fouad Laroui a beaucoup écrit. Parmi ses romans, Une Année chez les Français (Julliard, 2010) décrit le choc culturel que vit une jeune garçon. Il quitte son village pour le lycée huppé de Casablanca où il découvre le mode de vie français. En 2012, L’Etrange affaire du Fouad Larouipantalon de Dassoukine  reçoit le prix Goncourt de la nouvelle. En 2016, Fouad Laroui raconte la radicalisation d’un homme qui perd son travail à cause de ses origines (Ce vain combat que tu livres au monde, Julliard).

 

Tahar Ben Jelloun fait presque figure d’auteur « classique » tant sa renommée est importante. Il est l’écrivain francophone le plus traduit. En 1985, il publie son premier roman L’Enfant des sables  au Seuil. Il s’est inspiré, lui aussi, d’un fait divers authentique, la vie d’Ahmed, une fille élevée par sa famille comme un garçon pour pallier l’absence d’héritier. Le Goncourt lui est attribué pour la suite du roman intitulé La Nuit sacrée, en 1987. Membre de l’académie Goncourt depuis 2008, il a écrit plusieurs documentaires notamment sur l’islam et sur le racisme. En 2015, il fonde sa propre maison d’édition en Italie.Tahar Ben Jelloun

Des romans sur la Guerre en ex-Yougoslavie

La jeune fille et la guerre Sara Novic Fayard  2016La Jeune fille et la guerre

Ana Juric, 10 ans, vit à Zagreb en Yougoslavie. Le pays est en pleine guerre civile. Ana raconte les bombardements, la guerre retransmise à la télévision mais aussi les jeux avec Luka, son meilleur ami et les discussions avec son père.

Sa petite soeur Rahela souffre d’un problème aux reins. Son état nécessite une évacuation aux Etats-Unis. La famille doit rejoindre la mission américaine en Bosnie. Sur le chemin du retour, Ana et ses parents croates sont arrêtés à un barrage par des Serbes. On retrouve la jeune fille dix ans plus tard. Le récit alterne alors entre souvenirs et vie présente.

Au début du roman, les événements sont vus par les yeux insouciants d’une enfant. L’arrestation, elle-même, se déroule très rapidement. On a du mal à croire ce qui arrive. Ce livre donne envie d’en savoir plus sur les faits historiques et de lire d’autres témoignages. Il s’adresse autant aux adolescents qu’aux adultes. Il s’agit d’un premier roman et même s’il n’est pas autobiographique, il exprime bien la difficulté à se reconstruire.**

Comme si j’étais seul Marco Magini HC Editions 2016

Roman choral où l’on suit 3 personnages et leur histoire en rapport avec la guerre de Yougoslavie en 1995.

Le juge espagnol Romeo Gonzalez officie au Tribunal pénal international pour juger les crimes perpétrés pendant la guerre.

Drazen, soldat croate de Bosnie, est un personnage bien réel. Il s’est engagé, sans conviction, dans l’armée serbe pour subvenir aux besoins de sa famille et garantir sa sécurité. Il se retrouve mêlé à des atrocitésComme si j'étais seul Marco Magini sous la pression du groupe.

Dirk, soldat néerlandais, est envoyé en Yougoslavie comme casque bleu de l’ONU. Il est impuissant face aux massacres des civils de Srebrenica.

Le roman permet de revenir sur cet épisode tragique, au cœur de l’Europe, qui rappelle les heures sombres de la Seconde guerre mondiale. Les trois protagonistes sont face à des cas de conscience où interfèrent leur histoire personnelle. Il est difficile de se mettre à leur place. Comme le cite l’auteur, « A Serbrenica, la seule façon de rester innocent était de mourir ». Un auteur et une maison d’édition à suivre… **

 

La Voix des vagues de Jackie COPLETON ; Traduit par Freddy MICHALSKI

La couverture de ce livre est déjà très belle et c’est peut être une des raisons qui a poussé une personne à en faire cadeau à son amie, la lectrice du jour qui utilise le train pour  se rendre à son travail. Ce qui lui a plu,  c’est le côté saga familiale et le fait qu’elle ait appris beaucoup de choses sur le Japon grâce à ce roman. Le bombardement de Nagasaki bouleversant toute cette famille est le prétexte a en raconter l’histoire émouvante.

Je prévois de l’acheter pour la médiathèque départementale 68 !