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Un jour il m’arrivera un truc extraordinaire Gilles Abier La Joie de lire, Encrage 2016

Elias est collégien. Il vit avec sa mère et son beau-père, Franck. D’allure chétive, Elias est couvée par sa mère, un peu trop au goût de son beau-père. L’entente avec ce dernier n’est pas évidente. Mais Elias peut aussi compter sur ses deux amis : l’hyperactive Matilde, sa voisine et le fidèle Milo. Le jeune garçon aime s’inventer des histoires. Il se voit voler au-dessus de 55985la ville. Un jour, ses rêves le rattrapent. Ses pieds deviennent des griffes. Il se sent devenir un oiseau. Il est pourtant le seul à percevoir les changements de son corps. Le récit commence sur le ton humoristique car Elias est un garçon sympathique et plein de répartie. Pourtant, le malaise s’installe progressivement. Et si l’insistance du jeune garçon à se prendre pour un oiseau révélait un problème profond ? Gilles Abier est un auteur que j’aime beaucoup. Ses livres sont souvent étonnants. Là encore, je ne suis pas déçue. Sa manière d’aborder un sujet difficile m’a dérouté. Il a semé des indices et employé des métaphores mais c’est seulement lors de la relecture que le sens se révèle pleinement.  Un livre atypique !

Déprimés, évitez cette rubrique !

Cette année, quelques auteurs ont abordé le thème de la mort. Leurs livres bouleversent, marquent et suscitent la réflexion. Alors si, en cette période propice à la dépression saisonnière, vous vous sentez malgré tout d’attaque. Voici quelques lectures.

Camille, mon envolée de Sophie Daull chez Philippe Rey raconte un drame, celui de la perte daulld’un enfant. Camille a 16 ans et plein de projets, notamment celui d’entrer à Sciences Po. Une vilaine grippe vient soudain contrarier ses vacances de Noël. Jour après jour, Sophie, sa mère, nous raconte la dégradation de son état : comment Camille s’est battue, comment les médecins n’ont pu déceler la bactérie qui la rongeait… Puis c’est le deuil, les réactions des proches, la peine incommensurable qu’il faut apprivoiser. Et la vie malgré tout, cette vie que Camille et Sophie aimaient partager avec humour.

La Maladroite d’Alexandre Seurat au Rouergue est un livre tout aussi révoltant. Inspiré d’un fait seuratdivers, il décrit la marche inexorable de Diana vers son destin tragique. Les témoins (institutrices, directeurs, assistantes sociales, médecins, proches) prennent tour à tour la parole. Certains ont dénoncé la maltraitance, d’autres ne l’ont pas vu. Diana, elle-même n’a pas voulu mettre en cause ses parents.Quand finalement les choses bougent enfin, il est trop tard.

Enfin, un livre particulier, dérangeant :

Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu chez Fayard. Le titre m’avait interpellé. S’agissait-il d’une recette miracle qu’on allait nous exposer ? L’histoire est moins drôle. Un médecin a perdu sa femme, sa raison de vivre. beaulieuC’est décidé : il va se suicider. Il rentre dans un taxi conduit par une dame âgée quelque peu exubérante. Elle lui propose un marché : attendre 7 jours avant de se suicider et faire tout ce qu’elle lui dira. Il s’en suit une série d' »épreuves » destinées à obliger le docteur à voir la mort en face. L’auteur réserve bien entendu une fin non convenue à l’étrange duo.

S’il n’a pas la même tonalité bouleversante que les deux autres, ce livre est néanmoins surprenant dans sa façon de traiter du suicide et de la mort.

Des romans qui parlent d’un sujet encore tabou, sans pathos mais aussi sans esquive…