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Le chien, la neige, un pied de Claudio MORANDINI ; trad. par Laura BRIGNON


Le mytho de la caverne

 

Pour écrire ce livre sec et entêté comme un arbre de montagne, l’auteur est parti des paroles de villageois à propos d’un homme solitaire installé dans un chalet d’alpage : Adelmo Farandola. Ce misanthrope a choisi de vivre isolé et de se mêler le moins possible à ses semblables. Par contre, il recueillera un chien philosophe, plus humain que lui et avec qui il dialoguera au quotidien de façon fructueuse et souvent humoristique. Au centre de leurs préoccupations : la survie en milieu hostile et la découverte d’un pied dans la neige. A qui appartient -il ? Adelmo est-il impliqué dans cette disparition? Tel est le fil conducteur de l’histoire.

 

 

La montagne oppose ses contraintes et rythme la vie d’Adelmo,  mais en même temps, elle  est une alliée de choix qui lui fournit un rideau de solitude bienvenue.

Un des charmes de ce livre : le contraste entre la rudesse d’Adelmo,  fermé sur lui même et certains aspects enfantins et légers de ses attitudes, révélés par le chien. Et le style tour à tour terre à terre et  poétique.

Adelmo et son chien sans nom parlent de la fonte des neige qui laisse apparaître des cadavres, au printemps :

« C’est comme si on voyait pousser les poils d’une barbe, dit un jour Adelmo – Comment ça ? – Les bouts de pattes, ils poussent comme des poils- Ah, je comprends, dit le chien, qui n’a pas compris »

Dans ce livre, on entend d’autres paroles animales, et  des paroles d’outre tombe !

Autre personnage cité dans le titre :  le pied. Au fur et à mesure, il  dévoilera son propriétaire et obligera notre ours à sortir de sa tanière, poussé par son chien.

Ce n’est pas un livre macabre comme pourrait l’être un polar sanglant, c’est plutôt une danse macabre . D’ailleurs, Adelmo ne s’appelle -t-il pas Farandola ?

J’avais déjà chroniqué un livre sur un homme des montagnes : Une vie entière de Robert SEETHALER

Pour voir le résumé et /ou réserver, c’est !

 

Les Pleurs du vent de Medoruma SHUN chez Zulma

Nature mort au crâne/ Paul Cézanne

« The answer, my friend, is blowin’ in the wind »

Sur l’Ile d’Okinawa, les soldats morts pendant la bataille qui y a fait rage en juin 1945, communiquent avec les vivants à travers les messages délivrés par le crâne d’un des leurs, déposé en plein vent. Le vent qui le traverse est chargé de messages de réconciliation et de paix y compris entre les vivants. Les enfants et un photographe ne s’y sont pas trompés quand ils veulent y accéder.

Acceptez cette part de fantastique et de délicatesse et trouvez votre vérité après avoir affronté la partie luxuriante de l’île (j’ai été m’acheter un grand spécimen de palmier d’intérieur après avoir fini le livre, et ça m’a fait penser aux tableaux de Peter Doig )

PELÍCANO ( CIERVO ) /PETER DOIG

A adopter pour l’été ?

A ce propos, cet été le Japon est l’invité de la Maison Européenne de la Photographie à Paris pour l’exposition » mémoire et lumière : photographie japonaise 1950-2000  »

 

Pour le réserver, c’est  sur le catalogue de la médiathèque départementale68