Archives de mots clés: Livres

« Dans la forêt » de Jean HEGLAND ; Trad. de Josette CHICHEPORTICHE

Avec ce merveilleux livre, vous ne verrez plus la forêt comme avant. Ou peut être que si, comme dans les contes pour enfants ou un peu comme la population qui la côtoyait  quotidiennement auparavant. : belle, réconfortante, nourricière, mais  pleine de dangers.

Si vous aimez les romans post apocalyptiques, vous pourrez vous trouver en terrain connu puisqu’il est question de suite d’événements qui font que la société américaine s’écroule sur elle même et d’autosuffisance.  Mais c’est bien plus que cela. C’est un roman sur les choix à faire, les erreurs et ce qui fait qu’au final, on devient soi même : les livres, les passions, les relations, les renoncements, les événements extérieurs qui nous poussent à habiter notre vie.

D’ailleurs, la mère répétait de son vivant : « C’est ta vie », lorsqu’il fallait faire des choix..

La maison familiale de Nell et Eva, qu’elles habitaient avant le grand changement reste leur foyer au cœur de la forêt et elles vont apprendre ensemble à se passer de tout ce qui les a construites depuis toujours : la civilisation, leur culture, tout ce qui les faisaient tenir et envisager leur avenir : la danse pour l’une, les études pour l’autre »Le passé n’existe plus, il est mort »

Elle a exécuté une danse qui se débarrassait  de la danse classique comme une peau devenue trop grande et laissait la danseuse fraîche et joyeuse et courageuse.

Elles vont s’en séparer pour trouver leur propres marques, en apprivoisant leur environnement (culture et cueillette sauvage au programme). Tout ça se fait souvent dans la douleur physique et morale. Ce livre est rempli de détails concrets sur les méthodes d’autosuffisance issues parfois d’un des livres de leur bibliothèque et les corps y sont  très présents. Mais ce qui est magique aussi, c’est cette façon de nous faire si bien partager les pensées intimes de Nell (le livre est constitué de son journal) et ses doutes dans son évolution. La relation fusionnelle qu’elle entretient avec sa sœur est parfois chaotique et la distance qui s’installe parfois entre elles est admirablement palpable de même que ce qui les attire puissamment l’une vers l’autre.

Ici, la nature ne se donne pas spontanément, elle peut être est hostile  et ne fera partager son énergie qu’après longtemps. la souche géante proche de la maison a été abattue par les hommes mais continue à constituer un refuge pour les soeurs  .

California_redwood_trees_inside_a_giant_redwood_looking_up_at_holes CC

 L’ordinateur était une boîte pleine couverte de poussière…aussi retournais-je aux romans pour me nourrir de pensées  et d’émotions et de sensations, pour me donner une vie autre que celle en suspens qui était la mienne.

Au moment de se sélectionner les livres à emporter, Je les aimais tous. J’aimais l’odeur et le poids de chacun d’eux, j’aimais les couleurs de leur couverture  et le toucher de leurs pages. J’aimais tout ce  qu’ils représentaient pour moi, tout ce qu’ils m’avaient appris, tout ce que j’avais été à leur contact.

 

C’est ça l’histoire, dit mon père , elle pourrait être mieux, elle pourrait être pire. Mais au moins, il y a un bébé au centre »

Ce que je sais, c’est qu’elle me convient parfaitement, cette histoire, et j’espère qu’elle habitera de nombreuses personnes après sa lecture !

Une partie de la sélection de Nell : Poésies complètes d’Emily Dickinson, Contes de Grimm ; L’origine des espèces ; Sous la neige ;  Howl ; Orgueil et préjugés ; Les Aventures de Huckelberry Finn ; Un guide des oiseaux d’Amérique du nord ;  Œuvres complètes de Shakespeare (achetées par la MD68 cet été !) ;  Troisième Reich, des origines à la chute ;  Les Hauts de Hurlevent.

Un bel article de Télérama sur les forêts dans les contes

Suivez le lien pour le résumé et la réservation sur le catalogue de la MD68

 

Après sa disparition : Eco est ailleurs

marginalia-enluminure-etrange-moyen-age-25Après la disparition du romancier italien polymorphe Umberto ECO : sémiologue, professeur sociologue et flûtiste ! Retrouvons le à travers plusieurs documents.

Le bien, pour un livre, c’est d’être lu. Un livre est fait de signes qui parlent d’autres signes, lesquels à leur tour parlent des choses. Sans un œil qui le lit, un livre est porteur de signes qui ne produisent pas de concepts, et donc il est muet.

Sur le site de l’express Une biographie rapide par Daniel Salvatore SCHIFFER, auteur d’une  biographie « Le labyrinthe du monde »

Sélection -vu le nombre de titres, c’est nécessaire de choisir !- de titres présents à notre catalogue : les liens des documents cités permettent d’aller directement à la notice pour réserver

Commençons par les romans et par celui qui est en général cité en premier,( ne boudons pas notre plaisir à l’évocation de ce roman proche du polar historique) :  Le nom de la rose trad. par Jean Noël SCHIFANO qui nous parle aussi de la puissance des mots et de la crainte qu’ils peuvent susciter. Puis, viennent le livre lu  correspondant et Le film de Jean -Jacques ANNAUD qui l’a popularisé .

Le pendule de Foucault roman ésotérique où le complot mène la danse en nous faisant voyager à travers les époques, le tout servi par une langue riche et vivante.

L’île du jour d’avant trad. par Jean Noël SCHIFANO où jaillit son obsession pour le temps et la connaissance …

Et du côté des essais :

De la littérature trad. par Myriem BOUZAHER réflexions sur la fonction de la littérature notamment  par rapport à l’histoire, ses relations avec la littérature, ses auteurs admirés …

Confessions d’un jeune romancier ; trad. par F. ROSSO (écrit alors qu’il était déjà bien âgé !) et où il partage son expérience à travers listes de choses à faire ou ne pas faire, conseils aux jeunes romanciers

« De superman au surhomme  » sur les surhommes et les romans feuilletons où il nous décomplexe face à la lecture « facile »

Histoire de la beauté  orienté esthétique et histoire de l’art.

Bien qu’érudit, il fait en sorte de faire disparaître ce savoir immense pour se mettre à la portée d’un public bien plus large que les universitaires.

Pour retrouver sa voix reconnaissable et sa verve, voici une série d’entretiens :

10 vidéos sur le site de l’Ina (Institut national de l’audiovisuel)

A propos de la Bibliothèque Sainte Geneviève, du « Nom de la rose » Apostrophe – juillet 1982, mais aussi du  » Pendule de Foucault » 1992 et aussi de  » L’Ile du jour d’avant » avec Laure ADLER – 1996, son questionnaire de Proust par B. PIVOT…

Mais aussi « le temps des écrivains » France Culture 16 mai 2015 où sont abordés la notion de vérité, la rumeur, l’oubli, au centre de son oeuvre.

Pour clore : « La Fabrique de l’histoire » – 06 juin 2011