Archive mensuelles: novembre 2018

« Le libraire de Wigtown » de Shaun BYTHELL ; traduit par Séverine WEISS

Changement de registre, cette fois, pour changer du drame, et sur les très bons conseils d’une collègue, j’ai choisi un roman plus léger et plein d’humour (en tout cas, selon mes critères).  Enfin, il m’a fait rire dans le train, sur ma banquette, dans mon lit au point où cela devenait gênant. Pour être plus précise, il s’agit d’un humour dans le genre « mauvais esprit » tout british, celui qui tire sa substance de l’observation de ses proches contemporains et du quotidien. Les remarques acerbes sont celles que nous fait partager l’auteur, Shaun Bythell, bouquiniste misanthrope passionné à la tête de la plus grande librairie de livres d’occasion d’Ecosse à propos de  ses collègues, les habitants du village, et surtout de ses clients.

Jeudi 29 janvier Commandes en ligne : 6 livres trouvés : 5

Nicky est venue travailler, aussi enjouée que d’habitude. Une cliente est arrivée juste avant le déjeuner : il a suffit de quelques secondes pour que Nicky et moi soyons sur le point de suffoquer. Elle avait dû s’asperger des pieds à la tête d’un parfum tellement atroce, tellement écoeurant, que je ne peux que supposer qu’il  a été concocté pendant la guerre froide dans un laboratoire d’armes chimiques par un chercheur au sadisme particulièrement développé.

Ce livre a beau être léger (par opposition à certains livres plus noirs que j’aime) il est porteur d’informations très intéressantes sur le métier de bouquiniste : conditions de travail, relations avec Amazon, plate forme de vente en ligne, nombre de ventes et commandes honorées, chiffre d’affaire et nombre de clients au quotidien.

Une autre remarque, ne vous fiez pas à la couverture de ce très bon livre témoignage, il ne s’agit pas d’un « Feel good book », même si, grâce au rire, il a une action bénéfique sur les lecteurs !!

Si vous voulez le réserver dans le réseau des bibliothèques du Haut-Rhin, c’est ici

Entrez dans la danse Jean Teulé Julliard

A Strasbourg, en 1519, l’Ammeister, (l’équivalent de l’échevin) en a marre. La situation lui couperait presque l’appétit. Et ce n’est pas le prince-évêque, ce « pisse-froid », qui va l’aider ! Après les calamités naturelles, la famine, la peste et la syphilis, voici qu’il lui faut affronter une épidémie de … danse ! Les habitants sortent de chez eux et se mettent à se trémousser, entraînant leurs voisins dans une ronde sans fin. Ce serait presque drôle si plusieurs ne tombaient morts d’épuisement, les pieds en sang.Entrez dans la danse_Jean Teulé

Jean Teulé, comme à son habitude, empoigne l’Histoire, avec truculence. C’est drôle, sarcastique ! Il fait des entorses au langage de l’époque, des anachronismes voulus mais qu’importe. On aime ou on aime pas sa verve. Pour ma part, j’ai lu d’une traite ce court roman.Les Danseurs fous_John Waller

Je me suis rappelée du documentaire paru sur le sujet « Les Danseurs fous de Strasbourg » par John Waller à la Nuée Bleue en 2016. Il apporte un éclairage historique et plus « sérieux » sur le contexte de l’époque, les aléas climatiques, la famine, les maladies… Le peuple souffre et ne supporte plus les abus des plus riches, seigneurs et clergé. La révolte gronde.

Deux lectures qui se complètent !