Archive mensuelles: avril 2017

Un site pour partager « son good feeling » pour un « book »…

logo du site carobookineJe ne sais plus comment je suis tombée sur ce site, Carobookine. Est-ce par le biais du journal ou de Livre-hebdo ? Toujours est-il qu’on parle beaucoup de ce blog dans notre région. Et pour cause, Caroline vit en Alsace, à Mulhouse. Cette trentenaire a deux enfants. Elle participe depuis quelques temps à des apéros littéraires organisés par des librairies, enseignes culturelles ou grandes surfaces. Son blog, s’il comporte beaucoup de critiques de « feel good books », entendez « livres qui font du bien » n’est pas limité à ce genre. J’aime bien le design du site ainsi que le code particulier de notation. Caroline a ajouté, outre ses coups de cœurs, sa wish list (liste de ses envies), ses petits plus (rencontres d’auteurs, interviews…), la rubrique « A plusieurs » et « Presse ». Sachant qu’elle est très active et participe aussi à des prix, concours et comités de lecture, ces deux dernières catégories sont bien remplies. Petit plus, sachez que Caroline et sa famille se fournissent, entre autre, au médiabus de l’agglomération mulhousienne ; ) !

La terre qui penche de Carole MARTINEZ

Un conte fantastique planté dans la terre du Doubs : on y croise la Vouivre régnant sur les eaux et des fantômes. Le personnage principal est une fillette qui a deux cent ans et son cheval lui est dévoué corps et âme (chaque fois qu’un livre parle du pouvoir des chevaux, je me fais un plaisir de le souligner). Les humains et leurs malheurs ne sont pas oubliés : hommes qui contraignent les femmes, femmes qui jalousent le désir de leurs rivales, peste. Le style y est un mélange de poésie dans un langage inspiré des chansons médiévales et de mots beaucoup plus crus ancrés dans les corps. Une lecture recommandée, donc, pour amateurs de romans historiques, de terroir aussi et les autres !

 

Pour réserver : c’est ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bienveillantes de Jonathan LITTELL


La rubrique en vacances s’est faite en direct du RER dans les environs d’Antony. Notre lecteur acharné s’est mis en tête de lire tous les Goncourt en partant des plus récents !!! Celui ci est assez ardu par sa thématique : bienvenue dans la tête d’un colonel SS : vaste programme, donc ! Les pires exactions décrites sont atténuées par des moments oniriques très bien écrites. Le lecteur d’environ 60 ans pratique la lecture ferroviaire quasi quotidiennement. Il a acheté son livre dans une librairie

Pour réserver dans notre catalogue, c’est ici

 

J’ai longtemps eu peur de la nuit Yasmine Ghata Robert Laffont 2016

J'ai longtemps eu peur de la nuit - Yasmine Ghata

Suzanne est écrivain. Elle intervient dans une classe de 3ème. Elle demande aux adolescents d’apporter un objet familial et de raconter son histoire. Pour Suzanne, « regarder les choses revient à se regarder soi-même ». Arsène, originaire du Rwanda, emmène une photographie d’une valise. C’est tout ce qui lui reste de sa vie avant son arrivée en France. Témoin muet du drame vécu par l’enfant, elle fait figure de protectrice. Petit à petit, Arsène confie à Suzanne son importance et en vient à lui révéler son passé. Suzanne, elle aussi, bataille avec ses souvenirs. Elle retourne dans l’ancien appartement de son enfance, là où son père a disparu. Ce roman nous replonge dans le cauchemar rwandais et l’exil des rescapés. Mais c’est surtout une histoire de survie : comment résister dans des conditions extrêmes, mais aussi comment surmonter la perte des proches ? En quoi le souvenir et l’écriture peuvent-ils aider au processus de deuil ?  Dans un style fluide et délicat, l’auteur nous apporte ses réponses. Un livre que les ados peuvent lire également.***

Aquarium de David VANN ; Trad. de Silvie DERAJINSKI : A 20000 lieux de la mère

Allez plus loin que la quatrième de couverture, et ne craignez pas les secousses de ce grand huit émotionnel ! Plongez dans le passé le plus noir d’une famille pour en ressortir grâce à la force de la jeunesse et de son amour. Un livre obsédant.

 

Je développe pour ceux qui aiment les formats plus longs ! Surtout ne vous limitez pas à la 4ème de couverture . Elle fait s’attendre à un Feel Good books ou un roman sentimental . Le résumé factuel est juste, mais l’interprétation (comme en musique) qui en est donnée par l’auteur ne correspond pas du tout à ces deux genres. Et ça correspond justement au style de l’éditeur Gallmeister, plutôt noir, donc.

Dès le début, cette relation entre le petit vieux et Caitlin, la fillette, est étrange et pour que cela soit plausible,  on opte pour des liens inconnus de la fille ou un truc de pervers. Ils se voient tous les jours à l’aquarium et échangent sur les poissons, les anémones, la vie…

Poisson grenouille

 

Rapidement, on sait que se sera compliqué, en tout cas. Alors, quand on apprend la vérité, le suspens tourne autour de la réussite du projet de ces deux là : la réconciliation impossible.

Dans le deuxième tiers du livre, la mère veut faire comprendre à sa fille ce qu’elle a elle même enduré avec la sienne en en rejouant des scènes et lui faire payer pour la jeunesse et la vie d’adulte qu’elle n’a pas eue et parce que son propre père l’a abandonnée.

Et chaque fois, on se demande jusqu’où elle va aller dans cette monstruosité pour se faire justice.  Même si et que effectivement, sa vie a été terrible, il n’empêche que ce qu’elle fait endurer à sa fille est  d’un sadisme hallucinant.

« Elle était violente et terrifiante, ce n’était pas le hasard, c’était partiellement inéluctable »

La question toujours en suspens : faut-il  faire payer éternellement aux nouvelles générations ce qu’on a soi même vécu au risque de perpétuer et d’amplifier encore toute cette violence ? Question souvent abordée lors du traitement de l’Holocauste ou  ce genre de catastrophe mais à l’échelle familiale de certains, c’est la même chose. Où commence le témoignage  de l’horreur et jusqu’où aller pour s’assurer que l’autre a réellement compris ce qu’on a voulu lui décrire. Est-ce qu’on doit le faire à tout prix ?

« Tu n’as rien écouté de ce que je t’ai raconté sur le passé. Tu te contrefous de ce qu’il m’a fait. Et ne commence pas à pleurer. J’en ai ras le bol de te voir t’apitoyer sur ton sort. Tu as la vie facile, toi …On part aussi tôt parce que ta mère est une esclave toute sa vie afin que la petite princesse puisse avoir une existence meilleure. » C’est le rôle des parents

Je n’ai jamais rien lu d’équivalent sur la façon de faire ressentir le paroxysme des crises familiales et comment elles ôtent  leur liberté aux enfants. Et l’énergie et l’imagination qu’il leur faut pour sortir de certaines relations pour se construire.

« J’essayais de m’enfouir et de me changer en pierre. Pas un trou de boue séchée me laissant réapparaître aux premières pluies, mais juste mon corps changé en roche »

Pourtant, ce  livre n’est pas désespérant, grâce à Caitlin qui se bat non seulement pour elle mais aussi pour libérer sa mère de son passé même si elle sait que le pardon total n’est pas possible, ça s’en approche.

« Rien n’est défait, mais une volonté dans le présent, une reconnaissance, une étreinte, un ralentissement ».

C’est donc un coup de cœur, et un à l’estomac par la même occasion, mais il atteint sa cible en profondeur .

Pour se laisser entraîner au fond de la piscine, et réserver ce livre, c’est ici

La Plume et le crayon : exposition du Frac Picardie

Relayée par Actualitté.com, via un article, une exposition du  FRAC Picardie 26 janvier – 16 juin 2017

Ecrire ou dessiner Frac Picardie  a proposé en 2016 une exposition mettant en lumière les liens entre écriture et dessin. Des collèges et lycées ont également été associés à ce projet  au travers de rencontres et en tant que lieux d’exposition.

Voir Les œuvres proposées dans différents lieux.

Et en lien avec la thématique et   toujours disponible , notre  Dossier en ligne Poésie, peinture et dessin -Paris 1900-1950 visible sur Calice68, le catalogue en ligne des Bibliothèques municipales du Haut-Rhin.