Archives par auteur: Bénédicte Wolf-Kiene

« Un hiver en Bretagne » de Michel le Bris

 

Le vent : tout, digues, haies et murets, s’organise en fonction de ses caprices. Il est tout à la fois la menace et la promesse. Il est si fort qu’à certains endroits, sur les hauts de Barnénez ou a Guerzit, les arbres poussent en forme de coups de vent, et leurs branchages sont des rafales.

Le vent parcourt toutes les pages de cette autobiographie par Michel Le Bris, capitaine du festival Etonnants Voyageurs livres et cinéma d’aventure. Il gonfle les voiles de tous les marins pêcheurs, sportifs ou aventuriers  qui sont partis de la baie de Morlaix dont est originaire l’auteur. Le vent traverse les terres et les champs, gonfle les nuages en remuant la mer dont il est aussi beaucoup question ici  que d’odeurs. De jeux de lumières aussi ! Plus qu’une vie de l’auteur, c’est l’histoire de ce coin (magnifique) de Bretagne qui a vu naître, partir et parfois revenir en pointillé,  bon nombre de personnages prêts à partager leurs récits du monde autour d’un ou plusieurs verres, attisés par la compagnie réunie au fond d’un bar comme le Ty Coz .

Parce que Michel le Bris, comme la baie, c’est l’ouverture vers le large et le retour vers ce terroir magnétique. On assiste grâce à ce récit au bouleversements des activités humaines agricoles et maritimes dans les années 70, de la pêche à pied à la pêche tout court,  au développement commercial de Morlaix dès le 16è siècle, on rencontre les gloires locales, on voyage dans l’imaginaire vaste de ce royaume, même si ce n’est pas un roman.

« Mes royaumes. Que cherchent-ils tous pour braver ainsi le froid, demain le vent, ou la pluie ? Quelques crevettes ou praires de plus  ? Allons donc ! Quelque chose de bien plus essentiel et de mystérieux qui les a faits ce qu’ils sont, et seront à jamais. Quelque chose qui, depuis, ne cesse de les appeler. Leur âme, tout simplement. « 

Une raison de plus pour se lancer, c’est magnifiquement écrit, alors, enfilez votre ciré et lisez-le même sous la pluie (ça arrive).

Réservation sur le portail des bibliothèques du réseau du Haut-Rhin.

 

« Le mur invisible » de Marlen HAUSHOFER ; Trad. par Liselotte BODO

« J’écris pour m’empêcher de fixer yeux grands ouverts le crépuscule et d’avoir peur. ..La peur de tous côtés monte vers moi et il ne faut pas attendre qu’elle m’atteigne et me terrasse. J’écrirai jusqu’à ce que ce travail dont je n’ai pas l’habitude me rende somnolente, la tête vide. »

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Ce danger, planant au dessus du récit vous poussera sans doute à connaître sa nature véritable et les éventuelles victimes . Mais ce qui nous lie à la narratrice, c’est le récit du travail quotidien et vital avec lequel elle consolide son existence devenue solitaire du jour au lendemain. La catastrophe qui l’a isolée avec quelques animaux au beau milieu des alpes autrichiennes et le mur surgi pendant la nuit qui les sépare du reste du monde, ne sont pas le principal sujet de ce livre. C’est pour moi, la perte d’une certaine innocence liée aux relations humaines, les mensonges, les illusions, qui tombent au fur et à mesure qu’elle se rapproche de ses compagnons animaux. Ce livre  parle merveilleusement bien des liens que les humains peuvent avoir avec les chats, les chiens, le bétail, des bienfaits qu’ils nous procurent et qu’on peut leur apporter aussi. Mais également, il nous parle des liens entre espèces différentes, les ponts existant entre toutes formes de vie.

Les barrières entre les hommes et les animaux tombent très facilement. Nous appartenons à la même grande famille et quand nous sommes solitaires et malheureux, nous acceptons plus volontiers l’amitié de  ces cousins éloignés. Ils souffrent comme nous si on leur fait du mal et ils ont besoin comme nous de nourriture, de chaleur et d’un peu de tendresse… Dans mes rêves, je mets au monde  indifféremment des humains, des chats, des chiens, des veaux, des ours et d’étranges êtres couverts de poils »

Un thème à la mode, de même que les murs et les romans de survie et qui explique le regain d’intérêt récent pour ce livre édité en 1985. C’est aussi pour ça que j’ai voulu lire ce roman haletant et lent à la fois. Les tâches quotidiennes et la description des activités des animaux sont répétitives mais chaque fois présentées différemment, donc, avec ce journal on ne s’ennuie pas. En même temps, le côté suspens reste en arrière plan et nous garde en haleine.

Ma conclusion : gros coup de coeur !

En attendant une future sélection où la nature aura une large place, voici quelques chroniques déjà publiées ici  et  et encore , plus celle là ou celle-ci 

 

 

Le paradis sur terre avec « Mort d’un jardinier » de Lucien SUEL

A quoi tu penses quand tu meurs ? A cette question existentielle, l’auteur  répond sans détour au fur et à mesure de son agonie. Il est cloué au sol par une attaque, au beau milieu de son jardin  : une sorte de mort en scène, donc, pour ce jardinier.

Il répond donc de façon très terre à terre à cette question en nous faisant partager toutes les pensées qui l’assaillent et font un long ruban hors de lui à mesure que la vie s’écoule. Et il y en a des flots qui se regroupent par petits ruisseaux et sautent de thèmes en thèmes, d’époques à époques en passant par des raccourcis. Nous assistons à ce spectacle privé que lui aussi regarde un peu en retrait, en utilisant la deuxième personne pour nous chuchoter des choses partagées.

© Pew-Thian Yap, laboratoire MIND (Université de Caroline du Nord)

« Et tu entends Helen Merrill j’aime Paris au printemps et Jeanne Lee quelquefois je suis un enfant qui a perdu sa mère et Katleen Ferrier j’entends la voix des enfants morts et Marianne Faithfull je m’assieds et je regarde les enfants qui jouent et Brigitte Fontaine c’est tout à fait comme à la radio et Colette Magny j’en sais rien viens donne moi la main et Billie Holliday des fruits bizarres sont accrochés aux arbres, toi aussi tu t’accroches aux cheveux des anges terrestres…

 

J’ai découvert cet auteur né dans les Flandres à l’occasion de ma formation sur les littératures européennes. Il est très actif : poésie, musique, revues… Une richesse à l’image de toutes les sensations qui ont nourri le jardinier toute sa vie et qui ne demandent qu’à enrichir votre jardin secret.

Pour réserver dans une bibliothèque du Haut-Rhin

« Les furtifs » d’Alain DAMASIO

Les livres se baladent et circulent à nouveau à bord de la rubrique !

Cette semaine, un livre repéré grâce à l’émission « 28 minutes » sur Arte par cette lectrice d’environ 55 ans qui l’a acheté. Pourquoi ?  Parce que  les  dystopies, (en gros, une utopie qui se déroule souvent dans le futur et qui  vise plutôt l’asservissement des citoyens que leur épanouissement), elle aime. Surtout quand ça finit bien (rarement dans le genre). Elle lit beaucoup et y compris dans le TER qu’elle utilise fréquemment.

L’auteur est aussi journaliste et le sujet sociologique lui est familier.

Résumé : en 2040, les humains sont connectés en permanente et sous contrôle.

« Autour de la quête épique d’un père qui cherche sa fille disparue, Alain Damasio articule dans une langue incandescente émancipation politique, thriller fluide et philosophie. Après La Zone du Dehors et La Horde du Contrevent, il déploie ici un nouveau livre-univers sur nos enjeux contemporains : le contrôle, le mouvement et le lien. »

Plus d’infos et réservation sur Calice68

La sélection maison « Eté 2019 » : les romans étrangers

Pour vous, que signifient l’été et les vacances ? Presque autant de réponses que de personnes ! Mais on peut déceler  des tendances : on se regroupe, plus ou moins nombreux sur d’une étendue sableuse ourlée par l’océan et on se laisse bercer par le bruit des vagues, le soleil, les cris d’enfants selon son degré d’aptitude à vivre ces instants entourés de ses semblables. Un autre groupe se retrouvera à grimper, tôt dans la journée, pour atteindre un sommet lui offrant une vue à 36 degrés sans l’ombre d’un humain et si possible, là aussi accompagné par le frôlement du vent,  les cris des choucas et des marmottes. Un autre encore, restera chez lui à s’occuper de son jardin, (ou pas) à voir des amis qu’il ne prend pas le temps de voir de toute l’année. Et c’est sans compter les adeptes des villes désertées. En commun, ils ont ce moment où ils s »installeront dans un endroit choisi, s’isoleront ou non, attraperont un roman pour enfin, lire !

Donc, autant de profils de vacanciers, autant de genres à proposer. Dans cette sélection, j’ai choisi des genres différents parce qu’été ne signifie pas forcément avachissement de l’esprit. Pas mal d’émotions, de l’amour, des grands espaces, pas forcément de repos, mais souvent une dose d’optimisme malgré les remous. Je tiens à préciser que je ne les ai pas tous lus mais que d’autres personnes l’ont fait et m’on donné envie de vous en parler après les avoir achetés pour la Médiathèque départementale du Haut-Rhin.

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Bonnes découvertes !!

 

 

 

La Formule de Dieu de José Rodrigues DOS SANTOS

Tout est parti d’une discussion à propos de Da Vinci Code. De là, ce lecteur trentenaire a été conseillé et un un collègue lui a prêté « La Formule de Dieu » . En général, il aime bien se faire conseiller et se laisser guider par sa curiosité.  Le genre est  semblable à celui du roman célèbre de de Dan Brown : le thriller ésotérique.  Ici, il s’agit d’une enquête mêlant l’univers des sciences  à celui de la religion avec une pointe d’espionnage. En prime, les décryptages des plus fameuses théories d’Einstein. Ca tombe bien !

 

Pour réserver

« Good omens » par Neil GAIMAN et Terry PRATCHETT

Cette lectrice voyageuse de 30 ans environ, utilise le TER depuis plusieurs années pour aller au travail. Comme elle lit beaucoup et notamment dans le train, elle s’est procuré une liseuse. Et ce livre, elle l’a acheté.  Elle l’a choisi à cause de la série TV « De bons présages » qui en a été adaptée récemment. Mais il s’agit d’une relecture qu’elle fait cette fois-ci en anglais. Et c’est là que réside aussi son plaisir : réussir à relire ce texte dans sa forme originale ! Au départ, elle connaissait Neil GAIMAN et Terry PRATCHETT, ces deux pointures du genre fantasy et fantastique et elle voulait tester leur collaboration à deux mains.  (à moins que cela ne soit à trois ou quatre s’ils sont ambidextres !).

Elle trouve ce roman drôle, bien écrit et plein de références.

 

Emprunter, voir le résumé (versions papier)

Une sélection estivale spéciale « Livres numériques »

Souvent, on associe les livres numériques aux  lecteurs qui, l’été venu, ramènent les objets de leur envie de lire à bord d’une liseuse. Ca tombe bien, à la Médiathèque départementale du Haut-Rhin, nous développons un fonds de livres numériques accessibles aux lecteurs du bibliobus et aux lecteurs du réseau des bibliothèques municipales du 68.

Voilà donc une sélection de romans concoctée par plusieurs bibliothécaires avec leurs commentaires,  pour accompagner votre été, qu’il soit numérique ou pas ! Car ces livres se dévorent aussi en version papier … Voir la sélection

Découvrir l’offre complète sur notre site.

Canicule et transports en commun

A la faveur de la canicule, j’ai un peu décalé les horaires du train que j’emprunte d’habitude. Celui que j’ai pris, Oh, Miracle !, n’était pas bondé. J’ai donc pu entamer mes courts échanges autour des lectures de deux voyageuses. Aujourd’hui, un titre de Agnès Martin-Lugand :  J’ai toujours cette musique dans la tête

Couverture du livre d'AGnès Martin Lugan

Cette lectrice d’environs quarante ans a lu quasiment tous les autres romans de l’auteure et l’apprécie pour sa légèreté, c’est un roman facile à lire. Elle l’a acheté et après lecture, et l’incluera dans son cercle de lecture familial. Intéressant, non ? A la base, trois membres de la famille qui se passent les livres qu’ils ont lus, et il y a une pile à lire commune ! Donc, les lectures se font beaucoup par hasard. De plus, pas question d’arrêter un livre commencé.  Le cercle a tendance a s’élargir.

Elle prend le train pour se rendre au travail.

Petit détail : elle a pris le virus de la lecture dans le bibliobus car habitait loin d’un bibliothèque.

Réserver dans le réseau des bibliothèques du Haut-Rhin

 

 

LITTERATURES EUROPEENNES CONTEMPORAINES : une sélection

Programme un peu impressionnant, vu le titre, mais non ! Tout va bien..Il s’agit juste, suite à une formation suivie la semaine dernière,  de partager les découvertes et les auteurs européens remarqués pendant  une formation.  Les commentaires de lecture qu’en ont fait les stagiaires et le formateur me donnent assez de matière pour en faire une sélection à partager sans modération.

Voici donc des pistes de lectures qui vont vous faire voyager à travers l’Europe, le rire, l’amour, le drame, la solidarité, le combat …

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Marie-Hélène LAFON et ses romans paysans qui peuvent être proposés aux lecteurs de romans de terroir où beaucoup de personnes peuvent se retrouver avec un style tout à fait remarquable.

« Grace » de Paul LYNCH, Traduit de l’anglais (Irlande) par Marina BORASO.  Autre roman de terroir mais aussi de terreur se déroulant pendant la famine qui a ravagé les campagnes irlandaises sept années au milieu du 19è siècle. Les campagnes étaient alors peuplées de mendiants plus proches des fantômes que des vivants, les autres ayant fuit vers l’Amérique souvent. Grace, une jeune fille de 14 ans fait partie de ceux qui errent, expulsée de chez elle pour la protéger du pire. Amateurs de fantastique bienvenus !

Autre parcours de femme qui va conquérir sa liberté morceau par morceau :  » Zouleïka Ouvre les yeux » de la russe  Gouzel IAKHINA.  Zouleïka une jeune fille, débute mal sa vie d’adulte, mariée de force et quasi esclave domestique de sa belle-mère et de son mari. Dans les années 30, dans le Tatarstan, au cœur de la Russie, l’heure de la confiscation des maigres terres possédées par les paysans a sonné. Elle va devoir partir, et conquérir son  indépendance en se dépouillant de ses anciens dogmes religieux.

Pour les amateurs de plantes cultivées, Lucien SUEL propose « Mort d’un jardinier » ou le regard plein d’acuité et de sensibilité d’un jardinier victime d’un malaise sur la terre qu’il va peut être quitter.

La magnifique  poésie de François CHENG aborde aussi ces thèmes  : vie, mort, nature…

Petit aperçu des textes cités en formation « Littératures européennes »

Quittons la campagne pour aborder la patrie et sa défense dan sun roman issu de la littérature punk : « Noirs paradis » de Rosa LIKSOM nouvelles traduites par Anne PAPART. L’intérêt, en dehors d’un style assez sauvage et de l’humour au deuxième degré, c’est la revendication féministe dans les années 90 à travers la conquête d’un territoire réservé aux hommes : la guerre et le fascisme. Ce genre de procédé est courant aujourd’hui, mais pas à l’époque . Peut être Virginie DESPENTES avec « Baise moi »  ?

Dans le genre littérature déjantée (parue après la chute du mur de Berlin, une exploration de la liberté), on a cité « Métal »  de Janis JONEVS ; Traduit par Nicolas Auzanneau Prix du premier roman en Lettonie, 2014. En plein cour des années 90, c’est une plongée dans l’univers urbain  déserté par la conscience politique et la religion.  Le rock métal et la culture alternative occupent cette place laissée vide chez une partie de la jeunesse. Un éclairage  sur la vie quotidienne en Lettonie, jeune nation européenne encore méconnue en France.

Toujours au sujet du régime communiste et ses conséquences sur la société, les familles, même après sa défaite.  Dans « Revu et  corrigé »,  traduit du hongrois par Agnès JARFAS, Peter ESTERAZY, découvre après l’ouverture des archives de l’Etat, que son père, torturé par les services secrets soviétiques, est un agent au service de l’État de terreur. C’est donc une énorme rupture qu’il doit assumer puisque  après cette trahison. De plus,, son père étant mort, il ne peux plus rien lui demander. 

L’Europe a été traversée par la violence brutale et les romans qui y font référence sont nombreux . La première guerre mondiale est abordée avec succès par Pierre LEMAITRE en France avec « Au revoir là-haut », mais aussi  par « Guerre et térébenthine » par Stefan HERTMANS traduit par Isabelle ROSSELIN en ce qui concerne la Belgique. L’auteur nous parle de son grand-père marqué par la guerre qu’il appelait  « son épouvante » et du tournant qu’a pris sa vie après sa retraite, quand il devient peintre. Mais il s’agit aussi de la bascule de la société dans l’industrialisation et de la grandeur des petites gens apparemment inintéressants mais qui ont une vie immensément riche.

La violence extrême se retrouve aussi dans les romans ou récits inspirés par les camps de concentration. Là, un livre de témoignage tout juste paru en avril : « Et si c’était à refaire » de Boris PAHOR. Ici, ce sont des entretiens avec l’auteur, un centenaire italien écrivant en slovène, rescapé de plusieurs camps de concentration.  Séminariste déserté par la foi, il a cependant réussi à pardonner aux allemands et aux italiens qui ne représentent, selon lui, qu’un des visages de l’horreur humaine. Un livre qui fait du bien à mettre en regard du classique « Et si c’était un homme » de

Pour l’humour libérateur, on peut se tourner vers Slavomir MROZEK dans « l’Eléphant »; où l’auteur polonais, sous couvert d’un style faussement naïf, à réussi à passer à travers les mailles de la censure en 1957.

Akli TADJER, algérien d’origine, utilise aussi l’humour pour parler du racisme et de l’intolérance dans « Qui n’et pas raciste ici ? » Récit d’une rencontre qu’il a faite dans un lycée où il a été confronté lors d’une rencontre avec des élèves, à leur lâcheté  mais aussi à leur magnifique potentiel humain face au racisme et à  la peur des autres.

Pour rester en territoire humoristique, vous pourrez tenter de percer le secret de la « 7è fonction du langage » de Laurent BINET. Quel est le pouvoir qu’elle offre à celui qui a décrypté cette énigme ?  Ici, pas de drame, mais les conflits qui déchirérent le monde feutré des universités dans les années 1980. A cette période, un des gardiens de  la sémiologie, (une  partie de la linguistique) était Roland Barthes. Le grand homme se fait renverser et l’énigme de sa mort,(peut être le résultat d’un complot lié aux cercles du pouvoir), est confiée aux Renseignements Généraux. Ce roman, basé sur des faits réels est l’occasion d’un exercice qui peut paraître un peu artificiel pour certains mais au passage, on apprend beaucoup sur cette matière passionnante qu’est la sémiologie qui s’intéresse à toute forme de langage, tout objet qui a une signification dans notre société de communication. L’humour vient du décalage entre des langages, des personnages, des situations bien terre à terre confrontés à la grandeur d’un personnage comme Roland Barthes, signifiant beaucoup pour certaines personnes et rien du tout pour la plupart d’entre nous.

Le formateur, Guy FONTAINE, nous a aussi parlé de la maison d’écrivain et du musée Marguerite YOURCENAR  qui surplombe la plaine picarde. Elle est située sur le  « Mont Noir » où a grandi l’auteure de l »Oeuvre au noir » qui nous plonge dans le Bruges du 16è siècle où sévit l’Inquisition.et les alchimistes.  Autre titre phare :  » Les « Mémoires d’Adrien » reconstituent le récit de la vie de cet empereur qui les adresse à  Mac Aurèle, dans l ‘Antiquité finissante du 4è siècle.

Il y aurait encore des titres à rajouter, évidemment, mais voilà déjà de quoi capter une petite part de cette diversité littéraire qui vient de territoires qui ont connu des drames et dont les frontières, parfois mouvantes donnent lieu à des frictions très fertiles.

Beaucoup de ces titres à réserver  sont présents au catalogue des bibliothèques municipales du Haut-Rhin.