« IMPERIUM  » de Christian KRACHT ; trad. par Corinna GEPNER

See, (coco)nuts and Sun

Engelhardt croit au pouvoir de la noix de coco sous toutes ses formes et compte le faire découvrir à ses compatriotes restés au pays (en Allemagne, début du 20è siècle, autant dire un début de période agitée). Fort de son pouvoir de colon allemand installé avec ses congénères impérialistes passablement dégénérés et alcooliques  sous le soleil des terres de la Nouvelle Poméranie, Océan indien, il achète une île qu’il va vouer à la culture de la noix de coco dont il sera le gourou. Adepte des bienfaits de la supernoix, il décide d’en faire son unique nourriture, se transformant en précurseur prosélyte d’un végétarisme  dur doublé d’un nudiste convaincu.

Pour développer son affaire, il va faire appel à des personnages plus ou moins honnêtes mais passera de plus en plus pour un illuminé.

« On ne concluait pas d’affaire avec des gens nus aux cheveux longs »


 

 

 

La maladie qui le ronge et la violence ambiante ont raison de son idéalisme et il se tourne lui aussi vers l’idéologie du national socialisme.

 « C’est ainsi qu’Engelhardt est devenu antisémite ;  comme la plupart de ses contemporains,  comme tous les membres de sa race, il avait  fini par voir dans l’existence des Juifs une cause probante de toutes les injustices endurées. »

Le style assez pince -sans rire et la longueur relative des phrases pourraient en décourager quelques-uns, au début. (J’ai été tentée d’arrêter un moment), mais, ce serait se priver d’un livre très original et dont la petite musique persiste. De tragi-comique (les élucubrations du héros qui s’enfonce dans le délire, la description du navire allemand qui sombre et commence à se tourner vers une idéologie de ses racines fantasmées) on s’achemine vers le plus sensible au fur et à mesure de la progression de l’histoire.

Quand le capitaine Slutter et la petite fille Pandora qu’il a pris sous on aile traversent une tempête en mer et s’en sortent avec l’équipage.

 « Personne n’avait  eu de pouvoir  sur lui, oui, pense-t-il,  il a finalement  accepté  que cette  enfant rousse fasse de lui un être non seulement vulnérable  mais mortel »

A la fin, on assistera à l’avènement d’une nouvel impérialisme : celui incarné par la bouteille de Coca.

Le style assez pince -sans rire et la longueur relative des phrases pourraient en décourager quelques-uns, au début. (J’ai été tentée d’arrêter un moment), mais, ce serait se priver d’un livre très original et dont la petite musique persiste.

Un article en anglais sur le véritable August ENGELHARDT!

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