Actu littéraire

La Plume et le crayon : exposition du Frac Picardie

Relayée par Actualitté.com, via un article, une exposition du  FRAC Picardie 26 janvier – 16 juin 2017

Ecrire ou dessiner Frac Picardie  a proposé en 2016 une exposition mettant en lumière les liens entre écriture et dessin. Des collèges et lycées ont également été associés à ce projet  au travers de rencontres et en tant que lieux d’exposition.

Voir Les œuvres proposées dans différents lieux.

Et en lien avec la thématique et   toujours disponible , notre  Dossier en ligne Poésie, peinture et dessin -Paris 1900-1950 visible sur Calice68, le catalogue en ligne des Bibliothèques municipales du Haut-Rhin.

 

Le Salon du livre de Paris du 24 au 27 mars : le Maroc invité d’honneur

Le 37ème Salon du livre de Paris aura lieu du 24 au 27 mars. Un site lui est consacré :

https://www.livreparis.com/

34 auteurs marocains seront présents.

Parmi ceux-ci, citons les plus connus comme Tahar Ben Jelloun, Fouad Laroui ou Leïla Slimani.

Leïla Slimani est franco-marocaine. Sa mère est d’origine alsacienne et algérienne. Elle est l’auteur de Jardin de l’ogre, chez Gallimard, en 2014. Ce premier roman, remarqué, fait le portrait d’une femme souffrant de dépendance sexuelle. Son deuxième livre, Chanson douce, chez Gallimard également, vient d’être couronné Prix Goncourt 2016. Inspiré d’un faits divers, il raconte l’ingérence d’une nounou dans la vie d’un couple et le meurtre des enfants. Toujours en 2016 paraissent de courtes nouvelles écrite pour le magazine Le 1, Le Diable est dans les détails, éd. de l’Aube.

Leila Slimani

Fouad Laroui a beaucoup écrit. Parmi ses romans, Une Année chez les Français (Julliard, 2010) décrit le choc culturel que vit une jeune garçon. Il quitte son village pour le lycée huppé de Casablanca où il découvre le mode de vie français. En 2012, L’Etrange affaire du Fouad Larouipantalon de Dassoukine  reçoit le prix Goncourt de la nouvelle. En 2016, Fouad Laroui raconte la radicalisation d’un homme qui perd son travail à cause de ses origines (Ce vain combat que tu livres au monde, Julliard).

 

Tahar Ben Jelloun fait presque figure d’auteur « classique » tant sa renommée est importante. Il est l’écrivain francophone le plus traduit. En 1985, il publie son premier roman L’Enfant des sables  au Seuil. Il s’est inspiré, lui aussi, d’un fait divers authentique, la vie d’Ahmed, une fille élevée par sa famille comme un garçon pour pallier l’absence d’héritier. Le Goncourt lui est attribué pour la suite du roman intitulé La Nuit sacrée, en 1987. Membre de l’académie Goncourt depuis 2008, il a écrit plusieurs documentaires notamment sur l’islam et sur le racisme. En 2015, il fonde sa propre maison d’édition en Italie.Tahar Ben Jelloun

Des romans sur la Guerre en ex-Yougoslavie

La jeune fille et la guerre Sara Novic Fayard  2016La Jeune fille et la guerre

Ana Juric, 10 ans, vit à Zagreb en Yougoslavie. Le pays est en pleine guerre civile. Ana raconte les bombardements, la guerre retransmise à la télévision mais aussi les jeux avec Luka, son meilleur ami et les discussions avec son père.

Sa petite soeur Rahela souffre d’un problème aux reins. Son état nécessite une évacuation aux Etats-Unis. La famille doit rejoindre la mission américaine en Bosnie. Sur le chemin du retour, Ana et ses parents croates sont arrêtés à un barrage par des Serbes. On retrouve la jeune fille dix ans plus tard. Le récit alterne alors entre souvenirs et vie présente.

Au début du roman, les événements sont vus par les yeux insouciants d’une enfant. L’arrestation, elle-même, se déroule très rapidement. On a du mal à croire ce qui arrive. Ce livre donne envie d’en savoir plus sur les faits historiques et de lire d’autres témoignages. Il s’adresse autant aux adolescents qu’aux adultes. Il s’agit d’un premier roman et même s’il n’est pas autobiographique, il exprime bien la difficulté à se reconstruire.**

Comme si j’étais seul Marco Magini HC Editions 2016

Roman choral où l’on suit 3 personnages et leur histoire en rapport avec la guerre de Yougoslavie en 1995.

Le juge espagnol Romeo Gonzalez officie au Tribunal pénal international pour juger les crimes perpétrés pendant la guerre.

Drazen, soldat croate de Bosnie, est un personnage bien réel. Il s’est engagé, sans conviction, dans l’armée serbe pour subvenir aux besoins de sa famille et garantir sa sécurité. Il se retrouve mêlé à des atrocitésComme si j'étais seul Marco Magini sous la pression du groupe.

Dirk, soldat néerlandais, est envoyé en Yougoslavie comme casque bleu de l’ONU. Il est impuissant face aux massacres des civils de Srebrenica.

Le roman permet de revenir sur cet épisode tragique, au cœur de l’Europe, qui rappelle les heures sombres de la Seconde guerre mondiale. Les trois protagonistes sont face à des cas de conscience où interfèrent leur histoire personnelle. Il est difficile de se mettre à leur place. Comme le cite l’auteur, « A Serbrenica, la seule façon de rester innocent était de mourir ». Un auteur et une maison d’édition à suivre… **

 

Deux remords de Claude Monet Michel Bernard La Table ronde 2016

Deux remords de Claude MonetRoman biographique de la vie de Monet à travers les personnages qui l’ont cotoyé. Le roman s’ouvre sur la recherche par le père du corps de son fils, Frédéric Bazille, tué lors de la guerre de 1870. Monet portait un attachement particulier à ce jeune peintre qui s’était engagé volontairement. Il faisait partie de son cercle de proches, parmi lesquelles Manet et Renoir. Puis vient la partie intitulée Camille, du prénom de sa première épouse. Monet l’a peint dans le tableau intitulé La Femme à la robe verte. « Camille avait ce calme satisfait qu’il admirait, cette tranquillité de la chair heureuse qui absorbait l’inquiétude de l’homme aimé ». La vie du peintre connait des moments de pauvreté et de privation. Monet entre dans des colères noires, lacère ses toiles. Mais Camille est toujours là et l’accompagne. Puis, il y a les époques plus heureuses où les tableaux se vendent bien. Monet aime s’entourer de ses amis. Il s’était pris de passion également pour les plantes et le jardinage. Le dernier chapitre est consacré à la fin de la vie du peintre. De cette époque date l’oeuvre grand format des nymphéas et ses rencontres avec Clémenceau. Un livre que l’on referme avec l’impression d’avoir partagé pendant quelques pages l’époque et la vie du grand homme, guidé par la plume poétique de l’auteur. Quelques reproductions des oeuvres du peintre agrémentent, fort à propos, l’ouvrage.***

Deux livres particulièrement éclairants sur la seconde guerre mondiale

 

 

A l’ombre des vainqueurs de Marie-Laure de Cazotte Albin Michel 2014

A l'ombre des vainqueurs Marie-Laure de CazotteQue ce livre fut difficile à avoir entre les mains ! Il faisait l’objet de plusieurs réservations. Il faut dire que son thème, la guerre 39/45 en Alsace, ne peut que susciter l’intérêt de nos lecteurs. L’auteur aborde un thème particulièrement délicat, le sort des Alsaciens pendant cette période. Joseph est un enfant de 7 ans en 1940. Il vit avec ses parents et son grand-père dans le petit village de Mittelheim. Tout le monde se connait. La guerre, il en a entendu parler dans les récits de son grand-père, ancien soldat allemand. Puis, il y aura les affiches de propagande, la venue des soldats, l’obligation de parler allemand, les livres brûlés et les réunions clandestines dans sa maison… Un jour, son père est arrêté. Peu après, les soldats allemands débarquent chez eux et cherchent à intimider la famille. Le village est bombardé, son ami blessé et amputé. Joseph doit aider sa mère à assurer leur survie. Plusieurs mois après la guerre, son père rentre. Joseph se retrouve alors face à un inconnu.

Une histoire qui évite les raccourcis et montre bien la complexité des événements. L’auteur y aborde des thèmes peu connus en dehors de la région comme l’existence du camp de Schirmeck, des incorporés de force et des prisonniers de Tambov. Elle évoque aussi l’autre versant, celui des collaborateurs et des soldats volontaires. Le procès, suite au drame d’Oradour-sur-Glane, illustre la difficulté des Alsaciens à faire entendre leur histoire particulière . Toutes ces personnes, aux attitudes et aux convictions différentes, ont finalement du réapprendre à vivre ensemble après la guerre.

Le Gardien de nos frères d’Ariane Bois Belfond 2016Le Gardien de nos frères Ariane Bois

Autre thème délicat et complexe : le sort des Juifs et plus particulièrement des enfants juifs placés dans des familles pendant la seconde guerre mondiale.Simon a 16 ans quand il part pour le maquis. Il y sera blessé. Rétabli, il cherche à retrouver les siens. Il apprend successivement la mort de sa soeur et de son frère aîné. Il veut alors retrouver le benjamin de la famille, Elie. Un ami lui propose de rejoindre les rangs des dépisteurs, souvent des anciens du mouvement des Eclaireurs israëlistes, qui recherchent  les enfants juifs placés dans des familles. Dans sa quête, il fait équipe avec Léna, qui revient de l’enfer du ghetto de Varsovie. Après un début tendu, les deux jeunes gens s’épaulent et partagent leur souffrance.

Ariane Bois revient sur un épisode douloureux de l’après-guerre : la recherche des enfants placés. Ces enfants ont parfois subi des violences, parfois aussi trouvé une famille d’adoption aimante. Faut-il les en séparer pour les confier à un orphelinat ou à un parent éloigné ? Certains enfants ont été baptisés ou ont oublié leurs racines. Doit-on les élever dans la tradition juive de leurs parents ? Comme Léna, des adultes, se sont aussi posé la question d’un nouveau départ vers la terre promise, en Israël.

Le Garçon Marcus Malte Zulma 2016

Le livre s’ouvre sur la mort de la mère du Garçon. Alors qu’ils ont toujours vécu seuls, dans la forêt, le jeune homme, muet décide de retourner à la civilisation. Dans un village isolé, il loue ses bras contre le gîte et le couvert. A la suite d’un ale-garcon_marcus-malteccident, il est contraint de s’enfuir. Errant sur les routes, il va de rencontres en rencontres. Frôlant la mort, il est hébergé par Auguste et sa fille Emma. Il découvre avec elle l’amour jusqu’à ce que la guerre l’arrache à sa nouvelle famille. Roman d’apprentissage, la vie du Garçon fait figure de fresque de ce début du 20ème siècle.

Marcus Malte a une plume superbe. Il a d’ailleurs été fort justement récompensé par le prix Fémina. Dommage que certains chapitres, comme un trop-plein, ne sont qu’une succession de mots et de listes. Un livre dense. **

Abraham et fils Martin Winckler P.O.L 2016

En 1963, Franz et son père, Abraham, médecin, arrivent à Tilliers-en-Beauce. Le petit garçon de 9 ans vient de sortir du coma. Il a tout oublié de sa vie d’avant en Algérie. L’histoire se déroule  paisiblement entre la vie à l’école et le cabinet médical.  Une jeune veuve, Claire et sa fille Luciane, viennent s’installer dans la grande maison du docteur. D’abord

abraham-et-fils de Martin Wincklersecrétaire médicale, Claire se rapproche d’Abraham. Celui-ci veut protéger son fils et n’arrive pas à lui parler de leur vie en Algérie. Mais, en enquêtant sur un secret lié à la période de l’Occupation, Franz en apprendra plus sur ses origines.

Martin Winckler, alias Marc Zaffran, médecin, réussit à nous accrocher à l’histoire de ce garçon. Il y a beaucoup de douceur dans ses personnages. Est-ce pour contrebalancer l’événement terrible qui a secoué la vie de Franz et Abraham ? L’intrigue arrive finalement assez tardivement. Mais ce n’est pas grave. C’est même une lecture agréable sur fond de campagne française dans les années 60. Les personnages étant attachants, on attend la suite déjà annoncée… ***

Jack London : l’appel de la vie !

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Sur Arte samedi le 3 décembre à 20h 50, le documentaire de Michel VIOTTE « Jack London, une aventure américaine »

Il  complète l’émission « La marche de l’histoire » du 29 novembre sur France Inter consacrée à l’auteur et à réécouter pour découvrir les multiples facettes de cette tornade insaisissable qui n’écrivait vraiment pas que pour les enfants !