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La Faucheuse Livre 1 Neal Shusterman R. Laffont 2018

Neal Shusterman est un auteur américain prolifique. Il écrit également pour la télévision et le grand écran. Ce livre devrait d’ailleurs sortir au cinéma. Nous sommes dans un futur où l’humain ne connaît plus la mort. Il vit par cycle et peut rajeunir physiquement quand bon lui semble.La Faucheuse de Neal Shusterman Un énorme internet, le Thunderhead, dirige le monde. Pour limiter la population, une communauté de faucheurs vient glaner quelques humains. Rowan et Citra ont été choisis par Maître Faraday pour devenir apprentis « faucheurs ». Pendant un an, ils doivent l’accompagner  et passer des épreuves. Mais une terrible décision des faucheurs vient semer le trouble. A l’issue de l’année d’essai, le gagnant devra tuer le perdant. Rowan et Citra qui se sont rapprochés ne peuvent se résoudre à accepter la décision. Elle leur paraît d’autant plus injuste qu’elle est le reflet de la mainmise d’un clan de faucheurs pervertis et assoiffés de pouvoir et de meurtre. L’histoire alterne avec des extraits de journaux intimes des protagonistes. Ce livre développe la réflexion sur la mort et sa place (ou son absence)  et des thèmes connexes. C’est un monde original et dur. On sort des dystopies habituelles. L’histoire d’amour qui se greffe est, elle, beaucoup plus classique. J’ai bien aimé la couverture en trompe-l’oeil. Le second tome est déjà paru en français.

Déprimés, évitez cette rubrique !

Cette année, quelques auteurs ont abordé le thème de la mort. Leurs livres bouleversent, marquent et suscitent la réflexion. Alors si, en cette période propice à la dépression saisonnière, vous vous sentez malgré tout d’attaque. Voici quelques lectures.

Camille, mon envolée de Sophie Daull chez Philippe Rey raconte un drame, celui de la perte daulld’un enfant. Camille a 16 ans et plein de projets, notamment celui d’entrer à Sciences Po. Une vilaine grippe vient soudain contrarier ses vacances de Noël. Jour après jour, Sophie, sa mère, nous raconte la dégradation de son état : comment Camille s’est battue, comment les médecins n’ont pu déceler la bactérie qui la rongeait… Puis c’est le deuil, les réactions des proches, la peine incommensurable qu’il faut apprivoiser. Et la vie malgré tout, cette vie que Camille et Sophie aimaient partager avec humour.

La Maladroite d’Alexandre Seurat au Rouergue est un livre tout aussi révoltant. Inspiré d’un fait seuratdivers, il décrit la marche inexorable de Diana vers son destin tragique. Les témoins (institutrices, directeurs, assistantes sociales, médecins, proches) prennent tour à tour la parole. Certains ont dénoncé la maltraitance, d’autres ne l’ont pas vu. Diana, elle-même n’a pas voulu mettre en cause ses parents.Quand finalement les choses bougent enfin, il est trop tard.

Enfin, un livre particulier, dérangeant :

Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu chez Fayard. Le titre m’avait interpellé. S’agissait-il d’une recette miracle qu’on allait nous exposer ? L’histoire est moins drôle. Un médecin a perdu sa femme, sa raison de vivre. beaulieuC’est décidé : il va se suicider. Il rentre dans un taxi conduit par une dame âgée quelque peu exubérante. Elle lui propose un marché : attendre 7 jours avant de se suicider et faire tout ce qu’elle lui dira. Il s’en suit une série d' »épreuves » destinées à obliger le docteur à voir la mort en face. L’auteur réserve bien entendu une fin non convenue à l’étrange duo.

S’il n’a pas la même tonalité bouleversante que les deux autres, ce livre est néanmoins surprenant dans sa façon de traiter du suicide et de la mort.

Des romans qui parlent d’un sujet encore tabou, sans pathos mais aussi sans esquive…

L’écrivain Jean Vautrin alias Jean Herman est mort le 16 juin 2015. D’abord réalisateur, scénariste et acteur, il se tourne JeanVautrinensuite vers l’écriture. Auteur de polars dans la collection « série noire », il invente également, avec Dan Franck, le personnage de Boro, reporter photographe. En 1989, il reçoit le prix Goncourt avec le roman « Un Grand pas vers le bon Dieu ». On lui doit notamment « Le Cri du peuple », fresque sur l’époque de la Commune.