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« Inconnu à cette adresse » de Kressmann TAYLOR ; trad.de Michèle LEVY BRAM

A l’origine de cette lecture, un post sur un groupe Face Book à recommander, « La vraie vie, c’est la littérature », où les commentaires sont souvent sources de découvertes, y compris de classiques !  Et c’est le cas pour ce livre cité par  Nathalie, une de mes collègues et revenant souvent dans les références d’autres bibliothécaires plus aguerries que moi, je m’en suis aperçue après ! Un petit format et donc, une lecture pouvant être menée en même temps que d’autres en cours…

 

Au départ,  des lettres ayant véritablement existé entre des allemands retournés au pays et d’autres, partis vivre ailleurs, souvent pour monter une affaire avant les années 30 alors que des vents mauvais commençaient déjà à souffler sur l’Europe. Ici, Max est le juif resté en Californie pour gérer la galerie d’art  montée avec Martin qui, lui, va retourner enrichi en Allemagne et représenter le patriote. La prouesse réalisée ici est de voir la dégradation très rapide des relations, au départ fraternelles, entre les deux associés à travers leur correspondance . Elle traduit très concrètement l’évolution entre 1932 et 1934, du statut des juifs en arrière plan historique. La montée en puissance de l’ idéologie nazie dans les esprits des allemands qui s’y abandonnent et tentent de sauver leur peau en essayant de composer avec les nouvelles règles (parfois ça leur réussit, parfois, c’est un échec).  On voit le retournement de Martin qui, veut préserver l’édifice familial à tout prix, sa compromission volontaire et surtout la perte  de son amitié avec Max.

 

C’est glaçant, on voit arriver les malheurs, mais pas forcément ceux qu’on avaient imaginés.

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Membres de la SA apposant sur la vitrine d’un commerce juif des pancartes proclamant :
« Allemands ! Défendez-vous !
N’achetez pas chez les Juifs ! »Plakate mit der Aufforderung « Deutsche, wehrt euch, kauft nicht bei Juden » angebracht.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être conseillé à des amateurs de documentaires historiques. Si vous voulez en savoir plus ou/et réserver, c’est ici

Les bienveillantes de Jonathan LITTELL


La rubrique en vacances s’est faite en direct du RER dans les environs d’Antony. Notre lecteur acharné s’est mis en tête de lire tous les Goncourt en partant des plus récents !!! Celui ci est assez ardu par sa thématique : bienvenue dans la tête d’un colonel SS : vaste programme, donc ! Les pires exactions décrites sont atténuées par des moments oniriques très bien écrites. Le lecteur d’environ 60 ans pratique la lecture ferroviaire quasi quotidiennement. Il a acheté son livre dans une librairie

Pour réserver dans notre catalogue, c’est ici

 

Erri de LUCA : « Le tort du soldat » et la raison de l’écrivain trad. par Danièle VALIN

Mon seul tord a été d’être battu.C’est la pure vérité.

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Le livre s’ouvre sur des réflexions du narrateur à propos des mots, des livres et les écrivains aimés dont Isaac BABEL.

De mon enfance il me reste le souvenir des livres mais pas d’un seul jouet. Il y en avait sûrement, ils se sont perdus…J’ai peu joué, je préférais lire. Dans les livres, il était impossible de  se sentir grand. Les histoires étaient immenses, en comparaison ma lecture était petite…Mais quelque chose grandissait en moi. Le médecin disait que s’était le foie, que l’on soignait alors avec du foie de morue. Moi j’avais l’impression que c’était au contraire ma capacité pulmonaire qui augmentait. La lecture de Stevenson m’a rempli d’air d’océan.

J’ai la manie de voir de l’écriture partout . Je reconnais des lettres de l’alphabet dans les racines des conifères qui dépassent du sol et ancrent l’arbre dans le poing de la terre.

Puis son récit intègre deux personnages dont une femme qui va prendre sa place en tant que narratrice.

Elle est la fille d’un ancien nazi qui lui révèle leur lien de paternité seulement au moment de  son adolescence après lui avoir fait croire qu’elle était sa petite fille pendant toute son enfance. Le même jour (celui où sa mère quitte la scène de son mariage), le nouveau père lui révèle l’autre information vitale sur son passé de soldat pendant la guerre.

Passer de vainqueur à vaincu, d’envahisseur à envahi, a été l’expérience de sa génération.

Au sujet de l’après guerre : voir en replay jusqu’au 15 mai Après Hitler pour les images inédites surtout.

Mais pour elle :  » Le tord du soldat est l’obéissance. Je crois qu’il m’a mal comprise pendant toute la vie qu’on a passée ensemble »

Le silence ET le secret tiennent une grande part dans ce livre sans un mot de trop :  silence sur les détails du travail de soldat allemand, le silence de ses parents au sujet de ses origines, celui qui fait que certains mots contiennent plus que ce qui est visible.  Le père se passionnera pour la Kaballe où selon certains se trouve le secret du peuple juif.

C’est donc un livre court mais très riche de réflexions sur le remord et le pouvoir des mots.

Résumé et lien pour réserver « Le tord du soldat » sur le catalogue de la Médiathèque 68. Il y en a beaucoup d’autres !

Voir des titres de Isaac BABEL sur Calice68, le portail des bibliothèques municipales 68  La cavalerie rouge; Récits d’Odessa

Oeuvres complètes