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L’Enchanteur de Stephen Carrière Pocket Jeunesse

L'enchanteur_CarrièreLa littérature pour adolescents ose des œuvres étonnantes. Après avoir lu Milly Vodovic de Nastasia Rugani dont j’ai apprécié l’histoire et le style si flamboyant, je me suis lancée dans cette nouvelle lecture. Ce roman semble susciter le rejet ou l’admiration mais ne laisse pas indifférent. L' »Enchanteur », c’est Stan, 15 ans. Il a un talent particulier pour résoudre les problèmes. Il est aidé par sa bande d’amis :  » [Daniel], un petit Black rond et chauve comme un œuf, [Jenny] , une grande fille baraquée et mutique,  [David] un feuj fragile au gabarit de fillette, et moi [Moh], le rebeu malingre, boutonneux et frisé ». Daniel est sur le point de mourir d’un cancer. Il demande à Stan un miracle, de prouver que l' »amitié ouvre des portes sur l’immortalité ».  Ce miracle aura la forme d’une comédie musicale en son honneur lors de la Fête du Fleuve. Moh, sera le metteur en scène. Il choisit « Le Songe d’une nuit d’été ». En parallèle, un groupe de jeunes racistes, les Tanaris, fait régner un climat malsain dans la ville. Lorsqu’un tueur en série s’en prend à des adolescents, le récit bascule dans le fantastique. Et si un monstre semait le chaos et se mettait sur la route du groupe d’amis ?

Stephen Carrière a choisi l’originalité. Il s’adresse à un public de grands adolescents et adultes à travers des références littéraires et un langage soutenu. Avec le nombre de personnages, il est facile de perdre le fil. Mais, si le lecteur s’accroche, il pourra apprécier l’atmosphère envoûtante de ce roman.

Deux livres pour un même thème

A l’instar de l’Irlande et de ses pensionnats catholiques qui ont fait scandale, le Québec a pris conscience des crimes commis contre les Indiens. Il s’agissait de « tuer l’indien » dans l’enfant. Deux livres illustrent cette acculturation forcée, exercée par l’Eglise catholique dans des pensionnat depuis le 19ème siècle jusqu’au années 1990.  Il y a eu de nombreuses victimes.

Sauvages de Nathalie Bernard Thierry Magnier

Jonas est un numéro, le 5. Il a été enlevé à sa mère alors qu’il avait à peine 6 ans. Depuis, il fait le dos rond, supportant l’acculturation et la maltraitance imposée par le prêtre et les sœurs du pensionnat catholique. Parmi les sévices, citons celui-ci, particulièrement terrible : si un enfant est surpris à parler indien, on le punit en lui mettant une lame de rasoir sur la langue. La vie de Jonas est rythmée par les cours et le travail harassant de bûcheronnage. A Sauvages_Nathalie Bernad16 ans, il n’a plus que quelques mois à tenir avant d’être libre, ce qui le rend d’autant plus distant.  D’ailleurs, c’est bien ce que lui reproche Gabriel, le numéro 42, cette froideur, cette indifférence vis à vis de ses congénères… Pourtant face aux abus dont son victime la jeune et souriante Lucy ainsi que Gabriel, Jonas va réagir. Mais, pour un Indien, il n’y a pas de contestation possible…

Un livre terrible et pourtant indispensable… Il est porté par une belle écriture qui se fait poétique pour décrire la nature et la forêt. Un livre pour grands ados et adultes. Un article dans Actualitté permet d’approfondir la connaissance de l’œuvre et du contexte.

Dans le même esprit, Jeu blanc de Richard Wagamese Zoé

Saul, indien ojibwé, a, lui aussi, été enlevé à sa famille,  comme sa sœur et son frère, revenu avec la tuberculose. Ses parents ont tout fait pour empêcher son éloignement mais sans succès. Dans le pensionnat, il se découvre une passion pour le hockey. Ce sport va devenir sa raison de vivre. Encouragé par un Père, il va progresser et pouvoir intégrer un foyer dans une réserve. Lors de tournois entre équipes des réserves indiennes, il est remarqué par un entraîneur. Celui-ci lui propose de jouer dans une équipe professionnelle. Mais, dans les années 60, le racisme est prégnant. La glace, blanche, est réservée aux joueurs blancs… Ces derniers vont pousser Saul à exprimer une rage dont lui-même ne perçoit pas encore toutes les causes..

Là encore, l’écrivain, dont le récit est en partie autobiographique, décrit les coutumes ojibwés et l’omniprésence de la nature dans les rites et croyances. C’est une partie touchante. Mais le lecteur est très vite confronté à la révolte et la tristesse que suscitent le comportement des religieux dans la suite du roman. On suit le parcours de Saul, avec espoir et attention, même sans être fan de hockey. Ce récit est fait de moments d’ascension, de chûtes et de résilience. Un livre qui marque ! L’auteur, décédé en 2017, a écrit un autre roman fort, disponible en français : « Les Etoiles s’éteignent à l’aube ».

 

Réelle de Guillaume Sire Les Editions de l’observatoire

Baignée depuis sa plus tendre enfance par la télévision, Johanna Tapiro est persuadée qu’elle sera un jour remarquée et célèbre. Entourée par sa mère, Sylvie, chargée de clientèle et son père, employé dans une concession automobile, elle se chamaille avec son petit frère et rêve d’une vie « moins beauf » avec sa copine Jennifer. Sa grand-mère est sa plus grande fan. Elle est d’ailleurs sélectionnée pour participer à l’émission Graine de star. Mais son parcours ne va pas plus loin. Sa notoriété lui permet d’avoir une histoire avec Antoine, le garçon en vue du lycée. Histoire qui se passera essentiellement dans les toilettes du collège et qui s’arrêtera dès qu’Antoine aura séduit une « bourge » de son acabit.. Après le lycée, Johanna enchaîne petits boulots et amours sans avenir. Mais, un jour, elle est contactée par le producteur d’une émission. Celui-ci cherche des participants pour une émission, basée sur le concept de Big Brother. Vous l’aurez compris, ce sont les début du Loft. Les candidats sont filmés 24H sur 24. Johanna va vivre une histoire avec Edouard qui deviendra son agent. Elle découvrira l’envers du décors.

En lisant ce livre, je me suis retrouvée propulsée dans les années 1990/2000. L’auteur a repris quasi à l’identique les prénoms des « lofteurs » et des vedettes de l’époque. Je me souviens de l’émoi qu’avait provoqué cette émission. Aujourd’hui, avec le recul, Guillaume Sire nous livre une fable cynique sur les débuts de la téléréalité. L’étoile de la célébrité facile s’est beaucoup ternie depuis. Sans forcer le jugement, l’auteur questionne sur les raisons de cette fascination des téléspectateur. Il met en scène, pour ce faire, la vie d’une famille provinciale pas si éloignée de la nôtre avec le personnage d’une jeune fille, finalement, attachante.

Prix sorcières 2019

Cette année, les nominés étaient :

 

La Combe aux loups / Lauren Wolk – EDL

Le Célèbre catalogue Walker & Dawn / Davide Morosinotto– EDL

Soixante-douze heures / Marie-Sophie Vermot – Th. Magnier

Milly Vodovic / Nastasia Rugani – MeMo

Peppo / Séverine Vidal – Bayard dont j’avais fait la critique que vous pouvez retrouver ici.

Une collègue qui participe au vote m’a proposée de les lire et de lui donner mon avis. J’ai pu tous les lire sauf Le Célèbre catalogue Walker & Dawn.

Soixante-douze heure de Marie-Sophie Vermot Thierry Magnier

Un roman important sur le thème de l’accouchement sous X.

Irène, 17 ans, vient d’accoucher. Elle a 72 heures pour prendre une des décisions les plus importantes de sa vie : garder ou non son fils, Max. Les émotions se bousculent. Irène se remémore sa rencontre avec Alban, le père du bébé, sa grossesse et les moments importants de sa vie. C’est durant les neufs derniers mois qu’elle a découvert des secrets de famille. Elle s’est retrouvée confrontée au monde des adultes où la réalité et les personnes ont différentes facettes.  Ce roman, bouleversant, se lit d’une traite.

 

La Combe aux loups de Lauren Wolk Ecole des loisirs

Ce roman nous plonge dans l’Amérique rurale pendant la Seconde guerre mondiale. Annabelle est une jeune fille de 12 ans. Avec ses deux frères, elle traverse, tous les jours, la combe aux Loups pour se rendre à l’école. Sur le chemin, Betty, une nouvelle, en profite pour la harceler. Leur voisin, Toby, un vétéran marginal de la Première guerre, prend sa défense.  Mais, les évènements s’emballent lorsque Ruth, la meilleur amie d’Annabelle, perd un œil et que Betty disparaît…

Ce roman initiatique porte à la fois sur le harcèlement voir la cruauté et les préjugés que l’on peut avoir face aux personnes au mode de vie différent. Si de prime abord, il semble s’adresser aux jeunes lecteurs, il y a quelques scènes, notamment l’évocation de la guerre, par exemple, qui sont destinées plutôt aux ados (à partir du collège) et adultes. Un livre à suspens qui donne envie de connaître la fin.

Pour finir, j’ai lu Milly Vodovic,de Nastasia Rugani mon préféré, dont je vous parlerai dans un prochain article. C’est lui qui a gagné le prix !

 

 

 

 

 

 

 

Orphelins 88 Sarah Cohen-Scali Robert Laffont Collection R

Josh est trouvé en 1945, errant dans les décombres de Munich par les alliés. Il est partiellement amnésique. Envoyé dans un orphelinat de l’UNRRA (Unité pour le secours et la reconstruction), il partage la vie d’enfants juifs ainsi que celle d’enfants « germanisés », issus des Lebensborn. Il se lie d’amitié avec Wally, un soldat noir américain. Josh a eu un parcours atypique. Il est passé par un Lebensborn mais porte un tatouage de déporté sur son bras gauche. Dans sa quête d’identité, il va se lier à l’étrange Béate, qui est réfugiée dans une maison abandonnée et à Halina, jeune juive, déportée et chassée de chez elle, à son retour. Orphelins 88_Cohen-Scali

Ce roman a fait l’objet d’un important travail de recherche et s’inspire d’histoires vraies. L’auteur avait déjà marqué les esprits avec Max, prix Sorcière. Ici, elle s’attaque au contexte compliqué de l’Après-guerre. L’Allemagne est en plein chaos. La population a faim. Il faut reconstruire, gérer des camps de DP (personnes déplacées), partir à la recherche des disparus… Le personnage attachant de Josh nous entraine facilement dans son histoire. Ce livre permet d’apprendre beaucoup  sur cette période particulière où la joie d’être vivant côtoie le désespoir de la perte des proches. Il montre le difficile retour à une vie normale. La condition des soldats alliés noirs, les exactions des vainqueurs, les pogroms en Pologne ou la sélection à l’immigration des enfants juifs… sont autant de thèmes abordés. Un livre un peu long mais foisonnant… A partir de 13/14 ans.

Bonnes pioches dans les romans ados

Ueno Park Antoine Dole Actes sud junior 2018

C’est à la suite d’un voyage au Japon qu’Antoine Dole a écrit ces nouvelles.Huit histoires aussi courtes que percutantes ! Au Japon, la fête d’Hanami salue la floraison des cerisiers japonais. C’est le symbole du renouveau. Ayumi, élève modèle, a fait un burn-out. Depuis, elle est devenue une Hikikomori, un fantôme parmi les vivants. Sora est un garçon qui, chaque jour, se transforme en fille et doit assumer les regards et les insultes. La jeune Fuko, en fin de vie  après la récidive d’un cancer, veut offrir des souvenirs à sa sœur avant de mourir. Tous se croisent à Ueno Park où l’on peut rencontrer également des sans-abris et des  » freeter »,  jeunes précaires qui vivent de petits boulots, sans espoir de pouvoir évoluer dans la société. Antoine Dole décrit des individus en marge de la société japonaise, certainement plus nombreux qu’on ne le croit. Il leur offre aussi une possibilité de rédemption, comme dans le cycle de la nature, …

 

Dancers Jean-Philippe Blondel Actes Sud junior 2018

Adrien et Anaïs vivent leur passion de la danse au sein du même lycée. Cette discipline est exigeante mais leur permet également d’extérioriser leurs sentiments. Adrien et Anaïs se rapproche de plus en plus mais un jour, le jeune homme commet une erreur. Anaïs prend ses distances et rencontre un autre danseur, Sanjeewa, au caractère charismatique. Un roman qui parle de danse, de hip-hop mais pas que… Dans chacun des personnages, il y a des fêlures. Ensemble, pourront-ils les surmonter ? Le livre se lit d’une traite. Il aborde des questions importantes comme l’exil, le renoncement, la différence et les limites. Bref, un livre foisonnant !

 

 

Pëppo Séverine Vidal Bayard 2018

Tonton Max a ouvert un camping au bord de la mer dans le Roussillon, en investissant tout son argent et ses espérances dans le développement de la ville. Le maire promettait un pont qui désenclaverait la marina. Mais rien ne fut fait et le camping se changea en dépôt de ferraille. C’est là dans une caravane, que vivent Pëppo et sa sœur Frida. Leurs parents, artistes, sont partis proposer leur spectacle sur des bateaux de croisières. Un jour, Frida, elle aussi, s’en va en laissant à Pëppo le soin de s’occuper de ses deux bébés, qu’il surnomme affectueusement, les « dodus ». Si l’ado est rétif aux études, il est plutôt débrouillard ! Une jolie fable sur la différence avec des personnages plein d’humour et d’optimisme.

 

Emmurés d’Axel Bell Milan 2018

En 1910, sur l’île de Skye, des petites filles jouent à enterrer leurs poupées, appelées « Frozen Charlotte ». Quelques décennies plus tard, à notre époque, Jay montre à son amie Sophie la planche ouija qu’il a téléchargée sur son téléphone. Ils essaient de se connecter à l’esprit de Rebecca, la cousine de Sophie, morte dans des conditions inexpliquées. C’est alors qu’une série de phénomènes étranges se produisent. La planche leur dicte des messages qui parlent d’un portail, de sable noir et de Frozen Charlotte. Pour finir, la planche annonce la mort de Jay, le soir-même. Lorsque celle-ci advient, Sophie décide de partir pour l’île de Skye rencontrer la famille de Rébecca. Un roman accrocheur qui fait frissonner !Emmurées_Alex Bell

J’ai aimé l’atmosphère de ce livre. La famille de Rébecca est installée dans un vieux manoir, au bord de la mer,  qui a servi d’école pour filles. L’ambiguïté des personnages rend l’intrigue intéressante. A l’instar des clowns, les poupées sont des personnages récurrents des films d’horreur (Annabelle, par exemple). Les Frozen Charlotte étaient des poupées en vogue à la fin du 19ème siècle. Elles seraient inspirées d’un poème faisant référence à un fait divers. Un roman bien construit, entre passé et présent, qui gagne en intensité !

L’Aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux Gallimard Jeunesse

Je trouve la couverture particulièrement réussie. J’ai pourtant hésité à ouvrir ce roman. Je craignais un huis-clos ennuyeux. Il n’en a rien été. Titania, la mère de Nine, embarque sa fille à l’improviste alors qu’elle avait prévu d’aller à la fête de son lycée. Elles se rendent dans une Laube-sera-grandiose_Anne-Laure Bondouxcabane au fond des bois, près d’un lac. Là, Titania commence à raconter son enfance, dans les années 1970. A l’époque, elle ne portait pas le même prénom. Elle vivait avec ses deux frères, des jumeaux, nommés Octo et Orion et sa mère, Rose-Aimée. C’est ainsi que, de révélations en révélations, Titania va transmettre à sa fille, en une nuit, l’histoire d’une famille dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Les pères sont les grands absents. Cependant, les figures masculines sont bien présentes par le biais des pères de substitution, attentionnés et sympathiques, mais quittés du jour au lendemain. Rose-Aimée apparaît comme une mère fantasque jusqu’à ce que les derniers secrets soient dévoilés. Les enfants, ballotés, réussiront chacun à évoluer et  à trouver leur voix, malgré les difficultés. Reste à savoir comment Nine, une fois l’aube arrivée, va accueillir ces confidences… Un roman bien mené, joliment illustré par la fille d’Anne-Laure Bondoux. Il a été couronné par le prix Vendredi. Ce livre plaira aux ados et adultes.

 

 

 

 

La Faucheuse Livre 1 Neal Shusterman R. Laffont 2018

Neal Shusterman est un auteur américain prolifique. Il écrit également pour la télévision et le grand écran. Ce livre devrait d’ailleurs sortir au cinéma. Nous sommes dans un futur où l’humain ne connaît plus la mort. Il vit par cycle et peut rajeunir physiquement quand bon lui semble.La Faucheuse de Neal Shusterman Un énorme internet, le Thunderhead, dirige le monde. Pour limiter la population, une communauté de faucheurs vient glaner quelques humains. Rowan et Citra ont été choisis par Maître Faraday pour devenir apprentis « faucheurs ». Pendant un an, ils doivent l’accompagner  et passer des épreuves. Mais une terrible décision des faucheurs vient semer le trouble. A l’issue de l’année d’essai, le gagnant devra tuer le perdant. Rowan et Citra qui se sont rapprochés ne peuvent se résoudre à accepter la décision. Elle leur paraît d’autant plus injuste qu’elle est le reflet de la mainmise d’un clan de faucheurs pervertis et assoiffés de pouvoir et de meurtre. L’histoire alterne avec des extraits de journaux intimes des protagonistes. Ce livre développe la réflexion sur la mort et sa place (ou son absence)  et des thèmes connexes. C’est un monde original et dur. On sort des dystopies habituelles. L’histoire d’amour qui se greffe est, elle, beaucoup plus classique. J’ai bien aimé la couverture en trompe-l’oeil. Le second tome est déjà paru en français.

Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? Sylvain Levey Théâtrales Jeunesse

Pour écrire cette pièce de théâtre, l’auteur est parti d’un fait divers qui s’est déroulé en 2014. Une jeune Américaine a pris un selfie à Auschwitz. Elle y figure, tout sourire, en sweat rose accompagné d’ un smiley heureux. Ce selfie a suscité de violentes réactions sur la toile. Sylvain Levey transpose cet évènement à travers l’histoire de Michelle ou plutôt, uneviedechat, son avatar sur les réseaux. Michelle a perdu son père il y a trois ans. Si son double numérique continue à vivre sur les réseaux, sa présence et ses conseils manquent cruellement à Michelle. Le jeune fille part en voyage scolaire en Pologne. Nous la suivons grâce à ses dialogues avec sa mère et ses amis, le plus souvent par sms. Il y a aussi les messages des professeurs et les selfies pris aux quatre coins du monde par des célébrités et des inconnus. Et puis, il y a le selfie à Auschwitz… Cette pièce met en avant des sujets de réflexion particulièrement centraux et actuels : le numérique et les réseaux sociaux, les codes de conduite et le respect notamment dans un lieu de mémoire, le harcèlement. Le selfie est-il une image comme les autres ? En allant plus loin, quelle place pour l’art dans un lieu de commémoration ? Bref, cette courte pièce est un bon point de départ pour lancer la discussion. Cependant, la transcription au théâtre du langage SMS est assez déroutante. Comme certaines critiques l’ont fait remarquer, je serais curieuse de voir la pièce. En tous cas, un bon moyen de convaincre de l’intérêt d’un genre littéraire à la peine mais plein de ressources et de talents, le théâtre.