BUDAPEST 1956, La révolution vue par les écrivains hongrois ; Antologie par Guillaume Métayer

budapest

Le 23 octobre est la date de la Fête nationale en Hongrie en souvenir de l’insurrection populaire et antitotalitaire débutée le 23 octobre 1956 à Budapest et achevée le 10 novembre de la même année.

Les chars russes sont intervenus  » le maintien de l’ordre »  une première fois le 24 octobre et les jours suivants. Ils reviendront le 4 novembre  écraser la révolte surtout après que le nouveau gouvernement se soit officiellement affranchi de Moscou .

Milan KUNDERA nous avait déjà plongés dans cette période historique avec « L’Insoutenable légèreté de l’être », même si son thème principal était l’amour.

Là, il s’agit  d’une anthologie ( recueil de textes de différents auteurs sur un même thème), et les 17 textes sélectionnés sont très variés. Du coup, il y en a toujours qui plaisent. Parmi les auteurs, certains sont connus, d’autres moins.

Les récits et poèmes regroupés ici sont souvent assez courts permettent d’approcher une littérature pas très médiatisée. La plupart n’avaient pas été traduits en français et ont été écrits à partir des années 50 ou quelques années plus tard, d’où un style parfois daté mais qui ajoute au côté « témoignage ».

Les thématiques développées sont celles propres à ces périodes particulières où un système politique est balayé par une nouvelle organisation politique. Peur, trahison,  courage, exaltation, morale, compassion, solidarité : toute une palette de sentiments et leur contraire coexistent et on peut passer très rapidement d’un extrême à l’autre. La pauvreté et la dureté du régime communiste font évidemment partie du tableau.

Ce qui est troublant, c’est ce mélange réalité / fiction, propre à ce genre de fiction s’inspirant de la réalité historique et aboutissant à des « témoignages » tellement opposés alors qu’ils se nourrissent d’événements soit disant partagés. Le doute est présent aussi chez la plupart des personnages et c’est là que la littérature nous montre son pouvoir d’exploration d’un réel toujours vivant à travers les subjectivités.

Mon texte préféré et le plus déchirant  : « Prière » d’Istvan ORKENY où des parents, mis en présence d’un cadavre qu’ils doivent reconnaître, se persuadent que ce n’est pas leur fils et qu’il vit heureux aux Etats-Unis.

« Voeux d’octobre  » de Istvan AGH, nous entraîne à la suite d’un jeune étudiant désorienté dans un lycée où il se retrouve au milieu d’élèves laissés à eux mêmes.

« Mystères de novembre » de Laszlo LADANYI relate l’indifférence incompréhensible des pays habituellement alliés à la Hongrie.

Dans  » L’heure des comptes » de Tibor DERY, un vieux professeur traverse le pays avant de se laisser mourir aux portes de l’Autriche.

Dans « L’histoire d ‘une villa  » de Tamas ACSEL, le personnage principal est une belle villa qui va changer de propriétaires une bonne dizaine de fois au gré des changements et des arrangements politiques.

« Une phrase sur la tyrannie », poème de Gyula ILLYES écrit en 1950,  débusque la tyrannie partout , même où on l’attendrait le moins.

C’est donc un très bon aperçu assez facile d’accès pour les lecteurs s’intéressant à cette période et à ce pays proche et lointain à la fois.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *