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Nouveautés et rentrée littéraire

J’attends la rentrée littéraire avec autant d’impatience que de … crainte. Eh oui ! En quelques semaines, il va falloir choisir les romans qui nous paraissent les plus intéressants mais aussi ceux susceptibles de remporter un prix. Et ce ne sont pas toujours les mêmes ! Nous devons clôturer nos commandes fin octobre, juste avant les verdicts des différents jurys. Alors vite, vite !

Mes coups de cœur 😛 et de griffes 😡 :

Une Bête au paradis de Cécile Coulon L’iconoclaste  😛

Un roman rural noir qui peut séduire les amateurs de terroir et de littérature. Blanche est issue d’une lignée d’agriculteurs attachés à leurs terres. Après l’accident qui coûta la vie à ses parents, elle grandit avec son frère sous l’aile d’Émilienne, la grand-mère et de Louis, l’employé de ferme. Pour Blanche, la ferme du Paradis est un monde à lui seul et la satisfait pleinement. Mais, suffira-t-il à Alexandre, son amoureux ?

J’ai aimé l’histoire de ces femmes fortes et intransigeantes qui s’épanouissent au contact de la terre et de la nature. Ces destins en rappellent d’autres dans les campagnes. Et puis, il y a aussi l’ombre du malheur qui plane sur chacun des personnages, celle de la perte des parents, la peur de la solitude et de l’isolement. La tension s’accroît au fil du roman et laisse augurer un mauvais présage.

Un roman facile à lire et addictif qui rappelle que la bestialité de l’homme n’a pas disparu.

La Soif  d’Amélie Nothomb Albin Michel  😐

Il faut reconnaître à Amélie Nothomb du talent et de l’originalité. Son écriture est alerte. Quant aux histoires, elles plaisent ou déplaisent, c’est selon. Alors quand l’auteur est sur la liste du Goncourt et que les critiques annoncent un bon cru…

Amélie nous raconte sa version de la crucifixion de Jésus avec panache et humour. Au procès de Jésus, les miraculés viennent se plaindre. L’aveugle aurait souhaité le rester : avoir retrouvé la vue lui montre le côté détestable de la vie. Le paralytique se plaint également. Jésus pense à Marie-Madeleine et à la vie de famille qu’il aurait pu avoir. Heureusement, il a une propension à sortir de son enveloppe charnelle, ce qui va lui être bien utile…

Bref, difficile d’accrocher à une histoire connue, interprétée, réécrite, malmenée ou parfois transcendée… Je n’ai pas accroché à cette énième version que j’ai trouvé fade. Un livre entamé puis abandonné, repris et lu en diagonal pour finir…

La Terre invisible d’Hubert Mingarelli Buchet-Chastel  😐 

Grosse déception !

Une photographe assiste à la libération des camps, prend des photos et fait chaque nuit des cauchemars. Il part avec une jeune recrue photographier les habitants. Les deux hommes semblent chercher des réponses à l’indicible, certes, mais aussi à des questions plus intimes. Et là, le mystère s’épaissit et ne se résoudra jamais.

Pour moi, il manque quelque chose à ce roman dont le sujet était porteur.

Le Bal des folles de Victoria Mas Albin Michel  😐

Là encore un thème porteur ! Il s’agit de la question de l’enfermement des femmes à la fin du XIXème siècle et des prémisses de la psychiatrie sous la houlette du docteur Charcot. Les internées de La Salpêtrière se préparent au bal annuel de la mi-carême. Parmi les malades, il y a des femmes souffrant de diverses maladies (épilepsie, hystérie…), des victimes d’agression mais aussi des femmes exclues de la société pour préserver la notoriété de leur famille. Moyen facile pour les hommes de se débarrasser d’une épouse ou d’une fille gênante… C’est le cas d’Eugénie qui dialogue avec les morts. Il y a aussi, fait plus rare, les recluses volontaires comme Thérèse, ancienne prostituée.Ces femmes  vivent en communauté dans des conditions difficiles. Elles sont considérées plutôt comme des bêtes de foire que des patientes. Geneviève, infirmière pourtant endurcie, en prend peu à peu conscience.

Le roman fait se croiser des thématiques différentes (le développement du spiritisme et la maladie mentale). Ces deux sujets intéressants auraient mérité un développement peut-être séparé, en tous cas, plus conséquent. Ils ne sont abordés que superficiellement. Dommage ! Une auteur à suivre néanmoins.

 

 

 

 

 

 

 

« Et Nietzsche a pleuré » de Irvin YALOM ; Traduction par Clément BAUDE

Ce livre est un cadeau fait à une lectrice d’environ 60 ans, psychologue de profession qui prend le TER régulièrement.  Au départ, c’est le sujet qui a déterminé la proposition.

Il est ici question de la rencontre fictive orchestrée par Lou-Andréas Salomé, entre Josef Breuer, un des pères de la psychanalyse,  collègue de Freud, avec Friedrich Nietzsche. Dans la réalité, ils ne se sont jamais rencontrés mais ils auraient pu car les premiers psychanalystes se sont inspirés de la pensée de Nietzsche .

Elle a aimé les éléments de réalité qui font de ce roman un récit riche et intéressant.

Si vous voulez en savoir plus ou si vous voulez réserver ce titre dans une bibliothèque du réseau du Haut-Rhin c’est ici !!

 

 

A l’abordage des livres lus avec Le fils du vent de Henning MANKELL

venus

C’est mon premier livre lu ! En cette période de Noël propice aux longues préparations culinaires, je m’étais dit que je pourrais essayer d’écouter un livre lu dans la chaleur de ma cuisine plutôt qu’au fond de mon lit.

J’avais le choix, et, j’ai pris un auteur dont on a parlé récemment (suite à son décès). Mais j’avais déjà eu envie de lire cet auteur surtout connu pour ses romans policiers.

1875 : Hans Bengler, après des études de médecine abandonnées pour cause d’évanouissement à la vue des cadavres, décide mollement de prendre en main son existence.Il décide de partir pour le désert du Kalahari afin d’en ramener une espèce d’insecte nouvelle. Il épinglera en plus d’un spécimen de scarabée, un jeune bochiman, Kolo qu’il décide de sortir du malheur en le ramenant en Suède et en l’initiant à sa  culture après l’avoir rebaptisé. Dans cette décision, on sent plus l’envie de sortir de sa solitude et de son échec que l’action désintéressée et l’empathie.

La première partie correspond au voyage de l’entomologiste, l’élan positif,  la deuxième, au retour au pays accompagné de son fils adoptif , le racisme les barrières culturelles et la troisième à la réalité qui reprend le dessus. Et, du coup , on a plusieurs livres dans un seul : aventure et  témoignage social, conte moral où le sauvage n’est pas celui qui est désigné par ce mot.

Le suspens nous tient puisque, même si le caractère lâche et égoïste de Hans nous fait craindre les revers du destin. Le style est assez proche du langage parlé en général, au service de descriptions précises (scientifiques ?) laissant peu de place à l’introspection psychologique. Ce qui donne peut être ce sentiment de superficialité. Mais cette impression est atténuée par le personnage de Daniel, habité par l’esprit de ses ancêtres, les souvenirs de son ancienne vie et surtout sa volonté de revenir dans son pays, quitte à employer un moyen surprenant pour un esprit scientifique occidental.

A ce récit s’ajoute la lecture par une autre personne qui incarne les personnages, et situe l’expérience entre la lecture et le cinéma. Dans le cas présent , Guy MOIGN remplit bien son rôle et fait vivre les dialogues.

Au final, un bon roman de forme assez classique que j’ai eu envie de poursuivre jusqu’au bout du monde et qui m’a donné envie de lire  cet auteur.

Pour la version papier  de ce titre

Pour la thématique ségrégation et racisme, du même auteur,  voir « Un paradis trompeur »