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Le cadavre dans la Rolls de Michael CONNELY (Points)

Le hasard m’a dirigée une fois de plus vers un jeune lecteur trentenaire amateur de romans policiers. Je précise : c’est lui (l’usager du train qui l’utilise au quotidien pour se rendre à son travail) qui est venu s’assoir à côté de moi 😉 .

Il a acheté cet exemplaire à l’Association « Pas si bêtes »  qui finance des actions de protection d’animaux par la vente de livres  d’occasion.  OOh !! la belle idée ! Il a apprécie le style simple et efficace de cet auteur assez connu dont il a déjà lu d’autres titres. Et , apparemment, c’est un grand lecteur !

Ces rêves qu’on piétine Sébastien Spitzer Les Editions de l’Observatoire 2017

Un premier roman remarqué de cette rentrée littéraire !

Deux histoires se mêlent puis se rejoignent. Celle de Magda, jeune fille ambitieuse qui se marie avec l’un des dirigeants du Reich, Joseph Goebbels. On la suit jusqu’à la fin, mère et épouse modèle avec ses six enfants, dans le bunkerCes rêves qu'on piétine_Spitzer d’Hitler. En parallèle, un groupe de rescapés des camps essaie de survivre parmi la population hostile. Parmi eux, il y a Féla et  Ava, sa fille, ultimes gardiennes de mystérieux manuscrits.

Ce livre rappelle celui du Prix Femina La Disparition de Josef Mengele, récemment chroniqué. On suit la vie de Magda, qui n’inspire guère la sympathie. On retrouve dans son comportement la froideur et l’égocentrisme du fameux docteur Mengele. Le contraste avec le combat de Féla et sa fille n’en est que plus accentué. Certains passages sont assez dures. Les nombreux personnages du roman donnent une idée des couleurs de l’âme humaine, du noir au blanc, toutes les nuances se retrouvent. Ce roman a le mérite de donner corps à l’histoire sous un angle plutôt original et documenté.

 

 

« Le miroir d’ambre » de Philip PULLMAN ; trad. par Jean ESCH

Sur les conseils d’une amie, cette lectrice de 30 ans, fidèle utilisatrice du TER a tenté cette série. Elle aime le fantastique en général et apprécie l’écriture simple de cet auteur.  Elle trouve également le personnage principal attachant.

Cela montre, une fois de plus, que des adultes lisent des auteurs destinés à la base à la jeunesse.

Ce titre fait partie de la trilogie classique de la littérature jeunesse :  » A la croisée des mondes » à réserver  ici , sur le catalogue de la Médiathèque départementale du Haut-Rhin

Un dernier titre récent (déjà encensé) vient de sortir : « La belle sauvage »,  premier tome d’une série « La trilogie de la poussière »

Ultimes sélections de romans

 

Plusieurs revues ou journaux nous ont proposé leur sélection pour l’année 2017, toujours utile et surtout en période post « mauvais choix de Noël  »

Le Monde des livres : Le monde des Livres : Les meilleurs livres de l’année 2017

Magazine Elle Les 17 meilleurs livres de l’année 2017 selon le magazine Elle

Les Inrockuptibles : Le top 25 des livres 2017

Le choix des critiques de Livres Hebdo

Ceux de Télérama : une partie est proposée par les rédacteurs, une autre par des  lecteurs

Nouvel Observateur

Pour les livres en VO, donc susceptibles d’être traduits (essentiellement américains)

Le New York Times The 10 best books of 2017

Réseau social Goodreads : The winners of the 2017 goodreads choice awards

L’année 2017 est vraiment terminée, place à 2018 et sa rentrée littéraire de janvier !!

 

Nos romans préférés en 2017 : sélection d’Aurélie , Bénédicte et de quelques collègues de la Médiathèque départementale 68

L’année s’achève et souvent, cela signifie : bilan. Et bien, pas de chiffres ici, mais des coups de cœur lus et plus qu’appréciés par les deux blogueuses de Larges Visions. Ceux qu’on conseille autour de soi en espérant qu’ils bouleverseront, transporteront, feront du bien, résonneront avec les pensées les plus profondes des lecteurs qui les découvriront en se disant : « c’est tout à fait ça !! »

Et les mêmes qui, parfois, n’ayant  rien provoqué de tout cela à leurs lecteurs nous feront nous poser des questions avant de se dire que, ce ne sont « que » des livres et ils sont chaque fois différents selon leur lecteur. Ouf !

Donc, il s’agit de romans qui ont été chroniqués pour la plupart sur le blog.

Pour les étrangers traduits, je propose :

Margaret Atwood : La servante écarlate. Editions Robert Laffont chroniquée ici
Jean Hegland : Dans la forêt. Éditions Gallmeister. voir ici
Lauren Groff : Les Furies. Editions de l’Olivier ici
Colson Whitehead : Underground Railroad. Prix Pulitzer. Éditions Albin Michel  ici
Naomi Wood : Mrs Hemingway. Quai Voltaire (édition) ici

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour les francophones, Aurélie a particulièrement aimé :

Monica Sabolo : Summer. Éditions JC Lattès / Le Masque c’est ici
Cécile Coulon : Trois saisons d’orage. Éditions Viviane Hamy , ici
Sébastien Spitzer : Ces rêves qu’on piétine. Éditions de l’Observatoire.

Ces rêves qu'on piétine_SpitzerTrois saisons d'orage_Cécile Coulon

 

 

Pour compléter l’offre, voici les choix de plusieurs collègues :

Paolo Cognetti : Le Garçon sauvage. Editions Zoé Du même auteur : « Les huit montagnes » avait été chroniqué ici

Andrus Kivirähk : L’Homme qui savait la langue des serpents. Éditions Attila

 

Michel Le Bris : Kong. Editions Grasset et Fasquelle

Olivier Norek Officiel : Entre deux mondes. Editions Michel Lafon
Erwan Larher : Le livre que je ne voulais pas écrire. Quidam Editeur.
Naomi Ragen : Le Silence de Tamar. Editions Yodea.
Craig Johnson : La Dent du serpent. Éditions Gallmeister

Stéphane Bataillon : Où nos ombres s’épousent. Éditions Bruno Doucey (Poésie)


Jeanne Benameur : L’Enfant qui. Actes Sud.

Pour le rédacteur du blog Alsace et  alsatiques de la MD68 :

Barbara Honigmann : L’Agent recruteur. Éditions Denoël.
Régine Robin : Un roman d’Allemagne. Editions Stock
En VO / Barbara Honigmann : Chronik meiner strasse. Hanser Literaturverlage. Voir la chronique

Nathan Hill : Les Fantômes du vieux pays. Gallimard
Kate Atkinson : L’Homme est un dieu en ruine. Éditions JC Lattès / Le Masque.
Douglas Coupland : Miss Wyoming. Au diable vauvert.
Virginie Despentes : Vernon Subutex 3. Editions Grasset et Fasquelle.
James Runcie : Sidney Chambers et les périls de la nuit. Actes noirs / Actes Sud.

Et, aimons nous les uns les autres, ne boudons pas les polars ni la Science fiction :

Sir Arthur Conan Doyle : Le Chien des Baskerville
Fred Vargas : Quand sort la recluse. Flammarion
Pierre Lemaitre : Travail soigné. Le Livre de Poche.

En direct du blog  Mauvais Genres 68 
Jo Walton : Mes vrais enfants. Éditions Denoël Chroniqué également ici
Christelle Dabos : La Passe-Miroir. Gallimard Jeunesse
Erika Johansen : La Reine du Tearling. Éditions JC Lattès / Le Masque
Becky Chambers : L’espace d’un an. Éditions L’Atalante

Sur la page Face Book de la MD68, il y aussi quelques références  de séries,  BD et de musique

ET si vous aimez ça, des sélections faites par des revues suivront !

Donc, arrive le temps des bonnes résolutions du style : je ne lirai pas forcément jusqu’au bout les livres  que j’ai repérés et qui ne me plaisent pas vraiment, ou/et : je ne serai pas trop optimiste quand je sauterai sur tous les romans qui m’attirent mais que je sais pertinemment que n’aurai pas le temps de lire.

En attendant de les mettre en application, je vous souhaite une bonne transition vers l’année 2018 et la rentrée littéraire de janvier !!

« LES FURIES » de Lauren GROFF; Trad. de Carine CHICHEREAU

Le titre original  « Fates and Furies » (Fortunes et Furies) n’a rien à voir avec « Fast and furious », à part qu’il illustre l’humour dont peuvent faire preuve les deux personnages et leur amour des formules (1). Ou alors le caractère irrésistible et furieux de leur destinées.  

 

Ces deux là : Lotto et Mathilde forment un couple glamour et brillant envié de tous qui, lorsqu’il ne suscite pas de jalousie, provoque les questions. Comment font-ils pour être si parfaits, si beaux, si amoureux, pour réussir professionnellement ?  Mathilde est dévouée à son mari habité par Shakespeare et devenu dramaturge à succès. Et c’est étrange lorsqu’on est intelligente et lucide comme elle.

 

Il y a certainement des failles, il y en a dans tous les couples. L‘auteure va se faire un malin plaisir à démonter la superbe mécanique pour nous et à remonter vers les origines de la création de ces deux personnalités façonnées par leur volonté de s’extirper d’eux mêmes. Parce que même s’ils semblent bénis des dieux, ils ont baignés dans le drame et la souffrance originels.

Après une lecture par le professeur de littérature :

Une pièce inconnue s’illumina à l’intérieur de Lotto. Voilà la réponse à toutes ses questions. On pouvait laisser son moi de côté et se transformer en quelqu’un d’autre. On pouvait réduire au silence la chose la plus effrayante du monde.- une classe d’adolescents. Lotto errait dans le vague depuis la mort de son père. En cet instant, il retrouva toute son acuité.

La mère abusive de Lotto  participe activement à cette ambiance tragique et désespérée dont on veut se libérer à tout prix.

Les fêtes avec leurs amis « fidèles » se succèdent à toutes les époques et les masques tombent pour notre plus grand plaisir  au cours de ce superbe thriller psychologique dont la victime est le couple.

Couverture de l’édition US

Pour voir le résumé ou réserver , c’est ici

Trois saisons de l’orage Cécile Coulon Viviane Hamy 2017

Voilà, j’ai enfin pu lire ce roman très réservé ! Et pour cause…

Trois saisons d'orage_Cécile Coulon

Fontaine est un endroit reculé qui ne doit son essor qu’à l’entreprise d’extraction de pierre qui s’y est installée. Les Trois Gueules, d’énormes falaises, écrasent le paysage et semblent imposer leurs règles. André, jeune médecin venu de la ville, tombe amoureux du lieu et s’y installe. Insensible à la sourde menace, il est bientôt rejoint par son fils.

Fresque romanesque sur trois générations, ce livre aborde le thème de la ruralité, opposé au monde de la ville, celui des classes sociales et de l’empreinte de la nature sur l’homme.

Cécile Coulon excelle dans la description des paysages et des sentiments. Les portraits de ses personnages sont bien brossés. Bref, on rentre vite dans l’histoire pour ne plus la quitter. Un livre que l’ont peut conseiller aussi aux amateurs de terroir sensibles à la qualité de l’écriture.

« Underground Railroad » de Colson WHITEHEAD ; trad. de Serge CHAUVIN

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE D’AMERIQUE

© CHIP SOMODEVILLA/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Première phrase : « La première fois que Caesar proposa à Cora de s’enfuir vers le Nord, elle dit non »

Dernière phrase : « Elle se demanda d’où il avait fui, quel enfer c’était, et quel long chemin il avait dû parcourir avant de pouvoir laisser tout ça derrière lui »

Une plongée dans les racines économiques et humaines du racisme aux Etats-Unis, c’est ce que propose ce livre.  Et notre guide sera Cora, esclave qui va fuir sa plantation de coton en Géorgie en traversant  les Etats-Unis en plein bouleversement . Du sud esclavagiste au nord abolitionniste, elle fera tout (et même le pire) pour accéder à sa liberté via le légendaire réseau d’entraide multicolore L’UNDERGROUND RAILROAD. Le coup de maître de l’auteur, c’est d’avoir donné corps à ce réseau clandestin  humain et routier matérialisé dans le livre par un maillage complet de voies de chemin de fer souterrain.

 

Mais ce n’est pas le seul point remarquable de ce livre ( qui fera partie de ma liste de préférés de 2017 ) . En plus d’être un plaidoyer contre l’esclavagisme d’un point de vue moral, il explique les rouages de sa « justification » économique dans la création du système économique des Etats-Unis. Les plantations de coton doivent être rentables et nécessitent leur chair fraîche venue d’Afrique, puis ensuite,  (dans des conditions moins inhumaines venant de pays « pauvres  » comme l’Irlande, l’Allemagne).

« Des corps volés qui travaillaient une terre volée » (aux indiens). « C’était une locomotive  qui ne s’arrêtait jamais dont la chaudière avide se nourrissait de sang ».

L’histoire des USA  et la période trouble avant la guerre de Sécession entraînera une chasse aux sorcières souvent  à base de vengeances personnelles dont seront victimes beaucoup de citoyens américains un peu comme en France pendant l’occupation.  Cet aspect pourrait intéresser certains lecteurs friands de fond historique.

Pour les africains, le système était basé sur un refus de leur accorder le statut d’humain. Ils n’avaient pas les droits inclus dans la Déclaration d’indépendance concernant les hommes qui « Naissent égaux en droits » ce qui laissait le champ libre à toutes sortes de défoulements sadiques. Et, on a beau savoir et avoir vu des images, la descriptions de la violence des plantations reste terrifiante. Pour avoir une idée de l’ambiance du livre, j’ai retrouvé une sorte de  « Django Unchained » sans le côté grand guignol  furioso de Quentin TARANTINO mais avec cette même volonté obstinée de se libérer.

Couverture de l’édition US

Cora sera prise en chasse par un implacable mercenaire à la solde des esclavagistes.  Même enragée, cela ne l’empêchera pas de se rendre compte de la prise de risques venant de certains américains blancs et de l’égoïsme de certains noirs. Elle se posera sans cesse des questions et évoluera au gré de ses rencontres malveillantes et bienveillantes pour aboutir à des conclusions lucides parfois complexes.

« Etre libre, ce n’est pas une question de chaînes, ni d’espace disponible. Sur la plantation, elle n’était pas libre, mais évoluait sans restriction, elle goûtait l’air frais et suivait la course du soleil l’été ».

 

 

 

« Wendigo » de Graham MASTERTON ; trad. de François TRUCHAUD


Pour amateurs de littérature bien trempée et pour changer du roi Stephen King : un  titre mêlant enquête sur des disparitions d’enfants, surnaturel et chamanisme. C’est justement  ce genre d’atmosphère du  livre qui a attiré ce lecteur de 40 ans environ. Il s’est lancé et l’a emprunté dans une médiathèque 🙂 car il ne connaissait pas l’auteur. Il lit un livre par mois alors qu’étant enfant, il ne lisait pas.

Il n’a pas été déçu par l’histoire, même si le style de l’écriture un peu simpliste ne l’a pas emballé.

Si vous voulez en savoir plus et /ou l’emprunter, c’est par

Bénédicte WK