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Sauver et fils Saison 1 Marie-Aude Murail Ecole des loisirs 2016

Sauveur et fils saison 1

Sauveur est psychologue. Originaire de Martinique, il élève seul son fils, Lazare, 8 ans. Dans son cabinet défilent des familles recomposées, une ado qui se scarifie, une phobique scolaire, un enfant énurétique… Il y a aussi Gabin, un jeune homme que Sauveur héberge car sa mère est internée. Du coup, Lazare est souvent livré à lui-même et profite d’une porte entre-ouverte pour écouter les patients. Dehors, une ombre menaçante espionne le père et le fils.

Un psychologue comme personnage principal, c’est assez rare dans les romans pour être souligné. Il y a une volonté de dédramatiser les problèmes psychiques et le fait de consulter. Sauveur reçoit des patients de tout âge avec des problèmes différents. Dès lors, les thèmes abordés sont très riches : l’homosexualité, les victimes de pédophiles, le racisme, la quête d’identité… Même le psychologue, un père comme les autres, peut être dépassé. Les personnages notamment adolescents, sont sympathiques. Ce sont plutôt les adultes qui dérapent. Le justesse du ton  rend le roman convaincant.L’humour contrebalance habilement le côté sérieux. Une suite est déjà parue.**

Disparition de Harper LEE

Harper Lee, une autre auteure populaire dans un genre très différent d’ Umberto ECO, vient aussi de nous quitter  : auteur de d’un énorme best seller passé au rang de classique étudié par tous les enfants du collège au lycée aux Etats-Unis :  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueurPrix Pulitzer en 1961- et sa suite Va et poste une sentinelle parue en 2015 mais écrite avant et destiné à un autre public.

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Harper Lee sur le tournage de « Du silence et des ombres » avec Mary Badham, dans le rôle de Scout. (Associated Press)

 

Le premier se passe dans une petite ville  perdue de l’Amérique des années 30 et constitue un plaidoyer contre la  violente ségrégation raciale qui y règne. Dès sa publication, il a rencontré un vif engouement populaire et continue à être plébiscité. Peut être est-ce dû au récit qui est délivré par Scout, une jeune enfant de 8 ans délurée et intelligente, cousine de Huckleberry FINN, entourée de personnages plein de compassion ? L’ambiance et la vie quotidienne décrites y sont  aussi importantes que la thématique  développée. On retrouve les personnages dans la suite, 20 ans plus tard, mais ils se révèlent beaucoup plus sombres dans ce roman d’apprentissage situé dans une Amérique en pleine mutation.

Au catalogue MD68, réserver  la version audio du livre

Un film de R. MULLIGAN Du silence et des ombres  a été adapté de « Va et poste »…

Voir : Des avis sur Babelio.com

Pour comprendre mieux le parcours atypique de l’auteur,  la naissance des deux livres et le calendrier de leur parution pas forcément exempte d’innocence :

Un bel article de Florence NOIVILLE paru le 19/02/2016 sur le blog M Culture du Monde : « Mort de Harper Lee, auteure de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »

Et dans Télérama, le 26/09/2015 : Harper Lee : et si son héros n’était pas si blanc ? Par Nathalie CROM

Sur Slate, par Stephen METCALF : Comment « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » est devenu une religion américaine

NB : les titres de documents (livres, films, livres audio)  sous forme de liens peuvent être réservés dans le catalogue de la MD68.

 

A l’abordage des livres lus avec Le fils du vent de Henning MANKELL

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C’est mon premier livre lu ! En cette période de Noël propice aux longues préparations culinaires, je m’étais dit que je pourrais essayer d’écouter un livre lu dans la chaleur de ma cuisine plutôt qu’au fond de mon lit.

J’avais le choix, et, j’ai pris un auteur dont on a parlé récemment (suite à son décès). Mais j’avais déjà eu envie de lire cet auteur surtout connu pour ses romans policiers.

1875 : Hans Bengler, après des études de médecine abandonnées pour cause d’évanouissement à la vue des cadavres, décide mollement de prendre en main son existence.Il décide de partir pour le désert du Kalahari afin d’en ramener une espèce d’insecte nouvelle. Il épinglera en plus d’un spécimen de scarabée, un jeune bochiman, Kolo qu’il décide de sortir du malheur en le ramenant en Suède et en l’initiant à sa  culture après l’avoir rebaptisé. Dans cette décision, on sent plus l’envie de sortir de sa solitude et de son échec que l’action désintéressée et l’empathie.

La première partie correspond au voyage de l’entomologiste, l’élan positif,  la deuxième, au retour au pays accompagné de son fils adoptif , le racisme les barrières culturelles et la troisième à la réalité qui reprend le dessus. Et, du coup , on a plusieurs livres dans un seul : aventure et  témoignage social, conte moral où le sauvage n’est pas celui qui est désigné par ce mot.

Le suspens nous tient puisque, même si le caractère lâche et égoïste de Hans nous fait craindre les revers du destin. Le style est assez proche du langage parlé en général, au service de descriptions précises (scientifiques ?) laissant peu de place à l’introspection psychologique. Ce qui donne peut être ce sentiment de superficialité. Mais cette impression est atténuée par le personnage de Daniel, habité par l’esprit de ses ancêtres, les souvenirs de son ancienne vie et surtout sa volonté de revenir dans son pays, quitte à employer un moyen surprenant pour un esprit scientifique occidental.

A ce récit s’ajoute la lecture par une autre personne qui incarne les personnages, et situe l’expérience entre la lecture et le cinéma. Dans le cas présent , Guy MOIGN remplit bien son rôle et fait vivre les dialogues.

Au final, un bon roman de forme assez classique que j’ai eu envie de poursuivre jusqu’au bout du monde et qui m’a donné envie de lire  cet auteur.

Pour la version papier  de ce titre

Pour la thématique ségrégation et racisme, du même auteur,  voir « Un paradis trompeur »