Archives par auteur: Bénédicte Wolf-Kiene

« Dans les bois » de Harlan COBEN ; Trad. par Roxane AZIMI

Ce livre a été acheté par une jeune lectrice de 24ans. Elle avait déjà lu et apprécié  d’autres titres de Harlan COBEN, un auteur connu du grand public. Ce qui lui plaît ici aussi, c’est le style et les rebondissements inattendus dans l’intrigue. Eh oui, c’est un thriller ! Au menu, des disparitions d’adolescents non élucidées qu’un procureur lié à l’une des victimes va tenter de résoudre.  Cette jeune femme lit parfois beaucoup  sur une période, puis fait une pause. Elle se plonge dans ses lectures dans le train qu’elle prend régulièrement parce que c’est une parenthèse qui s’y prête.

Pour le réserver dans le réseau des bibliothèques du Haut-Rhin , c’est là !

 

« IMPERIUM  » de Christian KRACHT ; trad. par Corinna GEPNER

See, (coco)nuts and Sun

Engelhardt croit au pouvoir de la noix de coco sous toutes ses formes et compte le faire découvrir à ses compatriotes restés au pays (en Allemagne, début du 20è siècle, autant dire un début de période agitée). Fort de son pouvoir de colon allemand installé avec ses congénères impérialistes passablement dégénérés et alcooliques  sous le soleil des terres de la Nouvelle Poméranie, Océan indien, il achète une île qu’il va vouer à la culture de la noix de coco dont il sera le gourou. Adepte des bienfaits de la supernoix, il décide d’en faire son unique nourriture, se transformant en précurseur prosélyte d’un végétarisme  dur doublé d’un nudiste convaincu.

Pour développer son affaire, il va faire appel à des personnages plus ou moins honnêtes mais passera de plus en plus pour un illuminé.

« On ne concluait pas d’affaire avec des gens nus aux cheveux longs »


 

 

 

La maladie qui le ronge et la violence ambiante ont raison de son idéalisme et il se tourne lui aussi vers l’idéologie du national socialisme.

 « C’est ainsi qu’Engelhardt est devenu antisémite ;  comme la plupart de ses contemporains,  comme tous les membres de sa race, il avait  fini par voir dans l’existence des Juifs une cause probante de toutes les injustices endurées. »

Le style assez pince -sans rire et la longueur relative des phrases pourraient en décourager quelques-uns, au début. (J’ai été tentée d’arrêter un moment), mais, ce serait se priver d’un livre très original et dont la petite musique persiste. De tragi-comique (les élucubrations du héros qui s’enfonce dans le délire, la description du navire allemand qui sombre et commence à se tourner vers une idéologie de ses racines fantasmées) on s’achemine vers le plus sensible au fur et à mesure de la progression de l’histoire.

Quand le capitaine Slutter et la petite fille Pandora qu’il a pris sous on aile traversent une tempête en mer et s’en sortent avec l’équipage.

 « Personne n’avait  eu de pouvoir  sur lui, oui, pense-t-il,  il a finalement  accepté  que cette  enfant rousse fasse de lui un être non seulement vulnérable  mais mortel »

A la fin, on assistera à l’avènement d’une nouvel impérialisme : celui incarné par la bouteille de Coca.

Le style assez pince -sans rire et la longueur relative des phrases pourraient en décourager quelques-uns, au début. (J’ai été tentée d’arrêter un moment), mais, ce serait se priver d’un livre très original et dont la petite musique persiste.

Un article en anglais sur le véritable August ENGELHARDT!

« Invisible sous la lumière » de Carrie SNYDER ; Trad. Karine LALECHERE

Ce livre a été une vraie bonne surprise ! Au départ, il avait fait partie d’une de mes piles à lire en 2016. Puis, il est remonté vers moi à l’occasion d’une sélection prévue avec mes collègues sur le sport et qui fera l’objet d’une parution prochaine.

Etats-Unis fin des années 20, autant dire une période rude. C’est pour survivre et non pour la gloire qu’Agatha va déployer son talent pour la course et sera sélectionnée dans la première équipe féminine d’athlétisme aux JO de 1928. C’est ce qui poussera deux documentaristes à lui faire raconter sa vie. Personnage fort mais pas insensible aux drames frappant son entourage, elle avance, aussi grâce à son entraîneur, rencontre l’amour et vit une amitié déchirante avec une de ses rivales.

Ethel Smith Fanny Rosenfeld Jeux olympiques 1928 Wikipedia

 

Sa vie est aussi une lutte pour le respect des femmes dans tous les choix qu’elles font : des plus classiques aux plus novateurs.

Un style juste et bouleversant surtout dans la description de l’enfance, des liens au sein d’une fratrie. Dans les fissures des murs de sa ferme familiale, elle voit sa sœur chérie après sa mort de celle-ci, par exemple. Le personnage de sa mère, sage -femme engagée accueillant chez elles pour les soigner des filles contraintes à l’avortement, toujours à l’écoute, mais ne gaspillant jamais sa salive. A côté de cela, les relations resteront complexes avec son père.

Ce roman inspiré de faits réels (premières épreuves d’athlétisme féminin en 1928) est beaucoup plus complexe que ce à quoi je m’attendais et c’set tant mieux !

La Guerre des clans de Erin HUNTER

Aujourd’hui, une rencontre avec un jeune lecteur de 18 ans passionné de chats.  C’est par ce biais qu’il a commencé la série culte « La Guerre des clans ». Il se trouve qu’il est dyslexique. Lorsqu’il était au collège, un ami inspiré (et futé) lui a suggéré de lire cette série. De deux mois pour lire un livre à l’époque, il met deux jours maintenant !! Pour revenir à nos moutons, je rajouterai qu’il a acheté ce livre en librairie. Ce qui lui plaît dans la série, c’est également l’intrigue et le fait qu’elle aborde des sujets comme la tolérance, l’environnement (il aimerait devenir herboriste). En dehors de la lecture, il dessine (des chats) et écrit. J’aime bien ce genre d’histoire qui met une cerise sur le gâteau de la rubrique.

Pour réserver, la série est

 

 

« Lignes de failles » de Nancy HUSTON

Ce lecteur/voyageur de 32 ans emprunte le TER quotidiennement pour son travail. Il a également emprunté ce livre à son amie qui l’avait acheté.

Pourquoi celui-ci ? Il aime beaucoup cet auteure et un des sujets traités cette fois-ci l’intéressait aussi : les pathologies narcissiques et notamment les relations complexes mère / fils.

Le livre entamé le capte déjà, je le laisse donc à sa lecture !

Pour voir le résumé ou réserver dans une Bibliothèque du réseau du 68 : c’est ici

« Les fantômes du vieux pays » de Nathan HILL ; trad. de Mathilde BACH

La dérive des sentiments. Un roman sur le mystère des relations humaines, celles qu’on entretient (ou pas) avec ses proches et les malentendus qui font qu’un enfant qui s’est senti abandonné peut devenir écrivain, amoureux transi, joueur addict à un jeu en ligne, comme Samuel, le narrateur qui est tout ça à la fois.

Mais c’est aussi une magnifique fresque sur les Etats-Unis des années 60 au 11 septembre et sur l’origine de ses habitants venus du monde entier et de continents plus vieux remplis de légendes. Celle du Nix qui donne son nom au roman dans sa langue originale et continue d’infuser les récits délivrés  par la mère de Samuel lorsqu’il est enfant. Le déracinement volontaire s’incarne et se reproduit sur plusieurs générations et Faye, sa mère, a opté pour ce chemin. Samuel, romancier en panne d’inspiration et un peu imposteur est menacé d’un procès en justice par son éditeur. Mais, il tient avec sa génitrice un sujet bien excitant. En voulant écrire sa biographie vengeresse, il va remonter le fleuve de son existence tumultueuse et démêler ses impressions de la réalité vécue par Faye dans l’Amérique des années 60. On a ici comme un roman d’apprentissage mais en accéléré. Samuel, forcément, va devoir affronter des zones d’ombres toujours évitées dans sa propre vie et comprendre les choix faits par ses proches.

Ajoutez à cela une construction impeccable (les personnages secondaires sont explorés et les styles d’écriture varient selon). D’ailleurs, la petite partie sur Samuel joueur a failli me faire arrêter la lecture au début du roman.

Humour vache, cynisme parfois, autoflagellation (souvent) mais la douceur prend le dessus au fur et à mesure avec un final apaisé et un dénouement assez surprenant !

Merci à ma collègue Bénédicte G. d’avoir mis l’accent sur ce livre que j’avais repéré en 2017.

 

« Le temps d’un autre » de Robert GODDARD ; Trad. de Pascal LOUBET

 

 

C’est dans le TER qu’elle emprunte  tous les jours pour se rendre à son travail que cette lectrice a ouvert ce livre. Elle l’a acheté chez un bouquiniste comme elle l’a  fait pour d’autre titres qu’elle donne ou revend après lecture surtout quand il s’agit de « Poche ».

Elle  aime l’écriture  prenante et plaisante au style « british » (lui faisant penser au rythme d’Agatha Christie) de cet auteur qu’elle a déjà lu. Le récit se déploie lentement, émaillé de  rebondissements mais n’est pas « gore ». Elle aime bien se faire  « ballader » au gré de pistes brouillées égrenées par narrateur mystérieux.

Pour le résumé ou/la réservation dans une Bibliothèque du réseau 68 c’est ici

Pour d’autres titres de l’auteur

« Petit pays » de Gaël FAYE

Cette lectrice  acheté ce livre après avoir entendu son auteur en parler à la radio. Il lui a fait envie à cause de sa façon de parler qui se retrouve dans le livre, au style très délié et vif, plein d’humour malgré le  drame. (Massacres au Rwanda, exil).

L’auteur arrive en France et nous parle de son pays d’origine, le Burundi, de son enfance privilégiée. C’est vivant,  sensuel. La France, vue par l’auteur exilé nous semble exotique. Pas déçue du voyage, la lectrice, trentenaire, prend tous les jours le TER.

Ce livre a obtenu le Goncourt des Lycéens en 2016, ce n’est pas rien !

Alors, Tentés ? Pour le résumé ou une réservation, c’est par

Cox ou la course du temps de Christoph RANSMAYR ; Trad. de Bernard KREISS

 

La Chine du 18è siècle , les voyages au long cours, les inventions merveilleuses du plus célèbre horloger d’Occident, Alistair Cox, voilà pour l’ambiance générale de ce roman au style très soigné.  Prenez votre temps, au gré de son long phrasé, car il en est question,  (de temps) : de ses différentes qualités selon les âges de la vie, des façons de le suspendre grâce aux mots, de le capturer grâce aux machines. Et justement, l’empereur Quianlong, souhaite élargir la palette de ses pouvoirs en en devenant le maître. Il missionne donc Cox et ses collègues anglais afin qu’ils lui fournissent l’horloge ultime, celle qui mesurera et domptera la course du temps dans toutes ses nuances mais qui lui restera réservée.

Prétexte à réflexion sur le pouvoir, ce livre se déroule sans grands fracas et son rythme est conditionné par les décisions du souverain, laissant l’esprit des horlogers reprendre le dessus et se laisser envahir par la mélancolie, les doutes sur le projet les éloignant de  l’instant présent.

En mettant leurs talents en commun, les trois maîtres en leur domaine, qui veillaient à présent leur compagnon défunt, demeuraient parfaitement capables de transformer  en mécanismes les souhaits d’un empereur.

Giuseppe Castiglione « Portrait équestre de Quianlong lors de la grande inspection de 1739 »

Ce roman hors du temps peut donc plaire à différents publics, j’ai même senti un frisson de fantastique à la Mary Shelley à un moment.

L’auteur s’est inspiré de l’ empereur Qianlong, souverain omnipotent, cultivé, poète et amateur d’Œuvres d’art. Cox a également existé mais sous un autre prénom.

A conseiller, donc , et pour le réserver et /ou voir une interview de l’auteur c’est ici !!

 

 

 

Le cadavre dans la Rolls de Michael CONNELY (Points)

Le hasard m’a dirigée une fois de plus vers un jeune lecteur trentenaire amateur de romans policiers. Je précise : c’est lui (l’usager du train qui l’utilise au quotidien pour se rendre à son travail) qui est venu s’assoir à côté de moi 😉 .

Il a acheté cet exemplaire à l’Association « Pas si bêtes »  qui finance des actions de protection d’animaux par la vente de livres  d’occasion.  OOh !! la belle idée ! Il a apprécie le style simple et efficace de cet auteur assez connu dont il a déjà lu d’autres titres. Et , apparemment, c’est un grand lecteur !