ado

Ses griffes et ses crocs Mathieu Robin Actes sud junior

Un roman que j’ai lu en un soir ! C’est assez rare pour ne pas hésiter à vous faire partager cette lecture. En plus, le sujet est peu traité en littérature. Il s’agit des tocs. Concernant la maladie mentale, j’avais lu également « Lottie Biggs n’est presque pas cinglée », ancienne collection Bliss, à destination des adolescents, chez Albin Michel. Il était question d’une jeune fille atteinte de troubles maniacho-dépressifs. Dans « Ses griffes et ses crocs », Marcus, 10 ans, est prisonnier de ses peurs. Pour les combattre, il met en place des évitements et des rituels. Cela a le don d’agacer sa grande soeur, Lia. A la fois, parce que ces rituels sont contraignants pour la famille mais aussi parce que Marcus accapare l’attention de sa mère. C’est téléchargementdans ce contexte que la famille décide de passer des vacances dans l’Oregon, chez les Brümmer. Alors que la famille de Marcus se déchire, les Brümmer semblent représenter l’équilibre même, avec leurs jumeaux adolescents et Sam, l’aîné, un enfant trisomique. Le rythme s’accélère soudain quand les adultes, partis en ballade, ne reviennent pas. Que se passe-t-il ? Des grondements laissent présager une menace… Serait-ce une bête furieuse ? Le roman sombre dans le film d’horreur. La tension est maximale. Comment va réagir Marcus que l’on sent si fragile ? L’auteur, pourtant atteint de dysorthographie, maîtrise parfaitement son roman. On sent également ses talents de scénariste, déjà utilisés dans le film « Les Grandes personnes ». On attend avec impatience son prochain roman…

L’amie prodigieuse Enfance, adolescence Elena Ferrante Gallimard coll. Du monde entier

Elena, la narratrice, reçoit un appel du fils de son amie, Lila. Celle-ci s’est volatilisée. Mais Elena n’est pas prête à l’accepter. Elle se remémore alors l’histoire de leur amitié quand les deux fillettes habitaient le même quartier pauvre de Naples dans les années 50/60. Le lecteur va donc les regarder grandir sous le prisme de leur amitié.  Si Elena est blonde et potelée, Lila, cheveux noirs, semble l’exact contraire. Le deux fillettes sont intelligentes même si Lila a ce petit plus, cette facilité qui fait d’elle une surdouée. Elena n’ en est que plus fascinée. Elle admire chez son amie sa facilité à s’exprimer, sa vivacité et son caractère bien trempé qui frise parfois la méchanceté. Cette fascination est teintée de jalousie.Mais il y a téléchargementaussi tout un monde qui gravite autour des deux filles. Celui de Naples, des traditions et des familles avec leurs querelles et leurs violences . Fermez les yeux et  vous pouvez les entendre s’agiter, les voir parler avec leurs mains, s’énerver… Imaginer la vieille boutique du cordonnier, l’épicier du quartier ou le vendeur de rue. C’est toute la magie de l’écriture d’Elena Ferrante, cette capacité à retranscrire l’atmosphère napolitaine, si particulière, ce monde qui transite encore entre modernité et coutumes. Au début, je me suis un peu perdu dans les noms des personnages. J’ai mis aussi un peu de temps à adhérer à l’histoire. Peut-être parce que les deux héroïnes ont chacune leur part d’ombre ? En continuant la lecture, les personnages secondaires prennent plus de stature et leur intérêt dans l’histoire s’accroît . Le roman devient vite addictif. Il est difficile de ne pas se reconnaître dans l’enfance et l’adolescence des fillettes : les relations entre camarade, les transformations physiques, les tensions avec les parents… Cette première partie de la vie où l’on croit encore que tout est possible même si déjà des portes se ferment… Elena pourra continuer ses études au collège alors que Lila devra abandonner  faute d’argent. Cette dernière reportera ses rêves sur la cordonnerie de son père. Quelques années encore et les garçons commencent à faire leur cours aux deux jeunes filles. Le premier livre se termine sur un grand événement l’année de leurs 16 ans. Si le tome 2 est paru en début d’année, il en reste encore deux à traduire ! Et l’auteur reste toujours aussi mystérieuse puisqu’elle signe avec un pseudonyme. Ce roman me fait penser à « D’acier » de Silvia Avallone. Même thématique, l’amitié de deux jeunes filles pauvres. Seule l’époque et le lieu changent puisque l’histoire se déroule dans la banlieue de Piombino (en Toscane) pendant l’ère Berlusconi. Décidément, la littérature italienne, à l’instar de ses personnages, fait preuve d’une lucidité sans concession mais aussi d’une belle vitalité !

 

Disparition de Harper LEE

Harper Lee, une autre auteure populaire dans un genre très différent d’ Umberto ECO, vient aussi de nous quitter  : auteur de d’un énorme best seller passé au rang de classique étudié par tous les enfants du collège au lycée aux Etats-Unis :  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueurPrix Pulitzer en 1961- et sa suite Va et poste une sentinelle parue en 2015 mais écrite avant et destiné à un autre public.

l

Harper Lee sur le tournage de « Du silence et des ombres » avec Mary Badham, dans le rôle de Scout. (Associated Press)

 

Le premier se passe dans une petite ville  perdue de l’Amérique des années 30 et constitue un plaidoyer contre la  violente ségrégation raciale qui y règne. Dès sa publication, il a rencontré un vif engouement populaire et continue à être plébiscité. Peut être est-ce dû au récit qui est délivré par Scout, une jeune enfant de 8 ans délurée et intelligente, cousine de Huckleberry FINN, entourée de personnages plein de compassion ? L’ambiance et la vie quotidienne décrites y sont  aussi importantes que la thématique  développée. On retrouve les personnages dans la suite, 20 ans plus tard, mais ils se révèlent beaucoup plus sombres dans ce roman d’apprentissage situé dans une Amérique en pleine mutation.

Au catalogue MD68, réserver  la version audio du livre

Un film de R. MULLIGAN Du silence et des ombres  a été adapté de « Va et poste »…

Voir : Des avis sur Babelio.com

Pour comprendre mieux le parcours atypique de l’auteur,  la naissance des deux livres et le calendrier de leur parution pas forcément exempte d’innocence :

Un bel article de Florence NOIVILLE paru le 19/02/2016 sur le blog M Culture du Monde : « Mort de Harper Lee, auteure de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »

Et dans Télérama, le 26/09/2015 : Harper Lee : et si son héros n’était pas si blanc ? Par Nathalie CROM

Sur Slate, par Stephen METCALF : Comment « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » est devenu une religion américaine

NB : les titres de documents (livres, films, livres audio)  sous forme de liens peuvent être réservés dans le catalogue de la MD68.

 

Un site de référence en littérature ado

Le site Lirado est tenu par une professeur-documentaliste, ancienne ado, comme nous (d’accord, ça fait longtemps dans notre cas, mais bon…la jeunesse d’esprit ça existe ; )). Il faut dire que la littérature ado séduit de plus en plus d’adultes. Les collections pour youngs adults ont le vent en poupe. Désormais, la cible s’élargit aux 15-35 ans. Pour ma part, j’apprécie les sujets traités et la manière de les aborder. Quelque chose de direct et percutant… Les textes, souvent plus courts, font la téléchargementpart belle aux dialogues. Le site Lirado propose d’ailleurs un dossier bien fait sur l’histoire de la littérature jeunesse. Il revient sur ses spécificités. Outre l’ergonomie du site et sa lisibilité, on appréciera les rubriques : interviews d’auteurs, sélections, les commandes du CDI (elles ont bien changé depuis notre époque, heureusement !) et le rendez-vous hebdomadaire du lundi avec ses tops et ses flops.Les critiques concernent les ouvrages dès 9 ans et le public ciblé bien indiqué. A noter encore, une sélection sur un thème important, celui du harcèlement qui revient dans de nombreux romans.

 

Ma mère, le crabe et moi Anne Percin éd. Rouergue collection Doado

Tania,collégienne, vit avec sa mère, divorcée. Cette dernière apprend qu’elle a un cancer du sein. Tania découvre très vite la nouvelle. S’ensuit pour les deux femmes une lutte quotidienne contre la maladie qu’elles affrontent ensemble. Il y a les séances de chimio, les effets secondaires, les moments de découragement… En parallèle, Tania continue sa vie au collège. Elle décide de se lancer à fond dans la course à pied sous l’œil admirateur d’un de ses camarades…

téléchargement

Intéressée par les avis dithyrambiques, je me suis lancée dans ce roman qui se lit facilement. Ce livre est partenaire de la campagne officielle de sensibilisation de l’Association « Le Cancer du Sein, Parlons-en ! ». Les explications médicales m’ont un peu dérangées. Peut-être parce qu’adulte, je les connaissais et j’aurais préféré les retrouver en fin d’ouvrage. J’avais un peu peur du côté « didactique » du livre. Mais je reconnais qu’il permet d’appréhender le sujet et même d’aider des personnes dans des situations similaires. Tania et sa mère sont des personnages attachants, résolument positifs. Leur humour permet de dédramatiser les situations difficiles.

 

 

Babelio réinvente le Défi lecture

Le Réseau social littéraire Babelio, structure et accueille l’initiative Défi Babelio. Plusieurs établissements sont impliqués dans l’exploration d’une bibliothèque virtuelle de 40 ouvrages donnant lieu à une expérimentation de l’écriture numérique autour des titres sélectionnés : les élèves échangent, communiquent et produisent des objets littéraires sur leurs lectures.

Affiche du Défi Babelio

Affiche du Défi Babelio

Jean Rochefort résume les classiques en langage djeun

Jean Rochefort avait déjà créé le buzz avec son résumé de Madame Bovary sur le blog « Les boloss des belles lettres » (2 millions de vues sur YouTube).

Il réitère l’expérience sur France 5, chaque jeudi soir à 20h35, pendant 3 minutes, juste avant l’émission littéraire La Grande Librairie.

Ses collaborateurs du blog, Michel Pimpant et Quentin Leclerc, ont quant à eux écrit un livre publié en 2013 chez J’ai lu : Les boloss des belles lettres : la littérature pour tous les waloufs.téléchargement

Voici un exemple de texte que vous pouvez écouter sur France 5 au sujet du Petit Prince de Saint-Exupéry :

« C’est un beau gosse aviateur qui se crashe dans le désert torride du Sahara. Il essaye de faire son MacGyver avec trois allumettes et un rouleau de PQ pour réparer sa carlingue, mais ça ne marche pas du tout ! Alors il tape la pose comme un boloss, et le lendemain, un p’tit keum lui dit tout de go : « Dessine-moi un mouton, gros ! » »

Décoiffant ! Le talent de Jean Rochefort, l’humour des textes et les références fonctionnent à plein régime. Même si, parfois, on ne comprend pas toujours le sens de tous les mots…

 

 

 

 

Douze ans sept mois et onze jours Lorris Murail Pocket jeunesse

Walden a 12 ans, 7 mois et 4 jours. Il ne correspond pas vraiment à ce que son père attend de lui. C’est un piètre joueur de baseball, un garçon plutôt peureux selon son père. Celui-ci l’abandonne en pleine forêt du Maine, dans une cabane. téléchargementL’adolescent dispose de quelques conserves, un fusil et deux livres de H. D. Thoreau. Quel est le but de tout cela ? Jack Stephenson a-t-il décidé de faire subir une épreuve à son fils ? Quel père en viendrait à laisser seul son fils ? Walden tente d’évoluer dans cet environnement sauvage. Chaque jour, il note son âge sur un tronc d’un arbre. Bientôt, il découvre qu’il n’est pas seul et s’aventure loin de la cabane. C’est le début d’une longue course pour survivre. Roman initiatique et thriller passionnant, l’intrigue persiste jusqu’aux dernières pages. Les personnages principaux ont de multiples facettes qui concourent à épaissir le mystère. On retrouve des situations qui rappellent le maître du genre, Stephen King. La couverture est également réussie. A conseiller aux grands ados et adultes.

 

Venise n’est pas en Italie Ivan Calbérac Flammarion

Je vous l’avais proposé dans la valise d’été. J’ai enfin pu le lire et … j’ai beaucoup aimé. Emile Chamoudot est un adolescent ordinaire sauf que… ses parents sont un peu originaux. Sa mère lui teint les cheveux en blond depuis sa prime enfance. Son père a toujours une expression ou un bon mot à proposer. Enfin, la famille vit dans une caravane en attendant un hypothétique calberacpermis de construire. Evidemment, lorsqu’ Emile tombe amoureux, il s’agit d’une jeune fille de famille aisée, pas franchement ouverte sur la fantaisie. Tout se complique encore lorsque Pauline invite Emile à Venise pour un concert. Les Chamoudot décident d’accompagner leur fils. Le lecteur suit les tribulations de la famille (et de la caravane) sans se lasser. L’auteur manie constamment l’humour avec brio.

Ce livre aborde aussi avec finesse les problématiques de l’adolescence, du rapport à la famille, et du sentiment amoureux.

Ivan Calbérac sort actuellement sur les écrans un film tiré de sa pièce de théâtre « L’Etudiante et Monsieur Henri », plébiscitée par les spectateurs. Il était déjà l’auteur d' »Irène », sorti en 2002 et sacré « Meilleur Premier Film ».