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Ceci n’est pas une histoire d’amour par Mark Haskell SMITH ; Trad. de Julien GUERIF

histoire-damour

 

« Cru – Une histoire d’amour » : c’est la traduction littérale du titre. J’aime bien la traduction qui a  été retenue. Elle révèle justement la complexité du roman.  Je dirai même plus, dans le même esprit que Magritte, tous les éléments sont là pour que ce soit une histoire d’amour, (deux jeunes gens que tout un tas de clichés séparent à la base qui devraient vraisemblablement tomber amoureux).  Mais ça reste de la fiction, tout comme la téléréalité et le monde des romans  qui sont tous deux  l’objet de l’humour dévastateur de l’auteur, Mark Haskell Smith.

Tableau de Magritte "Ceci n'est pas une pipe"

 

D’un côté, on a  Harriet , critique littéraire très à cheval sur la qualité littéraire et crainte dans le milieu éditorial et de l’autre, Sepp, jeune homme invité à dévoiler ses magnifiques abdominaux à l’occasion de toutes ses rencontres avec ses lectrices plus ou moins sages. En plus d’être la vedette d’une émission de téléréalité relatant sa relation surtout sexuelle avec une jeune femme,  il est en effet, l’auteur (officiel) Du Best seller du moment, inspiré du show. Mais on ne la fait pas à Harriet. Après avoir ouvert le livre avec des pincettes, (ceci n’est pas de la littérature, elle a peur de se salir), elle a repéré  une plume géniale derrière ce récit et n’a qu’une idée en tête : retrouver le véritable auteur et dévoiler son identité au grand jour. En faisant cela, elle veut mettre fin à cette pratique qui gangrène le monde de l’édition. Mais, embarquée avec Sepp dans un road trip sexuel échevelé, elle va (enfin) se découvrir.

Ce livre est malin, il se sert des clichés partagés par une partie de  ses lecteurs et par les deux personnages principaux : Harriet , au contact de Sepp se révèle une bête de sexe, alors Sepp, par contre, est délicat et s’ouvre à la littérature à son contact.

Elle réalisa qu’elle avait finalement dépassé le stade intellectuel. Elle nourrissait toujours des pensées riches et profondes mais y avait intégré une dimension physique

Pour cette thématique, ça m’a fait penser à un de mes films fétiche : « Le goût des autres » où les clichés tombaient au fur et à mesure que le personnage principal (bien terne au début) renaissait après avoir obtenu l’attention d’une seule personne.

Par contre, dans ce roman qui n’est pas aussi léger qu’il n’en a l’air, tout le monde est épinglé, c’est beaucoup plus drôle et l’écriture est un plaisir !

A réserver ici : Ceci n’est pas une histoire d’amour

Le déclin de l’empire américain « Seuls sont les indomptés » de Edward ABBEY ; trad. de Laura Derajinski et Jacques MAILHOS

Les indomptés, ce sont les derniers cow-boys solitaires et sauvages comme l’est Jack BURNS dans l’Amérique des années 50. Celui -là  aime tellement la liberté qu’il veut forcer son meilleur ami, Paul, à sortir de prison avant qu’il n’ait purgé sa peine. Même si pour cela, il doit faire un passage par la case prison. Mais les Etats-Unis ont a changé et les individus insoumis ne sont plus les héros. Place aux rouages dociles d’une société réclamant son tribu de chair à canon pour la faire fonctionner. Ca, Paul l’a accepté  et même l’amitié qui le lie à Jack ne le fera pas changer d’avis. La guerre des mondes est déclarée lorsque le cow boy évadé de prison est pris en chasse par un shériff qui semble ému par Jack.

J’ai aimé ce livre pour la tragédie qu’il porte en lui, éclairée parfois par des individus qui pourraient faire que Jack continue à vivre sa vie idéale. Le récit est traversé par quelques chapitres qui semblent venus d’un autre livre et portent une intensité de plus en plus grande (un peu comme de la lave montant dans une cheminée de volcan). Ils concernent un chauffeur de camion rongé par des douleurs digestives. Sa solitude est aussi grande que celle de Jack, mais elle est désespérée et sordide. On se doute d’une l’influence qu’il aura sur le destin de Jack sans avoir de certitude, sinon qu’il représente la nouvelle Amérique.

Les amateurs de chevaux apprécieront la grande connaissance qu’a l’auteur des relations qui peuvent exister entre un cavalier et son cheval (amour un peu vache parfois).

Le style est très précis dans ses descriptions, de l’environnement notamment. C’est peut être le bémol pour ce livre, à certains moments, mais affaire de goût. Peut être parce qu’il a été écrit dans les années 50 (traduit ici pour la première fois). Par contre, les nombreux  dialogues rendent le récit très vivant, notamment les scènes dans la prison.

Un titre des très bonnes Editions Gallmeister,  tournées vers les grands espaces Au sujet de l’éditeur, la spéciale de « Mauvais Genre » du 4 juin  sur France Inter : « L’Amérique sort ses griffes »

Voir le descriptif de Seuls sont les indomptés et réserver sur notre catalogue.

Des nouvelles des hommes : Le paradis des animaux de David James POISSANT

 

Enfin, une occasion de parler d’un recueil de nouvelles. Format  pour voyageurs et autres lecteurs ne tenant pas en place.

C’est le genre de livre plein de personnages attachants qu’on a envie de retrouver tous les jours.

On veut savoir  si nos intuitions étaient les bonnes et comment leurs décisions ou leurs indécisions vont modifier leur vie.

Il y a partout des animaux qui partagent leur vie ou qui sont des personnages vitaux dont ils prennent soin également.

Le paradis des animaux n’est pas forcément celui des humains embourbés dans des couches d’ erreurs et de lâchetés. La vie que mènent les hommes et les femmes que l’on côtoie ici est souvent rude, leurs manières aussi qui vont parfois jusqu’à la violence quand la communication leur fait défaut et qu’ils ne savent plus comment exister. Ils sont souvent prisonniers d’une relation puissante qu’ils essaient de réparer en agissant. Parfois, ça fonctionne, la libération est au bout du voyage, mais parfois non, ils perdent tout. La mort ou la maladie fait également partie des choses de leur vie, qu’elle soit choisie ou pas.

Mais c’est dit avec tellement de simplicité lumineuse comme celle que dégage un amour adolescent avant sa rencontre avec la vraie vie.

Réservation  et résumé sur le portail Calice68 ici ; ou sur le catalogue de la Médiathèque départementale 68

 

« Lila » de Marilynne ROBINSON ; trad. de Simon BARIL

Si elle devait conserver  de tout ça qu’un seul souvenir, se serait ce qu’elle ressentait en marchant à ses côtés

NOAA George E. Marsh Album, theb1365, Historic C&GS Collection CC

NOAA George E. Marsh Album, theb1365, Historic C&GS Collection CC

Et Lila a beaucoup marché, d’abord accompagnée de Doll, journalière travaillant vaguement pour la meute lui servant de famille, qui la kidnappe, la sauve du même coup ? et lui permet d’apprendre à lire et compter..

Elles se retrouveront sur les routes de la Grande dépression des années 30 aux Etats-Unis, à chercher de quoi tenir debout avec d’autres miséreux, puis Lila restera seule pour atterrir dans une maison close.

Vu comme ça, il pourrait s’agir d’un roman seulement âpre, et violent, mais le réconfort est là, sous différentes formes. Y compris son couteau.

Tout ce qu’elle avait, elle, c’était son couteau. Assorti de l’angoisse, de la solitude et du regret

C’est le seul repère dans toute ses existences, il lui sert de boussole,  et il cohabite avec la possibilité d’avoir un enfant (volé ou à soi).

Et il y a la Bible et la bienveillance du vieux révérend Ames qui partira à sa découverte. Il entamera un dialogue enrichi de l’expérience de Lila, lui qui apprécie ses questions simples auxquelles le livre d’Ezechiel devrait apporter une réponse.

Il ne s’agit pas de dire que la joie est là pour compenser la perte, mais que l’une et l’autre existent individuellement. La souffrance est très réelle, et la perte nous semble définitive.

Il a peut être aussi réussi ce que certains films de Terrence MALICK avait réussi à faire. Je pense à « La ligne rouge «  ou « The tree of life » par exemple où les citations bibliques  en voix off alimentent les questions existentielles des personnages.

Toujours assaillie par ses anciennes vies sur la route, à fuir la misère et la violence en mélangeant tout ça avec les réflexions sur son fragile futur, elle se laisse peu à peu adoucir par son nouveau compagnon.

Elle retournerait à cette solitude terrible comme on pénètre dans l’eau froide, le corps s’engourdissant  afin de se protéger, afin de ne pas sentir ce que le corps savait.

J’ai tellement de vie derrière moi. – Je sais. – Rien ne ressemble à cette vie-là. -Je sais. – Ca me manque parfois

Le rythme des phrases lent et précis est celui de la progression de Lila dans la vie. On participe à son éclosion intellectuelle et sociale à travers ses dialogues intérieurs avec son enfant à naître et Doll.  Les va et vient entre passé, présent et futur. Avant qu’elle ne trouve à qui parler dans la personne du révérend Ames

Ce livre n’est pas de tout repos mais il nous renvoie à la mythologie américaine, l’exode, la rédemption, l’auto défense. J’ai pensé aussi au sublime  La nuit du chasseur, pour la période où il se déroule, l’obsession de la fuite, le réconfort apporté par la vieille femme, Rachel Cooper, recueillant les enfants errants et la nature omniprésente. Un autre roman paru en  2016 reprend ce fait divers : « Tous les vivants » de Jayne Anne PHILIPPS : Réserver

Lila clot une trilogie que l’on peut lire séparément. Réserver « Home » ou  réserver « Giléad »

Voir : d’autres Critiques sur Babelio

Le printemps où il est vraiment mort : le décès de Jim HARRISON

Retour en Terre de Jim Harrison

Il est difficile de vivre en compagnie d’une vie non vécue
Jim HARRISON

Jim HARRISON

Sur Babélio : Article et critiques, interview, citations, vidéos

Sur Actualitté.com, un article sur le décès de Jim HARRISON

Sur Lemonde.fr Lu par Maylis DE KERANGAL

Réserver sur notre catalogue :

Nord Michigan, Dalva ;la route du retour ;   l’Ete où j’ai failli mourir (traductions de Brice Matthieussent)

En (VO) : A good day to dieBrown dog

En marges (mémoires) …et il y a en a bien d’autres encore

Disparition de Harper LEE

Harper Lee, une autre auteure populaire dans un genre très différent d’ Umberto ECO, vient aussi de nous quitter  : auteur de d’un énorme best seller passé au rang de classique étudié par tous les enfants du collège au lycée aux Etats-Unis :  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueurPrix Pulitzer en 1961- et sa suite Va et poste une sentinelle parue en 2015 mais écrite avant et destiné à un autre public.

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Harper Lee sur le tournage de « Du silence et des ombres » avec Mary Badham, dans le rôle de Scout. (Associated Press)

 

Le premier se passe dans une petite ville  perdue de l’Amérique des années 30 et constitue un plaidoyer contre la  violente ségrégation raciale qui y règne. Dès sa publication, il a rencontré un vif engouement populaire et continue à être plébiscité. Peut être est-ce dû au récit qui est délivré par Scout, une jeune enfant de 8 ans délurée et intelligente, cousine de Huckleberry FINN, entourée de personnages plein de compassion ? L’ambiance et la vie quotidienne décrites y sont  aussi importantes que la thématique  développée. On retrouve les personnages dans la suite, 20 ans plus tard, mais ils se révèlent beaucoup plus sombres dans ce roman d’apprentissage situé dans une Amérique en pleine mutation.

Au catalogue MD68, réserver  la version audio du livre

Un film de R. MULLIGAN Du silence et des ombres  a été adapté de « Va et poste »…

Voir : Des avis sur Babelio.com

Pour comprendre mieux le parcours atypique de l’auteur,  la naissance des deux livres et le calendrier de leur parution pas forcément exempte d’innocence :

Un bel article de Florence NOIVILLE paru le 19/02/2016 sur le blog M Culture du Monde : « Mort de Harper Lee, auteure de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »

Et dans Télérama, le 26/09/2015 : Harper Lee : et si son héros n’était pas si blanc ? Par Nathalie CROM

Sur Slate, par Stephen METCALF : Comment « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » est devenu une religion américaine

NB : les titres de documents (livres, films, livres audio)  sous forme de liens peuvent être réservés dans le catalogue de la MD68.

 

Ma cabane au Canada

Photo de Craigsteffan CC public Domain

Photo de Craigsteffan CC (Public Domain)

C comme Canada , pays proche des Etats-Unis mais tellement , tellement différent ! Vastes étendues où se cacher, abandonnées par la civilisation qui a préféré se réfugier en ville.

A comme Apprentissage : le narrateur nous raconte la perte de ses illusions qui tombent au fur et à mesure des rencontres avec des personnages qui sont sensés lui procurer la sécurité après que ses parents aient été emprisonnés.

N comme Normalité : les parents de Dell, 15 ans ont l’air normaux mais ils se lancent tout de même dans un braquage de banque suite à un trafic qui tourne mal et qui les a mis dans une situation financière délicate (un peu comme dans la série Breaking Bad .). La famille américaine type qui peut s’écrouler comme dans les livres de Laura KASISCHKE.

Mais aussi comme  comme Nature : le Sud Ouest du Canada, particulièrement sauvage lui sert de refuge. Dell atterrit dans une sorte de no man’s land qui m’a fait penser à Fargo des frères (à l’époque) COHEN. ou à la série du même nom réalisée par Noah HAWLEY. D’ailleurs, le schéma y est un peu le même : des gens normaux qui se font dépasser par les évènements en se frottant à l’univers très codifié des gangsters et qui pensent s’en sortir intacts.

A comme adolescents : Dell, le narrateur, raconte tout ce qui précède la catastrophe qu’a constitué le hold up mal organisé par ses parents et qu’il a vécu avec sa soeur. Mais la plupart du récit couvre la longue période où il est adolescent et confronte son éducation à ses expériences. « Et, tout en croyant ce que me disait mon père, sur la prépondérance du concret, j’en étais arrivé à penser, que ce qui comptait d’avantage, c’était le vécu. Ce qu’on tenait pour juste, ce qu’on pensait, ce qu’on redoutait, ce qui restait dans la mémoire ».

D comme Danger « Il a donné un coup de menton. Il m’a regardé . Il tenait à ce que je sois d’accord. Sous son chapeau, ses traits se perdaient dans l’obscurité. » Remlinger, l’adulte à qui il est « confié », dirige un hôtel et est à la tête d’une bande d’hommes de main un peu louches. Il est intrigant, charismatique même si Dell, au fur et à mesure sera de moins en moins dupe de son jeu. « Ce qui m’intéresse le plus, c’est comment les mensonges tiennent ensemble », S’ils tiennent toute une vie, alors…où est la différence ? » Remlinger.

A comme Adulte : il sera professeur de littérature et gardera en mémoire ce grand saut vers l’inconnu.« Ma métaphore première, c’est le franchissement de frontière ; l’adaptation, le passage d’un mode  de vie inopérant à un autre, fonctionnel, celui-là. Il s’agit parfois d’une frontière qui ne se repasse pas » .

Canada de Richard Ford ; Trad. de l’américain par Josée KAMOUN

Bureau des spéculations de Jenny OFFILL, trad. de l’américain par Edith OCHS

Bureau des spéculations , un livre vraiment attachant. On y avance au rythme des réflexions, hésitations, interprétations qu’une femme nous livre, par petites bribes bruts de décoffrage, suite à un adultère. Mais, ce n’est jamais mièvre, c’est parfois cruel, drôle et ironique. De plus,  pour s’en sortir, elle nous fait profiter de l’aide de nombreux auteurs et poètes qu’elle cite très souvent et c’est tant mieux.

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 » Comment est-elle devenue une de ces femmes qui portent un pantalon de yoga toute la journée ? Elle qui se moquait tant de ces gens -là…Cela dit, en vieillissant, on se rend compte qu’il y a de moins en moins de choses dont on peut se moquer car, en définitive, on ne sait jamais ce qui nous attend. »

MUDWOMAN de Joyce Carol OATES ; traduit de l’américain par Claude SEBAN

maraisMudwoman , paru en 2013 est un roman puissant et sans concession qui nous donne à voir le portrait d’une femme arrivée au sommet, absolument seule, mais au prix de sa santé mentale.

On part de ce sommet atteint par l’adulte et on descend vers ses origines pour comprendre par des va-et -vient les rapports entre les deux personnages.Mais la rechute n’est pas loin, la boue colle au personnage qui perd contrôle.

Mudgirl a été abandonnée dans les marais par une mère délirante, corsetée par des concepts religieux très rigides et une immense pauvreté. Celle qui a été engloutie et recrachée par les marécages se fera rebaptiser du prénom de sa soeur, disparue en même temps qu’elle, par des services sociaux débordés. Malgré cela, elle n’aura de cesse de gravir les échelons qui pourraient l’éloigner de cette espèce de soupe primitive. Les marécages sont les mêmes que ceux ayant servi  de toile de fond à la saison1 de la série TRUE DETECTIVE et du film MUD , c’est dire le mystère qui baigne le roman.

Il y est question de volonté, de contrôle, de solitude, d’intellectuels qui se construisent loin de toute sentimentalité « gluante ».

Le style est au service d’ une introspection de tous les sentiments ressentis par le personnage principal, même les plus inavouables !!

 

Des compagnons de route pour l’été

51et5WE8jRL__SL160_Pour les vacances à l’étranger, voici quelques petites idées qui pourraient vous accompagner tout l’été.

« L’Amérique des écrivains » : road trip par Pauline GUENA et Guillaume BINET, 2014

Voilà un livre complet qui donne envie de lire tous les écrivains rencontrés. Le principe adopté par les deux auteurs : Pauline GUENA,  auteur elle même, est partie avec Guillaume BINET (photographe)  et leurs quatre enfants pendant un an à la rencontre de 26 grands auteurs américains et des lieux qui les inspirent – soit un périple de 15 000 km environ, avec comme point de départ et d’arrivée, l’amour des livres.

Les questions posées aux écrivains par P. G. portent aussi bien sur leur cheminement dans le métier que sur leurs méthodes de travail et permettent de se rendre compte de la diversité des parcours et de les rendre tous intéressants. Même si l’organisation du métier est différente aux Etats Unis et que la tradition des ateliers d’écriture est au centre de beaucoup de « démarrages », l’envie de raconter par le livre est commune à tous. Le fait que l’auteur soit un écrivain rend très pertinentes ses interrogations et  provoque en retour les questions de certains de ses collègues américains.

G. Binet photographie les auteurs chez eux, mais aussi ses enfants (toujours de façon très naturelle). Il prend aussi des clichés des habitants et des paysages urbains et de pleine nature. De quoi partager une part de l’inspiration qui alimente l’écriture et d’en donner une interprétation visuelle, très belle.

Donc, un livre multiple, de voyage, de photos, de littérature, de témoignages… pour partir loin.

Et en complément, un voyage  (en anglais) sur les traces d’autres personnages de la littérature américaine offert par Télérama

« L’année des volcans » de François Guillaume LORRAIN, spécialiste du cinéma, est certes un auteur français,  mais les destinations où il nous emmène sont exotiques ! Direction les Îles Eoliennes, mais aussi Hollywood.

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Le livre nous dévoile comment une promesse d’un rôle non tenue par Rosselini à son impétueuse maîtresse Anna Magnani a débouché sur le tournage de Vulcano de William Dieterle, film jumeau  de Stromboli avec la rivale du nord, Ingrid Bergman.

Les deux tournages, explosifs déboucheront sur des films peut être pas indispensables. Ce qui est intéressant, c’est le trio Rosselini et ses deux amours, la façon dont les sentiments prennent part aux projets les plus fous et souvent pour de mauvaises raisons.Toutes ces passions et ces faiblesses font un mélange explosif qui donne vie à des situations et des dialogues souvent drôles et réalistes.

 

Et si vo51y0mlUA7NL._SL160_us aimez les acteurs, l’Italie et Hollywood , De si jolies ruines de Jess WALTER , trad. par Jean HESCH, roman choral, réunit aussi ces trois ingrédients avec également de l’humour : (les scènes de navigation avec Richard BURTON aviné par exemple). Les ruines désignent  les acteurs vieillissants, l’Italie d’après guerre mais aussi les bâtisses qui bordent l’Adriatique dans le petit port déserté de Porto Vergogna.

Une jeune actrice s’y réfugie en 1962, fuyant la maladie alors qu’elle devait débuter le tournage de Cléopâtre, à Rome. Aussitôt, le tenancier de l’unique hôtel du village en tombe amoureux. Elle est rejointe par Richard Burton et le producteur intéressé. S’en suivront des péripéties sur différentes époques, des retrouvailles entre des personnages liés par le cinéma et les sentiments. Avec un style à la fois drôle et poignant.

Pour faire la transition avec le cinéma, voici un recueil de nouvelles rééditées :  « La colline des potences » par Dorothy Marie JOHNSON trad. par Liliane Stzain dont un premier volume « Contrée indienne » avait servi de base à plusieurs westerns.

Pour ceux qui apprécient les voyages sous des températures plus fraîches, Katarina MAZETTI nous emmène avec « Ma vie de pingouin » pour une croisière naturaliste du côté de l’Antarctique . Une nouvelles occasion pour l’auteur de nous faire partager les états d’âme de trois personnages hauts en couleur et à priori incompatibles qui vont apprendre à s’apprécier, coincés qu’ils sont sur ce bateau.

Car,  comme dit l’auteur : « Tous les humains sont des icebergs. Il faut se souvenir que neuf dixièmes de nous sont invisibles sous la surface. C’est ce qui rend l’existence si intéressante. »

imagesEt si vous voulez en savoir plus sur l’auteur Vidéos de K. MAZETTI

 

 

 

 

 

Dans le genre 51enPmHrCBL__SL160_« Famille loufoque » : La vie prodigieuse de Garnet Ferrari par Marie MANILLA, traduit par Sabine PORTE se pose là. Garnet est une jeune fille dotée de pouvoirs surnaturels détectés depuis son plus jeune âge. Le Vatican voulant s’en assurer, il dépêche un émissaire qui sera chargé d’interroger ce mystère. Le roman est constitué de ces entretiens qui nous font voyager dans l’histoire familiale d’une famille peu banale.Il se joue de notre attirance pour le surnaturel et de la volonté de récupération des croyances qu’animent les communautés religieuses.

 

Autre voyage : pour ceux qui aiment les livres qui se passent dans une librairie, comme « La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina BIVALD  » voici  » Le coeur entre les pages » de Shelly KING, trad. par Pascale HAAS.coeur pages

Une trentenaire en reconversion professionnelles forcée, va s’investir dans une librairie en perte de vitesse et victime de la concurrence. Le point de départ de cette aventure sera une correspondance amoureuse trouvée dans un exemplaire de « L’amant de Lady Chatterley » et qui va piquer sa curiosité. Au fil du livre, elle apprendra à (re)découvrir des personnes qu’elle croyait connaître et mettra ses anciennes compétences à profit.

Un livre optimiste avec des livres dedans, de l’amour, de l’humour, et un chat furtif.

A propos de ce livre, si vous voulez des avis complémentaires sur Babélio, en voici quelques uns.

 

Avec « Le paradis des animaux » par David James POISSANT et  Michel LADERER  pour la traduction,51tpIIwIKtL__SL160_ vous ferez le plein d’amour sous toutes ses formes, celui qui nous fait faire des folies (ou pas) mais nous font avancer, avancer toujours. Les personnages attachants de ces nouvelles nous réservent à chaque fois des surprises, comme dans la vie ? et avec un style percutant.

 

 

Avec « Nous » de David NICHOLLS, trad. par Valérie BOURGEOIS, partez en voyage à travers l’Europe du Sud avec un couple en pleine crise et leur fils, adolescent dans toute sa splendeur. Connie (fibre artistique revendiquée) vient d’annoncer sa décision de quitter son scientifique de mari, Douglas. Pourtant, même désespéré, Douglas décide d’essayer de sauver son couple et sa relation avec son fils. Les thèmes : difficultés d’entretenir la flamme, méconnaissance de l’autre due à la paresse et l’usure.Tout ça ne vous rappelle personne ? Si oui, plongez voluptueusement dans leur contradictions,  leurs maladresses que  l’humour « so british » de Douglas et l’écriture de l’auteur rendront émouvants.

Voir aussi : d’autres avis

 

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