Archives par auteur: Bénédicte Wolf-Kiene

Les Revenants de Laura KASISCHKE (3ème partie de Laura KASISCHKE, créatrice d’atmosphères)

revenantsLes revenants

Encore un très bon ! Les jeunes adultes y sont encore plus mis en avant que dans « Oiseau blanc dans le blizzard » du même auteur.

Là encore, les personnages ont des visions provoquées par des éléments concrets ou non. Par exemple, quand Mira, enfant, voit sa mère transfigurée et comme en pleine métamorphose. « Le soupçon aussi diffus qu’irrationnel qu’elle se régénérait dans cette pièce. Comme des ailes géantes repliées autour du corps Sa peau paraissait humide couverte d’un film de rosée » et « la fillette eut la nette impression que sa mère venait d’éclore ». Dans ce texte, on est plus près du fantastique et des récits de vampires et de zombies caraïbes que de fantômes éthérés. A un moment « il avait été drogué et il était amoureux, ce qui est aussi en soi une forme de drogue du zombie «  !!.

Le roman se déroule sur un campus américain. Une élève meurt dans un accident de voiture alors que son ami s’en tire miraculeusement. « La scène de l’accident était exempte de sang et empreinte d’une grande beauté. » Le témoin arrivé suite à l’accident a « Le sentiment d’être tombée par hasard sur quelque chose de très secret […], quelque rite sacré nullement destiné aux yeux humains « . Dans Sailor et Lula de David LYNCH, (encore !), la scène de l’accident de nuit, illustre également parfaitement, cette douce étrangeté.

Mais il y a un problème : la jeune fille réapparaît régulièrement aux yeux de certains étudiants. Est-ce un problème liée à la drogue, un simple accident, un meurtre ? Il se trouve que la confrérie à laquelle appartenait la victime est assez portée sur les substances illicites de même que son ancien ami.

Une des professeurs de la fac, spécialisée dans les autopsies et les rites autour des morts apporte sa caution rationnelle à l’enquête, mais pour épaissir encore plus le mystère qui ne sera un peu éclairci qu’à la fin du livre.

Une ambiance noire et gothique qui, au passage, vous permettra d’enrichir vos connaissances sur les confréries qui rythment la vie sociale des campus américains et  la thanatopraxie !

A noter que ce livre a reçu le Prix « Lire en Poche »  2015décerné par la ville de GRADIGNAN.

 

Lu, vu, écouté dans le Finistère

KYbiSjIWOGQf8e95SkpNUzOrb-0-DHNRO-lSHKMqR1o=Sous titré :  Retrouvez les conseils, coups de coeur, listes de nouveautés publiés par les bibliothèques du Finistère sur leurs blogs. Donc, sur le contenu de ce site, tout est annoncé . A savoir : les volets musique et Vidéo des bibliotèques sont aussi abordés, évidemment.

C’est un Scoop It, (une publication en ligne) publiée par les bibliothèques du Finistère. La formule choisie permet d’être tenu au courant des nouvelles publications, soit en se rendant régulièrement sur le site de Lu, vu, écouté, ou, automatiquement, après ouverture d’un compte Scoop It.

Plonger de Christophe ONO-DIT-BIO, Gallimard

 

plongerokUn homme enquête sur la disparition brutale de sa femme aimée, une artiste partie à l’étranger. Il décide de la faire connaître à son fils, sans fard. C’est ce qui a plu au lecteur (la découverte du monde de l’art, si particulier et l’énergie qu’il demande en plus de celle nécessaire à faire vivre l’amour de nos jours.)

Et en plus, il est au catalogue de la MD68 ! (Phrase qui risque de revenir assez souvent dans cette rubrique) : Plonger

 

En prime : quelques critiques

La promesse par Jean-Guy Soumy R. Laffont 2015

Camille apprend le suicide de Jeanne, son premier amour. Au XVIIe siècle, le suicide est un crime contre le roi. Pour éviter à la mémoire de Jeanne d’être condamnée à l’oubli et à son corps d’être jeté à la voirie, Camille va devoir incarner Jeanne et la défendre lors de son procès. Celle qu’il croyait avoir oublié, va alors venir le hanter. Le roman, découpé en court chapitre, se lit d’une traite grâce à une écriture fluide.D15_ La promesse

Le sujet, original, restitue les mœurs et coutumes de l’époque. C’est aussi une interrogation sur la négation des sentiments. Peut-on vraiment faire table rase du passé ?

Littérature francophone : retour sur ce qu’il ne fallait pas rater en 2014

A commencer par les commémorations, nombreuses :

Celle du début de la guerre 1914/1918 avec la parution de romans sur le sujet (à noter l’écrasante domination de « Collier rouge » de Rufin chez Gallimard et d’ « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître chez Albin Michel). Les rééditions des œuvres d’écrivains-soldats ont également foisonné. Un hommage particulier a été rendu à Charles Péguy, mort au début de la guerre.

Concernant la guerre 1939/1945, on a pu lire le remarquable « Charlotte » de Foenkinos, roman sur la vie et la déportation du peintre Charlotte Salomon.

Le centenaire de la naissance des écrivains Marguerite Duras et  Romain Gary (nés en 1914) a fait l’objet également de publications et rééditions.

A noter les parutions des auteurs prolixes : Marc Lévy, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Catherine Pancol, Eric-Emmanuel Schmitt… Pour les amateurs de romans optimistes, relevons également les nouveaux titres de  Gilles Legardinier, Agnès Ledig et Frédéric Lenoir…Le centenaire de la naissance des écrivains Marguerite Duras et  Romain Gary Gary(nés en 1914) a fait l’objet également de publications et rééditions.

Côté thématique, ont été abordés la question de l’homosexualité dans le remarquable premier roman « En finir avec Eddy Bellegueule » d’ Edouard Louis, le don d’organe dans « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal, les emplois précaires et difficiles (tel celui d’ouvrier agricole chez Marie-Hélène Lafon « Joseph », « Debout payé » de Gauz),  la vie de consommation et ses temples « Regarde les lumières, mon amour » d’Annie Ernaux. Le microcosme politique est décrypté dans « L’Emprise » de Marc Dugain.debout payé

Lola Lafon rappelle à notre souvenir la vie de Nadia Comaneci « La petite communiste qui ne souriait jamais ».

La religion intéresse deux auteurs « phare » : Emmanuel Carrère parle des débuts du christianisme et de son expérience personnelle dans « Le Royaume ». Marek Halter commence la biographie romancée des femmes de l’islam avec « Khadidja ». Jean d’Ormesson écrit ses réflexions sur l’homme, Dieu et l’univers.

A signaler le presque régional de l’étape, le vosgien Jean-Paul Didier-Laurent qui signe le très remarqué  premier roman « Le Liseur de 6h27 ».

Enfin, pour finir sur LA bonne nouvelle de l’année littéraire francophone, rappelons encore la récompense de  Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature 2014.

Voici quelques temps forts de l’année littéraire francophone.

Espérons que l’année 2015 soit aussi riche en surprises littéraires…

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Qui sommes nous ?

Nous sommes 3 bibliothécaires de la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin, heureuses de vous faire partager simplement dans ce blog notre goût pour la littérature, qu’elle soit francophone, étrangère, ou plutôt destinée aux adolescents.

Cela passera par des sélections à géométrie variable, en lien avec l’actualité (ou pas), mettant en lumière des auteurs connus ou moins connus, mais aussi par des coups de coeur (ou parfois des coups de griffe), des actus du monde littéraire…

Vous pourrez  également partir à la découverte de nouveaux récits grâce à des présentations de sites et revues utiles aux lecteurs connectés que vous êtes aussi.

Pourquoi ce Blog ? Pour prolonger les discussions entamées dans le bibliobus ! Et parce que nous considérons que la lecture n’est pas un domaine savant limité aux bibliothèques, mais, qu’au contraire, elle peut nous rapprocher à travers ses liens avec nos vies et avec les autres façons de raconter des histoires.