Archive mensuelles: juillet 2018

Qui ment ? Karen M. McManus Nathan 2018

Cinq jeunes du lycée de Bayview sont collés. Un des élèves meurt. Qui reste ? quatre suspects. Parmi eux, il y a Nate, le rebelle, Cooper le beau sportif, Addy, la potiche  et Bronwy, l’intello. Simon, la victime, était aussi l’auteur de l’appli à scandale Askip. A la manière de la série Gossip girl, il y dévoilait les secrets les plus inavouables des lycéens. Il jouait le rôle du narrateur omniscient et tous avait une raison de lui en vouloir. D’autant que l’appli n’a pas cessé de fonctionner avec la mort de son créateur…Qui-ment-_McManus

Qui tire les ficelles ? De révélations en révélations, les personnalités s’affinent et dévoilent leur part d’ombre et de complexité. Derrière les stéréotypes, il y a des sujets plus profonds sur l’homosexualité, la dépersonnalisation, la fraude… Une réflexion est menée également sur les raisons qui poussent des élèves à se sentir exclus. Le suspens est maintenu jusqu’à la fin. Un thriller accrocheur !

 

Mon Traître d’après le roman de Sorj Chalandon Pierre Allary Rue de Sèvres

Mon traître_Sorj ChalandoIl y a des livres qui vous tentent et qui vous intimident à la fois. J’avais commencé Le Quatrième mur pour lequel Sorj Chalandon a reçu le Prix Goncourt des lycéens. Il m’était tombé des mains. J’aurais dû persister, persuadée que je me serais laissée happer par l’histoire. Mais il n’en a pas été ainsi. J’appréhendais donc cette lecture dont le sujet, le conflit en Irlande du nord, me semblait un peu difficile. Quand j’ai vu l’adaptation en bande-dessinée, j’ai compris qu’une occasion s’offrait à moi. Le rendu artistique de Pierre Allary attire l’œil. Les traits sombres et le monochromatisme, tantôt vert, jaune ou bleu, collent à l’histoire.  A quelques milliers de kilomètres de Paris, c’est la guerre. Les Irlandais du nord se déchirent et l’armée britannique, censée apaisée le conflit, y prend part. C’est dans ce contexte qu’Antoine, un luthier français, se lie d’amitié avec un couple d’Irlandais. Par leur intermédiaire, il fait la connaissance d’une figure emblématique de l’IRA, Tyrone Meehan. Le récit décrit cette amitié profonde qui donnera envie à Antoine de s’engager pour la cause. Mais au fil de la bande-dessinée, apparaissent les interrogatoires de Tyrone par l’Ira.

Au final, l’histoire d’amitié trahie, sur fonds de guerre civile, est bien retranscrite. On ne peut rester insensible. Pierre Allary a pris des libertés dans le dessin (notamment pour les personnages) mais reste fidèle au roman.Je me suis aussi replongée dans le conflit, avec l’envie d’en savoir plus. J’attends l’adaptation de la suite Retour à Killybegs qui est annoncée. Je crois que je vais m’en tenir, pour cette fois encore, à la bande-dessinée. Elle a le mérite de permettre un accès facile et rapide à l’histoire et de proposer un visuel de qualité !

 

Quelques livres « légers » pour l’été…

Voici quelques idées de lectures pour ensoleiller votre été :

Le Jour où maman m’a présenté Shakespeare de Julien Aranda Eyrolles

L’histoire d’un jeune garçon, élevé par sa mère, comédienne et fantasque. Baignés de poésie et de théâtres, ils réussiront à surmonter les ennuis. Un roman plein d’optimisme !

Rêver n’est pas un vilain défaut Carole Cerruti City éditions

Une comédie romantique à la Bridget Jones ! Une jeune femme rêve de terminer son premier roman, de maigrir et de trouver un amoureux. Rêver_CerrutiInvitée à une soirée de retrouvailles d’anciens étudiants, elle décide de louer les services d’un acteur. Mais celui-ci n’est pas à son goût…

Reste aussi longtemps que tu voudras de Mélanie Taquet Editions d’organisation

Nina part retrouver son amie, Hannah qui tient un bed&breakfast à Florence. La vie des deux femmes est compliquée. Hannah doit composer avec sa sorcière de belle-mère qui s’ingère dans son couple. Quant à Nina, il semble qu’elle porte un terrible secret.

Poste restante Lorraine Fouchet à Locmaria Héloïse d’Ormesson

Chiara, une jeune italienne, apprend que son père n’est pas mort. Il vit en Bretagne sur l’île de Groix. La jeune femme décide alors de partir travailler sur l’île. Elle va alors de rencontres en rencontres…

Viens on s’aime  Morgane Moncomble Hugo et Cie

Une romance addictive autour d’un trio amoureux et d’une amitié qui bascule.

L’Aile des vierges Laurence Peyrin Calmann-Lévy

Maggie, une jeune anglaise, issue d’une famille de féministe, doit renoncer à ses ambitions. En avril 1946, elle rentre au service des riches Lyon-Thorpe. Elle y fait la rencontre de l’héritier qui, contre toute-attente, est également pris aux pièges des conventions.

 

GABRIËLE de Anne et Claire BEREST

Francis Picabia, Marcel Duchamp, Apollinaire, Igor Stravinsky , mais aussi Calder, Arp, Brancusi. j’allais oublier Elsa Schiaparelli et Samuel Beckett  pour les plus connus. Le dénominateur commun (mais pas commune du tout car tout à fait particulière), c’est Gabriële Buffet, tête chercheuse  dans cette période de bouillonnement créatif, musicienne et penseuse de l’avant garde.  Ce roman biographique écrit à quatre mains par ses deux arrière petites filles nous fait partager sa vie tumultueuse avec le peintre poète Francis Picabia entre 1908 et 1919, date de leur séparation et de la naissance de leur dernier enfant. Elle incarne à merveille cette époque d’expérimentations et de volonté de liberté et de  rupture avec le 19è siècle tant  au niveau artistique qu’ intime. Pourtant, elle a toujours continué à aimer et protéger Picabia sujet à de fréquents accès de dépression suivis d’épisodes d »exaltation aventureuse en automobile alors que Marcel Duchamp, et Apollinaire se consumaient pour elle. Ils vivaient  plus ou moins en communauté et leurs relations furent entretenues par une correspondance poétique et passionnée.

Au delà des discussions enflammées parcourant le dadaïsme, les avant gardes et les voyages qui ont mené le couple terrible des capitales européennes jusqu’à New York en passant par le petit village d’Etival où elle avait ses racines, nous découvrons la puissance de l’attachement qui liait Gaby à Picabia « Funny guy » avec leurs zones d’ombre. C’est ce qui fait un des intérêts de ce roman très bien documenté qui peut intéresser les amateurs d’histoire de l’art, du féminisme, des relations amoureuses. Des références biographiques correspondant à chaque chapitre se retrouvent à la fin de l’ouvrage pour les plus curieux !

Et le côté très attachant de ce livre réside aussi dans l’échange qui est retranscrit entre les deux sœurs dialoguant dans l’écriture avec leur ancêtre flamboyante. Car c’est aussi une tentative  de reconstruction de leur famille qu’on voit se retisser peu à peu pour expliquer à leur mère à toute les deux pourquoi le fils de Gabriële, ( leur grand-père)  s’est suicidé à 27 ans.