Au début de l’amour de Judith Hermann : les fantômes du passé

Un quartier vert très tranquille à la périphérie d’une petite ville, une vie normale avec une charmante petite fille et un mari aimant mais peu présent :  Stella, infirmière à domicile, un peu sauvage, est la proie idéale  pour les états d’âme. Le déclencheur : Mister Pfister, un jeune homme habitant dans ses parages qui tente d’entrer en contact avec elle de façon de plus en plus insistante et malsaine.

L’emploi de la troisième personne et le style rêche attaché à la description des apparences accentue encore le côté voyeur du lecteur qui attend qu’il se passe quelque chose parce qu’il y a un potentiel anxiogène dans cet amorce de relations et toutes les possibilités qu’elle offre : histoire d’amour torride pour certains lecteurs, thriller avec psychopathe (l’un empêchant pas l’autre hé hé !). De ce point de vue, c’est une réussite, Stella se pose suffisamment de questions sur le vide de sa vie et ses sentiments pour son mari pour qu’on puisse lui fournir des réponses par le biais de cette rencontre. D’un autre côté, Mister Pfister a une part d’ombre qui recouvre le roman au fur et à mesure :  ses messages déposés dans la boîte à lettres sont étranges et quand il en vient à écrire son nom sur cette boîte, on sent la bascule possible. Mais, au risque d’énerver certains lecteurs, le mystère ne sera pas vraiment éclairci ni sur les motivations du harceleur (resurgi du passé ?) et sa vie, ni sur les sentiments de Stella qui restent  ambigus.  L’ambiance m’a rappelé « Lost highway » de David Lynch et ce couple solitaire recevant des vidéos dans leur boîte à lettre, leur solitude et le dépouillement de leur appartement.

C’est une boucle temporelle ici, tu as déjà remarqué ? Ici, le temps s’est arrêté et chacun de ceux qui y vivent reste dans sa bulle ».

J’ai pris  ça comme une histoire de fantômes, Stella n’habite pas sa vie et  n’arrive pas à se détacher de son passé avec lequel elle communique encore à travers les conversations qu’elle a avec son amie, seul lien avec son adolescence regrettée.  Mister Pfister aimerait lui faire rejoindre cette rive ancienne. Mais sa vie présente l’appelle à travers les activités obstinées et les réflexions arrêtées de sa petite fille de 4 ans, Ava. Quel chemin d’adulte va t’elle choisir ?

Pour répondre à cette question, c’est avec la réservation au bout du lien !

 

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