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MUDWOMAN de Joyce Carol OATES ; traduit de l’américain par Claude SEBAN

maraisMudwoman , paru en 2013 est un roman puissant et sans concession qui nous donne à voir le portrait d’une femme arrivée au sommet, absolument seule, mais au prix de sa santé mentale.

On part de ce sommet atteint par l’adulte et on descend vers ses origines pour comprendre par des va-et -vient les rapports entre les deux personnages.Mais la rechute n’est pas loin, la boue colle au personnage qui perd contrôle.

Mudgirl a été abandonnée dans les marais par une mère délirante, corsetée par des concepts religieux très rigides et une immense pauvreté. Celle qui a été engloutie et recrachée par les marécages se fera rebaptiser du prénom de sa soeur, disparue en même temps qu’elle, par des services sociaux débordés. Malgré cela, elle n’aura de cesse de gravir les échelons qui pourraient l’éloigner de cette espèce de soupe primitive. Les marécages sont les mêmes que ceux ayant servi  de toile de fond à la saison1 de la série TRUE DETECTIVE et du film MUD , c’est dire le mystère qui baigne le roman.

Il y est question de volonté, de contrôle, de solitude, d’intellectuels qui se construisent loin de toute sentimentalité « gluante ».

Le style est au service d’ une introspection de tous les sentiments ressentis par le personnage principal, même les plus inavouables !!

 

Décès de deux figures des lettres

Henning Mannkell, grand maître du polar nordique, est mort à 67 ans lundi dernier. On pourra lire son avant-dernier livre « Sable mouvant, fragments de ma vie » au Seuil. Il s’y interrogeait sur le sens de la vie après la découverte de son cancer. On relira avec bonheur les aventures de Wallander ou les livres jeunesse dont il était aussi l’auteur.

Dans un autre registre, Christine Arnothy vient de disparaître elle aussi. Son livre « J’ai 15 ans et je ne veux pas mourir » a marqué le milieux des années 50. D’origine hongroise, elle revenait sur son périple pendant la guerre. Elle écrira encore une cinquantaine d’oeuvres. Elle a reçu le Prix Interallié pour « Toutes les chances sauf une » en 1980.

Nummer de Frédéric Staniland Scrinéo

En septembre 1939, Toni, un jeune autrichien, fuit les nazis. Il trouve refuge à Algolsheim chez Auguste et sa fille Cathel. Un jeune journaliste et une réfugiée alsacienne se joignent au groupe. Bientôt, celui-ci doit évacuer le village. En parallèle, à notre époque, Séraphin, un octogénaire, est appelé à trier les affaires d’un ancien ami. Il découvre un livre étrange intitulé Nummer, qui le ramène aux années de guerre.Staniland

Ce roman permet une meilleure connaissance de la Seconde guerre mondiale, notamment en Alsace. L’auteur a eu le souci de joindre des informations complémentaires à la fin de son livre. L’intrigue est prenante jusqu’aux dernières pages. Les personnages, d’âges différents, sont attachants et leurs réflexions souvent pleines d’humour. Un bon roman historique basé sur des faits méconnus.

 

Rentrée littéraire Romans étrangers

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Ils sont peut être moins médiatisés que les romans francophones, mais les étrangers sont bien présents sur les 589 sorties de la rentrée littéraire.

La thématique de l’exil (ou, les racines) revient dans plusieurs des romans sélectionnés ici (pour la plupart issus de la sélection pour le Fémina étranger). Le mensonge et ses conséquences à assumer est aussi de la partie.

  • « La Neige Noire » de Paul LYNCH, l’histoire d’un exilé parti aux Etats-Unis et de retour dans son pays, l’Irlande. Il n’y rencontre pas la bienveillance escomptée.
  • « D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds : chronique familiale » de Jon Kalman STEFASSON. Un voyage en Islande à travers l’évocation de la vie des  grands-parents du narrateur, pêcheurs en Islande, puis sa jeunesse pour nous conduire jusqu’au présent.
  • « La couleur de l’eau » de Kerry HUDSON (Ecosse). Encore une histoire d’exil . Alena , une jeune russe sans papier entame une relation avec Dave qui semble exilé dans son propre pays, l’Angleterre.
  • « J’ai vu un homme«  de Owen SHEERS (Angleterre). Un homme détruit par le décès de sa femme, s’installe à Londres et s’imisce dans la vie une charmante famille qui l’a aidé à son arrivée.La culpabilité et la recherche du pardon sont au rendez-vous de ce récit où les apparences mènent le bal.
  • « Tous nos noms » de Dinaw MENGESTU (Etats-Unis). Un homme, rattrapé par son passé alors qu’il a fuit son pays pour les Etats-Unis dans les années 1970.
  • « L’imposteur » de Javier Cercas (Espagne). Inspiré par un personnage réel, imposteur n’ayant jamais connu les camps, mais à la tête d’une association de survivants de l’Holocauste.
  • L’imposture, ici mais, cette fois pour sauver une personne avec  » Neverhome » de Laird HUNT (Etats-Unis)
  • « Et ne restent que des cendres » de Oya Baydar pour nous replonger dans la Turquie des années 70.
  • « Péchés capitaux » de Jim HARRISON (Etats-Unis). Où l’on retrouve l’inspecteur Sunderson en quête de tranquillité et de quelques poissons.  C’est sans compter avec ses voisins dégénérés adeptes de toutes formes de violences qui vont le forcer à sortir de sa réserve.
  • « En toute franchise » de Richard FORD (Etats-Unis) Un autre retraité qui ne peut profiter de son repos.Après le passage de Sandy, il doit régler ses comptes et affronter le passé.
  • Et « Zone d’intérêt » Martin AMIS qui transforme le système des camps de concentration en royaume ubuesque.

Vous les trouverez en tout cas dans notre catalogue dans quelques temps.

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En marge des sélections de la rentrée littéraire, une autre sélection de titres anciens

logo-actualittePour la rentrée littéraire, le site Actualitté.com nous propose de nous pencher sur 20 titres qui ne sont peut être pas récents, mais qui n’en sont pas moins de qualité, pertinents et pas onéreux, certains sont du domaine public, donc gratuits.

Et ça tombe bien, nous en avons plusieurs dans notre catalogue

Il y en a encore issus de cette liste à chercher ici et pensez  à ces titres en version « Livres lus « .

 

La femme au miroir de Eric Emmanuel SCHMITT

SCHMITT9092015Cette fois, le livre épinglé a été acheté en librairie par une jeune fille d’environ 20 ans qui se déplace souvent en train pour son travail mais pas toujours aux mêmes horaires.Chez cet auteur, elle aime beaucoup découvrir de quelle façon dont il arrivera à faire de plusieurs histoires, un récit. En l’occurrence, il s’agit au départ de trois femmes vivant à des époques  et dans des lieux différents qui ont en commun le désir d’échapper à l’image qu’on a d’elles.

 

 

Les Oubliés du dimanche Valérie Perrin Albin Michel

Justine Neige, 20 ans, est aide-soignante dans une maison de retraite. Elle aime s’occuper des résidents et recueillir leurs histoires, en particulier celle d’Hélène. Cette dernière a souffert de ne pas savoir lire. Devenue couturière, elle rencontre Lucien qui lui apprend le braille. C’est le début d’un amour exceptionnel. De son côté, Justine s’efforce de ne pas s’attacher. Ses rencontres en discothèque sont en général sans lendemain.  Elle et son cousin sont orphelins depuis l’accident de voiture de leurs parents. Ils vivent avec leurs grands-parents. Depuis quelques temps, un mystérieux corbeau appelle les proches des résidents pour leur annoncer leur mort. Les personnes âgées reçoivent alors des visites et ne sont plus ces « Oubliés » du dimanche. Mais l’enquête pour démasquer le corbeau va faire resurgir des éléments troublants concernant la famille Neige.oubliés

Un premier roman vraiment réussi !

Le deux histoires, celle d’Hélène et de Justine, s’entremêlent et réussissent à nous captiver jusqu’à la fin.

Le livre aborde aussi des sujets délicats, celui de la vieillesse notamment. Il met en avant la richesse des relations intergénérationnelles, pas toujours préservées. Il y a aussi les secrets de famille qui sommeillent, même dans les familles les plus banales en apparence.

C’est un livre pour les grands enfants qui aiment encore qu’on leur raconte des histoires !

Il y a 100 ans… le génocide arménien

Pour ne pas oublier, voici quelques romans parus ces dernières années.

 

Erevan de Gilbert Sinoué Flammarion 2009  erevan

Un roman qui permet de situer le déroulement des faits et ouvre la réflexion.

 

Un certain mois d’avril à Adena Daniel Arsand Flammarion 2011adana

Daniel Arsand revient sur les événements du mois d’avril 1909, prémices du génocide.

 

Les Enfants de l’oubli Raffy Shart Le Cherche Midi 2012shart

La saga romanesque de deux jeunes gens amoureux à travers le siècle et les continents.

 

L’ Etrangère Valérie Toranian Flammarion 2015l_etrangere

Valérie Tornian dresse le portrait de sa grand-mère, rescapée du génocide. A la fois drôle et bouleversant…

 

 

 

Dans les Yeux d ‘Anouch Roland Godel Gallimard jeunesse 2015Anouch

Les aventures d’une adolescente et de sa famille déportées dont l’exode durera cinq années.

 

 

 

 

Ces romans ont en commun d’avoir été écrits par des enfants de ou petits-enfants de victimes du génocide (à part le roman de Gilbert Sinoué). Les auteurs se sont souvent heurtés au mur de silence dont se sont entourés leurs proches. La transmission des événements s’est faite tardivement, dans des familles parfois partagées entre plusieurs cultures. Mais, comme pour d’autres génocides, la nécessité de témoigner se fait de plus en plus prégnante…