Les romans francophones de l’année 2015

Difficile de résumer l’année 2015… Il y a eu bien sûr les parutions des poids lourds de la fiction française : Guillaume Musso, Marc Lévy, Amélie Nothomb. Quelques auteurs plus récents sur la scène littéraire semblent suivre leur chemin comme Romain Puertolas, Grégoire Delacourt, Gilles Legardinier ou Agnès Martin-Lugand. Ne boudons pas notre plaisir, ces livres sont agréables à lire : on y trouve  parfois de l’humour et de l’optimisme (si, si ça existe !).

Forcément moins gaie, la tendance lourde à l’autofiction et à l’introspection se poursuit. On citera Un Amour impossible d’Angot, D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan ou La Gaité de Justine Lévy. Les relations père-fils sont au coeur du roman de Sorj Chalando Profession du père et de L’Homme de ma vie de Yann Queffélec. Christian Bobin a écrit un bel hommage à une femme aimée dans Noireclaire, à mi-chemin entre poésie et roman. Quant à Eric-Emmanuel Schmitt, il nous fait part d’une nuit mystique qui a changé sa vie dans La Nuit de feu. Jean d’Ormesson, lui, revient sur trente ans de vie politique dans Dieu, les affaires et nous.

Tendance parallèle également importante, celle de l’exofiction ou biographie romancée. En début d’année, il y a eu Vivre vite de Philippe Besson dont le personnage central était James Dean. Tatiana de Rosnay a ensuite connu le succès avec Manderley for ever et la vie de Daphné du Maurier. Dans Eva, Simon Liberati revient sur le parcours sulfureux de sa
compagne. Jean Teulé nous conte, à sa façon, le couple Héloïse et Abélard (Héloïse, ouille !). Toujours historique, le roman de Patrick Rambaud, Le Maître, suit la naissance du taoïsme. Roland Barthes est impliqué dans une enquête
dans La 7ème fonction du langage de Laurent Binet. Enfin, l’essai Un été avec Baudelaire a connu un joli succès.

Autre genre, le roman de terroir qui a ses fidèles. Les parutions des deux Françoise, Bourdin et
Bourdon, tiennent le haut du pavé. A retenir également le succès de Christian Signol : Nos si beaux rêves de jeunesse.téléchargement2

Les romanciers s’interrogent aussi sur les rapports Occident/Orient, les effets du colonialisme et l’islamisme. En début d’année, Sophia Azzedine publiait Bilqiss, l’histoire d’une femme condamnée à la lapidation. Michel Houellebecq devait créer la polémique avec Soumission mais la sortie du livre est finalement passée presque inaperçue au vu de l’actualité. Dans 2084, livre d’anticipation, Boualem Sansal revient sur la crainte d’un régime totalitaire religieux. La question du colonialisme est abordée dans Les Prépondérants d’Heidi Kaddour. Enfin, le Prix Goncourt, Boussole de Mathias Enard, roman exigeant, évoque les voyages et la fascination pour l’Orient du narrateur.

Carole Martinez a écrit une suite au roman Du domaine des murmures. Il s’intitule La Terre qui penche. La langue et le style sont remarquables, même s’ils peuvent rendre la lecture ardue. Autre livre qui se démarque : Les Gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin. Il s’agit d’une expérience particulière : à partir de photos d’inconnus, écrire une histoire puis retrouver les protagonistes.

Pour terminer, citons encore tous les livres que je n’ai pas réussis à faire entrer dans une catégorie précise : L’Exercice de la médecine de Laurent Seksik, Check Point de Jean-Christophe Rufin, Vernon Subutex de Virginie Despentes, qu’on peut qualifier de roman social, Danser les ombres de Laurent Gaudé sur le séisme en Haïti, les nouvelles de Philippe Delerm Les Eaux troubles du mojito, Jules de Didier Van Cauwelaert et j’en oublie…

Mais déjà les bonnes feuilles des parutions 2016 arrivent…

En vous souhaitant de joyeuses fêtes de fin d’année !

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