Archives de mots clés: adolescence

Wild song Janis Mackay Fleurus 2016

Niilo a 13 ans. Au lieu de rêves, ce sont des cauchemars qui hantent ses nuits. Le jour, il vole des portefeuilles pour pouvoir s’enfuir de chez lui. Dépassée par son agressivité, sa famille décide de l’envoyer à l’Ecole Sauvage, sur une île, sorte de centre de rééducation. Mais Niilo ne participe à rien jusqu’à sa rencontre avec Hannu, un animateur.

Ce sont des critiques élogieuses qui m’ont poussée à lire ce livre.  Mais mes sentiments sont partagés. La psychologie du

Wild Song de Janis Mackay

Wild Song de Janis Mackay

personnage est bien développée : le côté réfractaire à tout et en guerre contre la société. Par contre, j’ ai regretté un manque de réalisme et quelques longueurs. Niilo apprend à nager grâce à son éducateur et doué, réussi dans la foulée à nager en pleine mer…  plus de 10 kilomètres (?). La couverture, aussi, ne correspond pas à la description du personnage aux cheveux noirs et à l’aspect sami. Détails peut-être… Reconnaissons que l’histoire met en lumière un peuple, les Samis et un pays, La Finlande, assez méconnus. L’auteur, en intégrant assez habilement les croyances, donne un côté magique au récit . Je pense que ce roman d’apprentissage plaira aux adolescents et qu’ils passeront outre ce qui m’a gênée.**

Le Journal d’Aurore 1 . Jamais contente…toujours fâchée de Marie Desplechin et Agnès Maupré rue de Sèvres 2016

J’avais déjà lu le Journal d’Aurore. Je souhaitais me faire un avis de l’adaptation en bande-dessinée. Je l’ai lu d’une traite. Aurore est en 3ème. Elle est la cadette d’une famille de trois filles. Coincée entre une aînée au physique avantageux et une benjamine brillante, Aurore se sent le vilain petit canard. Il faut dire que ses résultats scolaires ne sont pas terribles. Le sort s’acharne puisque aucun de ses camarades ne trouve grâce à ses yeux à part sa copine Lola. Pire : elle ne ressent rien pour le garçon avec qui elle sort. Aurait-elle été victime d’un traumatisme dans son enfance ? Ses parents décident de l’envoyer vivre quelques temps chez sa mamie.

Le journal-d'Aurore de Marie Desplechin et Agnès Maupré

Une comédie sympathique sur la vie d’une collégienne : amies, amours, relations inter-générationnelles… Aurore est aussi énervante que touchante. Elle donne envie aux adultes de retourner en enfance et d’envoyer valser leurs soucis. Quant aux ados, nul doute qu’ils s’y retrouveront…

La bande-dessinée ajoute une dose d’humour à un roman qui n’en manquait pas ! J’ai apprécié les couleurs omniprésentes qui donnent une tonalité dynamique à l’ensemble.Pour moi, l’adaptation est réussie. ***

Les Règles d’usage de Joyce Maynard Philippe Rey 2016

Wendy, 13 ans, vit à New-York avec sa mère Janet, son beau-père Josh et Louïe son demi-frère de 4 ans. Lorsque sa mère part au travail, ce 11 septembre 2001, Wendy n’imagine pas que sa vie va basculer. Les heures passent sans que Janet ne donne signe de vie. Comment survivre à sa disparition ? Pour l’entourage de Janet, c’est une lutte de chaque instant : il faut trouver la force d’avancer malgré tout . « Ce qui paraissait le plus dingue [pour Wendy], c’étaient tous ces comportements ordinaires, en apparence normaux […] Se comporter, dans le monde extérieur en tout cas, comme si rien n’avait changé, alors que la vérité, c’était que plus rien n’était pareil – comme si tout le monde était complice de cette vaste mascarade ». Lors de la fête d’Halloween, Garrett, le père biologique de Wendy débarque à la maison. Il la connait à peine mais propose de l’emmener en Californie faire une pause. Pour Wendy, ce ne peut pas être pire que ce qu’elle vit. Elle accepte.joyce-mainard_-les-regles-dusage

Joyce Maynard décrit le processus de deuil qui frappe cette famille. Les souvenirs, bons et mauvais, affluent. Les disputes et les mots durs qu’on voudrait effacer et surtout, les moments de joie qui ne reviendront plus. Le voyage de Wendy prend alors la forme d’une quête initiatique. Elle fait la rencontre de personnages tourmentés qui l’aident à surmonter son deuil et à définir ses priorités. Elle puise dans la lecture et la musique des sources de réconfort. Enfin, elle (re) découvre un père avec qui elle a des comptes à régler.

C’est aussi un tableau de l’Amérique : celle du New-York post-11 septembre et celle de la Californie, des petits boulots, de la solitude et de la précarité parfois mais également celle des grands espaces et de l’aventure.

Un livre touchant et sensible sur un thème universel.

 

Tout l’amour est dans les arbres de Alessandro DE ROMA ; trad. par Vincent RAYNAUD

 

 

Sapins Photo BWK

Sapins Photo BWK

Et le mépris est partout…

Emilio et Pasquale, que tout différencie et surtout leur milieu d’origine nouent une relation addictive, fatale et malsaine dès leur rencontre alors qu’ils sont adolescents.Mais pas de sexualité  là dedans, du moins pas exprimée clairement, de la domination, seulement.
Voir décrits noir sur blanc des sentiments aussi négatifs, même si on les rencontre dans la « vraie vie », (et qu’on évite les personnes qui en sont porteuses), ça reste éprouvant pour moi. Pour la violence c’est la même chose, mais elle se voit et on a plus de chance de la repérer et c’est là toute la différence. Je reparlerai de ça à l’occasion de la critique à venir de « La femme qui avait perdu son âme » en cours de lecture.couverture du livre 3tout lamour est dans les arbres"

Donc, malgré toutes ses grandes qualités : style, histoire, thématique, l’introspection d’ Emilio, le narrateur,  tirant sa maigre énergie de l’humiliation qu’il inflige à son « ami » -esclave m’a mise dans un état de malaise persistant. Et c’est peut être le signe de la réussite du roman ! Mais ce n’est clairement pas la littérature qui me convient.

Le calvaire psychologique qu’il a  fait subir à Pascale, même s’il s’aperçoit que c’est le même que celui que la société tente d’infliger à ses membres est insupportable. Pas une once d’humour qui le sauverait peut être de la lâcheté qui le maintient au niveau du caniveau duquel même son éducation n’a pas pu le sortir.

Seule la forêt et les moments qu’il y partage avec son ami, lui permet de révéler son humanité et de faire taire enfin son cynisme. Il est rabougri et finit par vider de son amour toute relation qu’il tente d’avoir avec ses semblables : femme, frère…

Et c’est vrai que la beauté  de la Sardaigne aussi sauvage que les adolescents est magnifiquement rendue par la langue.

Au final, c’est lui qui se sentira blessé par la vitalité (toute relative) de Pasquale et les bienfaits apportés par cette amitié innocente des premières années ne suffiront à lui donner l’impression d’être meilleur qu’à la toute fin du livre.

Tandis que je conduisais en direction de chez moi, je sentais qu’il ne pouvais rien m’arriver de mal, car tout l’amour est dans les arbres, il  est en quantité inépuisable, pour peu qu’on ait le courage de lever les yeux et de se perdre dans l’entrelacs de choses sans limites qui renvoient les unes aux autres … Pascale avait fait de moi un homme meilleur.

Voilà, un grand auteur, mais pas fait pour moi !

Réservez le ici , sur le catalogue de la Médiathèque départementale 68

L’Eté de mes nuits blanches de Pauline Penot ed. Thierry Magnier

éténuitblancheGaël, 16 ans, souffre d’insomnie. Il voudrait arrêter de réfléchir :  à ses amis qu’il juge mieux que lui, à sa sœur qui réussit tout ce qu’elle entreprend, à son avenir morose… Son père lui propose de venir en vacances chez lui à Blois et de travailler, avec sa belle-mère, au château. Loin des vacances à Saint-Tropez qu’il invente pour ses copains, Gaël va pourtant vivre un été surprenant…

Roman initiatique intéressant et plein d’humour avec un foisonnement de thèmes. Le sujet du mal-être et de l’insomnie est ici abordé de front. Les références historiques au château de Blois et au poète François Villon enrichissent le roman.