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Marx et la poupée de Maryam Madjidi Le Nouvel Attila 2016

Il était une fois une fillette de 6 ans, Maryam qui vivait dans un pays lointain. Elle aimait beaucoup les histoires qu’on lui racontait. Un jour, elle dut partir et donner tous ses jouets aux enfants pauvres. Alors, elle décida de les rassembler une dernière fois et de leur raconter une histoire…

Maryam vit en Iran. Ses parents, communistes, s’opposent au régime et doivent s’enfuir. La famille s’exile à Paris dans un logement de 15m2 où Maryam et ses parents recommencent tant bien que mal leur vie. La jeune femme raconte ses souvenirs en faisant des allers-retours dans le temps. Elle a eu plusieurs naissances : en Iran, en France, après l’exil et pour finir, celle qui a abouti à la coexistence pacifique des deux cultures. Maryam parle des difficultés et des luttes auxquelles contraint l’exil. Sa mère a dû abandonner ses rêves et n’a jamais parlé correctement le français. Maryam, quant à elle, faisait des cauchemars et refusait de s’alimenter à la cantine . Mais de ces difficultés, elle a réussi à faire une force : cosmopolite, elle arrive maintenant à jongler avec ses deux identités.Si elle utilise la poésie persane pour séduire, elle enseigne le français qu’elle maîtrise parfaitement.

Un roman autobiographique raconté par une conteuse hors pair ! Ce livre a reçu le Goncourt du premier roman.

Maryam Madjidi Marx et la poupée

« Les larmes  » de Pascal Quignard (l’homme qui parle aux forêts)

Poursuivons l’exploration de la période précédant le moyen-âge  avec un roman de Pascal Quignard. Je l’avais laissé en compagnie de Sainte-Colombe, il y a longtemps avec « Tous les matins du monde »  puis retrouvé à l’occasion de lectures d’extraits. L’envie de lire celui-là en entier est revenue quand j’ y ai vu une approche fantastique des animaux, de la forêt, la même qui est parfois présente dans la fantasy, ce lien entre les humains, la puissance et le mystère de la nature et de ses esprits.

« Jadis, dans le commencement, la parole n’était pas. Il n’y avait pas d’hommes encore. tous les animaux étaient des bêtes et les hommes aussi étaient des bêtes »

J’ai voulu en savoir plus aussi quand j’ai vu qu’il s’agissait de la naissance de la langue française et surtout ses premières traces écrites . C’est sûr,  comme cet événement s’est déroulé près de Strasbourg, ça m’a encore plus intriguée.

« La première trace écrite de la langue française date du vendredi 14 février 842, à Strasbourg, sur les bords du Rhin »

Beaucoup des personnages croisés dont ont connaît la vie au fur et à mesure, ont réellement existé (Charlemagne, par exemple) et toutes les informations qui, au début semblent sans rapport, convergent en prenant vie, et,  du coup perdent leur caractère seulement érudit. Donc, cette lecture n’est pas seulement une mine de connaissances, c’est un roman qui nous raconte une histoire avec un style qui reflète parfaitement la simplicité profonde de la nature.

En parlant des lichens : Leurs croissances sont infiniment lentes. Ils avancent d’un millimètre par an. Les lièvres les grignotent et les rennes les broutent. Les oiseaux s’en servent pour faire leur nids. Ils forment des landes où s’avancent les escargots qui sont autant de petits cavaliers francs aux carapaçons entortillés…

Laissez vous donc glisser sur cette pente tracée par les escargots et les autres bêtes de la forêt.

Et pour réserver c’est