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Un été invincible d’Alice Adams Albin Michel 2017

Eté invincible_Alice AdamsRestons encore un peu en été, au moins avec le titre et la couverture de ce roman…

Nous suivons la vie de quatre amis, Eva, Benedict, Sylvie et son frère Lucien depuis leur rencontre en faculté dans les années 90 jusqu’à aujourd’hui. Dans ce quatuor, il y a évidemment un triangle amoureux. Et lorsqu’Eva part en vacances en Grèce rejoindre Benedict, nous supposons la suite. Mais la vie et les relations humaines se montrent parfois compliquées. C’est bien là que réside l’intérêt du roman. Les personnages évoluent au gré de leurs histoires et de l’histoire avec un grand H. Nous les voyons se dépêtrer avec leurs déconvenues et réussites professionnelles et personnelles. Si ce n’est le cadre, Londres, ces quatre-là pourraient très bien être nos amis. Dommage que l’auteur n’ait pas approfondi chaque personnage de la même façon. Néanmoins, cette fable des temps modernes reste un bon moment de lecture.

« On se croyait en marge de la société […]. Bon sang, on aurait été dégoûtés à l’époque si on avait su à quel point on était comme tout le monde, à quel point les gens sont les mêmes partout sur cette terre. C’est drôle, parce que cette idée a quelque chose de réconfortant aujourd’hui ».

 

Tout l’amour est dans les arbres de Alessandro DE ROMA ; trad. par Vincent RAYNAUD

 

 

Sapins Photo BWK

Sapins Photo BWK

Et le mépris est partout…

Emilio et Pasquale, que tout différencie et surtout leur milieu d’origine nouent une relation addictive, fatale et malsaine dès leur rencontre alors qu’ils sont adolescents.Mais pas de sexualité  là dedans, du moins pas exprimée clairement, de la domination, seulement.
Voir décrits noir sur blanc des sentiments aussi négatifs, même si on les rencontre dans la « vraie vie », (et qu’on évite les personnes qui en sont porteuses), ça reste éprouvant pour moi. Pour la violence c’est la même chose, mais elle se voit et on a plus de chance de la repérer et c’est là toute la différence. Je reparlerai de ça à l’occasion de la critique à venir de « La femme qui avait perdu son âme » en cours de lecture.couverture du livre 3tout lamour est dans les arbres"

Donc, malgré toutes ses grandes qualités : style, histoire, thématique, l’introspection d’ Emilio, le narrateur,  tirant sa maigre énergie de l’humiliation qu’il inflige à son « ami » -esclave m’a mise dans un état de malaise persistant. Et c’est peut être le signe de la réussite du roman ! Mais ce n’est clairement pas la littérature qui me convient.

Le calvaire psychologique qu’il a  fait subir à Pascale, même s’il s’aperçoit que c’est le même que celui que la société tente d’infliger à ses membres est insupportable. Pas une once d’humour qui le sauverait peut être de la lâcheté qui le maintient au niveau du caniveau duquel même son éducation n’a pas pu le sortir.

Seule la forêt et les moments qu’il y partage avec son ami, lui permet de révéler son humanité et de faire taire enfin son cynisme. Il est rabougri et finit par vider de son amour toute relation qu’il tente d’avoir avec ses semblables : femme, frère…

Et c’est vrai que la beauté  de la Sardaigne aussi sauvage que les adolescents est magnifiquement rendue par la langue.

Au final, c’est lui qui se sentira blessé par la vitalité (toute relative) de Pasquale et les bienfaits apportés par cette amitié innocente des premières années ne suffiront à lui donner l’impression d’être meilleur qu’à la toute fin du livre.

Tandis que je conduisais en direction de chez moi, je sentais qu’il ne pouvais rien m’arriver de mal, car tout l’amour est dans les arbres, il  est en quantité inépuisable, pour peu qu’on ait le courage de lever les yeux et de se perdre dans l’entrelacs de choses sans limites qui renvoient les unes aux autres … Pascale avait fait de moi un homme meilleur.

Voilà, un grand auteur, mais pas fait pour moi !

Réservez le ici , sur le catalogue de la Médiathèque départementale 68

Le Carrousel de Cyrielle RECOURA

Un livre léger et qui fait du bien pour la rentrée. Acheté après lecture de la 4è de couverture par une utilisatrice quasi quotidienne du TER dans le cadre de son trajet vers son lieu de travail.

Le premier jour, elle ne semblait pas très enthousiaste, mais je l’ai revue alors qu’elle abordait les dernières pages et là, les surprises ménagées dans le cette histoire d’amitié féminine ont fait leur petit effet positif bon pour le moral.
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Annabel de Kathleen WINTER . trad par Claudine VIVIER

Un thème très américain : la maîtrise de son destin traité ici avec beaucoup de sensibilité. A sa naissance, Wayne est hermaphrodite. Son père décide d’en faire un homme en optant pour une opération. Mais en secret, et dans sa relation avec sa mère et la meilleure amie de celle-ci, il agit « comme une fille ». Les longues absences de son père, trappeur, lui laissent la possibilité de se laisser envahir par cette « nappe souterraine »   qui va prendre toute sa place à l’adolescence. C’est à ce moment qu’il prend la décision d’arrêter complètement son traitement . Parallèlement, son amie d’enfance se fraie également son chemin pour concrétiser ses rêves. Tout au long du livre, le poids de la société se fait ressentir et le père en est aussi la victime, dans sa poursuite de son idéal d’homme à transmettre à son fils. J’ai beaucoup aimé les moments où il doit agir en fonction de cet impératif écrasant et qu’il laisse les animaux sauvages lui dicter la voie la meilleure pour son enfant. Ca a l’air un peu allumé, mais n’oublions pas qu’il est trappeur, le gars !  Le personnage de la mère est moins intéressant car moins paradoxal, mais il l’est tout de même, intéressant !  Au final, un livre d’apprentissage dont la musique est encore présente un an après la lecture.

 

Roman d'apprentissage ado hermaphrodisme nature relation père fils mère

Auteur Joshua EARLE Creative Common