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« Lignes de failles » de Nancy HUSTON

Ce lecteur/voyageur de 32 ans emprunte le TER quotidiennement pour son travail. Il a également emprunté ce livre à son amie qui l’avait acheté.

Pourquoi celui-ci ? Il aime beaucoup cet auteure et un des sujets traités cette fois-ci l’intéressait aussi : les pathologies narcissiques et notamment les relations complexes mère / fils.

Le livre entamé le capte déjà, je le laisse donc à sa lecture !

Pour voir le résumé ou réserver dans une Bibliothèque du réseau du 68 : c’est ici

« Les fantômes du vieux pays » de Nathan HILL ; trad. de Mathilde BACH

La dérive des sentiments. Un roman sur le mystère des relations humaines, celles qu’on entretient (ou pas) avec ses proches et les malentendus qui font qu’un enfant qui s’est senti abandonné peut devenir écrivain, amoureux transi, joueur addict à un jeu en ligne, comme Samuel, le narrateur qui est tout ça à la fois.

Mais c’est aussi une magnifique fresque sur les Etats-Unis des années 60 au 11 septembre et sur l’origine de ses habitants venus du monde entier et de continents plus vieux remplis de légendes. Celle du Nix qui donne son nom au roman dans sa langue originale et continue d’infuser les récits délivrés  par la mère de Samuel lorsqu’il est enfant. Le déracinement volontaire s’incarne et se reproduit sur plusieurs générations et Faye, sa mère, a opté pour ce chemin. Samuel, romancier en panne d’inspiration et un peu imposteur est menacé d’un procès en justice par son éditeur. Mais, il tient avec sa génitrice un sujet bien excitant. En voulant écrire sa biographie vengeresse, il va remonter le fleuve de son existence tumultueuse et démêler ses impressions de la réalité vécue par Faye dans l’Amérique des années 60. On a ici comme un roman d’apprentissage mais en accéléré. Samuel, forcément, va devoir affronter des zones d’ombres toujours évitées dans sa propre vie et comprendre les choix faits par ses proches.

Ajoutez à cela une construction impeccable (les personnages secondaires sont explorés et les styles d’écriture varient selon). D’ailleurs, la petite partie sur Samuel joueur a failli me faire arrêter la lecture au début du roman.

Humour vache, cynisme parfois, autoflagellation (souvent) mais la douceur prend le dessus au fur et à mesure avec un final apaisé et un dénouement assez surprenant !

Merci à ma collègue Bénédicte G. d’avoir mis l’accent sur ce livre que j’avais repéré en 2017.

 

« Le temps d’un autre » de Robert GODDARD ; Trad. de Pascal LOUBET

 

 

C’est dans le TER qu’elle emprunte  tous les jours pour se rendre à son travail que cette lectrice a ouvert ce livre. Elle l’a acheté chez un bouquiniste comme elle l’a  fait pour d’autre titres qu’elle donne ou revend après lecture surtout quand il s’agit de « Poche ».

Elle  aime l’écriture  prenante et plaisante au style « british » (lui faisant penser au rythme d’Agatha Christie) de cet auteur qu’elle a déjà lu. Le récit se déploie lentement, émaillé de  rebondissements mais n’est pas « gore ». Elle aime bien se faire  « ballader » au gré de pistes brouillées égrenées par narrateur mystérieux.

Pour le résumé ou/la réservation dans une Bibliothèque du réseau 68 c’est ici

Pour d’autres titres de l’auteur

La Nuit des béguines d’Aline Kiner Liana Levi 2017

Ce livre a bénéficié d’un bouche à oreille favorable. C’est une plongée dans le Moyen-Age à l’époque de Philippe Le Bel. Des femmes pieuses vivent seules ou en communauté, en toute autonomie. Ce statut est soumis à contestation et leur sort précaire. A Paris, dame Ysabel, l’intendante du béguinage royale  veille sur ses condisciples. C’est elle qui recueille une jeune femme rousse, Maheut. Celle-ci s’est soustraite à un mariage forcée. Elle est recherchée par un franciscain dont la mission est double : ramener Maheut à sa famille et trouver un copiste pour un manuscrit interdit, écrit par une béguine.

Ce roman revient sur les évènements du règne de Philippe Le Bel et sur l’existence des béguines, phénomène plus connu en Belgique et aux Pays-Bas. Le roman est bien documenté et l’écriture réussit à faire revivre le Moyen-Age. Les quartiers de Paris ressemblent encore à des gros bourgs entourés de prés. Néanmoins, l’histoire de Maheut et de ses condisciples n’a pas réussi à m’emporter. Il manque de l’épaisseur à l’histoire et aux personnages. Je n’ai pas ressenti d’empathie pour eux. C’est dommage car on était bien près d’un grand roman historique.

« Petit pays » de Gaël FAYE

Cette lectrice  acheté ce livre après avoir entendu son auteur en parler à la radio. Il lui a fait envie à cause de sa façon de parler qui se retrouve dans le livre, au style très délié et vif, plein d’humour malgré le  drame. (Massacres au Rwanda, exil).

L’auteur arrive en France et nous parle de son pays d’origine, le Burundi, de son enfance privilégiée. C’est vivant,  sensuel. La France, vue par l’auteur exilé nous semble exotique. Pas déçue du voyage, la lectrice, trentenaire, prend tous les jours le TER.

Ce livre a obtenu le Goncourt des Lycéens en 2016, ce n’est pas rien !

Alors, Tentés ? Pour le résumé ou une réservation, c’est par

Cox ou la course du temps de Christoph RANSMAYR ; Trad. de Bernard KREISS

 

La Chine du 18è siècle , les voyages au long cours, les inventions merveilleuses du plus célèbre horloger d’Occident, Alistair Cox, voilà pour l’ambiance générale de ce roman au style très soigné.  Prenez votre temps, au gré de son long phrasé, car il en est question,  (de temps) : de ses différentes qualités selon les âges de la vie, des façons de le suspendre grâce aux mots, de le capturer grâce aux machines. Et justement, l’empereur Quianlong, souhaite élargir la palette de ses pouvoirs en en devenant le maître. Il missionne donc Cox et ses collègues anglais afin qu’ils lui fournissent l’horloge ultime, celle qui mesurera et domptera la course du temps dans toutes ses nuances mais qui lui restera réservée.

Prétexte à réflexion sur le pouvoir, ce livre se déroule sans grands fracas et son rythme est conditionné par les décisions du souverain, laissant l’esprit des horlogers reprendre le dessus et se laisser envahir par la mélancolie, les doutes sur le projet les éloignant de  l’instant présent.

En mettant leurs talents en commun, les trois maîtres en leur domaine, qui veillaient à présent leur compagnon défunt, demeuraient parfaitement capables de transformer  en mécanismes les souhaits d’un empereur.

Giuseppe Castiglione « Portrait équestre de Quianlong lors de la grande inspection de 1739 »

Ce roman hors du temps peut donc plaire à différents publics, j’ai même senti un frisson de fantastique à la Mary Shelley à un moment.

L’auteur s’est inspiré de l’ empereur Qianlong, souverain omnipotent, cultivé, poète et amateur d’Œuvres d’art. Cox a également existé mais sous un autre prénom.

A conseiller, donc , et pour le réserver et /ou voir une interview de l’auteur c’est ici !!

 

 

 

Le cadavre dans la Rolls de Michael CONNELY (Points)

Le hasard m’a dirigée une fois de plus vers un jeune lecteur trentenaire amateur de romans policiers. Je précise : c’est lui (l’usager du train qui l’utilise au quotidien pour se rendre à son travail) qui est venu s’assoir à côté de moi 😉 .

Il a acheté cet exemplaire à l’Association « Pas si bêtes »  qui finance des actions de protection d’animaux par la vente de livres  d’occasion.  OOh !! la belle idée ! Il a apprécie le style simple et efficace de cet auteur assez connu dont il a déjà lu d’autres titres. Et , apparemment, c’est un grand lecteur !

Ces rêves qu’on piétine Sébastien Spitzer Les Editions de l’Observatoire 2017

Un premier roman remarqué de cette rentrée littéraire !

Deux histoires se mêlent puis se rejoignent. Celle de Magda, jeune fille ambitieuse qui se marie avec l’un des dirigeants du Reich, Joseph Goebbels. On la suit jusqu’à la fin, mère et épouse modèle avec ses six enfants, dans le bunkerCes rêves qu'on piétine_Spitzer d’Hitler. En parallèle, un groupe de rescapés des camps essaie de survivre parmi la population hostile. Parmi eux, il y a Féla et  Ava, sa fille, ultimes gardiennes de mystérieux manuscrits.

Ce livre rappelle celui du Prix Femina La Disparition de Josef Mengele, récemment chroniqué. On suit la vie de Magda, qui n’inspire guère la sympathie. On retrouve dans son comportement la froideur et l’égocentrisme du fameux docteur Mengele. Le contraste avec le combat de Féla et sa fille n’en est que plus accentué. Certains passages sont assez dures. Les nombreux personnages du roman donnent une idée des couleurs de l’âme humaine, du noir au blanc, toutes les nuances se retrouvent. Ce roman a le mérite de donner corps à l’histoire sous un angle plutôt original et documenté.

 

 

« Le miroir d’ambre » de Philip PULLMAN ; trad. par Jean ESCH

Sur les conseils d’une amie, cette lectrice de 30 ans, fidèle utilisatrice du TER a tenté cette série. Elle aime le fantastique en général et apprécie l’écriture simple de cet auteur.  Elle trouve également le personnage principal attachant.

Cela montre, une fois de plus, que des adultes lisent des auteurs destinés à la base à la jeunesse.

Ce titre fait partie de la trilogie classique de la littérature jeunesse :  » A la croisée des mondes » à réserver  ici , sur le catalogue de la Médiathèque départementale du Haut-Rhin

Un dernier titre récent (déjà encensé) vient de sortir : « La belle sauvage »,  premier tome d’une série « La trilogie de la poussière »