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Babelio réinvente le Défi lecture

Le Réseau social littéraire Babelio, structure et accueille l’initiative Défi Babelio. Plusieurs établissements sont impliqués dans l’exploration d’une bibliothèque virtuelle de 40 ouvrages donnant lieu à une expérimentation de l’écriture numérique autour des titres sélectionnés : les élèves échangent, communiquent et produisent des objets littéraires sur leurs lectures.

Affiche du Défi Babelio

Affiche du Défi Babelio

Jean Rochefort résume les classiques en langage djeun

Jean Rochefort avait déjà créé le buzz avec son résumé de Madame Bovary sur le blog « Les boloss des belles lettres » (2 millions de vues sur YouTube).

Il réitère l’expérience sur France 5, chaque jeudi soir à 20h35, pendant 3 minutes, juste avant l’émission littéraire La Grande Librairie.

Ses collaborateurs du blog, Michel Pimpant et Quentin Leclerc, ont quant à eux écrit un livre publié en 2013 chez J’ai lu : Les boloss des belles lettres : la littérature pour tous les waloufs.téléchargement

Voici un exemple de texte que vous pouvez écouter sur France 5 au sujet du Petit Prince de Saint-Exupéry :

« C’est un beau gosse aviateur qui se crashe dans le désert torride du Sahara. Il essaye de faire son MacGyver avec trois allumettes et un rouleau de PQ pour réparer sa carlingue, mais ça ne marche pas du tout ! Alors il tape la pose comme un boloss, et le lendemain, un p’tit keum lui dit tout de go : « Dessine-moi un mouton, gros ! » »

Décoiffant ! Le talent de Jean Rochefort, l’humour des textes et les références fonctionnent à plein régime. Même si, parfois, on ne comprend pas toujours le sens de tous les mots…

 

 

 

 

Douze ans sept mois et onze jours Lorris Murail Pocket jeunesse

Walden a 12 ans, 7 mois et 4 jours. Il ne correspond pas vraiment à ce que son père attend de lui. C’est un piètre joueur de baseball, un garçon plutôt peureux selon son père. Celui-ci l’abandonne en pleine forêt du Maine, dans une cabane. téléchargementL’adolescent dispose de quelques conserves, un fusil et deux livres de H. D. Thoreau. Quel est le but de tout cela ? Jack Stephenson a-t-il décidé de faire subir une épreuve à son fils ? Quel père en viendrait à laisser seul son fils ? Walden tente d’évoluer dans cet environnement sauvage. Chaque jour, il note son âge sur un tronc d’un arbre. Bientôt, il découvre qu’il n’est pas seul et s’aventure loin de la cabane. C’est le début d’une longue course pour survivre. Roman initiatique et thriller passionnant, l’intrigue persiste jusqu’aux dernières pages. Les personnages principaux ont de multiples facettes qui concourent à épaissir le mystère. On retrouve des situations qui rappellent le maître du genre, Stephen King. La couverture est également réussie. A conseiller aux grands ados et adultes.

 

Venise n’est pas en Italie Ivan Calbérac Flammarion

Je vous l’avais proposé dans la valise d’été. J’ai enfin pu le lire et … j’ai beaucoup aimé. Emile Chamoudot est un adolescent ordinaire sauf que… ses parents sont un peu originaux. Sa mère lui teint les cheveux en blond depuis sa prime enfance. Son père a toujours une expression ou un bon mot à proposer. Enfin, la famille vit dans une caravane en attendant un hypothétique calberacpermis de construire. Evidemment, lorsqu’ Emile tombe amoureux, il s’agit d’une jeune fille de famille aisée, pas franchement ouverte sur la fantaisie. Tout se complique encore lorsque Pauline invite Emile à Venise pour un concert. Les Chamoudot décident d’accompagner leur fils. Le lecteur suit les tribulations de la famille (et de la caravane) sans se lasser. L’auteur manie constamment l’humour avec brio.

Ce livre aborde aussi avec finesse les problématiques de l’adolescence, du rapport à la famille, et du sentiment amoureux.

Ivan Calbérac sort actuellement sur les écrans un film tiré de sa pièce de théâtre « L’Etudiante et Monsieur Henri », plébiscitée par les spectateurs. Il était déjà l’auteur d' »Irène », sorti en 2002 et sacré « Meilleur Premier Film ».

Nummer de Frédéric Staniland Scrinéo

En septembre 1939, Toni, un jeune autrichien, fuit les nazis. Il trouve refuge à Algolsheim chez Auguste et sa fille Cathel. Un jeune journaliste et une réfugiée alsacienne se joignent au groupe. Bientôt, celui-ci doit évacuer le village. En parallèle, à notre époque, Séraphin, un octogénaire, est appelé à trier les affaires d’un ancien ami. Il découvre un livre étrange intitulé Nummer, qui le ramène aux années de guerre.Staniland

Ce roman permet une meilleure connaissance de la Seconde guerre mondiale, notamment en Alsace. L’auteur a eu le souci de joindre des informations complémentaires à la fin de son livre. L’intrigue est prenante jusqu’aux dernières pages. Les personnages, d’âges différents, sont attachants et leurs réflexions souvent pleines d’humour. Un bon roman historique basé sur des faits méconnus.

 

L’Eté de mes nuits blanches de Pauline Penot ed. Thierry Magnier

éténuitblancheGaël, 16 ans, souffre d’insomnie. Il voudrait arrêter de réfléchir :  à ses amis qu’il juge mieux que lui, à sa sœur qui réussit tout ce qu’elle entreprend, à son avenir morose… Son père lui propose de venir en vacances chez lui à Blois et de travailler, avec sa belle-mère, au château. Loin des vacances à Saint-Tropez qu’il invente pour ses copains, Gaël va pourtant vivre un été surprenant…

Roman initiatique intéressant et plein d’humour avec un foisonnement de thèmes. Le sujet du mal-être et de l’insomnie est ici abordé de front. Les références historiques au château de Blois et au poète François Villon enrichissent le roman.

Les livres présentés au comité ado du 20 mars 2015

Une à deux fois par an, à l’initiative de Joëlle Poulet, un comité adolescent composé de bibliothécaires et de documentalistes alsaciens se réunit à la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin. Voici les livres qui ont été proposés au débat :

Trois femmes et un fantôme de Roddy Doyle, coll. Tribal, Flammarion

Mary, une jeune fille, rencontre une dame qui est en fait le fantôme de son arrière-grand-mère. Celle-ci revient pour aider sa fille, Emer, à mourir.

Le sujet du lien intergénérationnel est assez peu traité dans les livres pour adolescents.

Roddy

Le style est fluide hormis la répétition agaçante du mot « genre ». Dommage qu’il y ait des maladresses. L’abondance de dialogues peut dérouter le lecteur.

Le thème de l’accompagnement dans la mort est très actuel. Il s’agit de l’euthanasie mais aussi de la présence physique auprès des malades. Le personnage de la grand-mère a beaucoup d’humour. De même, le fantôme adoucit l’histoire.

Le roman est ciblé « filles ». Il peut intéresser également les mères et grand-mères.

Après la vague d’Orianne Charpentier, coll. Scripto, Gallimard

La famille de Maxime et de sa sœur jumelle Jade est en vacances en Thaïlande. Maxime choisit d’aller à la plage plutôt que de visiter un temple. Jade décide de lui tenir compagnie. Une fois sur la plage, la mer se retire soudainement. C’est un tsunami. Maxime et Jade doivent s’enfuir rapidement. Mais Jade lâche la main de son frère pour aider un bébé. Quand Maxime se réveille, sa sœur est portée disparue. Déscolarisé, ce dernier vit une descente aux enfers.

A noter le très beau prologue.

Il s’agit d’un roman initiatique dont le sujet est, là aussi, la mort.Charpentier

C’est une réflexion sur la souffrance indicible. On ne peut guérir quelqu’un. C’est à celui qui souffre de trouver son chemin. Maxime le fait sans l’aide de ses parents.

La couverture est belle.

Orianne Charpentier a écrit également « Mauvaise Graine », l’histoire d’un adolescent mal dans sa peau, en conflit avec ses parents, qui apprend le cancer de son père.

Elle posait pour Picasso de Béatrice Egemar, coll. Courant noir, Gulf Stream

Dans le Montmartre du début du siècle, Emile, poète et écrivain côtoie les artistes de la butte : Max Jacob, Pablo Picasso, Henri de la Puisaye. Il est marqué par le suicide de la bouquetière Linda. Lors d’une séance de divination avec son ami Max, la jeune fille lui demande de l’aide. Emile se lance alors dans une enquête auprès de l’entourage de Linda. Il fait la connaissance de Virginie qui habite le même immeuble.

Ce roman combine le genre policier et historique ainsi que le thème artistique.picasso

L’enquête classique est presque reléguée au second plan. On entre dans l’univers du Bateau-Lavoir et du Lapin Agile, toujours en activité aujourd’hui. La vie de bohême avec sa rudesse, le village de « Montmartre » et les petits métiers sont restitués avec bonheur et fidélité. Il faut néanmoins une sensibilité à l’art. Le livre donne d’ailleurs envie de connaître le tableau de Picasso dont il est question. Sur la forme, il rappelle les romans-feuilletons de l’époque.

Les romans policiers, plus rares, sont aussi moins demandés que la fantasy et la science-fiction. Pour les plus jeunes, on peut recommander « L’Enigme Vermeer » de Blue Balliett.

Bleue de Florence Hinckel, coll. Soon, Syros

Astrid et Silas sont deux jeunes gens amoureux. Mais Astrid décède des suites d’un accident. Silas, désespéré, est oblitéré par la cellule d’éradication de la douleur (CEDE). On lui « enlève » les émotions ressenties. Mais celles-ci lui reviennent progressivement en mémoire d’autant plus qu’il croit voir Astrid. hinckel

Florence Hinckel dépeint un monde où l’on a mis fin à la douleur psychique. La première partie décrit une société séduisante. Elle ressemble au livre « Le Passeur » de Loïs Lowry. La deuxième partie questionne autour d’une société hypersurveillée, totalitaire. Le thème des réseaux sociaux et de l’hyperconnexion prédomine. Quelle est la valeur de la vie ? Comment reconnaître les moments de bonheur si on perd les sentiments ?

Le rôle de la grand-mère d’Astrid, résistante à l’oblitération, est important. L’histoire d’amour est magnifique. Les personnages des adolescents et des adultes sont travaillés.Ce roman permet de développer un esprit critique. La fin reste ouverte.

En espérant que ces résumés et critiques vous donneront envie de découvrir ces romans…