« Les fantômes du vieux pays » de Nathan HILL ; trad. de Mathilde BACH

La dérive des sentiments. Un roman sur le mystère des relations humaines, celles qu’on entretient (ou pas) avec ses proches et les malentendus qui font qu’un enfant qui s’est senti abandonné peut devenir écrivain, amoureux transi, joueur addict à un jeu en ligne, comme Samuel, le narrateur qui est tout ça à la fois.

Mais c’est aussi une magnifique fresque sur les Etats-Unis des années 60 au 11 septembre et sur l’origine de ses habitants venus du monde entier et de continents plus vieux remplis de légendes. Celle du Nix qui donne son nom au roman dans sa langue originale et continue d’infuser les récits délivrés  par la mère de Samuel lorsqu’il est enfant. Le déracinement volontaire s’incarne et se reproduit sur plusieurs générations et Faye, sa mère, a opté pour ce chemin. Samuel, romancier en panne d’inspiration et un peu imposteur est menacé d’un procès en justice par son éditeur. Mais, il tient avec sa génitrice un sujet bien excitant. En voulant écrire sa biographie vengeresse, il va remonter le fleuve de son existence tumultueuse et démêler ses impressions de la réalité vécue par Faye dans l’Amérique des années 60. On a ici comme un roman d’apprentissage mais en accéléré. Samuel, forcément, va devoir affronter des zones d’ombres toujours évitées dans sa propre vie et comprendre les choix faits par ses proches.

Ajoutez à cela une construction impeccable (les personnages secondaires sont explorés et les styles d’écriture varient selon). D’ailleurs, la petite partie sur Samuel joueur a failli me faire arrêter la lecture au début du roman.

Humour vache, cynisme parfois, autoflagellation (souvent) mais la douceur prend le dessus au fur et à mesure avec un final apaisé et un dénouement assez surprenant !

Merci à ma collègue Bénédicte G. d’avoir mis l’accent sur ce livre que j’avais repéré en 2017.

 

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