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Les Bourgeois d’Alice Ferney Actes sud 2017

Ce livre a bénéficié d’un bon « bouche à oreille ». J’attendais donc de pouvoir le lire et quand je l’ai eu entre les mains, je m’y suis accrochée…

Alice Ferney nous raconte l’histoire d’une famille parisienne qui porte bien son nom, les Bourgeois. Elle en est d’ailleurs une descendante. Henri, le patriarche, né en 1895, va avoir huit garçons et deux filles. Leurs vies et celle d’Henry vont se confondre avec les grands évènements du siècle. Trois fils feront une carrière militaire. Tous les enfants seront élevés dans le respect de la patrie, de la religion et de la famille. L’évolution des mœurs débutera dans les années soixante avec la troisième génération. Mai 68 sera passé par là.Les-bourgeois_Ferney

J’ai mis du temps à m’emparer l’histoire. Il n’est pas facile, dans les premières pages, de retenir les nombreux personnages et leurs liens. L’ouvrage fait la part belle à l’Histoire, ce qui le place à mi-chemin entre le roman et le documentaire. Il rejoint le genre biographique, en vogue actuellement mais version « famille nombreuse ». Le livre est TRES dense. Si vous n’aimez pas l’histoire, il risque de vous tomber des mains. Le rôle des femmes, ici, est en totale conformité avec la classe et l’époque. Il s’agit de s’occuper des enfants. Nulle bluette ne viendra pimenter le récit. Ajoutons encore que le travail historique et l’écriture de l’auteur ont été soulignés.

De nos frères blessés Joseph Andras Actes sud 2016

téléchargementPour son premier roman, Joseph Andras réhabilite la mémoire de Fernand Iveton. Si son nom ne vous dit rien, c’est normal. Il s’agit d’un des nombreux oubliés de l’histoire, sacrifiés à la raison d’état. Il fut condamné en 1956 pour avoir posé une bombe dans un endroit isolé de son usine. Il n’y eut ni mort ni blessé. Fernand Iveton ne voulait pas sacrifier de civils, juste marquer les esprit et revendiquer le droit à l’autonomie des Algériens. Il subira la torture. L’auteur retrace les jours de détention mais aussi la vie de Fernand en insistant sur sa rencontre avec Hélène, sa femme. Il redonne vie et humanité au condamné. On comprend que son sort est étroitement lié aux circonstances politiques et au climat de guerre civil. M’intéressant peu à cette période de l’histoire, j’ai quand même apprécié ce récit, emmené par une très belle langue. Un prix Goncourt du premier roman mérité mais refusé par l’écrivain car « sa conception de la littérature n’est pas compatible avec l’idée d’une compétition ».