Des Ames simples de Pierre Adrian Equateurs littérature Paris 2016

Olivier Frébourg, écrivain et ancien journaliste, a créé sa propre maison d’édition en 2003 en Normandie. Cette dernière a publié ce livre remarqué. Le narrateur raconte les quelques jours qu’il a passé auprès de Frère Pierre, curé dans la vallée d’Aspe depuis 50 ans. La vie y est rude, les paysages grandioses mais austères . Très vite, pourtant, on s’y attache. « Depuis une semaine, c’est la première fois que je quitte la vallée. Et naît déjà une impression de manque. Quelques jours, à peine, suffisent pour nouer en moi une intimité avec le relief. Partir, c’est interrompre ce dialogue. je crois que le regard, habitué à de tels éléments […] crée une dépendance. Ainsi en est-il aussi des vies insulaires ou côtières. On se sépare de la mer avec déchirement. On n’accepte plus l’horizon d’une plaine. Ici, comme un enfant quitte, maladroit, les jupes de sa mère, je perds un abri. » Pas d’aventure ni de rebondissement dans ce roman, mais des rencontres et des réflexions sur l’homme, le sens de la vie et la foi. Le monastère fait office de refuge pour les blessés de la vie. Les portes sont ouvertes à tous : drogués, femmes battues… Avec Pierre, il y a Albert, un vieux prêtre et quelques fidèles qui font vivre le monastère. De jour comme de nuit, Pierre, médecin des âmes, répond aussi bien aux pèlerins qu’aux appels au secours des paysans isolés, des êtres dépassés par la modernité ou laissés sur le côté.  C’est un livre que l’on peut lire et relire sans se lasser. Il est servi par la plume magnifique de l’auteur. Je ne résiste pas à vous citer un autre passage où d’aucuns se reconnaitront :  » Ces personnes qui n’élèvent pas la voix, préfèrent se taire plutôt que de se faire entendre à tout prix. Les hâbleurs de comptoir et procureurs d’autobus y voient des « soumis » et des « trop sages ». Des gentils qui tout acceptent. Car aujourd’hui, ne pas ouvrir sa gueule pour aboyer est un aveu de faiblesse. Certains ont pourtant choisi le silence, et leur parole est précieuse. Quand ils parlent, c’est avec leur cœur. Tout est au cœur, à l’organe sensible. Pourtant, il ne faut pas croire que rien ne les atteint. Chez eux, passion et douleur existent. Mais les humeurs se jouent entre eux et un autre. Leur cœur est une grande inconnue. »  Pour réserver ce livre à la Médiathèque départementale du Haut-Rhin, cliquer sur ce lien.

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