Les livres présentés au comité ado du 20 mars 2015

Une à deux fois par an, à l’initiative de Joëlle Poulet, un comité adolescent composé de bibliothécaires et de documentalistes alsaciens se réunit à la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin. Voici les livres qui ont été proposés au débat :

Trois femmes et un fantôme de Roddy Doyle, coll. Tribal, Flammarion

Mary, une jeune fille, rencontre une dame qui est en fait le fantôme de son arrière-grand-mère. Celle-ci revient pour aider sa fille, Emer, à mourir.

Le sujet du lien intergénérationnel est assez peu traité dans les livres pour adolescents.

Roddy

Le style est fluide hormis la répétition agaçante du mot « genre ». Dommage qu’il y ait des maladresses. L’abondance de dialogues peut dérouter le lecteur.

Le thème de l’accompagnement dans la mort est très actuel. Il s’agit de l’euthanasie mais aussi de la présence physique auprès des malades. Le personnage de la grand-mère a beaucoup d’humour. De même, le fantôme adoucit l’histoire.

Le roman est ciblé « filles ». Il peut intéresser également les mères et grand-mères.

Après la vague d’Orianne Charpentier, coll. Scripto, Gallimard

La famille de Maxime et de sa sœur jumelle Jade est en vacances en Thaïlande. Maxime choisit d’aller à la plage plutôt que de visiter un temple. Jade décide de lui tenir compagnie. Une fois sur la plage, la mer se retire soudainement. C’est un tsunami. Maxime et Jade doivent s’enfuir rapidement. Mais Jade lâche la main de son frère pour aider un bébé. Quand Maxime se réveille, sa sœur est portée disparue. Déscolarisé, ce dernier vit une descente aux enfers.

A noter le très beau prologue.

Il s’agit d’un roman initiatique dont le sujet est, là aussi, la mort.Charpentier

C’est une réflexion sur la souffrance indicible. On ne peut guérir quelqu’un. C’est à celui qui souffre de trouver son chemin. Maxime le fait sans l’aide de ses parents.

La couverture est belle.

Orianne Charpentier a écrit également « Mauvaise Graine », l’histoire d’un adolescent mal dans sa peau, en conflit avec ses parents, qui apprend le cancer de son père.

Elle posait pour Picasso de Béatrice Egemar, coll. Courant noir, Gulf Stream

Dans le Montmartre du début du siècle, Emile, poète et écrivain côtoie les artistes de la butte : Max Jacob, Pablo Picasso, Henri de la Puisaye. Il est marqué par le suicide de la bouquetière Linda. Lors d’une séance de divination avec son ami Max, la jeune fille lui demande de l’aide. Emile se lance alors dans une enquête auprès de l’entourage de Linda. Il fait la connaissance de Virginie qui habite le même immeuble.

Ce roman combine le genre policier et historique ainsi que le thème artistique.picasso

L’enquête classique est presque reléguée au second plan. On entre dans l’univers du Bateau-Lavoir et du Lapin Agile, toujours en activité aujourd’hui. La vie de bohême avec sa rudesse, le village de « Montmartre » et les petits métiers sont restitués avec bonheur et fidélité. Il faut néanmoins une sensibilité à l’art. Le livre donne d’ailleurs envie de connaître le tableau de Picasso dont il est question. Sur la forme, il rappelle les romans-feuilletons de l’époque.

Les romans policiers, plus rares, sont aussi moins demandés que la fantasy et la science-fiction. Pour les plus jeunes, on peut recommander « L’Enigme Vermeer » de Blue Balliett.

Bleue de Florence Hinckel, coll. Soon, Syros

Astrid et Silas sont deux jeunes gens amoureux. Mais Astrid décède des suites d’un accident. Silas, désespéré, est oblitéré par la cellule d’éradication de la douleur (CEDE). On lui « enlève » les émotions ressenties. Mais celles-ci lui reviennent progressivement en mémoire d’autant plus qu’il croit voir Astrid. hinckel

Florence Hinckel dépeint un monde où l’on a mis fin à la douleur psychique. La première partie décrit une société séduisante. Elle ressemble au livre « Le Passeur » de Loïs Lowry. La deuxième partie questionne autour d’une société hypersurveillée, totalitaire. Le thème des réseaux sociaux et de l’hyperconnexion prédomine. Quelle est la valeur de la vie ? Comment reconnaître les moments de bonheur si on perd les sentiments ?

Le rôle de la grand-mère d’Astrid, résistante à l’oblitération, est important. L’histoire d’amour est magnifique. Les personnages des adolescents et des adultes sont travaillés.Ce roman permet de développer un esprit critique. La fin reste ouverte.

En espérant que ces résumés et critiques vous donneront envie de découvrir ces romans…

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