Des livres de la rentrée de janvier…

Je n’ai pas lu Sérotonine qui a monopolisé l’attention des médias. En le parcourant, j’ai reconnu le style et le cynisme de l’auteur. Je le lirai plus tard, peut-être…

Je me suis penchée sur trois autres ouvrages :

La Plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg au Seuil.

Il s’agit d’un conte sur la shoah. On peut être étonné, de prime abord, de trouver du merveilleux dans une histoire tragique. Mais finalement, le pire côtoie souvent le meilleur dans les contes et dans la vie…

Il était une fois dans une forêt profonde, un bûcheron et sa femme qui souhaitaient ardemment un enfant. Mais leurs prières n’étaient pas exaucées. La femme regardait souvent les trains et leurs cargaisons passés, pas loin de la forêt. Un jour, un bras, à travers un wagon à bestiaux, se tend. Au bout de ce bras, la femme recueille un bébé.

Un petit ouvrage indispensable, d’un auteur habitué à écrire pour la jeunesse.

La Guerre des pauvres d’Eric Vuillard Actes sud

Le lauréat du prix Goncourt revient avec un court roman historique. Au début du 16ème siècle, la révolte gronde. L’apparition de l’imprimerie, les excès de l’Eglise et les injustices sociales poussent au changement et à la révolte. Thomas Müntzer prendra la tête de ce mouvement qui touchera notre région. La parution de ce texte a été avancée par l’auteur qui le jugeait « en résonance avec l’actualité ». Un récit de passionné érudit.

 

Né d'aucune femme_BouysseNé d’aucune femme Franck Bouysse La Manufacture des livres

Ce livre m’a été conseillé par plusieurs collègues. Je connaissais déjà l’auteur, dont j’ai lu les romans policiers. Ceux-ci s’inscrivent dans ce que l’on appelle le polar noir rural. Ici aussi, l’intrigue se déroule dans le monde rural. L’atmosphère est également très sombre.

Un curé reçoit en confession une femme qui lui demande de récupérer des carnets sur une morte. Dans ces feuillets, Rose y a consignée son histoire. A 14 ans, son père, décide, pour nourrir sa famille, de la vendre comme bonne à tout faire au maître des forges. « Je les maudissais de m’avoir fait naître, vu que tout ce qu’ils avaient à m’offrir, c’était d’être l’esclave de gens qui m’étaient rien et qui avaient tout l’air de vouloir m’en faire baver. » Le destin de Rose et de sa famille vient d’être scellé. C’est elle qui nous le raconte avec ses mots et son style, d’une voix envoûtante et forte. C’est une tragédie ancestrale qui nous plonge au cœur des ténèbres. Il n’y a plus ni lieu ni époque. Seuls restent la misère, le désespoir et l’horreur. Mais si, pour le père de Rose, « c’était sa vie, d’être à la surface de lui-même, de passer sur la terre en l’effleurant à peine », il n’en sera pas de même pour la jeune fille.

Une écriture qui ne se laisse pas oublier…

 

 

 

 

 

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