coups de coeur / de griffe

Academy Street Mary Costello ed. Seuil

Tess vit dans un domaine irlandais lorsqu’elle perd sa mère à 7 ans. Elle surmonte progressivement le deuil tout en gardant une part de solitude profondément ancrée dans son caractère. Sa sœur l’encourage à la suivre aux Etats-Unis. Elle y mènera une vie discrète de mère célibataire, désavouée par les siens . L’auteur réussit à nous faire partager ses joies mais aussi la frustration des occasions manquées, la nostalgie et l’isolement.marycostello

Faut-il un personnage haut en couleurs avec une vie tumultueuse pour faire un bon roman ? Pas forcément, Mary Costello nous le prouve. Tess est un personnage marquant dans lequel on s’identifie facilement, qu’on a parfois envie de bousculer ou de réconforter et qui ne laisse pas indifférent.Le livre a reçu l’Irish Book of the Year Award 2014. Un auteur à suivre…

La Part des flammes Gaëlle Nohant éd. Héloïse d’Ormesson

Il s’agit de l’histoire de trois femmes de la haute société parisienne.  Au mois de mai 1897, la duchesse d’Alençon tient un comptoir au Bazar de la Charité avec la comtesse de Raezal et la jeune Constance d’Estingel. Elles viennent de se rencontrer et de se lier d’amitié au service des malades tuberculeux. Violaine de Raezal est veuve. Sa réputation entachée, nohantjpgelle doit se battre pour conserver son rang. Constance, quant à elle, a été élevée chez les sœurs et entretient une foi authentique. Elle vient de rompre ses fiançailles. Un terrible incendie meurtrier se déclenche au Bazar de la Charité. Il bouleverse la destinée des trois femmes.

Ce roman historique nous plonge entièrement dans l’ambiance du Paris de la fin du XIXe siècle. C’est encore un monde de classe, habité par les convenances. L’indépendance des femmes n’en est qu’à ses balbutiements, de même que les innovations technologiques et la recherche médicale. On suit avec passion ce monde en pleine mutation, emporté par le souffle romanesque de l’oeuvre !

Ric-Rac d’Arnaud Le Guilcher éd. Robert Laffont

Dans ma valise d’été, j’avais mis Ric-Rac. Eh bien, ça y est : je l’ai lu ! Je m’attendais à un roman avec un adolescent pour adolescents. En effet, il s’agit de l’histoire de Jeanyf, 14 ans, en vacances chez lui à La Sourle. Il doit gagner quelques centimètres pour intégrer un centre de formation professionnel de football. Arrivent de nouveaux voisins tout de cuir moulés, au look quelque peu détonnant. Voilà pour la trame. Après, Arnaud Le Guilcher se lâche ! Les personnages sont truculents : Soubirou le cousin « illuminé », l’oncle guérisseur Jackyf et le père, touchant, en veuf éploré qui peint partout des portraits de sa femme.Ricrac

Il y a bien longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant fait sourire. Je ne le classerais pas dans la catégorie « Ado » car les réflexions de Jeanyf ne correspondent pas à celle d’un jeune garçon. Je n’ai pas trop aimé la fin non plus qui part dans un délire fantastique total. Mais pour le reste… quel humour !

Wilderness de Lance WELLER, chez Gallmeister

Ancien soldat, le vieil Abel est hanté par ce qu’il a vécu pendant la guerre civile lors de la bataille de la Wilderness. Mais il a d’autres blessures, encore plus profondes celles là, datant de sa vie en couple et l’engluant de culpabilité. Il vit dans une cabane isolée en pleine nature avec pour seul compagnon, un chien, et décide de se lancer dans un dernier voyage solitaire. wild._SL160_Mais après s’être fait agressé par deux vagabonds aussi démunis que lui, il décide de se venger. Il ne trouvera la rédemption et le repos qu’à l’issue de sa quête, après avoir traversé des étendues glacées, tiraillé par le doute. « Wilderness » est encore une belle production de l’éditeur breton Gallmeister  et sa collection « Nature writing ».

Amateur de grands espaces mettant à rude épreuve toute humanité, ne passe pas ton chemin et poursuis ta route avec comme repère la lueur lointaine d’une fin magnifique !!

 

Le fils de Philipp MEYER ; trad. par Sarah GURCEL, 2014

ciel désert-cloudy-4607-525x350Même si ce roman se déroule sous le soleil du Texas, il est profondément sombre. Ses personnages dont les histoires se déroulent en se croisant et en s’alimentant les unes des autres espèrent une vie meilleure à chaque fois, mais l’histoire (la grande et celle de leur famille) les rattrappe et il vaut mieux faire partie du groupe dominant à ce moment là. Ce récit nous conte la vie de trois personnages membres d’une puissante famille texane, les MacCullough à plusieurs époques : du milieu du 19è (après que le Texas ait quitté le giron du Mexique) jusqu’à nos jours.

Le premier, Eli se fait enlever par un clan apache pour en devenir un membre à part entière durant trois années. Il restera marqué par leur culture d’où un hédonisme revendiqué et un goût pour les activités solitaires et/ou de pleine nature. Là, le rapprochement avec « « Danse avec les loups » (le film) mais aussi le  livre ou avec  « Little Big Man » (le ‘film) ou le livre  est tentant. Mais, dans le roman de Meyer, certaines tribus indiennes sont présentées comme pouvant être très cruelles envers des clans différents et envers les américains également (massacres de famille, scalps). Au passage, les coutumes et l’organisation sociale des apaches sont très documentées et on est loin des westerns classiques puisque la cruauté n’est pas seulement le fait des indiens. D’ailleurs, tout au long du livre, elle change de camp selon les époques et les biens à s’accaparer : chevaux, terres, têtes de bétail, puis pétrole. Donc, pas d’angélisme,  » la seule différence, entre les blancs, les mexicains et les indiens : les premiers agissent pour leur intérêt individuel, les deuxièmes dans celui de leur clan et sans hypocrisie.  On pouvait bien massacrer et piller : du moment que c’était pour ceux qu’on aimait, c’était sans importance. Pas de psychose traumatique et de regard vide, chez les Comanches – tout ce qu’ils faisaient visaient à protéger leurs amis, leur famille, leur bande. La « fatigue du combat » était une maladie de Blancs, eux qui combattaient dans des armées lointaines pour des hommes qu’ils ne connaissaient pas. » Les mexicains sont, après les indiens, les victimes des américains. Le deuxième personnage dont l’histoire nous est compté, le fils d’Eli, sera un homme doux droit et révolté contre un père sans aucune morale. Sa petite fille, perpétuera la tradition familiale à la tête d’un empire pétrolier qui participera, après les ranchs monstrueux, véritables royaumes des plaines, à dilapider la terre à laquelle les indiens étaient si attachés. Donc, c’est brutal, poussiéreux, sensuel et c’est l’histoire de cette partie des Etats-Unis qui vous attend et vous empêchera de lâcher ce grand livre.

Lien vers la Notice sur notre catalogue

Une critique sur un autre site : le fils de philipp meyer

Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong JC Lattès 2015

Milo, 12 ans est sous la garde de sa tante Marguerite. Le drame arrive : l’enfant a un accident de vélo. Chacun s’en veut pardonnable_mais la coupable est toute désignée, c’est Marguerite. C’est elle, la fille mal-aimée, la belle-soeur envahissante, la soeur égocentrique. Mais, finalement, n’ont-ils pas tous leur part de responsabilité ? Les secrets de famille vont éclater au grand jour. Les révélations s’enchaînent, les personnalités se dévoilent de rebondissements en rebondissements. Un livre étonnant même si le final reste, lui, classique.

Blue book Elise Fontenaille-N’Diaye Calmann-Lévy 2015

Dans ce récit, Elise Fontenaille, partie sur les traces de son aïeul, le général Mangin, découvre un rapport oublié, le Blue Book. Il s’agit d’une enquête par un juge irlandais concernant les exactions commises par les soldats allemands en blue bookNamibie. On y apprend comment les colonisateurs se sont appropriés de 1883 à 1916 les terres des tribus Hereros et Namas. Massacres, camps et travaux forcés résonnent comme les prémices des méthodes nazies. Même les personnes impliquées portent des noms tristement célèbres. Les Allemands, menaçants de faire paraître leur rapport sur les exactions des alliés dans les colonies, le Blue Book fut étouffé. Encore un sombre moment d’histoire à faire connaître…

La Surface de réparation d’Alain Gillot Flammarion 2015

Vincent a construit sa vie tant bien que mal. Il entraîne l’équipe de foot junior à Sedan. Un jour, sa routine est brisée par l’arrivée inattendue de sa soeur. Celle-ci lui demande d’accueillir son fils, Léonard, pendant une dizaine de jours. Mais surfaceVincent a rompu les ponts avec sa famille depuis longtemps et Léonard n’est pas un enfant comme les autres. Contre toute attente, un lien se crée… Une histoire sensible qu’on lit d’une traite ! Bien sûr, les ficelles sont un peu grosses parfois mais c’est agréable de s’éloigner de la morosité ambiante !

Le Météorologue d’Olivier Rolin Seuil 2014

Alexeï Feodossiévitch est un communiste convaincu. La tête dans les étoiles, à sonder le ciel, il rêve du meilleur pour son pays. Il  redescend soudainement sur terre lors de son arrestation pour sabotage. Est-ce une méprise, de la jalousie ? Il ne saura jamais. imagesCA0P4JBIPendant ses 3 ans d’emprisonnement au goulag des Solovki, Alexeï va écrire des lettres à sa femme et à sa fille, qu’il ne verra jamais.  Ce roman, proche du documentaire, à la fois dans la forme et le fonds, dénonce l’absurdité et la cruauté du système communiste soviétique. Il rappelle les vies oubliées, derrière les noms des victimes.

Avec maman d’Alban Orsini Chiflet&Cie 2014

OrsiniCe livre est un bel exemple du passage de la version numérique au papier. En une série de SMS à l’humour ravageur, nous apprenons à connaître les rapports, via smartphone, entre un fils et sa mère. Lui est célibataire, toujours à cours d’argent et elle, une mère (sur)protectrice trouvant tous les défauts à sa belle-fille potentielle. Eloignés l’un de l’autre, ils communiquent par SMS. Mais cela ne va pas sans mal pour la plus âgée des deux… Laissez traîner ce livre, vous verrez : il attire indéniablement les lecteurs, jeunes ou seniors ! Comme le miel et les abeilles, on vous dit !