coups de coeur / de griffe

Bonnes pioches dans les romans ados

Ueno Park Antoine Dole Actes sud junior 2018

C’est à la suite d’un voyage au Japon qu’Antoine Dole a écrit ces nouvelles.Huit histoires aussi courtes que percutantes ! Au Japon, la fête d’Hanami salue la floraison des cerisiers japonais. C’est le symbole du renouveau. Ayumi, élève modèle, a fait un burn-out. Depuis, elle est devenue une Hikikomori, un fantôme parmi les vivants. Sora est un garçon qui, chaque jour, se transforme en fille et doit assumer les regards et les insultes. La jeune Fuko, en fin de vie  après la récidive d’un cancer, veut offrir des souvenirs à sa sœur avant de mourir. Tous se croisent à Ueno Park où l’on peut rencontrer également des sans-abris et des  » freeter »,  jeunes précaires qui vivent de petits boulots, sans espoir de pouvoir évoluer dans la société. Antoine Dole décrit des individus en marge de la société japonaise, certainement plus nombreux qu’on ne le croit. Il leur offre aussi une possibilité de rédemption, comme dans le cycle de la nature, …

 

Dancers Jean-Philippe Blondel Actes Sud junior 2018

Adrien et Anaïs vivent leur passion de la danse au sein du même lycée. Cette discipline est exigeante mais leur permet également d’extérioriser leurs sentiments. Adrien et Anaïs se rapproche de plus en plus mais un jour, le jeune homme commet une erreur. Anaïs prend ses distances et rencontre un autre danseur, Sanjeewa, au caractère charismatique. Un roman qui parle de danse, de hip-hop mais pas que… Dans chacun des personnages, il y a des fêlures. Ensemble, pourront-ils les surmonter ? Le livre se lit d’une traite. Il aborde des questions importantes comme l’exil, le renoncement, la différence et les limites. Bref, un livre foisonnant !

 

 

Pëppo Séverine Vidal Bayard 2018

Tonton Max a ouvert un camping au bord de la mer dans le Roussillon, en investissant tout son argent et ses espérances dans le développement de la ville. Le maire promettait un pont qui désenclaverait la marina. Mais rien ne fut fait et le camping se changea en dépôt de ferraille. C’est là dans une caravane, que vivent Pëppo et sa sœur Frida. Leurs parents, artistes, sont partis proposer leur spectacle sur des bateaux de croisières. Un jour, Frida, elle aussi, s’en va en laissant à Pëppo le soin de s’occuper de ses deux bébés, qu’il surnomme affectueusement, les « dodus ». Si l’ado est rétif aux études, il est plutôt débrouillard ! Une jolie fable sur la différence avec des personnages plein d’humour et d’optimisme.

 

« Lune noire » de John Steinbeck ; traduction de Jean Pavans

 

Edité clandestinement en France en 1942, ce court roman-fable nous fait partager les réactions de résistance d’un village isolé scandinave cerné par la neige et envahi brusquement par des soldats nazis. Nous sommes loin de l’Amérique présente dans « Les Raisins de la colère », et là il s’agit plus de colère mais plus que froide, glacée, et qui irradie de la plupart des habitants.

La haine froide s’accentuait avec l’hiver, la haine patiente, la haine morose. La distribution de nourriture était contrôlée-accordée aux obéissants et refusée aux désobéissants. De sorte que la population devint froidement obéissante…Et la haine était profonde dans le regard des gens, sous la surface. Maintenant, c’était le conquérant  qui était encerclé, les hommes du bataillon étaient seuls a milieu d’ennemis silencieux et aucun soldat ne pouvait relâcher sa garde un seul moment.

 

De conquérants, les allemands confrontés à la force des liens entre les habitants, finiront désespérés.Et c’est que je retiens de ce livre : la montée de ce mur constitué des habitants qui agissent chacun à son niveau. Le maire, et son ami le docteur Winter, chargés « d’accueillir »  le colonel Lanser (désabusé) et son état-major y compris dans sa maison réquisitionnée, Annie, une domestique qui sait se rendre invisible, les mineurs organisés.

Maire Orden, vous savez que nos ordres sont inexorables. Il nous  faut du charbon. Si vos concitoyens ne sont pas disciplinés, nous devrons imposer la discipline par la force, déclara Lanser dune voix devenue sévère. Nous devrons fusiller des gens si nécessaire. Si vous désirez protéger vos concitoyens, vous devez nous aider à maintenir l’ordre.

Les nombreux dialogues courts illustrent les états d’âme variables teintés de peur, d’espoir, de doute, d’énergie minutieusement décrits par ailleurs.

C’est un mystère qui a toujours troublé les dirigeants du monde entier…Comment les gens peuvent-ils savoir ? Il trouble maintenant les envahisseurs, m’a t-on dit. Comment les nouvelles peuvent-elles passer à travers les mailles de la censure, comment la vérité peut-elle échapper à tout contrôle?

Un bon roman pour qui s’intéresse à la période, à la thématique de la justice et de la résistance sous toutes ses formes surtout !

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Chien-Loup de Serge Joncour Flammarion 2018

Le roman alterne deux récits sur le même lieu, un village et une maison, retirée en haut d’une colline. Lise, après une longue maladie et une carrière qui s’essouffle, rêve de couper les ponts, de vivre en zone blanche, sans réseau, loin de tout. Elle trouve, pour les vacances, une location isolée dans les Causses du Lot. Mais son mari, Franck, producteur en sursis, pourra-t-il s’habituer à l’endroit ? Celui-ci essaye de relancer sa carrière en s’alliant à la jeune génération qui ne jure que par les réseaux et Netflix. En parallèle, nous suivons le village en Causses_Lotcontrebas de la maison, pendant la Première Guerre mondiale. L’endroit n’est plus peuplé que de vieillards, femmes et enfants, chargés des travaux des champs. Mais, un jour arrive un dresseur de fauves. Pour sauver ses animaux, il s’installe dans la maison isolée, sur la colline. A cent ans d’écart, les mêmes cauchemars hantent les nuits de Franck et des villageois. Ce sont ceux de bêtes sauvages qui hurlent et rugissent.

Un roman d’ambiance qui flirte avec le fantastique… J’ai aimé les deux récits où la tension monte progressivement. Mais j’ai trouvé que la fin ne tenait pas ses promesses. En effet, l’intrigue est dévoilé d’un coup et la fin tombe comme un soufflet. Reste une lecture intéressante et prenante.

Des romans de la rentrée qui remuent…

Voici quelques lectures qui m’ont accrochée, elles ont chacune des aspects sombres, jamais gratuits, et se laissent dévorer rapidement

 

La Vraie vie d’Adeline Dieudonné L’iconoclaste

La narratrice est une jeune fille. Elle raconte la vie de sa famille dans un ensemble pavillonnaire, le Démo. Le père adLa Vraie vie_Adeline Dieudonnéore chasser et  rapporte des trophées qu’il exhibe dans une pièce dédiée. Quand son agressivité ne peut s’exprimer au travers de sa passion, il s’en prend à sa femme. Cette dernière supporte les coups sans réaction. Heureusement, il y a Gilles, le petit frère sur qui la narratrice reporte son amour. Mais un jour, alors que les enfants s’achètent une glace, un terrible faits divers vient rompre leur quotidien. Dès lors, ils ne sont plus deux mais trois. La hyène (- la haine-) a pris possession de l’esprit de Gilles.

Un livre initiatique sur le destin d’une adolescente qui lutte pour sauver son frère. Elle va défier le réel, faire vœu de modifier le passé. Comme dans les rêves, cette vie ne peut être la vraie. Cette enfant surdouée réussira-t-elle à modifier le cours de leur vie ?

Bien sûr, il y a le quotidien bien terne des enfants,  la mère décrite comme une « amibe » par sa fille et le père violent. Mais, le roman n’est pas sombre pour autant car il y a la foi tenace de cette jeune fille. Couronné meilleur premier roman par le prix Fnac, ce livre s’inscrit un peu dans la veine actuelle des histoires où de jeunes ados se battent pour leur survie (My Absolute Darling de Gabriel Tallent, par exemple, mais sans le vocabulaire ordurier).

Plus sombre est le roman d’Inès Bayard Les Malheurs du bas Albin Michel

Marie et Laurent sont un jeune couple à qui tout réussit. Il ne leur manque qu’un enfant. Un soir, Marie est raccompagnée par son patron. Il l’agresse sauvagement. Rien ne sera plus comme avant pour la jeune femme. Puisqu’on ne lui demande rien, elle tait son agression. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte, elle s’enfonce un peu plus dans la dépression.  Un roman terrible sur le poids du silence, de la honte et de la solitude.

Autre roman terrible, celui de Frère d’Ame de David Diop au Seuil

Ce livre rappelle l’histoire des tirailleurs sénégalais pendant la première guerre mondiale. Deux amis, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, combattent ensemble. Lorsque Mademba est tué, Alfa perd la raison et devient une caricature sanglante du sauvage. Rapatrié à l’arrière, il raconte sa vie en Afrique, avant le départ. Un livre emprunt de poésie sur ces combattants longtemps méconnus.

Roissy de Tiffany Tavernier Sabine Wespieser

Un lieu de passage, voici ce qui définit l’aéroport. Pourtant, c’est ici, à Roissy qu’évoluent nos deux personnages. Il y a Anna, SDF amnésique, qui s’invente des voyages et des situations . Laurent, lui, vient chaque jour dans l’espoir de retrouver sa femme, disparue sur le vol Rio-Paris. Et si, ensemble, ils réussissaient à alléger leur peine ?

C’est sur cette note d’optimisme que je vous laisse à vos lectures…

 

 

 

 

 

« Le libraire de Wigtown » de Shaun BYTHELL ; traduit par Séverine WEISS

Changement de registre, cette fois, pour changer du drame, et sur les très bons conseils d’une collègue, j’ai choisi un roman plus léger et plein d’humour (en tout cas, selon mes critères).  Enfin, il m’a fait rire dans le train, sur ma banquette, dans mon lit au point où cela devenait gênant. Pour être plus précise, il s’agit d’un humour dans le genre « mauvais esprit » tout british, celui qui tire sa substance de l’observation de ses proches contemporains et du quotidien. Les remarques acerbes sont celles que nous fait partager l’auteur, Shaun Bythell, bouquiniste misanthrope passionné à la tête de la plus grande librairie de livres d’occasion d’Ecosse à propos de  ses collègues, les habitants du village, et surtout de ses clients.

Jeudi 29 janvier Commandes en ligne : 6 livres trouvés : 5

Nicky est venue travailler, aussi enjouée que d’habitude. Une cliente est arrivée juste avant le déjeuner : il a suffit de quelques secondes pour que Nicky et moi soyons sur le point de suffoquer. Elle avait dû s’asperger des pieds à la tête d’un parfum tellement atroce, tellement écoeurant, que je ne peux que supposer qu’il  a été concocté pendant la guerre froide dans un laboratoire d’armes chimiques par un chercheur au sadisme particulièrement développé.

Ce livre a beau être léger (par opposition à certains livres plus noirs que j’aime) il est porteur d’informations très intéressantes sur le métier de bouquiniste : conditions de travail, relations avec Amazon, plate forme de vente en ligne, nombre de ventes et commandes honorées, chiffre d’affaire et nombre de clients au quotidien.

Une autre remarque, ne vous fiez pas à la couverture de ce très bon livre témoignage, il ne s’agit pas d’un « Feel good book », même si, grâce au rire, il a une action bénéfique sur les lecteurs !!

Si vous voulez le réserver dans le réseau des bibliothèques du Haut-Rhin, c’est ici

Entrez dans la danse Jean Teulé Julliard

A Strasbourg, en 1519, l’Ammeister, (l’équivalent de l’échevin) en a marre. La situation lui couperait presque l’appétit. Et ce n’est pas le prince-évêque, ce « pisse-froid », qui va l’aider ! Après les calamités naturelles, la famine, la peste et la syphilis, voici qu’il lui faut affronter une épidémie de … danse ! Les habitants sortent de chez eux et se mettent à se trémousser, entraînant leurs voisins dans une ronde sans fin. Ce serait presque drôle si plusieurs ne tombaient morts d’épuisement, les pieds en sang.Entrez dans la danse_Jean Teulé

Jean Teulé, comme à son habitude, empoigne l’Histoire, avec truculence. C’est drôle, sarcastique ! Il fait des entorses au langage de l’époque, des anachronismes voulus mais qu’importe. On aime ou on aime pas sa verve. Pour ma part, j’ai lu d’une traite ce court roman.Les Danseurs fous_John Waller

Je me suis rappelée du documentaire paru sur le sujet « Les Danseurs fous de Strasbourg » par John Waller à la Nuée Bleue en 2016. Il apporte un éclairage historique et plus « sérieux » sur le contexte de l’époque, les aléas climatiques, la famine, les maladies… Le peuple souffre et ne supporte plus les abus des plus riches, seigneurs et clergé. La révolte gronde.

Deux lectures qui se complètent !

Emmurés d’Axel Bell Milan 2018

En 1910, sur l’île de Skye, des petites filles jouent à enterrer leurs poupées, appelées « Frozen Charlotte ». Quelques décennies plus tard, à notre époque, Jay montre à son amie Sophie la planche ouija qu’il a téléchargée sur son téléphone. Ils essaient de se connecter à l’esprit de Rebecca, la cousine de Sophie, morte dans des conditions inexpliquées. C’est alors qu’une série de phénomènes étranges se produisent. La planche leur dicte des messages qui parlent d’un portail, de sable noir et de Frozen Charlotte. Pour finir, la planche annonce la mort de Jay, le soir-même. Lorsque celle-ci advient, Sophie décide de partir pour l’île de Skye rencontrer la famille de Rébecca. Un roman accrocheur qui fait frissonner !Emmurées_Alex Bell

J’ai aimé l’atmosphère de ce livre. La famille de Rébecca est installée dans un vieux manoir, au bord de la mer,  qui a servi d’école pour filles. L’ambiguïté des personnages rend l’intrigue intéressante. A l’instar des clowns, les poupées sont des personnages récurrents des films d’horreur (Annabelle, par exemple). Les Frozen Charlotte étaient des poupées en vogue à la fin du 19ème siècle. Elles seraient inspirées d’un poème faisant référence à un fait divers. Un roman bien construit, entre passé et présent, qui gagne en intensité !

« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper LEE ; Traduction de Isabelle HAUSSER

Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c’est un péché que de tuer un oiseau moqueur.
Ce fut la seule fois où j’entendis Atticus dire qu’une chose était un péché et j’en parlai à Miss Maudie.
– Ton père a raison, dit-elle. Les moqueurs ne font rien d’autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur coeur. Voilà pourquoi c’est un péché de tuer un oiseau moqueur. L’oiseau moqueur est celui qu’on ne doit pas tuer car il peut imiter des dizaines de chants et remplir le monde de  beauté.

Dans ce roman, Harper LEE  s’est inspirée de certains personnages et  lieux qu’elle a connus,  et du procès de Scottsboro qui a opposé deux femmes blanches à un groupe de neuf jeunes Noirs  qu’elles accusaient  de les avoir violées en 1931.

Je voulais tester ce roman devenu classique de la littérature américaine au même titre que les livres de Mark Twain. On y retrouve d’ailleurs, même s’il se déroule pendant la Grande crise de 1929, une certaine ambiance propre au sud des Etas-Unis  où règne une  religion rigoureuse, un certain conservatisme et la ségrégation raciale. Tout ceci est remis en question, ici,  par Scout,  une enfant indépendante qui refuse le rôle de fille que veulent lui faire endosser essentiellement les femmes de cette petite ville et sa tante Alexandra. Autre figure féminine, celle de Calpurnia, la cuisinière noire, qui a pris en partie la relève de sa mère décédée.

Harper Lee et Mary Badham, la jeune actrice dans le rôle de Scout

ATTICUS, son père avocat (droit et sage) a été  commis d’office pour défendre Tom Robinson, jeune noir accusé du viol d’une fille vivant dans la misère à la périphérie de la pette ville au milieu de 7 frères et sœur et d’un père violent.

Si le livre ne bascule pas dans le cucul,  le moralisme, et ne se résume pas au traditionnel combat du bien contre le mal, c’est grâce à la vivacité intellectuelle de Scout, et de ses relations avec son frère Jem qui entre subtilement dans l’adolescence au cours des trois années du récit, à son humour et celui de son père progressiste qui cherche toujours le dialogue avec tous.

Les enfants sont l’antidote contre les idées reçues et leur esprit curieux persiste chez certains adultes. Atticus et  Miss Maudie, une voisine assez impertinente chez qui Scout passe souvent du temps en font partie. Ils agissent en profitant de leur relative liberté de mouvement. Par contre, certains adultes restent victimes des préjugés et ne doivent leur salut qu’à ce genre de personnes énergiques :  Tom Robinson de façon assez évidente et Boo Radley. Arthur Radley de son vrai nom, c’est le  voisin reclus dans sa maison et attisant toute la curiosité fébrile des enfants en apportant son lot de frissons au livre. Scout, son frère et DILL, (un ami qui passe les étés à Maycount  inspiré par Truman Capote, un ami de l’auteure) se lancent des défis à qui osera rentrer dans sa maison décrépie et surtout le faire sortir. Les fantasmes et récits effrayants qui accompagnent ce personnage proche du croquemitaine révèlent  l’état d’esprit d’une partie de la population que les enfants veulent tester.

Capture d’écran extrait du film « Du silence et des ombres de Robert Mulligan » Les enfants scrutent la maison de BOO

 

Petit détail : dans le livre, il est indiqué que, selon certaines interprétations de la Bible, les catastrophes naturelles étaient causées par la désobéissance des enfants. Voilà qui est bien pratique !

Beaucoup de points d’accès à ce roman : conte, roman sociologique sur l’Amérique de la Grande dépression, roman d’éducation font que des  lectorats variés et de plusieurs âges peuvent y être sensibles.

Légèreté et profondeur du style, des personnages, de l’histoire mêlant l’intime et le général, les détails réels et la fiction allant parfois même vers le gothique, font de ce titre une lecture précieuse et persistante, comme le sont souvent les classiques qui touchent l’universel.

Après ce roman, Harper LEE  a dit « J’ai dit ce que j’avais à dire » et n’a plus écrit . Par contre, un livre écrit avant « l’oiseau moqueur » situé vingt ans plus tard, et comprenant les personnages mêmes personnages, est sorti en 2015 sous le titre « Va et poste une sentinelle »

Une petite  Video  sur u compte rendu de lecture de ce livre par une classe (en anglais)

Le langage  utilisé à l’encontre des noirs qualifiés de « nègres » à l’époque et rapporté dans le livre lui a valu d’être retiré du programme de certains états.

Pour le résumé et la réservation dans une bibliothèque du Haut-Rhin, c’est ici
Et le petit tour de  chant de l’oiseau moqueur.

L’Aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux Gallimard Jeunesse

Je trouve la couverture particulièrement réussie. J’ai pourtant hésité à ouvrir ce roman. Je craignais un huis-clos ennuyeux. Il n’en a rien été. Titania, la mère de Nine, embarque sa fille à l’improviste alors qu’elle avait prévu d’aller à la fête de son lycée. Elles se rendent dans une Laube-sera-grandiose_Anne-Laure Bondouxcabane au fond des bois, près d’un lac. Là, Titania commence à raconter son enfance, dans les années 1970. A l’époque, elle ne portait pas le même prénom. Elle vivait avec ses deux frères, des jumeaux, nommés Octo et Orion et sa mère, Rose-Aimée. C’est ainsi que, de révélations en révélations, Titania va transmettre à sa fille, en une nuit, l’histoire d’une famille dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Les pères sont les grands absents. Cependant, les figures masculines sont bien présentes par le biais des pères de substitution, attentionnés et sympathiques, mais quittés du jour au lendemain. Rose-Aimée apparaît comme une mère fantasque jusqu’à ce que les derniers secrets soient dévoilés. Les enfants, ballotés, réussiront chacun à évoluer et  à trouver leur voix, malgré les difficultés. Reste à savoir comment Nine, une fois l’aube arrivée, va accueillir ces confidences… Un roman bien mené, joliment illustré par la fille d’Anne-Laure Bondoux. Il a été couronné par le prix Vendredi. Ce livre plaira aux ados et adultes.

 

 

 

 

A l’orée du verger de Tracy CHEVALIER ; Trad. de Anouk NEUHOFF

La pomme de discorde  entre les époux Goodenough, c’est  le verger qu’ils cultivent au milieux de terres ingrates offertes aux pionniers dans ces années où l’Amérique a commencé à se constituer.

Pour le mari, il s’agit d’améliorer une lignée de pommes de table héritée de sa famille. Sa femme Sadie voit en ces fruits  l’eau de vie qu’elle apprécie de plus en plus pour noyer ses malheurs. C’est vrai que les intempéries et les miasmes du marais où ils habitent leur arrachent annuellement un ou deux enfants emportés par la fièvre. Mais le germe de l’amour des arbres réussit à s’épanouir dans un des fils qui partira vers l’Ouest et travaillera pour un exportateur de séquoias géants après avoir exercé des métiers plus rudes,  liés à la ruée vers l’or.

Un livre plein de caractère sur la liberté et le champ des possibles propres à cette époque particulière (ambiance nouveau western). On y  croise des personnages rudes et généreux rendus familiers par le partage de leurs pensées intimes.

A réserver sur Calice68 ainsi que d’autres titres de l’auteure qui s’est fait connaître grâce à « La jeune fille à la perle » et « la Dame à la licorne ».