Archive mensuelles: septembre 2018

Falaise des fous Patrick Grainville Seuil 2018

Charles est orphelin. Après une blessure militaire en Algérie dans les années 1860, il se retire à Etretat dans une des demeures de son oncle. C’est là qu’il rédige ses mémoires, décrivant ses rencontres amoureuses mais aussi artistiques avec des peintres venus peindre l’Aiguille et les paysages marins. Il se liera d’amitié avec certains, comme Courbet. C’est pourtant l’étrange Monet qui marquera sa vie même s’ils ne se croiseront que Falaise des fous_Grainvillebrièvement. Il deviendra l’amant de la femme d’un riche ingénieur nommé Gosselin, proche de Haussmann. C’est toute la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle qui sont décrits à travers les yeux de Charles et de sont entourage. Evidemment, c’est intéressant, très intéressant d’autant que nous sommes dans une période qui engendra des bouleversements en Europe. L’auteur nous donne l’impression de côtoyer les grandes figures littéraires et artistiques de l’époque. On y apprend les caractères et les prises de position de ces illustres personnages. Cela frise parfois l’indigestion. Mais il faut saluer l’énorme travail de documentation. Le style est lui aussi très riche. Là où les peintres avaient le pinceau habile, Grainville a la plume habitée. Il décrit ainsi Le Havre : « Une mer franche, coupante, hilarante. Une marqueterie d’éclats de soleil jusqu’à l’horizon. Et là, les navires étaient tout habillés de leur parure épique, flamboyante. D’innombrables voiliers partout, gonflés à bloc par le norois. Un grand soleil s’épanouissaient entre des nuages clairs et véloces. Le tintamarre des vapeurs au corps noir tranchaient avec le superbe sifflement des misaines et des beauprés. » On sent que l’auteur a vécu près de le mer et aime le milieu maritime. J’avoue avoir sauté quelques passages descriptifs. Mais cela ne m’a pas empêché d’admirer la prose. Un roman (très, trop ?) foisonnant !

« Une histoire des abeilles » de Maja LUNDE ; trad.de Loup-Maëlle BESANçON

Un roman qui pourra convenir à plusieurs types de lecteurs. Trois histoires aux styles différents (écriture, traitement des personnages) se déroulant dans trois pays  différents à des périodes très éloignées avec comme point commun les abeilles et leur relation avec les humains. Trois personnages centraux : le premier est  spécialiste des abeilles aux tendances dépressives et dépassé par le naufrage de son mariage. Il trouve dans sa relation avec une de ses filles l’énergie pour se lancer dans un projet de construction d’une ruche d’un type révolutionnaire en plein 19è siècle.

Le deuxième : un apiculteur américain  victime de la disparition d’une partie de ses colonies et refusant l’industrialisation de son mode de production.

Et le troisième : une femme dans la Chine du milieu du 21ème siècle employée comme son compagnon à la pollinisation manuelle des cultures après la disparition des abeilles.

Autre point commun entre les histoires , la désillusion par rapport à sa famille,  avec l’espoir  apporté par une personne qu’on (re)découvre. « L’espoir » est aussi le dernier mot qu’on lit à la fin de ce livre agréable, peut être pas brillant, mais qui nos parle aussi d’un sujet essentiel  : le fragile équilibre et l’importance de chaque partie de tout système.

 

Les différents types de ruches

Des critiques sur Babelio

 

« Sahara » (Récit) de Cizia ZYKË

Comme un des buts de cette rubrique est d’aller à la rencontre des lecteurs quelles que soient leurs lectures (en dehors des revues) j’ai demandé à un jeune homme (de 22 ans précisément) qui prend le train tous les jours pourquoi il lisait ce récit en particulier. Il l’a acheté chez un bouquiniste car il avait déjà lu deux titres de cet auteur.

Ce qu’il apprécie chez lui, c’est son  style d’écriture et ce qu’il décrit de sa vie d’aventurier et des ses rencontres à travers le monde entier. Ici, il voyage à travers le Mali des années 70 pour revendre des camions plus ou moins en état de marche à des personnages plus que moins louches européens et africains et claquer tout ses bénéfices en général en compagnie de femmes et de pas mal d’alcool.

Pour découvrir cet auteur autodidacte controversé (on lui reproche son parcours émaillé de violences, son cynisme), quelques critiques de Sahara

Cizia Zykë a également écrit des romans que vous pouvez réserver sur Calice68, le portail des bibliothèques du Haut-Rhin

 

La Faucheuse Livre 1 Neal Shusterman R. Laffont 2018

Neal Shusterman est un auteur américain prolifique. Il écrit également pour la télévision et le grand écran. Ce livre devrait d’ailleurs sortir au cinéma. Nous sommes dans un futur où l’humain ne connaît plus la mort. Il vit par cycle et peut rajeunir physiquement quand bon lui semble.La Faucheuse de Neal Shusterman Un énorme internet, le Thunderhead, dirige le monde. Pour limiter la population, une communauté de faucheurs vient glaner quelques humains. Rowan et Citra ont été choisis par Maître Faraday pour devenir apprenti « faucheurs ». Pendant un an, ils doivent l’accompagner  et passer des épreuves. Mais une terrible décision des faucheurs vient semer le trouble. A l’issue de l’année d’essai, le gagnant devra tuer le perdant. Rowan et Citra qui se sont rapprochés ne peuvent se résoudre à accepter la décision. Elle leur paraît d’autant plus injuste qu’elle est le reflet de la main-mise d’un clan de faucheurs pervertis et assoiffés de pouvoir et de meurtre. L’histoire alterne avec des extraits de journaux intimes des protagonistes. Ce livre développe la réflexion sur la mort et sa place (ou son absence)  et des thèmes connexes. C’est un monde original et dur. On sort des dystopies habituelles. L’histoire d’amour qui se greffe est, elle, beaucoup plus classique. J’ai bien aimé la couverture en trompe-l’oeil. Le second tome est déjà paru en français.