Mes vrais enfants de Jo WALTON ; Trad. de l’anglais par la grande Florence DOLISI

 

Tout le monde a déjà eu l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. En tout cas, c’est le cas de beaucoup de personnes).  Et bien, ce livre va nous faire participer de l’intérieur aux deux vies que Patricia Cowan a vécues, ou pas .. On ne saura pas de façon tranchée si c’est est le résultat de la confusion liée à ses  troubles de la mémoire ou bien la réalité ou bien… Cette femme passionnée pour qui « tout est possible » a vu sa vie bifurquer en même temps que l’histoire mondiale après qu’elle a pris une décision capitale. Le livre très bien construit va emprunter ces deux chemins de vie qui s’interpénètreront à certains moments et surtout à  la fin du parcours de la vieille femme. Comme on passe alternativement de l’une à l’autre, même s’il y a un petit décalage dans les époques, on s’y retrouve très bien. Ses enfants constituent le fil rouge de ses deux identités et elle ne cessera des les aimer et se demandera lesquels parmi eux sont les « vrais » et dans quelle vie. Une des caractéristique de Patricia (ou Pat ou Trish, c’est selon), c’ est la bienveillance. D’ailleurs, ça en est parfois énervant : comment arrive(nt)-elle(s) à comprendre presque toujours ses enfants? Pas de colère, elle mène sa barque malgré les écueils et les accidents de sa vie.  Au passage, l’Histoire du 20e subit des modifications, comme dans toute uchronie, mais elles seront plus flagrante dans la vie de Pat qui va vivre dans un monde dominé par la puissance nucléaire et les guerres, leurs conséquences sur la santé,  l’environnement et le patrimoine architectural. Trish vivra dans un monde plus tolérant – envers les homosexuels, par exemple- et elle sera actrice et témoin de la libération des femmes.

C’est donc un livre très riche abordant de nombreux thèmes :  les relations au sein du couple, les carcans dans lesquels la sexualité peut être maintenue et la violence qui en découle, le pacifisme, la lutte pour préserver l’environnement et  le rôle potentiel  de nos choix. Il peut convenir à des amateurs de littérature blanche ou de science fiction. Un petit bémol : l’énumération des événements frise un peu le catalogue parfois.

 « Rien ne vous empêche de faire ce que vous voulez, de devenir celle que vous voulez ».

 

Parfois, elle rêvait que Bee était morte. Quand elle se réveillait, elle était soulagée parce que n’était qu’un rêve, puis la vérité lui sautait au visage. Elle tapait sa tête contre l’oreiller, se mordait la lèvre jusqu’au sang, suppliait Bee de revenir. Elle savait pourtant que Bee ne reviendrait pas.

Une chronique vidéo pour compléter celle -ci  https://www.bibliosurf.com/Mes-vrais-enfants.html

Et comme toujours, le lien pour réserver sur le catalogue de la Médiathèque Départementale 68 !

 

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