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Des livres qui ont la cote…

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre Albin Michel 2018

Voilà une suite qui n’en est pas vraiment une…  Au Revoir là-haut, le précédent roman, Prix Goncourt, retraçait le destin funeste d’Edouard Péricourt, fils de bonne famille, devenu Eugène Rivière. Cet ancien soldat et gueule cassée avait monté une arnaque aux monuments aux morts avant de se suicider. Dans « Couleurs de l’incendie », quelques années ont passé. Nous suivons la vie de Madeleine, la sœur d’Edouard. Alors qu’elle enterre le patriarche de la famille, son fils, Paul, se jette par la fenêtre et devient paraplégique. Le sort continue de s’acharner sur elle puisque son oncle et le bras droit de son père, s’allient pour la dépouiller. Mais Madeleine, mue par la vengeance, n’est pas disposée à laisser perdre le patrimoine de son fils…Couleurs-de-l'incendie_Lemaitre

Pierre Lemaitre réussit à nous accrocher avec brio à son histoire qui devient une fresque familiale. Il nous peint l’époque de l’Entre-deux-guerres, ce monde changeant, fragilisé par les crises, où les grands bourgeois cèdent le pas aux industriels. Communistes et fascistes profitent du peu de stabilité politique pour gagner du terrain. C’est dans cette période trouble que se débattent les personnages du roman. Pierre Lemaitre les décrit si bien qu’on imagine déjà le film. Seul point un peu décevant : la trame de l’histoire. Le roman étant axé sur la vengeance de Madeleine, la fin est rapidement devinée dans ses grandes lignes. J’attends tout de même avec impatience la fin de la trilogie.

 

 

 

Autre livre qui a bénéficié d’un large écho :

Les Loyautés de Delphine de Vigan JC Lattès 2018

 

Les loyautés_de Vigan

Un livre qui se lit rapidement mais qui n’en est pas moins profond. C’est l’histoire d’une amitié entre deux adolescents, Mathis et Théo. « Ils n’ont pas eu besoin de parler pour savoir qu’ils pouvaient s’entendre. Il suffisait de se regarder ; communautés tacites – sociales, affectives, émotionnelles-, signes abstraits, fugaces, de reconnaissance mutuelle, qu’ils seraient pourtant incapables de nommer. » C’est aussi une histoire d’adultes et de couples. Céline, la maman de Mathis, vit mal ses origines sociales modestes par rapport à celles de son mari. Quant aux parents de Théo, séparés, accablés de tristesse et de rancœur, ils en oublient leur fils. Où commence la maltraitance ? Elle s’inscrit aussi dans les soins et l’attention qu’on ne donne pas. Théo sait se débrouiller alors il aide, remplace, et pallie les défaillances de ses parents. Pour supporter, il commence à boire et entraîne Mathis à sa suite. Mais Hélène, une professeur au passé abîmé, va déceler les signes d’une catastrophe imminente, au risque de dépasser les limites.

 

Ahlam de Marc Trévidic JC Lattès 2016

Paul, peintre de renom, se lie d’amitié avec un pêcheur de l’île de Kerkennah en Tunisie. Il tente de sauver son épouse, Nora, atteinte d’une leucémie et lui promet de s’occuper de ses deux enfants, Ahlam et Issam. Paul leur apprend la musique et la peinture. Il est à la recherche de l’accord parfait entre ces deux arts. Devenu adolescent, Issam se détourne du piano et se laisse influencer par un ami islamiste. téléchargement

Ce roman a reçu le Prix de la Maison de la presse 2016. Après des documentaires, Marc Trévidic se lance dans la littérature. Son métier de juge lui permet de bien connaître le phénomène du terrorisme et de l’embrigadement. Sous ce prisme, le roman est une réussite. Il décrit l’évolution de la société tunisienne cette dernière décennie : le Printemps arabe, le rôle d’en hada et la progression de l’islamisme. Les liens d’amitié et d’amour entre les protagonistes éclairent l’histoire ainsi que la beauté des paysages de l’île, parfaitement restituée. On se laisse facilement emporté par l’histoire, qui a parfois des allures de romance. Les recherches artistiques autour des liens musique/peinture m’ont paru  néanmoins quelque peu extravagantes.

Une lecture intéressante avec quelques bémols…

 

Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong JC Lattès 2015

Milo, 12 ans est sous la garde de sa tante Marguerite. Le drame arrive : l’enfant a un accident de vélo. Chacun s’en veut pardonnable_mais la coupable est toute désignée, c’est Marguerite. C’est elle, la fille mal-aimée, la belle-soeur envahissante, la soeur égocentrique. Mais, finalement, n’ont-ils pas tous leur part de responsabilité ? Les secrets de famille vont éclater au grand jour. Les révélations s’enchaînent, les personnalités se dévoilent de rebondissements en rebondissements. Un livre étonnant même si le final reste, lui, classique.