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Mes lectures de la rentrée littéraire suite…

Summer de Monique Sabolo Lattès 2017Summer_Monica Sabolo

Une jeune fille de 19 ans, Summer, disparaît lors d’un jeu avec des amies au bord du lac Léman. Vingt cinq ans après, son frère, cherche à connaître la vérité. Qui pouvait bien en vouloir à la jeune femme ? Et si les clés étaient plus proches qu’on ne le suppose ? Un roman bien ficelé, axé sur la psychologie des personnages.

La Disparition de Joseph Mengele Olivier Guez Grasset 2017

Ce roman a été consacré par le Prix Renaudot. Il retrace la fuite du docteur nazi en Argentine puis au Brésil. Les premières années du docteur sont paisibles. L’époque est à la reconstruction de l’Allemagne, pas à la traque des nazis. Puis, les services israéliens commencent à rechercher activement les responsables du génocide. L’enlèvement d’Eichmann signe la fin de la tranquillité.

Un Biopic ou roman biographique bien proche du documentaire. Si j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire au début, le livre se lit bien. Bien sûr, c’est un sentiment étrange que de suivre cet « anti-héros » au caractère égocentrique. Un roman saisissant sur l’impunité dont a bénéficié ce médecin nazi et ses soutiens en Allemagne et à l’étranger.

Un crochet vers les romans étrangers pour parler d’un livre qui m’a touché :

Les Huit montagnes de Paolo Cognetti Stock 2017

Piétro a 11 ans quand ses parents décident de passer leur vacances d’été dans le Val d’Aoste. Ils y reviendront régulièrement pendant plusieurs années, alternant avec leur vie à Milan. Piétro se lie d’amitié avec Bruno, un garçon de ferme. Ce dernier prendra une place particulière dans la vie de la famille. Nous suivrons le destin des deux garçons, comment la montagne a forgé leur destinée. Un roman qui connaît un beau succès. Le cadre magnifique des montagnes n’y est pas pour rien. Les relations père/fils sont aussi au cœur de l’histoire. Enfin, l’auteur aborde la place des montagnards et agriculteurs dans notre société. Comment les amoureux de nature et de solitude peuvent-ils s’intégrer à la société actuelle ? Prix Médicis étranger.

J’attends de découvrir le livre d’Alice Zéniter L’Art de perdre, qui en le feuilletant, me paraissait intéressant, pour vous en parler.

 

 

Le chien, la neige, un pied de Claudio MORANDINI ; trad. par Laura BRIGNON


Le mytho de la caverne

 

Pour écrire ce livre sec et entêté comme un arbre de montagne, l’auteur est parti des paroles de villageois à propos d’un homme solitaire installé dans un chalet d’alpage : Adelmo Farandola. Ce misanthrope a choisi de vivre isolé et de se mêler le moins possible à ses semblables. Par contre, il recueillera un chien philosophe, plus humain que lui et avec qui il dialoguera au quotidien de façon fructueuse et souvent humoristique. Au centre de leurs préoccupations : la survie en milieu hostile et la découverte d’un pied dans la neige. A qui appartient -il ? Adelmo est-il impliqué dans cette disparition? Tel est le fil conducteur de l’histoire.

 

 

La montagne oppose ses contraintes et rythme la vie d’Adelmo,  mais en même temps, elle  est une alliée de choix qui lui fournit un rideau de solitude bienvenue.

Un des charmes de ce livre : le contraste entre la rudesse d’Adelmo,  fermé sur lui même et certains aspects enfantins et légers de ses attitudes, révélés par le chien. Et le style tour à tour terre à terre et  poétique.

Adelmo et son chien sans nom parlent de la fonte des neige qui laisse apparaître des cadavres, au printemps :

« C’est comme si on voyait pousser les poils d’une barbe, dit un jour Adelmo – Comment ça ? – Les bouts de pattes, ils poussent comme des poils- Ah, je comprends, dit le chien, qui n’a pas compris »

Dans ce livre, on entend d’autres paroles animales, et  des paroles d’outre tombe !

Autre personnage cité dans le titre :  le pied. Au fur et à mesure, il  dévoilera son propriétaire et obligera notre ours à sortir de sa tanière, poussé par son chien.

Ce n’est pas un livre macabre comme pourrait l’être un polar sanglant, c’est plutôt une danse macabre . D’ailleurs, Adelmo ne s’appelle -t-il pas Farandola ?

J’avais déjà chroniqué un livre sur un homme des montagnes : Une vie entière de Robert SEETHALER

Pour voir le résumé et /ou réserver, c’est !

 

Une vie entière de Robert SEETHALER : pourtant, que la montagne est belle !!

 

 

Marche ou crève : Egger, le personnage principal de ce roman peu bavard, traverse la vie en avançant coûte que coûte. Même dans les moments les plus tragiques de son histoire personnelle et celle de son pays, l’Autriche des années 30 à 60,  il continue son chemin, inlassablement. Car, s’il est ancré à sa montagne, il compte bien élever son regard au delà des sommets qu’il arpente et participer à l’avancée du progrès.

Les montagnes, il les connaît et leur ressemble : ses émotions restent souterraines et  jaillissent comme d’ un volcan, parfois.  Au moment où il déclare sa flamme à la seule  femme qu’il aimera, il le fait au propre et au figuré et c’est magnifique !

Même si la vie des montagnards décrite par l’auteur semble terre à terre, des éléments de contes populaires fantastiques viennent  troubler le récit et rendre un peu plus fragile la carapace d’Egger. Pour lui, la montagne est animée d’une vie propre.

Il y lit comme on lit un livre : ses paysages lui fournissent les clés de sa sagesse intime.

Un livre loin du bruit et de la fureur, mais qui m’a beaucoup plu.

J’ai choisi ce livre en pensant que je pourrai le proposer à des lecteurs amateurs de roman de terroir et c’est ce que je vais faire.

Pour réserver, c’est ici .

 

Le mystère Dyatlov Anna Matveeva Presses de la cité 2015

Ce livre est  inclassable : roman, thriller ou documentaire, c’est au choix… Il revient sur une énigme historique. La mort non élucidée de neufs jeunes sportifs partis pour une ascension dans l’Oural en 1959.Trente ans plus tard, Ania, écrivain, poussée par des circonstances étranges, décide de mener l’enquête et de rédiger un livre sur le sujet. Le lecteur la suit dans téléchargementses recherches. On apprend que les jeunes gens avaient installé leur  tente sur le versant de la Montagne des Cadavres, nommé depuis Col Dyatlov du nom du chef de l’expédition. Sans nouvelle d’eux, on retrouva leurs corps éparpillés, la tente lacérée. Mais leur mort resta inexpliquée. Je ne connaissais pas cette histoire. L’auteur rapporte de nombreux documents. Certains, comme un lexique, peuvent paraître ennuyeux . Mais, malgré tout, on accroche assez rapidement. D’ailleurs, les détails concernant la vie d’Ania sont vite oubliés au profit de l’enquête. A-t-elle pu approcher la vérité concernant ce drame, classé secret d’Etat ? Ce livre permet de se faire sa propre opinion.