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Déprimés, évitez cette rubrique !

Cette année, quelques auteurs ont abordé le thème de la mort. Leurs livres bouleversent, marquent et suscitent la réflexion. Alors si, en cette période propice à la dépression saisonnière, vous vous sentez malgré tout d’attaque. Voici quelques lectures.

Camille, mon envolée de Sophie Daull chez Philippe Rey raconte un drame, celui de la perte daulld’un enfant. Camille a 16 ans et plein de projets, notamment celui d’entrer à Sciences Po. Une vilaine grippe vient soudain contrarier ses vacances de Noël. Jour après jour, Sophie, sa mère, nous raconte la dégradation de son état : comment Camille s’est battue, comment les médecins n’ont pu déceler la bactérie qui la rongeait… Puis c’est le deuil, les réactions des proches, la peine incommensurable qu’il faut apprivoiser. Et la vie malgré tout, cette vie que Camille et Sophie aimaient partager avec humour.

La Maladroite d’Alexandre Seurat au Rouergue est un livre tout aussi révoltant. Inspiré d’un fait seuratdivers, il décrit la marche inexorable de Diana vers son destin tragique. Les témoins (institutrices, directeurs, assistantes sociales, médecins, proches) prennent tour à tour la parole. Certains ont dénoncé la maltraitance, d’autres ne l’ont pas vu. Diana, elle-même n’a pas voulu mettre en cause ses parents.Quand finalement les choses bougent enfin, il est trop tard.

Enfin, un livre particulier, dérangeant :

Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu chez Fayard. Le titre m’avait interpellé. S’agissait-il d’une recette miracle qu’on allait nous exposer ? L’histoire est moins drôle. Un médecin a perdu sa femme, sa raison de vivre. beaulieuC’est décidé : il va se suicider. Il rentre dans un taxi conduit par une dame âgée quelque peu exubérante. Elle lui propose un marché : attendre 7 jours avant de se suicider et faire tout ce qu’elle lui dira. Il s’en suit une série d' »épreuves » destinées à obliger le docteur à voir la mort en face. L’auteur réserve bien entendu une fin non convenue à l’étrange duo.

S’il n’a pas la même tonalité bouleversante que les deux autres, ce livre est néanmoins surprenant dans sa façon de traiter du suicide et de la mort.

Des romans qui parlent d’un sujet encore tabou, sans pathos mais aussi sans esquive…

Douze ans sept mois et onze jours Lorris Murail Pocket jeunesse

Walden a 12 ans, 7 mois et 4 jours. Il ne correspond pas vraiment à ce que son père attend de lui. C’est un piètre joueur de baseball, un garçon plutôt peureux selon son père. Celui-ci l’abandonne en pleine forêt du Maine, dans une cabane. téléchargementL’adolescent dispose de quelques conserves, un fusil et deux livres de H. D. Thoreau. Quel est le but de tout cela ? Jack Stephenson a-t-il décidé de faire subir une épreuve à son fils ? Quel père en viendrait à laisser seul son fils ? Walden tente d’évoluer dans cet environnement sauvage. Chaque jour, il note son âge sur un tronc d’un arbre. Bientôt, il découvre qu’il n’est pas seul et s’aventure loin de la cabane. C’est le début d’une longue course pour survivre. Roman initiatique et thriller passionnant, l’intrigue persiste jusqu’aux dernières pages. Les personnages principaux ont de multiples facettes qui concourent à épaissir le mystère. On retrouve des situations qui rappellent le maître du genre, Stephen King. La couverture est également réussie. A conseiller aux grands ados et adultes.