Archives de mots clés: Juifs

Orphelins 88 Sarah Cohen-Scali Robert Laffont Collection R

Josh est trouvé en 1945, errant dans les décombres de Munich par les alliés. Il est partiellement amnésique. Envoyé dans un orphelinat de l’UNRRA (Unité pour le secours et la reconstruction), il partage la vie d’enfants juifs ainsi que celle d’enfants « germanisés », issus des Lebensborn. Il se lie d’amitié avec Wally, un soldat noir américain. Josh a eu un parcours atypique. Il est passé par un Lebensborn mais porte un tatouage de déporté sur son bras gauche. Dans sa quête d’identité, il va se lier à l’étrange Béate, qui est réfugiée dans une maison abandonnée et à Halina, jeune juive, déportée et chassée de chez elle, à son retour. Orphelins 88_Cohen-Scali

Ce roman a fait l’objet d’un important travail de recherche et s’inspire d’histoires vraies. L’auteur avait déjà marqué les esprits avec Max, prix Sorcière. Ici, elle s’attaque au contexte compliqué de l’Après-guerre. L’Allemagne est en plein chaos. La population a faim. Il faut reconstruire, gérer des camps de DP (personnes déplacées), partir à la recherche des disparus… Le personnage attachant de Josh nous entraine facilement dans son histoire. Ce livre permet d’apprendre beaucoup  sur cette période particulière où la joie d’être vivant côtoie le désespoir de la perte des proches. Il montre le difficile retour à une vie normale. La condition des soldats alliés noirs, les exactions des vainqueurs, les pogroms en Pologne ou la sélection à l’immigration des enfants juifs… sont autant de thèmes abordés. Un livre un peu long mais foisonnant… A partir de 13/14 ans.

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh Albin Michel 2017

Elle voulait juste marcher droit_Sarah Barukh

Alice naît en 1938. Très vite, elle est confiée, pour sa sécurité, à une nourrice. Lorsque sa mère revient la chercher, après-guerre, l’enfant ne la reconnaît pas. Alice doit s’habituer à une nouvelle vie à Paris, auprès d’une mère quasi-mutique et malade. Mais, bientôt, un nouveau changement se profile et Alice s’envole vers New-York.

Ce premier roman se lit très bien. La guerre est vue par les yeux d’une enfant qui ne comprend pas tout. Il y a les « Pourquoi ? » auxquels répondent invariablement les « Parce que c’est la guerre ». Alice découvrira au fil du roman les réponses à ses questions et les secrets entourant sa naissance. Les personnages sont touchants. Ils ont chacun des fragilités mais font preuve d’une grande force. L’histoire permet de comprendre le climat d’après-guerre, le retour des prisonniers des camps et la vie qui continue, malgré les drames personnels.**

Abraham et fils Martin Winckler P.O.L 2016

En 1963, Franz et son père, Abraham, médecin, arrivent à Tilliers-en-Beauce. Le petit garçon de 9 ans vient de sortir du coma. Il a tout oublié de sa vie d’avant en Algérie. L’histoire se déroule  paisiblement entre la vie à l’école et le cabinet médical.  Une jeune veuve, Claire et sa fille Luciane, viennent s’installer dans la grande maison du docteur. D’abord

abraham-et-fils de Martin Wincklersecrétaire médicale, Claire se rapproche d’Abraham. Celui-ci veut protéger son fils et n’arrive pas à lui parler de leur vie en Algérie. Mais, en enquêtant sur un secret lié à la période de l’Occupation, Franz en apprendra plus sur ses origines.

Martin Winckler, alias Marc Zaffran, médecin, réussit à nous accrocher à l’histoire de ce garçon. Il y a beaucoup de douceur dans ses personnages. Est-ce pour contrebalancer l’événement terrible qui a secoué la vie de Franz et Abraham ? L’intrigue arrive finalement assez tardivement. Mais ce n’est pas grave. C’est même une lecture agréable sur fond de campagne française dans les années 60. Les personnages étant attachants, on attend la suite déjà annoncée… ***

Vera Kaplan de Laurent Sagalovitsch Buchet Chastel coll. Qui vive 2016

Un jeune homme récupère un courrier destiné à sa mère. Dans celui-ci, il apprend à la fois l’existence et le suicide de sa grand-mère, Véra Kaplan. Un journal intime accompagne la lettre. Elle y raconte sa vie pendant la guerre à Berlin. Cette jeune femme juive est arrêtée avec ses parents. Sa mère étant malade, la famille est conduite à l’hôpital juif de Berlin.C’est alors que Véra doit faire un choix terrible. S’inspirant de la vie de Stella Goldschlag, l’auteur aborde ici un sujet douloureux et méconnu, celui de ces quelques juifs qui trahirent leur communauté. Un livre émouvant qui suscite des sentiments ambivalents pour le personnage principal. L’auteur prête au petit-fils de Véra ces mots, sorte de conclusion : « Les destins extraordinaires sont le fait d’époques extraordinaires ».

vera-kaplan