Archive annuelles: 2018

Les Bourgeois d’Alice Ferney Actes sud 2017

Ce livre a bénéficié d’un bon « bouche à oreille ». J’attendais donc de pouvoir le lire et quand je l’ai eu entre les mains, je m’y suis accrochée…

Alice Ferney nous raconte l’histoire d’une famille parisienne qui porte bien son nom, les Bourgeois. Elle en est d’ailleurs une descendante. Henri, le patriarche, né en 1895, va avoir huit garçons et deux filles. Leurs vies et celle d’Henry vont se confondre avec les grands évènements du siècle. Trois fils feront une carrière militaire. Tous les enfants seront élevés dans le respect de la patrie, de la religion et de la famille. L’évolution des mœurs débutera dans les années soixante avec la troisième génération. Mai 68 sera passé par là.Les-bourgeois_Ferney

J’ai mis du temps à m’emparer l’histoire. Il n’est pas facile, dans les premières pages, de retenir les nombreux personnages et leurs liens. L’ouvrage fait la part belle à l’Histoire, ce qui le place à mi-chemin entre le roman et le documentaire. Il rejoint le genre biographique, en vogue actuellement mais version « famille nombreuse ». Le livre est TRES dense. Si vous n’aimez pas l’histoire, il risque de vous tomber des mains. Le rôle des femmes, ici, est en totale conformité avec la classe et l’époque. Il s’agit de s’occuper des enfants. Nulle bluette ne viendra pimenter le récit. Ajoutons encore que le travail historique et l’écriture de l’auteur ont été soulignés.

« La Forteresse impossible » de Jason REKULAK ; Trad. par HéloÏse ESQUIE

 

La première forteresse, c’est les filles ! En la matière, Billy et ses deux amis surnagent en pleine adolescence et sont totalement innocents. Leur quête du Graal, c’est le dernier numéro de Play Boy que défend, de l’intérieur de sa boutique, le père de Mary, jeune fille un peu atypique dans le tableau des jeunes filles arborant les brushing impeccables des années 80. Elle partage avec Will la passion pour les jeux vidéo et va lui proposer au jeune garçon sensible de l’aider à développer le sien . Autres  forteresses à prendre, donc (la création du  jeu et la fille). Quelle sera la priorité de Will ?

Un roman très agréable, plein de l’ambiance des films américains des années 80 avec leurs bandes d’ados en pleine mutation plus ou moins monstrueuse (revus à l’occasion de la série  Stranger things., par exemple). Donc, replongée dans la culture populaire où je barbotais il y a quelques dizaines d’années. La montée en puissance de l’informatique , encore réservée à des initiés, donc peu pris en considération par le système scolaire (ce n’est pas un métier) et les parents est bien vue,

 

 

Will , le narrateur, n’hésite pas à prendre des risques pour arriver à ses fins, avec déceptions, râteaux, victoires, on avance par niveau et mondes différents.L’histoire manque peut-être de suspens (on perçoit que sa quête va aboutir ce qui risque d’en décevoir quelques uns, mais on se laisse aller agréablement sur la pente optimiste du récit (pour les autres) en suivant notre héros. Le roman emprunte la structure d’un jeu ou d’un récit de fantasy transposé au 20è siècle et, c’est bien fait. Chaque chapitre s’ouvre sur des lignes de code correspondant au contenu de ce qui va suivre.

Souris sur le gâteau, le jeu crée par Will et Mary « La forteresse impossible »est jouable en ligne, en vrai !

Pour voir le résumé et , peut être, le réserver : c’est ici, Calice, le catalogue des médiathèques du Haut-Rhin

Du noir…

 

La Noirceur des couleurs de Martin Blasco Ecole des loisirs 2017

A la fin du 19ème siècle, en Argentine, cinq bébés sont enlevés. Dans le même temps, un chercheur met au point un projet aussi ambitieux que cruel. Il le consigne dans son journal. Vingt cinq ans plus tard, une des familles voit revenir leur enfant. Il s’agit d’Amira, une jeune femme amnésique. Alejandro, journaliste, est chargé de l’aider à retrouver son passé.La-Noirceur-des-Couleurs_Martin Blasco

Voilà un thriller original sur bien des points. La littérature argentine est plutôt rare en rayon ado. La question des expériences scientifiques et des premiers tâtonnements sur les comportements humains au 19ème siècle l’est également. Le récit alterne entre le journal du savant et la progression de l’enquête. L’intrigue est finement menée et ne se laisse dévoiler qu’à la fin.

 

Les Chiens d’Allan Stratton Milan 2015

Cameron et sa mère sont habitués à déménager. Ils fuient un père et un mari violent. C’est dans une ferme isolée, au Creux du Loup, qu’ils trouvent refuge. Mais cet endroit a une sinistre réputation. Son propriétaire aurait été tué par ses chiens après Les Chiens_Allan Strattonla mystérieuse disparition de sa femme et de son fils. Cameron retrouve des objets ayant appartenu à un enfant et entend une voix, celle de Jacky, qui a vécu dans la ferme. Que s’est-il vraiment passé dans ce lieu ? Cameron mène l’enquête mais n’est-il pas en train de perdre pied avec la réalité ?

Un thriller accrocheur teinté de fantastique qui entremêle deux histoires aux correspondances troublantes.

« Les rêveurs » d’Isabelle CARRE

Cette fois, c’est moi qui m’aventure en terrain étranger, puisque voilà un roman français. Comme beaucoup de lecteurs, je suppose, j’ai été attirée par ce livre parce que j’aime bien Isabelle Carré, l’actrice, et je voulais, puisqu’elle était d’accord, en savoir plus sur elle et sa façon d’écrire. Et j’ai trouvé sa petite musique à mon goût. Pas un grand coup de cœur stylistique, mais plutôt quelque chose de fort et délicat à la fois, qui ne fait pas dans le grandiloquent mais vous laisse en sa compagnie chuchotée. Un roman plus autobiographique que romanesque, même si son histoire personnelle soit digne d’un roman. C’est cette richesse qui fait, à mon avis qu’on suit jusqu’au bout le récit de son combat contre tous les obstacles que sa vie familiale complexe a semé autour d’elle. On évite ainsi un nombrilisme vain.

Issue d’une famille atypique : une mère vacillante et un père designer, elle grandit dans les années 70 avec ses frères dans un appartement où la couleur rouge domine un écosystème riche . Au passage, des chansons émaillent le paysage comme celle de Sting « Fragile »

Elle nous raconte sa vie et pas forcément dans l’ordre : de la petite fille jusquà la mère qu’elle est devenue, finalement. La solitude et la peur de la vie omniprésents et la liberté arrachée à la mélancolie, et à cette famille de rêveurs inadaptés à la société ambiante, instable mais touchante. Le réconfort du cinéma des autres, puis du sien et de l’écriture, enfin. Les carnets de la fin sont-ils réels ou pas, on ne le saura pas .

Mais comment ? Comment  font les gens ? Pourquoi personne n’a encore écrit une vraie « Vie : mode d’emploi » ?…je cherche des heures dans les librairies.

C’est toujours vrai, je fais du cinéma pour qu’on me rencontre ou plutôt pour rencontrer des gens… Comme la Camille de Musset, je m’exerçais à travers d’autres vies à ne plus avoir peur de la mienne.

Je n’ai jamais trouvé simple de rencontrer des gens…Alors je m’offre une seconde chance, j’écris pour qu’on me rencontre.

Et c’est une belle rencontre que celle -ci !

D’autres avis sur ce livre sur babelio.

 

Etrange littérature étrangère…

J’ai eu l’occasion de sortir un peu de mon domaine de prédilection (la littérature francophone). Et j’ai été assez dépaysé !

Une Histoire de loups d’Emily Fridlung Gallmeister 2017Une histoire de loups_Fridlung

En général, j’aime bien les romans « nature writing » dont cet éditeur s’est fait le spécialiste. Souvent, il s’agit de survivre, isolé, dans un milieu sauvage, au fin fond des Etats-Unis. Ce premier roman nous emmène au Minnesota, près d’un lac. Une adolescente, Madeline (Linda) y vit seule avec ses parents, à la suite d’une expérience communautaire qu’on suppose ratée. La jeune fille se lie d’amitié avec ses plus proches voisins, un couple et leur jeune fils, Paul. Le père étant souvent absent, elle devient vite la baby-sitter attitrée et s’immisce dans la vie de la famille. Dès le départ, le drame est annoncé, ce qui n’empêche l’atmosphère de gagner en tension. De fréquents allers-retours dans le passé et une histoire de pédophilie au sein du lycée, viennent étayer l’histoire sans vraiment qu’elle gagne en profondeur. L’ambiance funeste du roman a failli avoir raison de ma lecture. La psychologie des personnages, telle que présentée par l’auteur, n’a pas suffi à me les rendre attachants ou tout le moins, compréhensibles. Dommage car l’écriture est intéressante.

Ambiance différente pour cet autre titre :

Zouleikha ouvre les yeux Gouzel Iakhina Les Editions Noir sur blanc 2017Zouleikha ouvre les yeux_Gouzel Lakhina

Dans la Russie des années 30, Zouleikha est marié à un paysan tatar. Sa vie se résume à trimer pour son mari et sa belle-mère qu’elle surnomme la Goule. Bien que musulmane, elle invoque régulièrement les esprits. En pleine période de dékoulakisation, son mari est assassiné et Zouleikha déportée en Sibérie. Une longue lutte pour la survie commence alors pour la jeune femme qui est enceinte. Le commandant du convoi, Ignatov, semble s’intéresser à elle. Arrivés près d’une rivière, les déportés vont devoir créer leur propre village. Ce roman offre une fresque de la Russie sous Staline avec un éclairage sur les coutumes tatars.  Les personnages évoluent et s’affranchissent de leurs croyances. On se laisse porter par l’écriture et par l’histoire, bien qu’un peu longue. L’auteur de ce premier roman, tatare, a été récompensée et traduite dans plusieurs pays. A suivre.

 

« Je m’appelle Lucy Barton » de Elizabeth STROUT ; trad. par Pierre BREVIGNON

« Tout dans la vie m’éblouit » .

C’est avec cette phrase que s’achève ce merveilleux roman qui vous fera explorer la solitude la plus désespérée remplie par l’amour le plus inconditionnel.Pourtant Lucy, la narratrice, pourrait ne pas avoir fait tout ce chemin pour arriver à cette déclaration. Son départ dans la vie dans une famille  meute vaguement constituée dans une petite ville des Etats-Unis aurait pu infléchir son parcours vers une violence répétitive. Mais non, elle a choisi de ne pas faire de ce handicap le prétexte d’une aigreur facile. Elle ne fait pas la morale aux autres parce qu’elle connaît ses faiblesses et elle avance vers sa liberté, forte de sa carapace personnelle.

 

 

Au centre du livre, le déclencheur, c’est la visite surprise de sa mère à l’hôpital où Lucy fait un séjour assez long. Elle apparaît alors qu’elles ne se sont pas vues depuis longtemps. Des choses graves sur le passé, mais aussi des choses frivoles vont être prononcées par les deux femmes sans que cela soit dramatisé à aucun moment. Cela se fait parce que cela doit être fait maintenant entre une mère et sa fille dans une approche très bouddhiste. On fait les choses sans ressentir leur poids, loin d’un sacrifice à faire payer. C’est ce qui donne au roman sa richesse, la tension entre ce qui pourrait faire l’objet d’un déluge de bons sentiments et la retenue des phrases simples. Un peu comme une sculpture de Giacometti.

« Je crois que je n’oublierai jamais cette vision : ma mère assise dans l’obscurité, les épaules légèrement ployées par la fatigue, mais assise là, avec toute la patience du monde. – Maman…, ai-je murmuré, et elle a agité les doigts. Comment as-tu fais pour me trouver ? Ca n’a pas été facile, m’ais j’ai une langue dans la bouche et je m’en suis servie »

La vie dans la famille n’a pas été comme un long fleuve tranquille. Le doute est permis, les souvenirs flous, mais certains sont précis et déterminant qui feront la force de Lucy

 » j’ai retrouvé ma mère , qui m’a expliqué que mon frère avait été surpris vêtu d’une robe à elle, et que c’était dégoûtant, et que mon père lui donnait une bonne leçon, et que Vicky avait intérêt d’arrêter de hurler. Je ne me souviens plus Alors je suis partie avec Vicky dans les champs jusqu’ à ce que la nuit tombe et que nous ayons davantage peur du noir que rentrer chez nous. Je ne suis toujours pas certaine que ce soit un souvenir réel, mais je le sais, je crois. » suivi de  » Ce soir là, mon père se trouvait à côté de mon frère dans la pénombre et le tenait comme on tient un bébé, le berçant doucement sur ses genoux. et je ne distinguais pas lequel pleurait et lequel chuchotait. »

Puis, quand elle a commencé à écrire, elle a reçu des conseils d’écrivains à propos de son roman parlant de son enfance dans des conditions matérielles et psychologiques dures.

« Les gens vous reprocherons de parler à la fois de la pauvreté et de la violence domestique. quelle formule stupide « violence domestique » Quelle banalité, quelle stupidité. On peut très bien être pauvre sans être violent et vous ne leur répondrez jamais rien. Ne défendez jamais votre travail. Votre histoire parle d’amour, vous le savez bien »

Le jour où Sarah Payne nous a conseillé de nous présenter devant la page blanche dépouillés de tout jugement, elle nous rappelait qu’on ne sait jamais, qu’on ne saura amais ce que ça peut être de comprendre pleinement une autre personne.

A l’heure de l’explosion du secteur du bien être dans les rayonnages des libraires et bibliothèques, ce livre, peut très bien être proposé dans la catégorie « feel good books », en tout cas, c’est ce qu’il fait à sa manière avec ce personnage magnifique qui m’a fait penser à celui du livre de Carrie Snyder « Invisible sous la lumière ».

Elizabeth STROUT a également écrit « Olive Kitteridge », (Prix Pulitzer 2009),  autre personnage remarquable mais moins dans la compréhension adapté en série avec la fantastique Frances McDormand !

Réservation et résumé ici

Des livres qui ont la cote…

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre Albin Michel 2018

Voilà une suite qui n’en est pas vraiment une…  Au Revoir là-haut, le précédent roman, Prix Goncourt, retraçait le destin funeste d’Edouard Péricourt, fils de bonne famille, devenu Eugène Rivière. Cet ancien soldat et gueule cassée avait monté une arnaque aux monuments aux morts avant de se suicider. Dans « Couleurs de l’incendie », quelques années ont passé. Nous suivons la vie de Madeleine, la sœur d’Edouard. Alors qu’elle enterre le patriarche de la famille, son fils, Paul, se jette par la fenêtre et devient paraplégique. Le sort continue de s’acharner sur elle puisque son oncle et le bras droit de son père, s’allient pour la dépouiller. Mais Madeleine, mue par la vengeance, n’est pas disposée à laisser perdre le patrimoine de son fils…Couleurs-de-l'incendie_Lemaitre

Pierre Lemaitre réussit à nous accrocher avec brio à son histoire qui devient une fresque familiale. Il nous peint l’époque de l’Entre-deux-guerres, ce monde changeant, fragilisé par les crises, où les grands bourgeois cèdent le pas aux industriels. Communistes et fascistes profitent du peu de stabilité politique pour gagner du terrain. C’est dans cette période trouble que se débattent les personnages du roman. Pierre Lemaitre les décrit si bien qu’on imagine déjà le film. Seul point un peu décevant : la trame de l’histoire. Le roman étant axé sur la vengeance de Madeleine, la fin est rapidement devinée dans ses grandes lignes. J’attends tout de même avec impatience la fin de la trilogie.

 

 

 

Autre livre qui a bénéficié d’un large écho :

Les Loyautés de Delphine de Vigan JC Lattès 2018

 

Les loyautés_de Vigan

Un livre qui se lit rapidement mais qui n’en est pas moins profond. C’est l’histoire d’une amitié entre deux adolescents, Mathis et Théo. « Ils n’ont pas eu besoin de parler pour savoir qu’ils pouvaient s’entendre. Il suffisait de se regarder ; communautés tacites – sociales, affectives, émotionnelles-, signes abstraits, fugaces, de reconnaissance mutuelle, qu’ils seraient pourtant incapables de nommer. » C’est aussi une histoire d’adultes et de couples. Céline, la maman de Mathis, vit mal ses origines sociales modestes par rapport à celles de son mari. Quant aux parents de Théo, séparés, accablés de tristesse et de rancœur, ils en oublient leur fils. Où commence la maltraitance ? Elle s’inscrit aussi dans les soins et l’attention qu’on ne donne pas. Théo sait se débrouiller alors il aide, remplace, et pallie les défaillances de ses parents. Pour supporter, il commence à boire et entraîne Mathis à sa suite. Mais Hélène, une professeur au passé abîmé, va déceler les signes d’une catastrophe imminente, au risque de dépasser les limites.

 

« Inconnu à cette adresse » de Kressmann TAYLOR ; trad.de Michèle LEVY BRAM

A l’origine de cette lecture, un post sur un groupe Face Book à recommander, « La vraie vie, c’est la littérature », où les commentaires sont souvent sources de découvertes, y compris de classiques !  Et c’est le cas pour ce livre cité par  Nathalie, une de mes collègues et revenant souvent dans les références d’autres bibliothécaires plus aguerries que moi, je m’en suis aperçue après ! Un petit format et donc, une lecture pouvant être menée en même temps que d’autres en cours…

 

Au départ,  des lettres ayant véritablement existé entre des allemands retournés au pays et d’autres, partis vivre ailleurs, souvent pour monter une affaire avant les années 30 alors que des vents mauvais commençaient déjà à souffler sur l’Europe. Ici, Max est le juif resté en Californie pour gérer la galerie d’art  montée avec Martin qui, lui, va retourner enrichi en Allemagne et représenter le patriote. La prouesse réalisée ici est de voir la dégradation très rapide des relations, au départ fraternelles, entre les deux associés à travers leur correspondance . Elle traduit très concrètement l’évolution entre 1932 et 1934, du statut des juifs en arrière plan historique. La montée en puissance de l’ idéologie nazie dans les esprits des allemands qui s’y abandonnent et tentent de sauver leur peau en essayant de composer avec les nouvelles règles (parfois ça leur réussit, parfois, c’est un échec).  On voit le retournement de Martin qui, veut préserver l’édifice familial à tout prix, sa compromission volontaire et surtout la perte  de son amitié avec Max.

 

C’est glaçant, on voit arriver les malheurs, mais pas forcément ceux qu’on avaient imaginés.

Bundesarchiv_Bild_102-14468_Berlin_NS-Boykott_gegen_jüdische_Geschäfte
Membres de la SA apposant sur la vitrine d’un commerce juif des pancartes proclamant :
« Allemands ! Défendez-vous !
N’achetez pas chez les Juifs ! »Plakate mit der Aufforderung « Deutsche, wehrt euch, kauft nicht bei Juden » angebracht.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être conseillé à des amateurs de documentaires historiques. Si vous voulez en savoir plus ou/et réserver, c’est ici

The Rain de Virginia Bergin Bayard jeunesse 2017

Ce soir-là, l’atmosphère douce avait poussé les gens dehors et voisins et amis s’étaient retrouvés autour de barbecues. Ruby, elle, s’était rendue à une fête chez des amis. C’est là, dans un jacuzzi, qu’elle avait embrassé pour la première fois le beau Caspar. Mais soudain, les parents, revenus plus tôt que prévu, leur avaient intimé l’ordre de rentrer dans la maison. Peu après, une pluie mortelle s’était abattue. Ceux qui se risquaient à sortir mourraient ensanglantés quelques heures après. Ruby réussit à rentrer chez elle. Elle y est consignée dans le bureau. Mais, malgré les précautions, sa mère, son petit frère puis son beau-père meurent aussi. Il ne lui reste que son père qui vit à Londres avec son autre demi-frère. Pour Ruby commence alors un périple pour les rejoindre.The-rain_Virginia Bergin

C’est un roman post-apocalyptique prenant. Le choix d’une bactérie tueuse dans l’eau est judicieux. Il pointe notre dépendance à cette dernière.  Il m’a semblé relever quelques situations incohérentes. Mais rien qui ne puisse ralentir le rythme du récit. Le manque d’eau potable va pousser les rescapés à se battre. Les comportements d’entraide et d’égoïsme se succèdent au fil des situations. Le lecteur est amené à s’interroger sur ses propres réactions. Ici, pas de superhéros. Ruby est un personnage un brin superficiel et agaçant  mais qui possède aussi de l’humour. Les épreuves, comme dans tout bon roman initiatique, l’aide à gagner en maturité. Elle rencontre Darius, un nerd, « roi de Looserville », à qui elle n’aurait même pas adressé la parole en temps normal.

Le roman a déjà une suite et serait en cours d’adaptation cinématographique.

Quand vient la vague… Jean-Christophe Tixier et Manon Fargetton Rageot 2018

A Lacanau, Clément est un adolescent de 15 ans qui se passionne pour le surf. Lorsque sa sœur, Nina, disparaît, il reste d’abord sans réaction. Puis, sur les conseils de son meilleur ami,  décide de prendre l’enquête en main. Une lettre laissée par Nina lui laisse pressentir qu’elle est vivante. Pourquoi est-elle partie ? Clément raconte ses recherches tandis que Nina nous dévoile les raisons de son départ.Quand-vient-la-vague_Manon Fargetton

L’histoire se lit très bien, malgré quelques longueurs. J’ai deviné assez rapidement le cœur de l’intrigue mais j’ai continué ma lecture, intriguée par la manière dont les auteurs allaient traiter le sujet. Difficile d’en dire plus sans dévoiler la suite. Mais il est question d’adultes et de mensonges, de la vague qui les met au jour et modifie complètement votre vie…