L’homme qui en savait trop : « J’ai vu un homme » de Owen SHEERS ; trad. de Mathilde BACH

jai vuSi vous voulez une idée de livre à adapter au cinéma, en voilà un qui devrait satisfaire beaucoup de cinéphiles à défaut de tenir en haleine une partie de ses lecteurs.

Je suis partagée à son sujet. Quand j’ai vu la quatrième de couverture, le récit présenté m’avait l’air tout à fait alléchant dans le style roman qui flirte avec le thriller psychologique. De ce côté là, c’est vrai qu’il tient ses promesses en partie, ce n’est pas haletant, mais il y a suffisamment de suspens pour vous faire aller jusqu’au bout.

En quelques mots : Michaël vient de perdre sa jeune femme reporter. Il trouve dans le couple avec enfants qui sont ses voisins un moyen de passer cette période délicate en même temps qu’il deviennent inséparables. Parallèlement, le soldat qui a abattu son épouse, pétri de culpabilité, prend contact avec lui.

Donc, on a comme ingrédients très dans l’air du temps et qu’on a l’impression d’avoir déjà croisés : un jeune veuf, romancier, qui noue une relation avec un couple établi. Sa belle femme indépendante exerçait un métier qui fait rêver (reporter de guerre) dans un contexte d’actualité brûlante – guerre contre le terrorisme à l’aide de nouvelles technologies sur fond de mondialisation. Les thématiques comme la culpabilité, les faux semblants, le métier de romancier et ses relations avec le réel et une dose de  suspens autour de la mort d’un enfant. Forcément, on s’y attendait et elle arrive : La scène de sexe. Et c’est elle qui a failli me faire trébucher tant le style était convenu.

Voilà donc le bémol  : le style très détaillé et qui n’évite pas toujours les clichés. Et j’en arrive à ce que je disais au début : le cinéma devrait nous laisser plus de liberté dans le suivi psychologique des personnages qui sont scrutés avec une clé d’explication pour toutes leurs actions.

Donc, un roman avec des qualités et qui devrait beaucoup plaire à certains lecteurs.

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